Orelsan: du second degré au ras des couilles


Que mes lectrices et lecteurs pardonnent la vulgarité du titre de ce billet. Alerté par Olympe à la dernière République des Blogs, je suis allé voir le fameux clip du rappeur Orelsan intitulé « Sale Pute ». Joli programme.

Le garçon y chante sa tristesse d’avoir été plaqué par sa copine. Les responsables du Printemps de Bourge expliquent qu’ils ne le déprogrammeront pas, « par choix artistique » et parce que le rappeur reflèterait «une génération (celle des 20 ans) un peu perdue et désabusée».

Quelle est la morale de l’histoire ? Qu’on peut laisser parler sa rage sans limite quand on est très triste  ? La belle affaire ! J’adore le rap, et bizarrement, plutôt le rap des filles Diam’s ou Keny Arkana. Le (bon) rap est porteur de messages. Raison de plus pour être vigilant sur le message. Orelsan joue avec des mots, des vécus, des symboles qu’il ne maîtrise pas. Il assume, par conseiller en communication interposé, son « second degré« . Quel second degré ? Le texte de sa chanson est désespéremment négligeant de facilité. Quand Mai Lan chante Petit Batard « Gentiment Je t’immole« , une chanson avec des paroles d’une violence incroyable, la voix est douce, le propos tape tous azimuts, sans stigmatiser une classe ni un sexe. J’entends déjà les défenseurs de la liberté d’expression. J’avoue.  Je peux être schizophrène et aimer certains albums de Joey Starr, pas franchement une icône du féminisme.  Mais stigmatiser la gente féminine (ou masculine) par le biais d’un témoignage de nombril mis en musique avec une boîte à rythme est une démarche dangereuse.

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26 réflexions sur “ Orelsan: du second degré au ras des couilles ”

  1. C’est en laissant ce genre de chansons et vidéos sur le net qu’on donne de bonnes raisons à des petits cons d’assumer leurs gestes d’enfoirés, je reprends tant ça m’exaspère ce genre de petit con qu’on laisse s’exprimer ainsi…
    Mon mari est écoeuré, je pense à ma gamine et je me dis que s’il y a de tels mecs dans la nature ça craint pour les nanas !

  2. Bravo pour le titre ! Il y a des fois où les mots crus font mieux passer le message et la colère.

    Mais je pense que ce n’est pas du second degré ni même du premier : c’est le degré zéro de l’humanité, style « déchets ».

    D’autant plus dangereux que les rappeurs servent de modèles aux jeunes sans repères ni culturels ni moraux.

  3. les excès du White Trash made in France ou l’histoire d’un mauvais remake

    White Trash.
Le terme sera la coquetterie des prochains jours dans la presse ignorante ou en déficit d’adulescence.
    Le phénomène a été sociologiquement marqueté par un spécimen quelconque dans une maison de disque, major ou indépendante, il n’y a plus de différence. Il n’y en a jamais eu.
Puisque le but principal des organes de production culturelle est de fournir une solution adaptée à toutes les niches de population, alors autant tirer avantage de la paupérisation ambiante qui unit les enfants de prolétaires high tech et de la bourgeoisie vintage dans une middle class pseudo universitaire.
    White Trash. Là où l’on pourrait trouver l’expression raciste comme bamboula® ou bougnoule, on y trouve une forme méliorative d’acceptation socialo-artistique qui émoustillera les mêmes illuminés qui ont mis au panthéon l’illettrisme d’Abd Al Malik.
    La suite :
    http://souklaye.wordpress.com/2009/02/16/white-trash-made-in-france-ou-l’histoire-d’un-mauvais-remake/

  4. Pas mal de bêtises dans cet article…

    Tout d’abord, ce, n’est pas Mei Lin ou que sais-je, mais Mai-Lan. La chanson qu’elle interprète (oui oui, interprète, je développerai dans un instant) ne s’appelle pas Petit bâtard mais bien « Gentiment je t’immole ».

    Pour le reste, la chanson a été reprise SUR DEMANDE et est à l’origine un rap ultra violent. Sous le pseudonyme de « Sheitan » (groupe fictif inventé pour le film du même nom), Hi-Tekk (du groupe La Caution : Thé à la menthe et tout et tout) fait l’apologie de la violence extrême dans un clip signé kourtrajmé bien moins conventionnel que Stress, tu me l’accorderas… (Voir ici http://www.youtube.com/watch?v=xFfkLFPmi48)

    Ça change tout ? Je ne sais pas vraiment… Loin d’accuser cette autre fiction, je dis juste qu’il faut arrêter de stigmatiser tout et n’importe quoi parce qu’on a la flemme de réfléchir en prenant un peu de recul…

    Pour le reste, Keny Arkana a fait du communisme de canapé « Pro NPA & Supreme NTM » son fond de commerce (déplorable au passage). Elle frise le ridicule à chaque apparition à coup de poings en l’air et tout le tintouin. Diam’s elle, a réussit a entacher toute l’histoire de Motown en prenant la tête de la division France.

