Blogueur, pourquoi ? Pour qui ?


J’ai pensé hier à fermer SARKOFRANCE, et ses déclinaisons.

J’ai commis l’erreur de publier un billet sur l’HADOPI, à contre-courant de mes amis et confrères. Comme je l’expliquai à Jacques Rosselin, fusiller l’adversaire, et se faire fusiller ne me dérange pas, bien au contraire. Mais cliver mon camp à ce point contre moi ne m’intéresse pas et m’a choqué. J’ai voulu arrêter tus mes blogs mercredi soir, comme ça, sans facherie ni rancune.

Je n’ai pas de souci à entendre la contradiction. J’avais moins d’inhibitions à tacler des blogueurs adversaires, même ceux que je respecte. La violence de certaines réactions émanant de gens que je ne connais pas m’a surprise. J’ai crains de décevoir et cliver mon propre camp politico-blogosphérique. Certains des blogueurs que j’apprécie ont également exprimé leur opposition, avec gentillesse et courtoisie.

Globalement, ce simple billet a été commenté une petite cinquantaine de fois, et suscité un petit millier de lectures.

Je ne reviendrai pas sur le fonds, j’ai été touché de certains témoignages de sympathie post-affaire. Le fonds du problème est celle du débat politique blogosphérique. Je ne suis pas blogueur. J’y ai été poussé par réaction instinctive, un entêtement obsessionnel, le besoin de faire quelque chose dès le 7 mai 2007.

Cette micro-affaire narcissique a simplement entamé un lien avec le bloguing lui-même. Certains d’entre nous ont eu cette expérience curieuse.

Un jour, sans crier gare, un évènement, fusse-t-il mineur, rend obsolète en un instant nos attachements d’hier.

Amis, lecteurs, blogueurs, ne vous arrêtez pas.

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19 réflexions sur “ Blogueur, pourquoi ? Pour qui ? ”

  1. Il ne manquait plus que cela. vous n’allez pas nous laisser tomber ?

    Votre blog est une référence pour moi, alors ???

    Mais, je comprends que par moment, on peut avoir  » coup de blouse » pour mieux repartir après.

    Merci pour votre travail indispensable à la liberté de la presse.

  2. je passe chez toi chaque jour
    je m’ennuierai de ne plus pouvoir le faire
    tiens bon

  3. Ah, non, Juan, t’es la référence du genre.
    Ton opinion sur Hadopi n’est pas la plus répandue ni très populaire mais, tu as eu le courage de la signaler, plutôt que de n’en rien dire.
    On ne peut être d’accord sur tout et certaines réactions peuvent froisser, ça m’est arrivé aussi mais au moins,cette opinion pouve que tu ne vas pas dans le sens du vent et est fidèle à tes convictions, même si elles peubent , sur n sujet donné, embêter les collègues

  4. Hé ho ! Ca ne va pas non ? On a trop besoin de Sarkofrance.

    Je ne sais pas pourquoi tu focalises sur ton billet de l’autre jour (alors que tu en fais 5 ou 6 par jour que nous approuvons tous !). Ca arrive à tout le monde de diffuser un truc à contre courant. Tiens ! Moi, à propos d’Hadopi, j’avais fait un billet pour dire aux lecteurs que si Hadopi était mauvaise, ça ne légitimait pas, pour autant, les pratiques illégales.

    Par ailleurs, le comportement des commentateurs est irrationnel. Regarde mon billet d’hier sur Bayrou. Je terminais en prévenant que c’était un appeau à troll : j’ai quand même été trollé par une foule de Modemistes…

  5. @nicolas
    peut-être que c’était juste la goutte d’eau qui…..
    @juan
    Tu n’arrêteras pas. Pas tout de suite
    :)))
    (s’il te plait)
    (je sais je suis chiante à mettre de l’affect partout)

  6. Heureusement que tu n’as pas cédé à cette tentation! Il est rassurant de savoir qu’il y existe des blogueurs ayant le courage de s’exprimer à contre-courant, tes billets à l’abord plus consensuel n’en ont que plus de poids. Il serait intéressant du reste de s’arrêter sur ces moments de découragement, qui me semblent provenir de la solitude paradoxale du blogueur —commentateurs et lecteurs ne suffisent pas à écarter les doutes, briser le silence au moment des choix à prendre, etc.

  7. Si on est pas d’accord, c’est ce qui mène au débat, et le débat est bon pour avancer! Allez continues à alimenter ces blogs qui nous font réfléchir sur noter devenir à tous!

  8. les plus virulents sont souvent ceux qui manquent d’arguments…

    pas d’intérêt majeur à s’en formaliser même si c’est éminemment désagréable bien sûr…

    vive Juan!! 🙂

  9. « Globalement, ce simple billet a été commenté une petite cinquantaine de fois, et suscité un petit millier de lectures. »

    Bienvenue au club 😉

    Et courage, surtout. La première avalanche sur un blogue, ça décoiffe. Au bout de 2 ou trois, tu seras blasé. ^^°

  10. Que tu aies pensé arrêter ton blog prouve qu’il y a qq chose de plus profond qui se joue.
    Le débat hadopi te tiraille, on voit un peu pourquoi. Personnellement ce débat je m’en fous. Ce qui m’intéresse: précarité, liberté d’expression, écologie.

  11. Et quand je lis ça, je me dis que le blog ça n’est pas pour moi. Ces querelles, c’est sans intérêt. Internet, c’est comme la télé, avant tout un instrument de divertissement. On se divertit en animant un blog politique ou people. Il y a plus sérieux. Le blog est un truc d’ado. 🙂

  12. Ça va pas non ?
    Si tu arrêtes, tu vas être obligé de tout recommencer dans quelques jours, c’est idiot !
    Autant continuer !
    :-))

    [Je dois dire que pour ma part, comme je te considère comme un blogueur éminent, j’ai plutôt admiré que tu sortes du courant majoritaire pour prendre une position inverse. C’est ce genre d’article qui peut amener à s’interroger sur sa propre pensée…].

  13. comme le chantaient les fameux S Club 7 :
    « don’t stop, never give up »

  14. Bonsoir,
    Je lis ton blog peut-être pas tous les jours mais plusieurs fois par semaine.
    Je ne partage pas ton avis sur HADOPI mais je suis content que tu puisses exprimer un avis divergent, ça aide à réfléchir.
    Si mon blog suscite bien peu de polémiques (et pour cause!), il me semble normal qu’un blog politique soit une usine à débat (le contraire serait triste) tant que cela se fait dans le respect.
    Bonne continuation!

  15. Une question que je me pose depuis un certain temps : pourquoi les journalistes éprouvent-ils le besoin de créer des blogs alors qu’ils supportent difficilement le débat d’idées qu’ils font pourtant mine de susciter ?

    Ainsi, un certain Alain Joannès a effacé rétroactivement tous les commentaires, postérieurs au 6 mai 2009, de l’article La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie. Voici la copie des commentaires réalisée avant l’opération chirurgicale de type stalinienne.

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