367 Burqa de trop ?

La France médiatique s’est échauffée, il y a quelques semaines, sur le port de la Burqa. Une mission parlementaire s’est même constituée le 1er juillet dernier. La Burqa a été dénoncée par Nicolas Sarkozy dans son discours au Congrès de Versailles le 22 juin dernier.

Qu’a fait la police ?
D’après un rapport de la police, il n’y en a que 367 en France. Un comptage d’une précision remarquable. on se demande vraiment comment les enquêteurs ont réussi (1) à répertorier en aussi peu de temps le nombre de Burqa en circulation sur notre territoire, et (2) s’ils ont demandé à chacune des femmes concernées de lever leur grillage facial pour mieux les identifier. A moins que les contrôles répétés des polices de l’immigration n’aient ainsi « dévoilé » toute leur efficacité.

La Burqa est pour les converties
D’après cette enquête, la majorité des femmes ainsi « protégées » seraient des « converties« . Quand on sait que la Burqa est à l’origine un folklore afghan, on sourit… ou on pleure. Comment en sont elles arrivées là ?

Une loi contre 367 femmes ?
La légitimité d’une loi, puisque le spectre d’une loi a été évoquée, se juge-t-elle au nombre de cas qu’elle entend « corriger ». Vaste question. L’ignoble peine de mort, en son temps, ne concernait que peu de cas en France. Le caractère dissuasif d’une interdiction réglementaire de la Burqa jouera-t-il ?

A titre personnel, je ne serais pas objectif. Le port de la Burqa est une enigme. Ayant croisé l’une de ces 367 victimes volontaires ou involontaires en bas de chez moi il y a quelques semaines, je suis resté glacé quelques temps. Faut-il accepter que de telles figures fantomatiques, de noir vêtues, circulent dans nos rues ?

J’aurai tendance à imposer le port de la Burqa aux maris des femmes concernées, ou son interdiction complète. Tout ou rien.

On verra alors si la burqa se généralise.

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Taxe carbone : Besancenot-UFC Que Choisir même combat ?

Il faut s’adapter à la conduite des affaires politiques en Sarkofrance. Un chef d’Etat aime à instrumentaliser les idées de l’autre bord. Ce n’est pas nouveau. En surface, Sarkozy brasse les idées de droite et de gauche, pour son plus grand bénéfice personnel. La vraie rupture est là : casser nos repères collectifs pour mieux défendre et promouvoir son camp.

La taxe carbone est un bel exemple : révolutionnaire, elle est un instrument de lutte contre le réchauffement climatique, une manière de promouvoir des comportements responsables. Mal ficelée, elle peut devenir une « TVA verte« , un impôt qui pénalise les plus précaires, ceux contraints par ailleurs à accepter des offres raisonables d’emploi à 2 heures de chez eux. Mal dimensionnée, elle peut devenir un simple argument de bonne conscience « bobo » qui ne résoud rien.

Défendre son concept, travailler ses modalités, fustiger l’imposture sarkozyenne sont les trois urgences  de l’écologie politique sur le sujet. Faute de quoi, la taxe carbone sera discréditée à gauche. Les « industrialistes » auront beau jeu d’attaquer une nouvelle inégalité fiscale, de critiquer une « écologie environnementaliste pour riches ». Ils auront raison.

Notre modèle de croissance sous-valorise la pollution et l’épuisement des ressources qu’il génère. La prise de conscience semble unanime, au moins en façade. Pour des raisons d’opportunisme politique, Nicolas Sarkozy a pris le train en marche, initié par les Verts à l’aube des années 70, relayée (timidement) par la gauche plurielle entre 1997 et 2002.

La première réaction officielle du Parti Socialiste et des Verts semble juste : ok sur le concept, attention aux précaires. Le sympathique Besancenot n’a rien compris, en demandant l’abandon de ce projet qu’il qualifie d’« inefficace écologiquement, injuste socialement« , et en regrettant que le « droit à l’énergie » devienne « de plus en plus un luxe ».  Un constat court, myope et décevant. D’ici une vingtaine d’années, les énergies fossiles ne seront plus disponibles dans les mêmes quantités qu’aujourd’hui. Que fera-t-on ?

L’UfC Que choisir joue, une nouvelle fois, un jeu trouble: le simple prisme de la défense des consommateurs la conduit à se rapprocher des lobbies industriels et économiques en tous genres qui crient au « hold up fiscal« . Elle aurait pu prendre exemple sur l’une des références du mouvement de défense des consommateurs, l’américain Ralph Nader.

Querelles socialistes

Je souhaite clore une séquence entamée par une rencontre avec Julien Dray la semaine dernière et une polémique médiatico-judiciaire parallèle sur l’enquête le concernant. N’étant ni expert ès Socialisme français ni militant de ce parti, je prête le flanc trop facilement à des critiques, parfois légitimes, sur ce sujet coriace.