    Bien joué duconnes…

    Bref, tournes tes pouces 7 fois dans ta poche avant d’écrire des bêtises… À bientôt peut-être.

  5. @Justin D. Freeman. Merci d’avoir mentionné mon erreur sur Mai-Lan. J’aurai dû le savoir, j’avais publié le clip des Kourtrajme il y a plusieurs mois (lien ci-dessus). Sur le reste, je suis perplexe sur tes conseils: « je dis juste qu’il faut arrêter de stigmatiser tout et n’importe quoi parce qu’on a la flemme de réfléchir en prenant un peu de recul… » ah ouais ? Super conseil, je n’y avais pas pensé. Tu n’aimes pas Arkana ni Diam’s, c’est ton droit.
    La prochaine fois que tu laisses un commentaire (be my guest), essaye de rester dans le sujet. Bonjour chez toi.

  6. Hey Justin, tu n’as pas autre chose à « foutre » que de jouer les donneurs de leçons ?

    Va répandre tes logorrhées pré-acnéiques ailleurs surtout quand elles sont aussi vides de contenu.

  7. Ah la dissertation sur la différence entre « gentiment je t’immole » et autre chose. Comment dire, ça s’écoute et ensuite on dit à la personne d’aller jouer avec ses crotte de nez et d’éviter de justifier l’injustifiable au nom d’une liberté d’expression ici dévoyée.

    Ici c’est la répétition de l’éternelle différence : le mec qui quitte sa copine, c’est un mec bien forcément, la copine qui le quitte une salope et si elle est avec quelqu’un d’autre forcement une pute. Et ce quelque soit la raison de la séparation, forcément le mâle a raison « parce qu’on a la flemme de réfléchir en prenant un peu de recul… »

    On peut être de cette génération perdue et désabusée et comprendre que les ordures qui salopent la vie des gens ne font pas trop de choix, ou plutôt si. Jusqu’à preuve du contraire, ce sont les femmes qui se prennent la précarité dans la tronche… plus que les hommes.

  8. je me demandais quand tu te taperais des pseudo-ayatollahs du rap qui semblent avoir appris leurs gammes en écoutant Skyrock mais ont lu tout Cachin dans le texte pour avoir un semblant de références

    Justin : Orelsan crache sur l’héritage du hip-hop ! le hip-hop a commencé par dire « love & unity » et certainement pas en appelant à la violence entre gens (si ce n’est le pouvoir oppresseur). Il y a bien eu des connards homophobes, ou racistes mais là cet imbécile tient le pompon

  9. Là ou je vous donne raison c’est « Mais stigmatiser la gente féminine (ou masculine) par le biais d’un témoignage de nombril « … N’est ce pas ce que font les critiques « anti Orelsan » voyant de la misogynie dans une critique du mensonge/tromperie?

    Ce déterminisme nombriliste et ces réaction de « scandale », en dit beaucoup sur la société de paumés qu’est devenue la France.

    Je n’aime pas le rap(sauf slam poétique), c’est viscéral, ni les gens aimant cela. Cependant, je vais faire une exception: je vais acheter du Orelsan vu l’extrême médiocrité intellectuelle et morale des gens le critiquant, et que le titre « S. P. » était en fait quasi prophétique(vu le nombre de « S. P »(hommes et femmes) s’acharnant contre lui)…

  10. @mutatis une « critique du mensonge / tromperie » ?! c’est tout ce que t’inspire les paroles de ce morceau ?!

    hé ben… et ce sont les gens critiquant ce bouseux qui sont paumés…

  11. J’ai la flemme de réfléchir, sans prendre un peu de recul. je me dit que cette artiste ne m’intéresse pas. Je me dit que naturellement personne ne va en parler et que sa mère va lui faire la morale. Mais ce qui me fait un peu plus reflechir c’est de voir comment de gens, apparemment pas con, peuvent réagir avec autan de violence sur un sujet qui ne mérite pas vraiment un grand intérêt.
    Enfin je me dit que si ou coupe la parole aux cons comment je vais faire pour les reconnaitre.

  12. La « chanson » d’Orelsan s’adressait à son ex qui, je viens de l’apprendre, est une rappeuse. Pitbull. Elle lui répond en chanson:
    MOI, J’SUIS CAP’ !
    Réponse de la rappeuse au rappeur
    Regard’-moi dans les yeux, Orelsan, et fil’ doux !
    Tu te crois tout permis, les insult’ et les coups.
    T’es pas à la hauteur, arrête tes délires !
    Ma patience est à bout, prépare-toi au pire !
    Les p’tits mecs dans ton genre, je n’en fais qu’une bouchée.
    Ton « Sale pute ! », dans la gorge je vais te l’faire rentrer.

