Blogueur anonyme, vraiment ?

Nicolas de Partageons mon Avis m’a enfin tagué dans sa chaîne sur le blogueur anonyme. Au début, je n’y avais pas cru. J’ai cru qu’il me faisait la gueule. Il lance une chaîne sur le sujet de paranoïa personnelle qui m’occupe sans me prévenir… argh !

Sur le fond, la problématique posée est simple : « Bon, Mesdames, Messieurs, chers compatriotes, on parle beaucoup de l’anonymat dans les blogs mais au fond de nous-mêmes est-ce qu’on ne devrait pas s’en foutre royalement dans la mesure où la plupart des gens ne savent même pas ce qu’est un blog ? Ne serait-on pas un peu trop centrés sur nous-mêmes ? »

J’ai plusieurs fois écris sur les motivations du bloguing anonyme. Je vais me répéter:

1. L’ennemi, c’est Google et ses petites cousins . Professionnellement, Google peut faire des ravages. Et pas seulement chez les proches.

2. Etre anonyme permet de prendre quelques précautions vis-à-vis de son entourage proche. Je n’ai appris à mes proches que très progressivement, depuis 2 ans, que j’écrivais un blog. Certains ne le savent pas encore. Mes patrons connaissent mon engagement (Je dis ça pour ceux qui seraient tentés par un chantage).

3. L’anonymat permet d’éviter les arguments d’autorité. Quand je lis Dagrouik, Nicolas, Vogelsong, Mrs Clooney ou Olympe, je lis leurs écrits, sans penser à qui il sont. Bloguer anonyme permet d’attirer l’écoute sur ce que l’on dit, pas ce que l’on est. Yann Savidan dit la même chose.

4. L’anonymat est factice. Nul doute que les mouchards de l’Elysée tentent de zoomer sur nos billets. Le Nouvel Obs m’a encore cité dans sa rubrique « réseau » la semaine dernière. L’Express m’a appelé il y a quelques semaines pour me rencontrer. Ben voyons. Je me suis déjà montré à Marianne2 et Jacques Rosselin. J’arrête.

5. Nos blogs sont peu lus, mais l’influence peut être réelle. Sans narcissisme ni flatterie, la conjonction éditoriale d’un ensemble de blogs politiques permet de démultiplier les messages plus rapidement qu’une livraison de tracts dans mon 18ème favori. L’audience de Sarkofrance s’éparpille, les billets sont repris; essaimer à droite ou à gauche est le premier but de mes blogs politiques. Peu m’importe que cette atomisation nuise à l’audience du blog principal. Seul compte le message.

Je vous donnerai bientôt mes 10 conseils pour un anonymat respecté. On y parlera manipulation, chantage et précaution.

Merci Nicolas.

Lequel ? Nicolas S ou Nicolas J ?

Les deux.

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On nait homme, ou bien.

Zoridae a rebondi sur un article de Nancy Huston dans Le Monde intitulé « On ne nait pas homme« . Honnêtement, je pense qu’on naît homme. Ce qui ne veut pas dire hétéro. C’est un garçon qui vous le dit. Certains garçons naissent en se pensant femme. D’autres restent davantage attachés à la gente masculine. On dit homo. Mais in fine, on nait homme, sexuellement, et très simplement. C’est la confrontation avec les autres qui pose problème, qui créé des questions artificielles aux quelles nous devons répondre depuis des lustres.

A observer mon petit garçon grandir jour après jour (Tarzan, pour les intimes du blog Petites Racailles), je vois bien qu’il lui faut moins construire son identité que sa légitimité.

L’identité masculine est surtout sociale. L’homme doit prouver qu’il « en a« . Qu’il montre trop de tendresse, et on le traite de fille. Pour nombre d’hommes préhistoriques, encore très présents parmi nous, l’homme est une construction sociale de domination qu’il faut maintenir et faire perdurer.

Récemment, j’ai eu une conversation terrifiante mais terriblement banale avec une relation professionnelle. On parlait d’un film qui traitait d’homosexualité. Mon interlocuteur lâche le mot: « c’est quand même une déviance. » J’avale mon alcool de travers. Déviance ? Oui, déviance. Un homme doit être avec une femme, m’explique-t-il. Ah d’accord… Croyant m’enfoncer ou me convaincre, il complète : « Et si ton fils devenait homo ? » j’ai dû lui répondre que je ne pensais pas que l’homosexualité s’attrappait comme la grippe. Et que si mon fils se trouvait plus attiré par les garçons que les filles, je m’en souciais assez peu. Voire pas du tout.

Finalement, nos vieux modèles ethno-culturels nous donnent une vision de la gente masculine assez obsolète. L’homme a des couilles pour reproduire l’espèce avec le concours plus ou moins contraint d’une congénère féminine.

Mais fondamentalement, faut-il penser aussi précisément à des différences ?

Je ne sais pas.

Marianne2 et les blogueurs

L’ami Dagrouik a récemment écrit qu’il ne souhaitait plus être publié ni repris par Marianne2. Il expose très simplement ses 3 raisons principales : des désaccords avec un autre blog associé à Marianne2, la ligne édito du journal et/ou du site, et le sentiment sans doute légitime de se faire exploiter à bosser gratis.

Personnellement, je reste attaché à Marianne2. Côté finances, j’ai encore un emploi qui me permet de bloguer sans avoir à penser à me faire rémunérer. Si je tombe au chômedu, la chose changera. Mais pour l’instant, je préfère que les billets soient lus par le plus grand nombre. Et qu’importe s’ils sont gratuits. Ami(e) lectrice/lecteur, tu es prévenu(e): je ne suis pas payé par Marianne2, ni par personne d’autre, et ne souhaite pas l’être.

