Taxe carbone : Besancenot-UFC Que Choisir même combat ?


Il faut s’adapter à la conduite des affaires politiques en Sarkofrance. Un chef d’Etat aime à instrumentaliser les idées de l’autre bord. Ce n’est pas nouveau. En surface, Sarkozy brasse les idées de droite et de gauche, pour son plus grand bénéfice personnel. La vraie rupture est là : casser nos repères collectifs pour mieux défendre et promouvoir son camp.

La taxe carbone est un bel exemple : révolutionnaire, elle est un instrument de lutte contre le réchauffement climatique, une manière de promouvoir des comportements responsables. Mal ficelée, elle peut devenir une « TVA verte« , un impôt qui pénalise les plus précaires, ceux contraints par ailleurs à accepter des offres raisonables d’emploi à 2 heures de chez eux. Mal dimensionnée, elle peut devenir un simple argument de bonne conscience « bobo » qui ne résoud rien.

Défendre son concept, travailler ses modalités, fustiger l’imposture sarkozyenne sont les trois urgences  de l’écologie politique sur le sujet. Faute de quoi, la taxe carbone sera discréditée à gauche. Les « industrialistes » auront beau jeu d’attaquer une nouvelle inégalité fiscale, de critiquer une « écologie environnementaliste pour riches ». Ils auront raison.

Notre modèle de croissance sous-valorise la pollution et l’épuisement des ressources qu’il génère. La prise de conscience semble unanime, au moins en façade. Pour des raisons d’opportunisme politique, Nicolas Sarkozy a pris le train en marche, initié par les Verts à l’aube des années 70, relayée (timidement) par la gauche plurielle entre 1997 et 2002.

La première réaction officielle du Parti Socialiste et des Verts semble juste : ok sur le concept, attention aux précaires. Le sympathique Besancenot n’a rien compris, en demandant l’abandon de ce projet qu’il qualifie d’« inefficace écologiquement, injuste socialement« , et en regrettant que le « droit à l’énergie » devienne « de plus en plus un luxe ».  Un constat court, myope et décevant. D’ici une vingtaine d’années, les énergies fossiles ne seront plus disponibles dans les mêmes quantités qu’aujourd’hui. Que fera-t-on ?

L’UfC Que choisir joue, une nouvelle fois, un jeu trouble: le simple prisme de la défense des consommateurs la conduit à se rapprocher des lobbies industriels et économiques en tous genres qui crient au « hold up fiscal« . Elle aurait pu prendre exemple sur l’une des références du mouvement de défense des consommateurs, l’américain Ralph Nader.

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4 réflexions sur « Taxe carbone : Besancenot-UFC Que Choisir même combat ? »

  1. Bonjour.
    Je trouve la remarque sur le « sympathique Besancenot » peu pertinente.
    La mode est clairement d’être pour la taxe carbone, première réelle proposition verte des politiques au pouvoir. Néanmoins, la critique formulée par Mr Besancenot à l’égard de cette taxe est loin d’être « myope » et décevante. En effet, ce dernier affirme que la taxe carbone va peu à peu s’apparenter à un droit de polluer, que seuls les plus riches pourront payer. En d’autres termes, il va légitimer la pollution à la condition qu’elle est compensée financièrement, si tant est qu’elle puisse l’être. Enfin, tous les spécialistes mondiaux du réchauffement climatique, sans la moindre exception, s’accordent à dire qu’une taxe inférieure à 30 euros la tonne n’aura aucun impact sur les comportements et donc sur la pollution. La plupart avancent même le chiffre de 100 euros.
    Par conséquent, cette taxe sera écologiquement inefficace, socialement injuste, bien que politiquement à la mode.

  2. la taxe carbone pourrait devenir à terme en evoluant une taxe protectionniste en taxant indirectement les distances des transports( on ferait rentrer dans le calcul, le cout en carbone de la fabrication du moyen de transport et non seulement son usage, camion, cargo, avion);
    pour ceux qui se plaignent qu’on importe des produits d’amerique du sud ou d’asie alors qu’on a les memes en france cela pourrait etre leur panacée.

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