    Parc’que tu chantes à Bourges, tu te la pètes grave,
    toi, banal en images, et nul en orthographe !
    Cogner, violer, casser, tabasser, massacrer,
    les filles dans ta tête, le français sur l’papier,
    tu te la joues rebelle, et tu t’crois très méchant.
    T’as la haine, que tu dis, ça remplace pas l’talent.

    Faut t’y faire, Orelsan, j’embrasse qui je veux,
    et la rue est à moi, je n’ai pas froid aux yeux.
    T’aurais pas dû m’chercher, j’vais l’crier sur les toits,
    te mettr’ la honte à donf jusque devant chez toi,
    ça s’ra sur Internet, ça f’ra l’tour des radios,
    que t’es qu’un bandemou, un ringard de macho.

    T’as dit « t’es différente des meufs que j’ai connues ».
    C’était quand tu m’draguais, mais t’as encore rien vu.
    Rien à fout’ de ta haine, elle va direct poubelle.
    J’vais pas m’laisser salir par un p’tit vermicelle.
    Si tu baises comme t’écris, y a pas d’quoi la ram’ner :
    les paroles de ton rap, c’est du sous-Dieudonné !

    À force de dire « t’es bonne », de te prendr’ pour le pape,
    t’as oublié que j’suis meilleure que toi en rap.
    J’appelle les copines : « Féministes, wesh ! yo ! »
    J’en ai soupé, d’ta haine, je sors mon grand couteau,
    l’ail et les p’tits oignons, j’émince et j’fais chauffer.
    T’as assez dégueulé, maintenant tu vas t’calmer.

    Les filles, finissons-en avec ces p’tits couillons !
    Ils étaient forts tant que nous n’osions pas dire NON.
    Orelsan, baisse ton froc, je saliv’ déjà trop.
    Chiennes de garde, foncez, et en avant les crocs !
    Aux défenseures des femmes les oreilles et la queue,
    les couilles à l’offensée, et des excuses je veux.

    Signé : Pitbulle, espoir de la chanson française
    « Agressive, moi ? Mais c’est une berceuse ! »

    Source : Les Chiennes de garde.

    Par ailleurs, l’affaire orelsan trouve un large écho bien au delà de l’hexagone puisqu’on en parle au canada (cf cyberpresse) et en Europe : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=3842

  13. Drôle de génération ! Je suis choquée par les paroles d Orelsan comme celle de Pibull ! Mais je pense aussi qu’il faut arrêter cette polémique . Qui n a pas fait d erreur ? Le texte n est pas d aujourd’hui ,ne figure pas dans son
    Album ni dans ses tournees , il faut le
    supprimer D’internet . Mais passons a autre chose car la chanson encore inconnue il y a quelques jours , tour a fond chez nos ados !!! Merci les média , chien de garde!!! Entre autre ….

  14. Alors, là je suis scotchée ;-))

    Est ce un gros méga coup de pub pub ou bien deux rappeurs qui règlent leur compte en direct,
    1) beau buzz c’est du jamais vu,
    2) voilà une bonne leçon donnée par une nana qui n’a pas froid aux yeux prenez note…

  15. Super la réponse de Pitbull!
    J’adore le « J’vais pas m’laisser salir par un p’tit vermicelle »
    J’espère qu’elle fera des émules, car il est grand temps que les filles prennent encore plus leur destin en main, que se soit dans un ptit village ou dans une grande banlieue.

  16. pitbulle pourra remercier orelsan pour le coup de pub en tout les cas…. car sans lui elle ne serait toujours pas connue…

    1. Entre Lefebvre prêt à tout pour plaire à son maître Sarko et Royal Femme Debout, luttant contre les violences faites aux femmes (elle avait commen,ncé, ministre déléguée, en interdisant la barbarie du bizutage ou de jeunes mâles se sentaient puissants de faire mimer des fellations à de jeunes filles bizuts!)… il n’y a pas photo!

      L’un a un cabinet de lobbying de ventes d’armes et d’alcool (voir l’excellent documentaire de C+ à propos du sinistre Lefebvre)
      L’autre a viré Raffarin hors de Poitou Charente, écrit des livres forts utiles aux débats d’idées, défend les salariés de Grandrage, d’Heuliez et d’ailleurs, rétablit l’honneur des ultramarins et des peuples d’Afrique humiliés par les discours méprisants de sarko…

      Bref quand Lefebvre fait de l’anti ségolisme primaire, moi ça me rassure sur mon vote pour 2012! Ce sera Ségo, avec enthousiasme! Elle énerve tellement les lampistes de l’ump et les l_èches boottes à la Lang ou Rocard qu’elle a mon vote!!! C’est acquis!!!

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