Emachede, sur son blog CPOLITIC, a répondu point par point à un précédent billet sur l’affaire Dray. Il a raison de souligner que les symboles Bling Bling peuvent faire mal à la gauche (que n’écrirais-je sur mon blog si DSK élu président s’affichait en Rolex et voitures de luxe !), que la justice doit enquêter partout, que l’électeur usé par les beaux discours a droit à un minimum d’exemplarité de la part de ses dirigeants politiques. A mon sens, il a tort (à moins que mon billet n’ait été clair) sur un point : Dray nous a défendu l’exclusion sans compromis des « débauchés de l’ouverture, » un point relativement important pour votre serviteur toujours prompt à dénoncer ces néfastes collaborations.

Mais mon argument demeure : davantage occupé à surveiller la Sarkofrance qu’à osculter les profondeurs de la vie politique française (d’autres le font mieux que moi), je déplore (1) l’ampleur du coup de projecteurs sur cette affaire (2) systématiquement à charge dans la totalité du corps médiatique (Libé, L’Huma, Le Figaro, Mediapart, Le Monde, etc), (3) à un moment aux d’autres affaires, au moins aussi graves, trainent dans les placards de la Justice de Sarkofrance.

Je ne suis pas naïf (quoique): la révélation d’une affaire, en France, ne doit généralement rien au hasard. L’enquêt sur les emplois fictifs de la Mairie, pour ne citer qu’un exemple, doivent beaucoup à la rivalité des droites en 1995. Dray est puni à un nmoment jugé opportun par … (suspense ?). On le sait. Il se défendra.

Un autre estimé confrère a tenté de m’apprendre quelque chose en révélant, dans un commentaire, que Dray et Cambadelis se détestaient de longue date. En écrivant un court billet sur « Camba », je cherchais (et je cherche joujours) à comprendre le chemin suivi par le Parti Socialiste. Cette démarche n’est pas close. A force d’incompréhension personnelle (et collective), il faut bien commencer à s’intéresser à ses incapables qui voudraient nous diriger. Dray a simplement pointé du doigt sur une question qui fâche: à quand remonte la dernière bonne décision politique (pour son camp) de Jean-Christophe Cambadélis ? J’avoue, sans être un expert, que je ne sais pas. J’ai dû passer quelques heures de rattrapage nocture sur Google, Dailymotion & Co pour tenter de me rassurer. Camba n’est pas le seul responsable. Evidemment. Mais, dans son cas, ces plantades répétitives sont tellement évidentes qu’elles en deviennent drôles.

Reste un enjeu, trop brièvement évoqué dans cette séquence, la suppression de l’élection du président de la République au suffrage universel. Cette idée, me semble-t-il devrait être débattue. A titre personnel, je suis farouchement favorable à ce que la gauche se présidentialise au maximum pour le prochain scrutin, et farouchement favorable à ce qu’elle ait le courage de supprimer ce bonapartisme qui la mine. Depuis 1958, nous avons perdu 5 à 1.

Au fait, quelqu’un a-t-il mis la main sur le rapport Tracfin relatif aux valises de billets de l’UIMM ?

Jean-Christophe Cambadelis, serial-loser ?

Jean-Christophe Cambadelis est un fidèle soutien de Dominique Strauss-Khan. récemment, il se serait inquiété de la soudaine popularité de son mentor. « C’est trop tôt! » Il y verrait une manipulation (de qui ?).   Sur son blog, on peut lire ses opinions très « politiquement correctes » sur le scrutin en Mauritanie, la situation en Iran, ou la presse d’opposition.  Lors d’une récente rencontre de blogueurs avec Julien Dray, ce dernier l’a présenté, avec le fabiusien Claude Bartolone, comme l’un des deux dirigeants de l’ombre du Parti Socialiste. Ce n’est pas la première fois qu’il tacle ses deux camarades. Faut-il ainsi s’intéresser aux coulisses socialistes quand on n’en fait pas partie ?

Pour l’observateur extérieur, il n’y a pas grand chose à dire sur le secrétaire national aux relations internationales du PS. Son club « Socialisme et démocratie » a fusionné à l’automne 2008 avec le courant d’Arnaud Montebourg. En novembre dernier, il avait activement « bataillé » pour assurer la victoire de Martine Aubry à la tête du PS dans la nuit du vendredi au samedi du scrutin. Depuis, il propage la bonne parole: « tout se passe exactement comme nous l’avions prévu« .

Regardez donc cette truculante video officielle, trois semaines avant la claque européenne. « Camba » est en « apesanteur ». A l’époque, les sondages prévoyaient le PS à 21 ou 22% des suffrages, un « score tout à fait classique » d’après Cambelis. Inutile de s’alarmer ! Début avril, alors que la campagne démarrait, le député était carrément enthousiaste: « C’est un excellent début. On n’a jamais commencé à ce niveau là! »

En 2002 déjà, alors soutien de Lionel Jospin, Cambadelis était resté silencieux après l’élimination de son candidat dès le premier tour de l’élection présidentielle.  Il n’a pas jugé utile d’écrire un ouvrage sur cette campagne ratée.

Il l’a fait pour celle de 2007.

