On s’intéresse à nous.

Mercredi, l’Elysée est venu sur Sarkofrance. Pas surprenant, puisque je publiai un article récapitulatif sur l’affaire Karachi… Le même jour, la fréquentation a bondi (35 000 visites depuis les 30 derniers jours). Karachi motive ou inquiète ?

Consoeurs et confrères, étudiez vos statistiques de fréquentation si vous avez publié un billet sur l’affaire des sous-marins français vendus au Pakistan en 1994.  Et regardez donc si nos amis d’Elysee.fr sont passés vous rendre visite. ..

Après Courrier International, voici L’EXPRESS et le Nouvel Obs qui s’intéressent également aux blogs politiques. Le premier vient de publier un article sur l’analyse du remaniement par certains blogs politiques.

Pour le résolument anti-Sarkozy Sarkofrance, ce remaniement sonne le glas de l’ouverture. « Frédéric Mitterrand avait appelé à voter Jacques Chirac en 1995 et Nicolas Sarkozy en 2007. Sarkozy ferait-il donc l’ouverture… à droite? Jack Lang, sollicité pour le même poste, a décliné. »

Le second publie depuis quelques semaines un « Buzzomètre politique« , sur la base des 100 premiers blogs politiques du classement Wikio. On y trouve un classement des femmes et hommes politiques les plus « buzzés » par nos différents blogs.

On s’intéresse à nous.

Quelle fierté collective !

Publicités

Les déçus de l’ouverture… à gauche

Conversation.

Juan: « Et Girard, il a décliné ? »

XXX: « Non, on ne lui a pas proposé. Un poste de ministère, ça ne se décline pas. »

Juan: « Faut pas exagérer. »

XXXX: « André Vallini, il y a quelques mois, il n’a rien décliné. C’est lui qui a fait fuiter dans la presse son propre nom pour la succession de Rachida Dati. Sarko n’a pas apprécié. »

Cet extrait (reconstitué) d’une conversation post-ministérielle cache mal mon écœurement. Christophe Girard, André Vallini, Jack Lang, Claude Allègre, … la liste est longue de ceux qui auraient été tentés par un strapontin ou un poste ministériel auprès de Sarkozy. A lire les motivations (rapportées) de Michel Mercier (Trésorier du Modem devenu ministre des campagnes mardi dernier), on est tout aussi surpris : « il avait envie d’être ministre. »

Pas d’honneur, que de l’humeur.

Y-a-t-il quelqu’un dans la salle pour assumer sa tâche de collaboration ? Ses tâches et sa collaboration ? Ces motivations professionnelles ou narcissiques m’impressionnent toujours. Fausse neutralité. Herpès démocratique. République de courtisans.

« Un ministère, ça ne se refuse pas« … Ah bon ?

A la Libération, vous serez tondu.

New York et Mrs Clooney

Une consoeur est partie à New York avec son fils. A voir ses photos et billets témoignant de son voyage, je me souviens de plusieurs mois passés à Manhattan. J’étais étudiant, étudiant à Columbia University. Une expérience formidable pour s’imprégner. En Sciences Politiques, on m’a appris le jeu politique américain. La période était propice. La campagne présidentielle battait son plein, Bill Clinton lançait à George Bush senior « It’s the economy, stupid ! »

Le déjà vieux Républicain pensait que sa victoire militaire en Irak, lors de la première guerre du Golfe contre laquelle j’avais manifesté à l’automne 1990, allait lui garantir une réélection facile. Il n’avait pas venu venir le petit gars de l’Arkansas. Clinton s’est rapidement brisé les dents sur l’opposition du Congrès, agité par un camp républicain des plus réactionnaires que l’Amérique ait connue depuis la guerre.

Je me souviens de Newt Gingrich, le leader des Représentants républicains à la Chambre, scandalisé par la première mesure de Clinton élu, l’autorisation des gays dans l’armée… je me souviens du New York Times chaque jour, surtout le dimanche. Et de new York One, une chaîne d’info locale, pour suivre l’actu des 8 millions de New-Yorkais, la place du fait divers et des moeurs.

En 1993, j’étais encore à New York quand un attentat frappa les Twin Towers. J’y étais encore, le 11 septembre 2001, quand deux avions détournés eurent raison d’elles. New York City est une ville à part aux Etats Unis. Une cité cosmopolite, difficile, légendaire. Mrs Clooney nous la dévoile, avec simplicité. Ses photos sont troublantes de sincérité. Le regard est précis, s’attarde sur des détails qui dévoilent. Bravo pour le reportage.

J’aurai aimé être là-bas.

Mrs Clooney

Faut-il vraiment gagner les élections ?

En lisant l’excellent Didier Migaud, député socialiste et président de la Commission des Finances à l’Assemblée Nationale, je me suis fait cette réflexion: faut-il vraiment gagner les élections de 2012 ?

