Où es-tu Ségolène ?


Les plaisirs sont rares dans la vie politique de l’opposition depuis 2007. Nicolas Sarkozy nous offre certes le spectacle réjouissant d’un échec en plate-couture (qui se souvient du « travailler plus pour je-ne-sais-quoi-en-plus ?), mais inquiétant par les dégâts en cascade que la Sarkomonarchie impose au plus grand nombre. « La bande du Fouquet’s » devra payer un jour. Il est plaisant, pour ceux restés fidèles à leurs convictions d’opposants d’hier, de constater que les promesses du « J’ai-changé-le 14-janvier-2007 » se sont éteintes dès l’élection passée.

Une belle partie de l’opposition s’est enfin déclarée pour l’organisation d’élections primaires en son sein. C’est également réjouissant. Le présidentialisme du régime est un mal avec lequel il faut compter, puisqu’il n’y a pas d’autre choix. Voter, c’est discriminer. A gauche, on aimerait débattre d’abord, élire ensuite. A gauche, les mêmes ont oublié qu’ils ont applaudi Mitterrand, puis Jospin et son quinquennat. J’avais 11 ans en 1981. Je n’ai jamais aimé les Monarques, fussent-ils de gauche. Les hommes, et les femmes, politiques déçoivent. C’est la vie. Il y en a qui déçoivent davantage que d’autres, évidemment. Mais confier son vote et son destin à un sauveur de la nation est un beau danger.

Ceci étant dit, le régime est présidentiel. Il faut vaincre, gagner, lutter. Donc des primaires sont indispensables. Les centristes pourraient craindre des primaires. Aux Etats Unis, elles ont été historiquement l’un des plus sûrs moyens de maintenir le bipartisme. Mais en France, l’électorat est volatile, ls jeux sont ouverts. En France, Jean-Marie Le Pen peut être au second tour. En France, les partis sont mortels. Ensemble ou pas, tout est possible.

« Nous appelons à une primaire populaire, ouverte au vote des sympathisants, afin que les citoyens de gauche et de progrès puissent choisir leur candidat à l’élection présidentielle.

La primaire est d’abord un élément de la refondation de la gauche.

Elle est une réponse à l’une des crises qui paralysent le parti socialiste et la gauche : la crise de leadership. Sept ans après son départ, la succession de Lionel Jospin n’est toujours pas assurée. Cette vacance au sommet a progressivement déstructuré la gauche et menace son avenir. La primaire apporte une solution institutionnelle à une carence institutionnelle : l’absence de procédure adaptée pour désigner le leader.
En 2012, la gauche n’aura plus gagné l’élection présidentielle depuis vingt-quatre ans. Elle n’a fourni, sous la Ve République, qu’un seul président à la France, contre cinq pour les conservateurs. La primaire peut contribuer à sa reconquête. En associant des millions de citoyens – 4 millions en Italie pour Romano Prodi, 35 millions aux Etats-Unis pour Barack Obama – à sa désignation, elle offre au candidat une formidable dynamique électorale, militante, citoyenne.

Mais la primaire est avant tout porteuse d’un puissant élan de modernisation de notre vie démocratique nationale.

La démocratie actuelle permet aux citoyens de répondre à la question : « Qui sera élu ? ». La primaire permet un approfondissement démocratique en leur donnant la possibilité de répondre d’abord à la question : « Qui sera notre candidat ? ». Cette prise de pouvoir des citoyens sur le choix de leur représentant participe du nouvel âge démocratique qui s’annonce et d’une nouvelle construction de la légitimité politique.
La démocratisation engagée par la primaire ne s’arrête pas au choix du candidat à la présidentielle. Elle concerne aussi l’offre politique. Aujourd’hui, les projets sont décidés « en chambre ». Avec la primaire, le choix passe dans les mains des citoyens : ils y votent en effet, non seulement pour une personnalité, mais aussi pour la ligne politique qu’elle défend. A terme, le projet sera co-produit avec eux, dans le cadre de procédures de démocratie participative.

Au final, c’est la conception même des partis politiques que la primaire revisite. De boîtes noires, ils pourraient se transformer en moteurs d’une nouvelle révolution démocratique.

C’est pourquoi nous, citoyens de gauche, demandons au parti socialiste, ainsi qu’aux autres partis progressistes, d’adopter un système de primaire populaire pour désigner notre candidat à la présidentielle. Les propositions sont sur la table. Les modalités sont encore à discuter. Naturellement, le périmètre politique de la primaire ne pourra être arrêté qu’à l’issue d’un travail préalable sur le fond, permettant d’élaborer des fondements idéologiques communs. Mais le principe doit être arrêté dès maintenant, sereinement, et non dans l’urgence pré-électorale.

Il en va de l’avenir de la gauche et de notre démocratie. »

Signez la pétition

Dans ce concert très eucuménique, Ségolène Royal est paraît-il absente. Elle se tait. Elle travaille à sa réélection lors du prochain scrutin régional.

Ses proches sont présents. Comme d’autres.

L’appel aux primaires est un sursaut qui ne saurait que la réjouir.

Comme d’autres.

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4 réflexions sur « Où es-tu Ségolène ? »

  1. Mais Ségolène Royal va faire sa rentrée politique sur le web sur Désirs d’avenir. Elle répondra à toutes les questions qui lui seront posées. Tout le monde peut lui en poser.

    Elle n’a pas été à Marseille pour éviter une scission du PS…

    Ségolène Royal prononcera le discours d’ouverture de la Rochelle ce vendredi 28 Août 2009 à 14 H 15. Puis il y aura la Fête de la Fraternité à Montpellier et l’Université sur la Civilisation à Poitiers avec Edgar Morin.

    Et il est vrai qu’elle doit travailler pour conserver sa région.

  2. Au fond, la primaire est une connerie. Cela revient à dire à Mélenchon, et aux autres petites formations de gauche: venez vous faire éliminer avant l’élection. Ca ne me paraît pas correspondre à l’esprit des institutions françaises.

  3. Je dirais à Gauche de Combat qu’elle prend toujours « ses méchancetés pour des réalités »…

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