Tu seras tondu(e)

C’est une expression qui m’amuse. Elle résume assez bien ma pensée en ces temps de « résistance ». A la Libération c’est-à-dire, le jour où « nous » aurons gagné, ceux et celles qui auront gentiment collaboré au régime sarkozyen seront « tondus« . Cette humiliation, imposée à tort ou à raison dans la France soudainement gaulliste et résistante de 1944 à toutes celles suspectées d’avoir couchées avec l’occupant (les hommes étant généralement fusillés), peut prendre des formes différentes à l’heure du Web 2.0.

« A la Libération, tu seras tondu« , L’expression marque et symbolise une volonté. Celle ne pas supporter la moindre compromission à l’égard d’un pouvoir qui veut notre mort politique. Je ne comprend pas mes amis de droite. Si vous êtes libéraux, sortez de vos gonds. La DCRI installera bientôt ses mouchards. Heureux ?

Confidence, je vis bien, je travaille beaucoup, je blogue un peu. Mon milieu social ‘naturel‘ est bourgeois, sans souci d’argent. Quand, de temps à autre, j’explique à un ami ou une relation qu’il ferait bien de choisir son camp car « nous » sommes partout, le dit-ami s’interroge. « T’es sérieux ? » Depuis toujours, longtemps, on m’explique qu’il faut virer à droite quand on vieillit. « A la Libération, tu seras tondu« . Cette expression surprend. Il ne faut pas. Dans « Inglorious Basterds » de Quentin Tarentino, Brad Pitt grave une croix gammée au couteau de chasse sur le front des nazis qu’il épargne, pour s’assurer qu’ils sont marqués à vie même quand ils tomberont l’uniforme.

Ben oui je suis sérieux. Tu me tueras peut -être en premier.

Mais si je vise, je shoote.

« A la Libération, tu seras tondu« 

Les rafles d’immigrés, les franchises médicales, le bouclier fiscal, le dîner au Fouquet’s, la protection accordée à Omar Bongo. A la Libération les motifs seront nombreux.

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Twittergate

Le « Twittergate » qui frappe l’Allemagne est peut être le premier scandale politique des réseaux sociaux. Jusqu’à maintenant, ces derniers inquiétaient par leur caractère intrusif. On flippe à l’idée qu’un DRH regarde notre page Facebook (j’en ai plusieurs, c’est plus drôle). Le plus délicieux est que l’internaute imprudent se créé son propre fichier Edvige. On se fiche, on se blogue, on se dépeint, on se décrit.C’est à se demander si la Loi LOPPSI 2 a encore une utilité. Nous sommes devenus nos propres mouchards, nos propres délateurs.

Le Twittergate allemand est autre chose. Une députée allemande a confié e résultat de l’élection du président de la République fédérale à laquelle elle assistait. Oups ! J’ai merdé ! Sur Twitter, on se lâche, on se confie. On s’imagine que c’est éphémère. Nos phrases sont pourtant fixées, enregistrées, amplifiées, reroutées, googleisées.

Les réseaux sociaux sont des zones dangereuses pour les politiques. Les Twitt neu-neu 2.0 de Laurent Wauquiez font rire. Ceux de Benoit Hamon sont plus dignes. Il faut se maîtriser, se contrôler, se corriger. Tout en veillant à éviter la langue de bois, aussitôt fustigée. L’équilibre est précaire.

Le profil Facebook de Nicolas Sarkozy a récemment fait parler de lui. On y lit des phrases édifiantes de sincérité: « j’actualise mon profil avant le jeudi de l’Ascension avec mes dernières lectures : « Pierre et Jean » de Maupassant et « Le Lièvre de Patagonie » de Claude Lanzmann. Dernièrement, j’ai aussi vu l’inoubliable film « Les Feux de la Rampe » de Charlie Chaplin. »

C’est bien mon Nicolas. Ma fille termine « l’Etranger » de Camus, et je te l’envoie (« L’Etranger, pas ma fille).

