Frédéric Mitterrand, la réaction


Un très estimé confrère s’est dit surpris des réactions de soutien en faveur de Frédéric Mitterrand, et, en particulier, par quelques lignes écrites par votre serviteur : « En prenant rapidement et sans précaution le parti du cinéaste, Frédéric Mitterrand a laissé parler son émotion, et s’est du même coup livré en pâture aux racailles de l’extrême droite. Les provocations de Marine Le Pen sont ignobles. Mais qui sera surpris ? Comme le notait Gérald Andrieu sur Marianne2, les “grands médias”, si prompts à donner des leçons, sont restés très en retrait pour défendre le ministre de la Culture contre ces insupportables attaques. »

J’ai eu le sentiment de paraître à contre-courant de mes amis blogosphériques. D’autres au contraire tentent aussi de décortiquer leur malaise. Quelques explications.

1. Il est difficile de réagir à un livre que l’on n’a pas lu. Si je devais réagir aux extraits publiés à volonté par certains journaux, si je devais juger d’un livre sur quelques lignes, si je devais juger un homme sur ces quelques phrases isolées d’un livre, j’exprimerai mon dégoût et ma rage. Je ne goûte pas la qualité artistique d’un ouvrage quand il est ambigüe sur ces choses-là.

2. Frédéric Mitterrand a voulu s’expliquer jeudi soir sur TF1: « Je pense que j’ai fait une faute contre l’idée de la dignité, de la dignité humaine, et je pense que d’une certaine manière, il faut se refuser absolument à ce genre d’échange« . Il s’est expliqué. Il a dénoncé le tourisme sexuel, il a nié tout rapport sexuel avec des mineurs ; il a rappelé que la réalité est grise. Il a eu les couilles, excusez la vulgarité de l’expression, de venir le dire crument sur un plateau de télévision. Faudrait-il le crucifier pour cela ? Sans moi.

3. A contrario, je n’ai pas apprécié la défense de Mitterrand en faveur de Polanski. Il a plaidé l’émotion. Soit. « Je reconnais que j’ai été trop émotif. »

4. Enfin, par réflexe pavlovien, je ne peux pas me situer aux côtés du Front National, même sur un tel sujet. La racaille d’extrême droite me fait honte. Désolé, c’est pavlovien.De surcroît, la saillie de Marine n’a qu’un intérêt, qu’un objectif : exister. Faudrait-il lui emboiter le pas ?

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36 réflexions sur « Frédéric Mitterrand, la réaction »

  1. J’ai voté Non au TCE en 2005. « Aux côtés du Front national » donc. Cela fait de moi un sympathisant du Front ?

    Puis-je penser que Frédéric Mitterrand n’a pas sa place dans un gouvernement sans que cela fasse de moi un nazi ou un homophobe ?

    Les gens sont libres d’être ce qu’ils ont envie d’être. Mais être ministre, ou président, représenter la France, implique d’être digne de la fonction, tu l’as assez répété sur Sarkozy. Ca vaut pour Mitterrand-le-petit, non ?

    JR

    1. Je précise: Marine Le Pen a déclenché une polémique artificielle en extirpant quelques lignes contestables d’un bouquin paru il y a des années. Elle a réussi à replacer le débat autour d’elle et du FN.
      Le vote du TCE n’avait rien à voir avec ce cas de figure.
      Quand à ta seconde remarque, je suis d’accord avec toi. C’est juste l’halali médiatique du moment qui m’insupporte.

      1. C’est tout de même formidable. On vit une époque tellement aberante qu’on en arrive même à reprocher au FN de dénoncer le tourisme sexuel et l’exploitation sexuelles des mineurs en Asie. Pour les « Amis » de la démocratie, comme vous, cela s’appelle un « coup bas »

        Pour moi, peu importe qui le dénonce et si le fait de le dénoncer apporte du crédit au FN, cela me semble moins grave que le discrédit qui s’abat sur ceux qui cautionnent l’indéfendable.

        Je ne suis pas frontiste, leur programme ne répond pas à mon projet politique, toutefois, la diabolisation systèmatique de ce parti sur tout ce qu’ils peuvent dire ou faire m’agace sérieusement, car ils dénoncent souvent des problèmes réels, et ils ont parfois des propositions intéressantes.

