L’antisarkozysme n’est pas une politique.

C’est une réflexion d’un ami journaliste. Je vous dirais plus tard de qui il s’agit. Là n’est pas l’important. Il s’inquiétait du traitement de l’actualité, de l’avenir politique, des blogueurs influents intéressés par la chose publique.

Hum.. Serais-je visé ? Paradoxalement, l’antisarkozysme ne m’intéresse plus. L’opposition à la personne elle-même du chef de l’Etat n’est plus qu’un facteur d’analyse, un sujet parmi d’autres. Tout a été dit. Tout est connu: il est agité, ou nerveux, autoritaire, ou colérique, dilletante, flemmard, plutôt ignare, très orgueilleux, et évidemment ambitieux. De temps à autre, quand l’actualité s’effoule ou que le président dérape, son comportement prend le dessus dans nos billets de blogueurs.

Mais fondamentalement, ce n’est plus la critique majeure. Il sera temps, d’ici 2012, de rappeler combien cet homme n’a pas le comportement responsable qu’on attend du chef de l’Etat.

Les vrais sujets sont ailleurs : sa politique, sa conduite des affaires, la défense de son clan, la posture de ses proches, la France qui souffre en silence, la cassure sociale cachée sous la « rupture des tabous« .

Effectivement, je ne suis plus seulement antisarkozyste.

Et vous ?

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Contre-Cannes

Il y a quelques heure, jeudi matin, la sélection officielle du Festival de Cannes a été annoncée. 54 films, des films réjouissants pour les cinéphiles, Tarentino qui revient pour être jugé par James Gray, membre du jury, un dessin animé issu d’une série fantastique (Panique Au Village), un cinéaste qui revient du parler de ces immigrés sacrifiés pour la Résistance (« L’Armée du Crime » de Robert Guédiguian).

J’avale (légalement :-)) du cinéma depuis longtemps. Marx Brothers, le western, les frères Taviani, Terminator, Die Hard, les Ailes du désir, King Kong. Depuis tout petit , des images sur un grand, puis un petit écran m’ont marqué.

Cannes est une opération médiatique lointaine, un coup de projecteur qui nous fait saliver (ou pas) sur des films que nous verrons plus tard. Vendredi matin, sur France Inter, j’ai entendu une journaliste rapporter un propos du sélectionneur Thierry Frémeaux: ce dernier veut montrer quelques images des films en compétition sur le Net pour « attirer » le public jeune. Je n’ai pas tout compris. Cannes s’ouvre sans doute un peu. De Cannes, je lirai la critique « intellectuellement correcte » qui louer les « grands auteurs ». Il y a 15 ans, je pensais qu’il s’agissait d’un problème de génération. Quinze ans plus tard, j’ai 40 ans, ou presque. Les vieux d’hier sont toujours là. Mais je n’ai pas changé de goût.

De Cannes, je n’entendrai personne louer le cinéma d’exploitation, un cinéma de genre qui s’assume, qui casse, découpe, transgresse, choque et violente.

Quelle est cette caste du pouvoir culturel qui m’explique que le talentueux « Conte de Noël » vaut mieux que l’excellent Martyrs ?

Le complot du 11 septembre

J’étais à Manhattan le 11 septembre 2001. A chaque fois que j’entends ou lis un « complotiste » m’expliquer que les attentats du 11 septembre sont le fruit de l’administration américaine, je frissonne, je m’énerve.

Début avril, des scientifiques ont annoncé, à la télé danoise, avoir trouvé des traces de poussières contenant des « nano-thermites« , une espèce d’explosif découvert en 1893 qui fond le métal. Je vous le résume sommairement, mais la video est . Certains complotistes suggèrent ensuite que c’est une preuve supplémentaire (ah bon ? Il y en a d’autres ?) que le 11 septembre est l’oeuvre de la CIA. Même la TÉLÉ LIBRE, précaution à l’appui, relais ces propos.

J’ai toujours compris pourquoi certains s’acharnent avec ces thèses. Mais je n’ai jamais compris pourquoi on les prenait de temps à autre au sérieux. Tous les responsables d’Al Quaïda ont revendiqué l’attentat. Que les complotistes veulent ils prouver ?

Que Ben Laden et George W Bush sont de mèche ?