Européennes : le dilemne de l’électeur de gauche

Cette photo m’a fait tout drôle. Sego et Martine souriantes, tenues assorties, ensemble sur l’estrade d’un meeting socialiste. C’était mercredi soir, à Rezé. Nombre de mes estimés confrères blogueurs appellent à voter socialiste ce 7 juin.Le syndrome du vote utile nous reprend, sauf que cette fois, l’élection se fait au suffrage proportionnel à un tour. L’ami Dagrouik tente plutôt de nous dissuader de » voter inutile ». Le vote NPA tient une bonne place dans son palmarès des votes inutiles. Pourtant, l’envie de tout foutre en l’air par un xième vote protestataire est grande…Qui cassera la baraque ? Sans doute pas eux. La protestation est utile et facile. Elle nous remet en cause sans nous engager.

Dagrouik exclut aussi le Front de Gauche, qui tente de nous faire croire que gauche et droite, c’est la même chose à Strasbourg, ignorant par là même le processus parlementaire européen. Il a raison, mais 36 économistes ont apporté un beau soutien, à de belles propositions portées par le Front de Gauche. Alors ? On fait quoi ?

Voter Modem ? Si j’ai intitulé ce billet « le dilemne de l’électeur de gauche« , c’est bien pour signifier quelque chose. No offense. Je n’arrive pas à « lire » ce parti.

Honnêtement, je ne sais plus. Dagrouik suggère le vote socialiste. Normal, il est socialiste. moi pas. Il rappelle aux ségolistes du PS que certains membres de leur motion sont en position éligibile dans les listes socialistes. Pour un non-socialiste, l’argument ne porte pas. Il y en a d’autres.

Pour ma part, il est très probable, certain, évident que je reste fidèle aux écolos cette fois-ci.  Eva Joly au Parlement, ça aura de la gueule. Dagrouik n’en parle pas. Qui ne dit mot consent… Romain Blachier a ouvert les colonnes de son blog Lyonnitude(s) à un ami Vert, lyonnais également : « Fais moi voter Europe Ecologie« . Ce dernier souligne que le rassemblement écolo est « la seule formation politique résolument européenne à faire campagne sur des thématiques européennes. »

Liste Europe Ecologie, donc.

PS : Cédric Rousseau, qui tient provisoirement le blog de l’ami Luc Mandret, m’a fait peur avec son billet « Jospin is Back ». Pour un peu, je n’hésitais plus.

Forçats de l’info, ou du blog

LE MONDE a publié un très intéressant article intitulé « Les forçats de l’Info ». On y retrouve Sylvain Lapoix, de Marianne2, l’un des rares journalistes à s’exprimer à visage découvert. On se doutait bien que les conditions de travail des nouvelles « rédactions » du Web n’étaient pas des plus roses. Ceux qui ont côtoyé de temps à autres des journalistes « traditionnels« , parfois encore jeunes, ont pu constater que la production journalistique Web 2.0 a quelque chose de révolutionnaire: en permanence connectée; ultra-réactive; utilisant les réseaux sociaux comme relais, partage et échange; toujours en ouvrage. Certains sites d’info sont des machines à re-router les dépêches de l’AFP. D’autres rebondissent, buzzent et amplifient.

J’ai l’impression que l’auteur de l’article, Xavier Ternisien, rate cependant une caractéristique, insuffisamment exploitée, du journalisme 2.0: l’angle. La presse traditionnelle a perdu depuis longtemps sa capacité à s’enflammer, à se cliver, à disputer les corps établis. Sur le Web, point de tricherie. Les articles écrits à la va-vite en recopiant des dépêches ou l’article du voisin sautent aux yeux d’un coup de clic. En presse écrite, il faudrait s’acheter moultes journaux et magazines pour repérer ces impostures. Rares sont les lecteurs qui peuvent le faire. Sur le Web, les pages Actualités de Google ou Yahoo vous dévoilent ces jumeaux de l’info, ces arnarques des vieux médias.

Le journalisme 2.0 peut se consacrer à son métier d’origine: angler ses propos. Rares sont les journalistes qui « produisent » de l’info. Ils sont peu nombreux à assister de visu aux évènements. On n’a même plus besoin de suivre Sarkozy en déplacement. Sa Webcam itinérante le filme pour nous. Il faut savoir analyser, comprendre, rapprocher, éclairer une matière brute qui n’a jamais été aussi présente. Certains sites y parviennent allègrement. On a compris que c’était le propos, depuis sa création, de Marianne2. Les pure-players de l’Internet News (Rue89, Mediapart, Bakchich, etc) en font évidemment partie. C’est leur marque de fabrique.

