Faut il détester Hugo Chavez ?

Hugo Chavez a parfois bonne presse à gauche, et toujours mauvaise réputation à droite.

1. Pour les uns, il serait un peu un Fidel Castro réussi, un leader populaire et charismatique qui est parvenu à éviter la tentation dictatoriale de son voisin cubain, malgré une tentative de putsch qui la conduit en prison, avant d’être élu démocratiquemet à deux reprises chef de l’Etat vénézuélien. Et ce, malgré une hostilité nord-américaine redoutable que l’élection de Barack Obama vient à peine d’alléger. En février dernier, il a gagné le référendum qu’il avait organisé, qui lui permet de briguer un troisième mandat présidentiel en 2012. L’estimé Olivier Bonnet salue son « bilan flatteur en matière de santé, d’éducation et de logement« , mais reconnait que deux points noirs importants subsistent, avec la corruption et l’insécurité. Chavez a aussi taclé Israël plus durement que bien des dirigeants du monde, au moment de la guerre à Gaza. Son « enthousiasme » rebelle l’a aussi conduit à féliciter l’ignoble Amadinejad pour sa réélection en Iran.

2. Pour les autres, Hugo Chavez est un monocrate, un danger pour les libertés publiques de son pays. Pour preuve, Chavez a mal accepté la défaite de ses partisans aux élections municipales et régionales de novembre dernier. Il a ainsi créé des « autorités métropolitaines » dans les villes passées à l’opposition, comme à Caracast. Ces autorités, nommées par le Président, récupèrent des compétences en matière d’éducation,  de santé ou d’urbanisme, aux détriments des mairies. Un avocat d’affaires canadien, Maître Amsterdam, a pris la défense de Eligio Cedeno, un banquier autoditacte mais supporteur de l’opposition, qui est détenu depuis deux ans par les services de renseignements… sans procès. Cet avocat semble s’être spécialisé dans la défense des hommes d’affaires opposants aux monocrates de tous les pays : en Russie, il était aux côtés de Mikhaël Khodorkovski, cet oligarque rival de Poutine qui termina au goulag en Sibérie.
Reporters Sans Frontières est entré dans la danse. L’association a dénoncé les attaques contre la presse d’opposition.

Il est difficile de se juger une réalité vénézuellienne, sagement assis derrière son ordinateur quelque part en France. L’Amérique latine est un continent de tensions inouies, d’inégalités sociales incroyables, musclées par une exploitation étrangère séculaire évidente. J’ai aussi cessé d’absoudre les apprentis dictateurs sous prétexte que leurs hôpitaux sont bien tenus.

De quel côté serions-nous là-bas ?

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Garder Ségolène

«Ah ! Celle-là faut me la garder !»

C’est un propos de Nicolas Sarkozy, rapporté par le Figaro il y a … un an. Le journal, le 28 juillet 2008, ajoutait que notre Monarque se réjouissait de l’avoir toujours comme opposante. Avec un an de recul, on peut dresser deux hypothèses différentes sur cette boutade un peu méprisante de la part de celui qui est depuis devenu ex-joggueur et vrai « quinqua »,  et qui a dû plier bagage dès mercredi au Cap Nègre pour reposer son corps fatigué.

La première hypothèse est celle d’une manipulation. Nicolas Sarkozy se réjouissait du maintien de Ségolène Royal, à l’approche du Congrès de Reims, parce qu’il se sentait assuré de gagner en 2012 si elle est candidate. Le procès en incompétence continuait-t-il ? Sarkozy pensait-t-il à toutes ces « affaires » qui se sont miraculeusement déclenchées les mois suivants, et qui visaient indirectement Ségolène: fin 2008, Eric Woerth s’interrogeait sur le financement de Désir d’Avenir par Pierre Bergé. Depuis décembre, la polémique sur les dépenses et les ressources de Julien Dray bat son plein.

La seconde hypothèse est celle d’une provocation. En adoubant ainsi l’ex-candidate socialiste, Sarkozy espérait troubler le jeu politique à gauche. Bizarrement, certains cherchent à nouveau à la faire sortir du bois, à lui faire rompre le silence, inquiétant, qu’elle s’est imposée ces derniers mois. Ainsi, le Canard Enchaîné, il y a 15 jours, avait tenté le même jeu: il y aurait une alliance secrète Aubry-Royal. Ceux qui ont lu l’ouvrage “Le Vrai Canard” de Karl Laske et Laurent Valdiguier sur les dessous du Canard savent combien l’Elysée (via Pierre Charon notamment) est une source inestimable d’information et d’inspiration pour l’hebdomadaire satirique.

J’arrête ici. On va me reprocher d’être paranoïaque et segoliste.

Ce qui reste vrai, dans les deux cas.

Accident, des vies brisées

Il était 15 heures, samedi 1er jour 2009. les experts de Bison Futé nous rabachaient à longueur de flash info que la journée serait noire. Sur l’autoroute A20, peu avant Limoges, on roulait cependant bien. Une Peugeot remplie de « jeunes » passe devant nous, fenêtres ouvertes et musique à fonds.

Une voiture en sens inverse nous fait un appel de phares, on ralentit. Embouteillage… Les voitures sont au pas. Les minutes d’arrêt devient quarts d’heures. Un car de pompiers passe à toute vitesse sur la bande d’arrêt d’urgence, puis un autre. Puis deux motards de la gendarmeries. Près d’une heure plus tard, on arrive sur les lieux. Un accident. La barrière centrale est transpercée. De l’autre côté, l’autoroute est coupée. Des dizaines de pompiers et gendarmes sont sur les lieux. Un minibus a basculé, tête en bas, de l’autoroute. Une voiture s’est encastrée dans son dos. Une autre est seule, une dizaine de mètres devant. Elle n’a plus de toit. Elle est aplatie. Du sang sur les sièges avant. Un hélicoptère du SAMU survient et se pose à côté de nous. On ne voit plus rien. Le bruit est assourdissant.