Allez comprendre…

Censurer sur le Web

Le blogueur se pose régulièrement la question de la censure. Un récent billet sur un blog annexe à propos de Julien Dray a été lu près de 12 000 fois en quelques heures (entre minuit trente, heure de publication et 10h30 le matin suivant). A 11h, j’en ai fermé les commentaires. Parmi la soixantaine d’entre eux, certains comportaient les inévitables insultes « voyou », « crapule », « menteur », « voleur », « tête de con », etc. Commentaire après après commentaire, j’ai choisi de les remplacer par des XXXXX. Bizarrement, la compréhension des commentaires concernés ne s’en trouve pas affecté.

J’entends déjà certains lecteurs occasionnels s’offusquer de ce type d’atteinte à la liberté du Net. Que n’a-t-on dit contre Nadine Morano, moi le premier, quand elle porta plainte contre des remarques jugées insultantes à son égard postées sur des videos de Dailymotion. Juger l’insulte est chose difficile. A titre personnel, je partage souvent la rage, l’envie de vomir, de hurler, de crier, à la lecture d’un article, à l’écoute d’un discours politique, à l’annonce d’une décision en Sarkofrance. L’équilibre est difficile à trouver.

Sur le Net, la liberté est prônée chaque jour par les internautes. Comme tout terrain d’expression, la régulation s’impose. On s’inquiète de la cybersurveillance, des futurs mouchards que la loi LOPSI II préparée pour septembre légalisera. En en même temps, les internautes actifs sont les premiers à étudier leurs propres statistiques de fréquentation, traquer les adresses IP de leurs visiteurs, avec une persévérence digne d’un espion est-allemand d’antan.

Censurer les commentaires ? Faute d’autorégulation, je n’ai rien trouvé de mieux. La seule exigence que cette censure doit respecter est sa transparence. Il faut expliquer ce qu’on censure, et pourquoi.

A bon entendeur…

Julien Dray, des blogueurs, la gauche.

Jeudi, Julien Dray a pris le temps de discuter avec une poignée de blogueurs, (Vogelsong, Guy Birenbaum, Dagrouik d‘intox2007, votre serviteur, Fabrice Epelboin, BlogiboulgaSlovar, et Jacques Rosselin, initiateur de cette rencontre). La gente féminine était une fois de plus sous-représentée, mais dignement défendue par Hypos. Jeudi, donc, quelques heures avant de lire le rapport d’enquête sur son compte, Julien Dray parlait politique sans n’avoir plus rien à perdre.

Il est plaisant de discuter avec un responsable politique socialiste qui ne se voit pas Président en 2012. L’homme est calme, posé, à l’écoute. Il sait convaincre. C’est son métier. J’ai été convaincu, non pas de voter pour lui, mais par quelques prises de position, quelques explications.

Contre la présidentialisation du régime: Dray défend que la gauche doit porter une rupture fondamentale, la suppression de l’élection du président de la République au suffrage universel. Il a raison. Ce scrutin est une plaie. Le mythe de l’homme providentiel nous a historiquement davantage amené autant de Pétain et Napoléon III que de De Gaulle. Je défends l’idée que la gauche doit malheureusement jouer le jeu de ces institutions pour les conquérir. Sinon, what else ?

Dray a également soulevé la question de l‘héritage socialiste de 1981. Cette période pèse encore lourd 28 ans après. Les socialistes de toutes obédiences qualifient le « tournant de la rigueur » de 1982-83 comme d’une « parenthèse ». « En 1981, on invente l’idée de la parenthèse. » Or, 1981 est un mythe. La gauche socialiste, à ce moment là, s’interdit pour des décennies de critiquer l’héritage.

Sur l’alliance avec le Modem: Dray défend la nécessité d’un compromis historique. Plus les réformes sont importantes, plus il faut convaincre. l’alliance avec le Modem, « ce n’est pas un problème en soi » si l’on veille à ne pas se couper de ses racines. Hypos lui a rétorqué que Bayrou serait davantage un souci politique, compte tenu de ses ambitions. Selon Dray, il faut bien parler au Modem si on veut parler à ses électeurs d’un jour.

Je lui ai demandé pourquoi le Parti Socialiste était resté si indulgent avec les débauchés de l’ouverture. Il aurait fallu, selon moi, exclure ceux qui ont accepté ici ou là une mission ou un strapontin. Dray en appelle à l’indulgence sur les individus : Sarkozy a soigneusement visé des marginaux à gauche. Mais oui, l’ouverture aurait dû être sanctionnée. Sarkozy souhaite non pas abolir mais transformé la politique. Casser les clivages pour conforter son pouvoir. Pourtant, la confrontation sociale existe bel et bien. La gauche devrait pouvoir s’en saisir, l’incarner, la défendre. Enfin, les dirigeants socialistes partagent une histoire commune qui leur interdit de rompre avec les leurs. Valls ou Dray n’en font pas partie. Mais Lang, Aubry, Fabius, DSK, Rocard & Co sont une génération solidaire.

Confrontation, compromis, présidentialisme. Il y a du pain sur la planche.

J’ai écrit, à chaud, deux billets contre l’Halali médiatique contre Julien Dray. Deux billets qui ne visaient pas à jouer les avocats de Dray sur une affaire que je ne connais pas, mais contre une démarche judiciaire et médiatique incompréhensible.