        De plus, c’est un parti qui représente l’opinion de millions d’électeurs et qui n’a pas été contraint à la dissolution. Il s’agit donc d’un parti démocratique, que l’on soit d’accord avec eux ou pas. Dès lors, il n’y a aucune raison de faire un procès d’intention à Marine Lepen sur la sincérité de son indignation sur les propos de Mitterrant. Si ce dernier d’ailleurs était si certain de son innocence, il intenterait une action en justice contre Marine LePen pour diffamation. Ce qu’il ne fera pas parce qu’il sait qu’il perdrait.

        Le coup de gueule de Marine aurait aussi bien pu être fait par Martine Aubry ou Dupont-Aignant. Qui l’a poussé, ce coup de gueule, ne rend pas l’objet du coup de gueule moins grave. Et il ne faut pas être un mouton bien pensant pour s’en indigner.

  2. si le FN dit que le soleil se lève tous les jours, il faut dire le contraire ? votre argumentation ne me convient pas du tout alors même que je suis en accord avec vos idées. Ses actes sont punis par la loi (nationale et internationale) et le fait de les assumer n’enlève rien à leur ignominie !!!

    1. je ne suis pas fan de marine le pen, loin de là, et je suis navrée d’être en accord avec elle. Mais il faudrait que Mr Mittérand ne nous prennent pas pour des imbéciles. s’ils avait eu envie de se payer des adultes, il n’y a aucune loi en france qui lui interdisait. D’autre part on appelle pas des « gosses » des personnes de 40 ans.
      le tourisme sexuel est un délit ou meme un crime et donc condamnable.

    2. « Ses actes sont punis par la loi (nationale et internationale) et le fait de les assumer n’enlève rien à leur ignominie !!! » : je suis d’accord.

  3. l’élégance de la sincérité ne peut convaincre qu’une aristocratie morale. Je veux dire que le langage de Frédéric Mitterand n’est audible compréhensible qu’à des personnes dont le niveau de culture conduit à une vision qui ne peut plus être manichéenne, mais interrogative et progressive, cela n’est pas le cas de la masse, du troupeau qui recherche des bergers dans les prononciateurs de vérités simplistes, aussi la masse condamne, et comme les assoiffés de reconnaissance et de pouvoir fonctionne exclusivement à l’instinct, ils devancent les désirs des masses, en aboyant avant tous? frédéric Mittrrand n’est coupable de rien les bergers du troupeau sont quand à eux frapper de l’abscence de réflexion quand ce n’est pas marquer du sceau de la connerie

  4. Halte à l’hypocrisie !!!
    Les biens-pensants m’écoeurent et me font peur.
    Courage Monsieur Miterrand.
    Cécile

  5. La reculade de Benoît Hamon est symptomatique de l’attitude brouillonne du PS.

    S’opposer n’exclut pas un minimum d’élégance et d’intelligence, même si les écrits de Mitterrand peuvent prêter le flanc à la critique comme ceux de Gabriel Matzneff.

    1. « la reculade » a été imposée par les « ténors » et la Direction PS, en bloc, soutenant un « ami » de leur caste.
      Alors que B.Hamon enfin, devenait humain et sortait de son cocon avec lucidité.

  6. BiBi pense que Frédéric a un problème avec l’âge. Déjà il aurait préféré vivre dans un autre temps.Ensuite, défendant la loi Hadopi, il avait sermonné son gosse qui telechargeait illégalement : son « gosse » a quand même 18 ans ! Ensuite, il drague des « éphèbes » de 40 ans. BiBi demande à voir.
    Enfin, Chouchou a eu le courage de trouver le livre de FM « talentueux et courageux ».
    Mais Chochotte ? Pas d’avis ? Peut-etre une interview du pote Frederic sur son site ?

  7. FM a eu la facheuse idée de répondre à la hortefeux, tout le monde sait que les prostitués en Thaïlande sont de jeunes enfants voire de jeunes adultes.
    Il eût été préférable pour lui qu’il parla de jeunes hommes adultes (chacun est libre des choix de sa sexualité) mais de la à nous faire croire qu’il s’agit d’hommes de plus de 40/50ans comme il l’a prétendu, la vraiment même en faisant un effortt on ne peut pas le croire. Et ce n’est pas des auvergants.
    Cette affaire s’il reste ministe va lui pourrire l’existence, même à l’étranger la presse à réagit sévèrement.