Sans raison, ou presque, des larmes. Le silence dans notre voiture malgré le bruit.

Drame sur la route des vacances. Cinq personnes ont été tuées dans un accident de la route sur l’A20, au niveau de Bonnac-la-Côte, à une quinzaine de kilomètres au nord de Limoges (Haute-Vienne), samedi en début d’après-midi, indique le site Infotrafic.com. Huit personnes ont par ailleurs été blessées ; deux d’entre elles sont dans un état grave. La circulation a été coupée en direction de Paris.

Selon la préfecture de la Haute-Vienne, un minibus qui tractait une remorque a traversé le terre-plein central avant de percuter deux véhicules venant dans l’autre sens. Les circonstances exactes du drame demeurent pour l’heure inconnues. De même source, les quatre passagers du minibus, des Français d’origine portugaise, ont été tués. La cinquième victime, qui se trouvait à bord de l’une des deux voitures impliquées dans l’accident, est de nationalité néerlandaise. »

Source: JDD

Friendfeed m’a tuer… ou presque

Comment ne pas être perdu, dépassé, stressé devant la profusion d’outils de bloguing et autres réseaux sociaux. Twitter, Facebook, Posterous, Blog It Express, Delicious, Technorati, Friendfeed, Pearltrees, et que sais-je encore, envahissent nos écrans.

Je lis ici et là les témoignages inquiets de confrères. Authueil reste dubitatif sur le nouveau Friendfeed, Rubin mute, Narvic nous encourage. Eric Mainville s’accroche et prodigue conseils et analyses. Korben ouvre un wiki (c’est quoi ?). Denis Szalkowski s’indigne contre ces réseaux sociaux qui captent nos attentions, nous empêchent de bloguer sereinement: « je passe un temps de plus en plus important sur Twitter dont le contenu est poussé automatiquement sur Facebook. Ce temps que nous consacrons à nos “réseaux d’amis” est aussi un temps que nous ne passons plus à écrire. Tout juste nous contentons-nous de pousser des liens sans que la communauté vers laquelle nous les poussons sache réellement quelle est notre pensée. »

Le blogueur traditionnel que je suis tente de suivre , de comprendre, de maîtriser ces évolutions. Peine perdue. Les communautés prennent toute leur valeur. Adopter une démarche grégaire, c’est-à-dire suivre ces proches est encore la meilleure solution pour les ringards de la blogosphère. Mais c’est insuffisant. Un journaliste n’a pas besoin de maîtriser les outils de son médias. Un blogueur le doit, sous peine de marginalisation. Il stresse à l’idée de rester seul sur un réseau social obsolète. Il essaye d’imiter, de rester connecté.

Les « Boulets du Web » (comme votre serviteur) attendent beaucoup de ces précurseurs; qu’ils défrichent, traduisent, vulgarisent. Qu’ils nous permettent de continuer à simplement écrire nos billets, documenter nos articles, réfléchir à nos sujets.

Je vais finir par sous-traiter la mise à jour informatique de Sarkofrance…

Pirate Bay… payant ! Ouaf ouaf !

Les chantres de la gratuité intégrale des oeuvres sur le Net observent avec attention les déboires de Pirate Bay.

The Pirate Bay a été porté aux nues médiatiques, iconisé comme le symbole de la réussite d’un modèle gratuit, mais pirate, proposant à tous de partager et télécharger des oeuvres appartenant à d’autres. En plein examen de la loi Hadopi, The Pirate Bay fut cité en exemple. Il a même inspiré la création d’un parti pour les élections européennes de juin dernier. 7% des suffrages plus tard, un député « pirate » a pu faire son entrée au Parlement européen le 13 juillet dernier.

Mais voici que The Pirate Bay cherche depuis plusieurs mois à devenir payant… La surprise ? Comment gagner plus en donnant plus ? la belle affaire… Le 30 juin dernier en effet, la compagnie se vend, pour 5,6 millions de dollars, à une entreprise suédoise de jeux videos, Global Gaming Factory X.  Cette dernière souhaite mettre en place un modèle payant. L’affaire tourne depuis au scandale, cette opération étant soupçonné, par les autorités bourisières suédoises, d’être entâchée de délits d’initié. Et voici que GGF aurait récemment fait savoir que le rachat de Pirate Bay est remis en cause. Raison invoquée ? Ils ne trouvent pas comment rémunérer les ayant-droits des oeuvres piratées par Pirate Bay…  Sans blague ? Citons (gratuitement)  l’estimé Numerama: « L’avocat de la société candidate au rachat de The Pirate Bay, maitre Ricardo Dijkstra, a précisé que la reprise de The Pirate Bay ne se ferait qu’à condition que la plate-forme soit utilisée de manière légale. Si The Pirate Bay ne devient pas une plate-forme de téléchargement légal, alors la transaction ne se fera pas avertit l’avocat de Global Gaming Factory X. »

Il parait que The Pirate Bay avait l’intention de devenir légal… et payant, sous forme d’abonnement mensuel qui pourrait-devenir-gratuit-plus-il-y-aurait-de-partage. Vous avez compris ? Moi non plus. Ce n’est pas grave, puisque cette idée annoncée il y a quinze jours a donc du plomb dans l’aile.

Si vous avez des idées, gratuites, n’hésitez pas à écrire à GGF.

(article sincère, énervé et de mauvaise foi).