ça fait quoi d’être anonyme ?

ça fait flipper.

Je ne reviendrai pas sur les raisons d’un blog anonyme. L’ennemi, on le connait tous, c’est Google. Et bloguer anonyme permet aussi d’attirer l’écoute sur ce que l’on dit, pas ce que l’on est. Faites l’essai. Prenez un billet d’un « éditorialiste » connu par exemple. Retirez son nom, et lisez son billet à voix haute. Le texte a souvent moins de gueule, et on se dit qu’on aurait pu l’écrire soi-même (Je vous conseille l’exercice avec Christophe Barbier).

Mais il y a anonymat et anonymat. Certains « trolls » me reprochent mon anonymat. Ils se trompent. Ils devraient me lire, fouiller dans mes billets passés. Ils sauraient qui je rencontre, d’où je viens, comment je vis.

A force de persévérance et de durée, le blogueur anonyme se construit une seconde vie. Il s’est créé une réputation. Il perd l’anonymat des débuts. On peut retracer son évolution, retrouver ses premiers écrits.

Il a un passé sur la Toile.

Edvige, où es-tu ?

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Un patron lynché

Je ne suis pas à un paradoxe près. Le même jour, ce matin ou cette nuit, je ne sais plus, je publie une video de Politistution sur le scandale Valéo, et ce billet de culpabilité.

Je pense aux enfants du PDG de Valéo.

Que ce dirigeant d’entreprise ait pu partir avec quelques 3,2 millions d’euros d’indemnités de départ, quand son entreprise est aidée par l’Etat (via le Fonds d’investissement et la Caisse des Dépôts), et qu’elle a perdu 200 millions d’euros l’an passé, est révoltant.

Mais ce PDG, Thierry Morin, a donc vu son nom stigmatisé sur tous les médias de France. Radio, journaux télévisés, presse. Le Président s’est saisi de l’exemple. Le gouvernement également. La situation est telle que la moindre incartade éthique est exhibée. Voici venu le moment de la purge, de l’excomunication.Ce n’est pas encore l’épuration, mais ça en prend le chemin.

Plus Nicolas Sarkozy tardera à légiférer, plus ces cas isolés feront l’actualité, plus les loups crieront.

Et je suis un loup.

Comité invisible

Voici un titre de billet qui va affoler les capteurs de l’Elysée et de la DCRI. J’ai trouvé chez mon libraire favori, en libre service, une mise au point très convaincante du Comité Invisible. Celui-là même qui s’est partiellement trouvé suspecté de terrorisme. Celui-même dont Julien Coupat, toujours détenu, est soupçonné d’être le leader.

Cette mise au point répond à une interrogation profonde: celle de la suite à donner à la contestation. Rassurons immédiatement les sbires de la DCRI qui me pistent: je ne prône pas la violence ni la révolution.

Je m’interroge. De quel côté de la barricade devrais-je me trouver ? Chacun de nous, à gauche, devrait se la poser cette question. En lisant cette note du Comité Invisible, j’ai cueilli quelques très bons passages, qui frappent juste, et loin. Les constats sont simples.

« Les journaux dressent consciencieusement la
liste des causes de l’inquiétude soudaine. Il y a la
crise, bien sûr, avec son chômage explosif, son lot
de désespérance et de plans sociaux, ses
scandales Kerviel ou Madoff. Il y a la faillite du
système scolaire qui ne parvient plus à produire
de travailleurs, ni à calibrer du citoyen ; plus
même à partir des enfants de la classe moyenne.
Il y a le malaise, dit-on, d’une jeunesse à laquelle
aucune représentation politique ne correspond,
tout juste bonne à jeter des voitures-bélier sur
les vélos gratuits qu’on veut bien mettre à sa
disposition.
« 

Il y a un questionnement que je partage :

« Comment une situation d’émeutes généralisées devient-elle une situation insurrectionnelle ? Que faire une fois la rue acquise, parce que la police y a été durablement défaite ? Les parlements méritent-ils toujours d’être pris d’assaut ? Que veut dire pratiquement déposer le pouvoir localement ? Comment se décider ? Comment subsister ?
Comment se retrouver ?
« 

Comment se retrouver ? L’insurrection, puis la destruction des instutitutions suppose d’en créer de nouvelles. Je regrette que le système démocratique que nous connaissons ait davantage profiter à l’exploitation du plus grand nombre. Mais ce dernier ne saisit que rarement sa chance. Aux élections dernières, il a voté pour un monarque libéral et sécuritaire. Il est bien facile de crier au loup, d’accuser des « médias » contrôlés par les « potes » du président.

Le Comité Invisible parle communisme. Faut-il se raccrocher à ce mot ?

« D’ores et déjà, donc : “s’organiser matériellement pour subsister, s’organiser matériellement pour attaquer”. Qu’un peu partout s’élabore une nouvelle idée du communisme. Dans l’ombre des bars, des imprimeries, des squats, des cages d’escalier, des fermes, des salles de sport des complicités offensives peuvent naître ; de ces complicités depuis lesquelles le monde prend soudain comme une tournure plus appuyée.
Il ne faut pas refuser à ces connivences précieuses les moyens qu’elles exigent pour le déploiement de leur force.
« 

L’approche systémique de la réalité est souvent la plus creuse et la plus nécessaire. La plus creuse car elle raccourcit, simplifie, caricature. La plus nécessaire car elle procure le recul indispensable à la compréhension. Mais il faut s’en détacher. Les réponses ne sont jamais systématiques, sauf en dictature.
Cette note du Comité invisible se conclut sur la bonne question : quand on a tout cassé, comment reconstruire ? Suivant quelles règles ?

Je suis un souchien

Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, appelle ainsi les « Français de souche ». Je ne cache pas que j’ai du mal à accepter les propos de la dame. Elle tacle pourtant Sarkozy, Dati & Co. Dans cette ancienne video, ses propos sont séduisants. Heureusement, l’excellent Abd Al Malik la corrige gentiment: « Il faut arrêter de dire eux, nous, etc ».

Houria Bouteldja défend une cause. Elle me stigmatise, même si je partage ses constats. C’est triste, c’est con.

Sarkophages

C’était une dictée de classe de CM2. Un exercice de grammaire et de vocabulaire. Ma fille obtient 20/20. Bravo Lianne !

En relisant avant de signer la dite dictée, je tombe sur cette phrase :

« Je vis d’abord la pierre de Rosette, sur laquelle Champollion a déchiffré les hiéroglyphes. A droite, et à gauche, des sarkophages. »

« Sarkophages » ?

Même le prof n’a rien vu. Vingt sur vingt. Sarko est vraiment partout.

J’ai compris que ma fille était trop imprégnée par mon activité blogosphérique…

Sarkophage ?

Grâce à la gauche, la crise est moins forte en France

C’est un « troll« , l’un de ses commentateurs obtus de « l’autre camp » qui m’a donné l’idée de ce billet. Il me renvoyait vers un article de l’Express qui titrait : « Récession: « La France s’en sort plutôt mieux que ses voisins européens« .

Et pourquoi donc ? L’expert de l’INSEE donnait comme explication les mesures sociales du gouvernement, qui ont bénéficié au maintien de la consommation. Plus globalement, pourquoi s’en sortirait-on mieux en France qu’ailleurs ? Grâce à la gauche.

Grâce à elle, nous avons des services publics, des entreprises publiques, des retraites encore calculées par répartition, un partage du temps de travail, une assurance chômage, une protection sociale qui tient encore.

Grâce à la gauche.

Rappelez-vous des faits, pas des hommes.

Rappelez-vous de celui qui nous promettait la Rupture.