Finalement, le journaliste 2.0 n’est-il pas un blogueur en puissance, le narcissisme en moins ? A moins que cela ne soit l’inverse ?

D’autres font encore illusion. Pour combien de temps ?

Valls avec Lefebvre

Sous couvert d’indépendance d’esprit, voici Manuel Valls qui explique qu’il voterait bien la proposition de loi de Christian Estrosi sur les Bandes. Prudemment, il explique qu’il travaille à des contrepropositions avec Delphine Batho, et ajoute: « Si cette loi va dans le bon sens et permet de lutter efficacement contre ce phénomène – sans se faire d’illusion, car on ne règle pas ces problèmes à travers une seule proposition de loi – je voterai en faveur de cette proposition de loi« .

1. Valls est certainement quelqu’un d’intelligent pour comprendre qu’une 17ème loi sur la sécurité, basée sur le concept aussi judiciairement flou que celui « bandes » n’a aucun autre intérêt qu’un affichage électoraliste. Des organisations de magistrats et d’avocats ont largement expliqué que la loi était suffisamment complète pour qu’on s’épargne ce fumeux et funeste concept qui se prête à tous les abus.

2.Valls devrait comprendre qu’il tombe dans le piège de l’UMP en répondant ainsi à un communiqué de Frédéric Lefebvre. Ce dernier exigeait du Parti Socialiste qu’il se prononce sur la proposition de Christian Estrosi. Depuis quand faut-il répondre aux oukazes hypocrites du porte-parole de l’UMP ? La réponse à Lefebvre était simple : balaye devant ta porte ! Explique-nous pourquoi il y a encore des Kalachnikov qui traînent à la Courneuve 7 ans après l’entrée en fonction de Nicolas Sarkozy à l’Intérieur, et pourquoi ton gouvernement veut supprimer 10 000 postes de policiers d’ici 2012… Après, on causera. C’est d’ailleurs la réponse de Delphine Batho le 18 mai dernier.

3. Reste donc la posture d’un socialiste qui se veut « moderne«  en affichant sa préoccupation sécuritaire. Mais Valls est aussi, sans doute, certainement, peut-être assez intelligent pour comprendre qu’il ne sert pas sa cause en signant ici ou là allégeance à Nicolas Sarkozy. En 2012, les Français préfèreront-ils la pâle copie à l’original ?

L’antisarkozysme n’est pas une politique, on le sait. C’est une résistance. Il doit s’accompagner d’autre chose. La lutte contre les précarités (et l’insécurité en est une) est un leit-motiv plus efficace que ce type de « collaboration idéologique » vaseuse.

6 conseils pour bloguer anonymement

En réfléchissant un peu, mais pas trop, voici les 6 conseils que je donnerai pour bloguer anonymement et tranquillement.

1. Ne vous montrez pas. Si l’envie vous prend d’aller rencontrer vos semblables, envoyez un proche à la République des Blogs. Tôt ou tard, quelqu’un vous reconnaîtra. Ne vous dévoilez qu’à ceux en qui vous avez confiance.

2. Bloguez depuis plusieurs ordinateurs. J’en utile 5 de manière récurrente.

3. Ne bloguez jamais depuis votre lieu de travail. Si vous êtes salarié, c’est rarement autorisé.

4. Ne communiquez jamais vos coordonnées personnelles (adresse, téléphone, etc). En cas de besoin, utilisez un proche. les leurres sont d’efficaces pare-feux. Donnez le téléphone d’un ami, ou prenez une autre ligne.

5. Enquêtez sur les blogueurs anonymes menaçants. Si vous êtes démasqué par l’un d’entre eux, il faut savoir réagir autrement que par des cris d’orfraie. Faites confiance à la Net-éthique. Les blogueurs anonymes n’aiment pas qu’on les démasque. Il faudrait être crétin pour faire à autrui ce que l’on craint soit-même.

6. Protégez vos arrières. réfléchissez à ce qui vous conduit à bloguer anonymement : la crainte d’une rétorsion professionnelle ? Prévenez votre patron. La peur de perdre un ami ? Préparez-le à la nouvelle. Un ami peut comprendre. Si votre blog n’est que politique, il n’y a aucune raison de sombrer dans la paranoïa.