  8. Bonjour,

    Combien de fois faudra-t-il répéter que ce n’est pas une histoire gauche-droite ?

    C’est l’histoire d’un mec qui se complait, hors délais de prescription, à raconter l’assouvissement de ses fantasmes. Dans un livre au style d’adolescent, loué par la presse.

    Point. Il en a le droit. Point besoin d’autodafé. Les amateurs de vraie littérature préfèreront toujours, je pense, les écrits de Gide ou de Montherlant à ceux du neveu.

    Mais ce faisant, il n’a plus le droit d’être Ministre.

    De Gaulle avait un ministre qui avait fait le guerre d’Espagne. Sarkozy en a un qui aime les garçons orientaux, un autre qui tiens des propos racistes et un troisième qui s’est fait beaucoup d’argent avec l’humanitaire. Chacun son style.

    Le seul défaut qui puisse être reproché à Marine Le Pen, c’est d’avoir porté sur la place publique ce que le tout Paris savait.

    Horreur, le « bon peuple » a eu une info.

    Versons une larme sur ce pauvre fils d’Archevêque.

    Pensons aux massacrés d’Outreau.

    Ce n’est pas une question droite-gauche. C’est une question de crédibilité morale des individus qui représentent les institutions.

    Dans quel autre pays ce ministre serait-il encore en exercice ?

  9. « Marine Le Pen a déclenché une polémique artificielle en extirpant quelques lignes contestables d’un bouquin paru il y a des années. Elle a réussi à replacer le débat autour d’elle et du FN. »

    Exactement. Et je suis désolée pour ceux et celles, ici, qui disent « être d’accord » avec elle là dessus, mais où était Marine Le Pen en 2005 lors de la parution du bouquin où FM raconté ses amours tarifés (vrais ou fantasmés, d’ailleurs, il aavec des éphèbes

  10. « Marine Le Pen a déclenché une polémique artificielle en extirpant quelques lignes contestables d’un bouquin paru il y a des années. Elle a réussi à replacer le débat autour d’elle et du FN. »

    Exactement. Et je suis désolée pour ceux et celles, ici, qui disent « être d’accord » avec elle là dessus, mais où était Marine Le Pen en 2005 lors de la parution du bouquin où FM raconté ses amours tarifés (vrais ou fantasmés, d’ailleurs, il a très bien pu en rajouter) avec des éphèbes? Nulle part. Quand donc, auparavant, le FN a-t-il jamais condamnés les consommateurs de prostitution? Ou déploré le tourisme sexuel? (Que d’ailleurs tout le monde confond allégrement avec la prostitution d’enfants, ce qui n’est quand même pas toujours vrai, soit dit au passage…)

    Bref, c’est de la mauvaise foi de la part de MLP. Et une façon de draguer les « déçus du sarkozysmes »…

  11. On vit une époque formidable , parce que marine lepen du fn dénonce la pédophilie et ‘insurge on devrait légaliser ces moeurs dégradantes .
    Franchement on rève, ( je n’ai js voté fn)
    Des fait riens que des faits.
    Je suis extrèmement déçue par votre argumentaire que je trouve très leger et pas du tout rationnel. Je n’approuve pas les faits selon qu’ils soient repris ou validés par la droite la gauche ou encore les exrèmes, je juge avec mes idées, mon éthique, ma déntologie et ma sensibilité.
    Sur ces faits les partis sont silencieux à part quelques « courageux » qui se démarquent

  12. Curieux de voir que pour tout autre sujet, « on » invoque la conscience morale, la Raison voire l’idée de la grandeur de la civilisation, mais dès qu’il s’agit d’actes sexuels prémédités et conscients, on ait tendance à invoquer la nature humaine.

    Voilà le problème : la nature/l’inconscient ne peuvent PAS servir de justification à un acte prémédité et revendiqué.

    FM se glorifie dans son livre de ses prouesses exotiques avec des jeunes dont il a ignoré l’âge (c’est le cas de tous les touristes sexuels et de plus, de tous les clients de la prostitution – l’âge d’entrée est en moyenne de 14 ans), tout en se repentant tout aussi narcissiquement, pour finalement condamner le tourisme sexuel dès que le vent a tourné.