Dans deux ans, les comptes de l’Etat seront bel et bien plombés. A Versailles, Nicolas Sarkozy a bien annoncé … qu’il ne ferait aucun effort, bien au contraire… Machiavéllique et irresponsable comme il est, il préfère « investir » et « emprunter ». Il n’augmentera pas les impôts, pas même ceux des plus riches. L’an prochain, le déficit public dépassera les 7,5% du PIB, du jamais vu depuis 30 ans, pour atteindre quelques 150 milliards d’euros. En 2012, il faudra donc passer à la caisse. Le président fait tout pour reporter la facture à plus tard, après l’élection. En 2012, même si la croissance revient, nous serons exsangues.

Il n’existe pas un homme (ou une femme), fusse-t-il (elle) sarkozyste, pour prétendre de bonne foi le contraire. En 2012, on ne rasera plus gratis !

Donc la question demeure : faut-il vraiment gagner l’élection ? Doit-on souhaiter une telle victoire ? La « purge », comme l’appelle Migaud, est inéluctable. Sa violence peut conduire à de sombres révoltes voire, rêvonc un peu, à une révolution. Pourquoi faudrait-il que la gauche assume les désastres passés de Sarko au pouvoir ?

Nicolas Sarkozy n’est pas Napoléon. Il n’est que Louis XVI, un petit monarqu.

Laissons-le goûter à son destin jusqu’au bout.

Non ?

Louis XVI

Mon épouse me souffle sa réponse : si tu lui laisses 4 ans de plus, c’est fini. Il aura tous les pouvoirs.

Je préfère les filles à poil qu’en Burqa

A tout prendre, je préfère contempler une femme nue que sous un voile et un grillage. Mais j’apprécie que nos règles sociales ne m’impose pas la nudité de mes semblables. Ainsi va la société. C’est un ensemble de règles, c’est-à-dire d’interdiction.

Le débat sur la burqa a évidemment glissé sur le terrain de la religion. Pourtant, elle a peu à voir avec l’Islam à l’origine. C’est une coutume de certaines tribues, qui nous viendrait du fin fonds des montagnes afghanes et pakistanaises. Certains fondamentalistes l’ont récupéré, la belle idée. Un grillage sur le regard.

On a pu entendre, à la radio et à la télévision, des reportages figurant de jeunes femmes ravies de s’être dédiées à leur Seigneur, ou de se protéger du regard des autres. « Je ne suis pas une terroriste » disait l’une d’entre elles. Certainement. Là n’est pas le problème. « Sans ma burqa, je serais nue » dit une autre. Il y a bien d’autres façons, mademoiselle, de se sentir habillée. Que répondrais-je à une naturiste qui m’infligerait une remarque du genre : « Avec un habit, je me sens sale » ?

Il n’y a rien d’insultant, ni d’irrespectueux, à vouloir interdire, contredire la volonté de certaines de se cacher du monde.

L’estimé Nicolas le dit avec ses mots : « Au nom de la liberté, on peut très bien interdire le port de ce machin en pensant aux femmes qui n’ont pas la liberté de porter autre chose. »

Le point de non-retour

Plus j’écris dans mes différents blogs, plus je me dis qu’un point de non-retour a été franchi. Inutile de se voiler la face. L’écriture blogosphérique est archivée, « googlisée« , « technoratisée« . Dans 6 mois, deux ans, 10 ans, des traces de ces écrits, de ces coups de gueule seront toujours à portée de clic de n’importe quel internaute malin. Même si l’on décidait de tout fermer, tout détruire, tout retirer, la tâche serait trop immense.

Des remarques désobligeantes et les confessions personnelles traînent sur Twitter, sur Facebook, dans des mails de Sarkofrance. Ces blogs ont pris une importance réelle qu’il me prend à penser qu’ils sont devenus un obstacle au boulot, une vie parallèle qu’il faudra un jour assumer. »Ca arrivera un jour » m’a dit un collègue. Il devait inconsciemment être rassuré à l’idée que ma progression professionnelle puisse être un jour ralentie par ces prises de positions blogosphériques une fois dévoilées.

Les « grands » médias s’interressent, toujours avec quelques mois de retard, aux nouveaux usages du Web. Lors de la campagne de 2007, ils ont découvert les blogueurs. Ces derniers mois, c’est Twitter qui surgit. Il y a 10 mois, ils parlaient de Facebook. A chaque fois, on nous explique que des DRH, des services secrets, des journalistes curieux de personnalités publiques regardent cela avec intérêt.

Ces articles crééent une pression sociale inutile. « Tu devrais faire gaffe » nous conseille-t-on régulièrement. Gaffe à quoi ? A la sanction ? En 2020, si mon corps (et non Dieu) me prête vie, j’espère que mes enfants, alors adultes,  se souviendront avec tendresse de ces tatonnements politiques anonymes.