Marianne2 s’est associé des blogueurs d’obédience diverses. Je déteste quand ils tapent sur Sego, s’amusent d’Aubry, fustigent Cohn-Bendit. Mais c’est comme ça. Marianne2 est à l’image du magazine. Une position politique incongrue, que d’aucuns qualifieront d’extrêmiste centriste, clairement républicaine, pas forcément européenne. Marianne et Marianne2 ressemblent aux gens avec j’ai envie de discuter, d’échanger, de débattre.

Un jour, Marianne2 me jettera. Sans doute. Sans complexe. Un jour, je jetterai Marianne2. Comme l’ami Dagrouik. Je sais que nos associations sont éphémères. Elles peuvent durer des lustres, ou s’arrêter du jour au lendemain. Un changement de rédacteur, un désaccord insumontable, une audience qui baisse.

Pour l’instant, Marianne2 est l’un des rares médias à nous ouvrir ses portes sans nous demander des comptes. En ces temps, je vois l’opposition comme une Armée des Ombres, qui doit retrouver un esprit de résistance commun, solidifier ses chapelles, dépasser ses divisions.

Merci à eux.

6 raisons de défendre nos élus

Alors qu’un site utile a fait son apparition sur la Toile, pour dénoncer les plus paresseux de nos élus à l’Assemblée Nationale, il m’a paru sain de rappeler 6 évidences.

1. Il faut des élus dédiés à l’étude et l’établissement des lois. Quel citoyen prendra le temps de lire, dépecer, commenter, amender des textes de lois ? Le cumul des mandats nuit évidemment à cette efficacité requise.

2. Etre élu n’est pas si bien rémunéré que cela. Même en cumulant des mandats, l’élu culmine à 9 700 euros par mois. Belle rémunération, mais qui doit lui permettre de se payer un(e) assistant(e) et ses travaux.

3. L’élu doit être protégé par une retraite confortable. Lui assigner la même précarité qu’un salarié commun est dangereux pour la démocratie. Ce serait réservé les mandats aux plus fortunés du pays ou aux fonctionnaires, garantis dans leur emploi en cas d’échec aux élections.

4. Le « parachutage » des députés peut être une bonne chose. Pour les petits partis, contre les notables, il faut pouvoir parachuter des candidats de valeur partout en France.

5. Les élus devraient suivre la logique de leur groupe. Ils ont élus, en général, grâce à lui. Le vote « indépendant » est un curieux concept qui nie le soutien partisan que chaque élu réclame au moment des élections.

6. le référendum d’initiative populaire doit être réservé à des questions qui acceptent le binaire « oui ou non ». Sinon, on s’expose à des votes ininterprétables ou biaisés par des envies connexes.

Députés Godillots

Il y a quelques jours, j’ai reçu, comme d’autres, un email m’informant de la création du site députésgodillots.info, qui se présente comme « un site communautaire qui vise à recenser les pratiques godillotes de certains députés de la majorité afin de permettre au président du groupe UMP de réaliser sa promesse de mettre fin à la notion de parlement godillot ».

Les fiches sont déjà nombreuses. Elles sont très fournies. Le travail est titanesque. Celle de Françoise de Panafieu, par exemple, recense les rares interventions de la députées, avec des citations extraites des comptes-rendus des débats parlementaires. Les auteurs du site se sont mobilisés contre la loi Hadopi.

Une députée radicale de gauche, Sylvia Pinel., n’a pas appréciée sa propre fiche. Elle a envoyé un triste courrier d’avocat menaçant le site de poursuites pouvant entraîner jusqu’à 100 000 euros d’amende… Ce n’est pas la première pression. Mais c’est sans doute la plus violente.

Il faut éviter l’antiparlementarisme. On sait à qui il profite. Le site évite l’écueil. Il dresse des lauriers justifiés aux députés les actifs. Quoiqu’en désaccord aux positions des auteurs du site sur la loi Hadopi, je trouve cette initiative salutaire. Titanesque, mais salutaire. Il faudra l’élargir, parler des lois sur l’hôpital, les bandes ou le travail le dimanche.

Orelsan

Quand j’ai vu cette affichette, un prospectus pour le rappeur Orelsan, j’ai pensé à ma fille, quand elle avait 7 ou 8 ans. J’ai dû faire une une photo similaire, comme nombre de parents. On dira que ce billet est émotif, qu’il faut accepter l’art transgressif, et que ma fille grandira (c’est déjà fait).

dents de lait-orelsan

J’adore la transgression, et parfois la provocation inutile. J’adore la rage de Keny Arkana (est-ce vraiment transgressif ?) ou de Joey Starr, la violence de Martyrs ou A l’intérieur (deux films que je ne conseille pas à mes amiEs). Puis, il y a des transgressions que je ne saisis pas. Je les vois comme des clichés, des portes ouvertes enfoncées. Orelsan en fait partie. Ce n’est pas tout.

J’ai pensé qu’on me dirait qu’Orelsan manie la rime avec talent, qu’il ne faut pas tout interpréter au premier degré.

J’ai pensé aussi que je lui faisais encore de la publicité.

Je me suis demandé ce qu’il montrera à sa fille plus tard.

J’ai pensé que j’aimerai le rencontrer pour tenter de comprendre.

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