T’étais où en 1989 ?


C’est un billet de Trublyonne, dépéchée aux débats organisés par le journal Libération à Lyon qui pose la question. Il y a bientôt 20 ans, le Mur de Berlin tombait. En 1989, j’avais 19 ans, une copine, étudiant en école de commerce et tendance trotskyste « rouge-vert » affirmée. « Ma Vie » du maître Léon trônait sur ma table de chevet, et j’avalais avec rage contenu des cours de marketing où l’on m’expliquait qu’un pot de moutarde devait toujours être marron pour bien se vendre. En 1989, je n’avais qu’une radio dans ma chambre d’étudiant, pas encore de télé, un ami qui fut plus tard témoin à mon mariage malgré son penchant chiraquien.

La chute du Mur de Berlin était comme une délivrance et une surprise.

Le bloc de l’Est faisait partie de mon horizon historique comme tout le monde. J’étais modérément anticommuniste. Quelques mois plus tard, je suis parti avec 3 amis à Prague, cottoyer quelques jours ces « nouveaux libérés« . La Tchécoslovaquie avait suivi le mouvement. J’ai lu Vaclav Havel, créé une association pour accueillir des étudiants d’Europe de l’Est, fait connaissance d’un Tchèque, Jan, devenu depuis directeur d’une filiale d’une grande banque française à Prague.

En 1989, j’étais confiant. « Tonton » était président, Rocard premier ministre. Le chômage faisait partie du paysage depuis ma naissance. En 1989, je devenais adulte.

Publicités