Super.

ça change ma vie.

Désirs d’elle, désir de politique

Libération a publié un article intitulé « Désirs d’elle » de David Revault-D’Allones.  Le journaliste décrit Désirs d’Avenir comme un club de supporters segomaniaques. Le fonds n’est pas si négatif. Il décrit une catégorie de segolâtres suivant un angle groupies-Star’Ac. Sur le fonds, cela n’a pas grand intérêt. Tous les leaders politiques ont leur fan-clubs. Je suis même prêt à parier que je peux trouver une groupie de Jean-François Copé. Mais l’article trouble.

1. Je n’arrive pas à comprendre la logique de Libération. J’aime ce journal. Il sait qu’il a des lecteurs de gauche en majorité. Pourquoi s’aliéner quelques segofans ?

2. Libération pense visiblement que taper de temps en temps sur Ségo, Besancenot, ou d’autres rétablit une espèce d’équilibre, après les multiples « unes » anti-sarko.

3. Certains de ses journalistes pensent peut-être que leur objectivité requiert ce type d’article à charge.

4. Libération n’a plus d’enquête. Faute de moyens ? Je dois lire Le Monde pour savoir ce qui se passe. Et Libé pour attraper un angle qui me sied. Parfois.

5. Le traitement de l’actualité n’est jamais neutre. Il n’y a peut-être que quelques journalistes échoués au XXème siècle pour penser le contraire. Chacun a sa vision de ce qui se déroule sous nos yeux. Le lecteur d’un journal cherche un recul, une vision du monde.

Au final, David Revault-D’Allones s’en sort parfois bien. Il décrit avec justesse le besoin de rénovation à gauche, l’inquiétude au PS, l’incompréhension manifeste chez d’autres (ou les mêmes ?). Mais pourquoi ce sous-titre pseudo-accrocheur : « Objet politique non identifié, l’association de Ségolène Royal s’accroche à sa raison sociale: la destinée présidentielle de l’ex-candidate. Et agit en club de supporteurs, prêts à croire aux lendemains qui chantent » ?

Il y a parfois un désir de politique.

Tout simplement.

Assumer en politique

L’un des arguments les plus faciles utilisés entre militants, sympathisants ou politiques est de renvoyer son adversaire vers les bétises de son propre camp. L’une des postures les plus faciles en politique est de se déclarer « indépendant ». La politique est l’organisation de la vie de la cité. Or la cité est par définition collective. On doit se compromettre, et assumer.

L’indépendant évite de se mouiller. Il se déclare au-dessus des autres. Il n’aime pas se ranger derrière un chef, ou une cheftaine. Il n’aime pas les bannières. Il est au-dessus de tout cela. L’indépendant peut donner des leçons aux autres, se cacher derrière sa liberté d’esprit.

L’indépendance est une fausse bonne idée en politique. On doit nécessairement se regrouper, s’additionner, se liguer.

Pour ma part, je reste adhérent aux Verts (je facilite le travail d’Edvige, nous ne sommes que 7 000 en France). Et je reste segoliste.

Il y aurait beaucoup à dire contre les Verts. Ou contre Ségolène Royal. Je n’approuve pas tout. Même si ces derniers temps, les deux m’ont fait plaisir. Les Verts se sont ralliés dans une belle alliance, large et opiniâtre, pour les élections européennes. Et Ségolène Royal tâcle avec la vigueur d’un blogueur vigilant les travers narcissiques et honteux du Monarque français.

Merci à eux.

Le 21 avril, curieuse date

Le 21 avril 1944, les femmes en France obtenaient le droit de vote. Mes deux grands-mères et arrières grands-mères purent voter pour la première fois de leur vie. Ce jour-là, la France entrait, avec 44 ans de retard, dans son siècle.
La 21 avril est synonyme de douleur, et pas qu’en 2002.C’est le jour de l’Holocaust. Yom Hashoah, comme les Juifs l’appellent.

Triste déchaînement de haine hier à l’indigne conférence internationale sur le racisme, organisée sous l’égide de l’ONU. Peut-on se parler des excès des uns sans tomber dans les excès des autres.

65 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les plaies ne demandent qu’à se réouvrir.

مرحبا

ברוך הבא

Bienvenue