    Mitterrand a tenu absolument, dans son livre, et dans ses entrevues au sujet de son livre, à ce qu’on sache qu’il ne s’agit pas de fantasmes et de fiction mais bien de situations réelles. Il se pose comme « hors norme » tout en tenant à préserver son petit confort matériel et moral.

    FM d’un côté nie que l’échange sexuel soulève une question éthique – l’absence de scrupule étant une voie d’accès vers le plaisir – tout en exhibant en même temps ses remords et sa mauvaise conscience, pour finalement condamner, dans une entrevue carrément pathétique avec Ferrari, l’échange du sexe tarifé au Sud (comme si d’ailleurs, la différence était si grande, pour les jeunes prostitués, entre le Sud et les rues des grandes villes de France : ce sont les mêmes qui se prostituent).

    Des paillettes à l’égout.

    Il agit de manière tout aussi vulgaire, plébéienne, populacière et sans scrupule que les centaines de milliers de touristes sexuels beuglards transportés chaque année en Thailande, mais réclame en même temps d’être considéré et traité comme un bourgeois cultivé.

    C’est l’attitude de la plupart des écrivains prétendument sulfureux aujourd’hui, qui décidément ne comprennent pas que nous n’en sommes plus à l’époque de Sade, du simple fait que plus personnes n’est contraint de se marier ou de rentrer dans les ordres.

    Ces gens revendiquent la transgression comme une nécessité et surtout un honneur. Mais si on leur accorde le droit de transgresser, où est la transgression?

    Ils jouent sur le côté hors norme de l’artiste tout en réclamant une honorabilité et un confort moral bourgeois.

    Il y a donc parfois, chez certains « intelligents », beaucoup d’idiotie.

    Finalement, c’est une attitude humaine ordinaire que de se défendre et de clamer que l’on a une conscience morale … même les meurtriers les plus endurcis ne veulent pas être vus comme des salopards.

    Enfin, à lire certains posts, on croirait qu’il faut absolument se taper des prostitués pour être un bon écrivain.

    CF HOMMES À LOUER FILM QUÉBÉCOIS SUR LES JEUNES PROSTITUÉS

  13. On nous parle de petits garçons et il s’agit d’adultes certes misérables mais consentants, ce qui n’est tout de même pas la même chose, et contrairement à ce qu’on laisse entendre aussi, l’auteur, certes pitoyable, ne fait pas l’apologie du tourisme sexuel, mais l’autocritique de pulsions qui le dégoûtent de lui-même. Je suis d’accord que ça n’en fait pas une personnalité séduisante, mais personnellement, ces révélations ne me surprennent malheureusement pas. Tous ces gens ne donnent certes pas un exemple rassurant de force, de probité, de maîtrise de soi, de sagesse, de pudeur, de grandeur d’âme, d’intégrité… Nos gouvernants ne sont plus des exemples, ils sont à notre image: plein de doutes et d’arrogance, de lâcheté, d’infidélité… Quand ils jouaient aux élites, on pouvait au choix les admirer ou les haïr, on pouvait rêver ou cracher… Maintenant ils nous dégoûtent de nous-même… vive la démocratie! Ce qui me gêne aussi, c’est le procédé politique d’opposants qui font feu de tout bois et nous plongent dans la confusion en se servant de nos émotions les plus saines. Je m’interroge sur la réalité des choses qui sont reprochées, je suis dubitatif sur les mobiles de ceux qui déclenchent ces polémiques. Je suis écoeuré par l’utilisation obscène de ce que j’appelle notre saine pudeur et notre capacité de révolte et de compassion, utilisation qui nous plonge tous dans la confusion, et parfois la panique, et qui entraine les dommages collatéraux épouvantables dans les écoles, les familles et toute la société.

    Mais c’est vrai, profondément, je pense qu’on ne peut pas tout faire ni tout avoir, et même si par conviction je voudrais pardonner les fautes des repentis, je crois intimement qu’ils doivent aussi les expier et que certaines fautes devraient vous empêcher de prétendre à des positions où l’on se devrait d’être exemplaire.

  14. « Evidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur les commerce des garçons d’ici et vu quantité de films et de reportages ; malgré ma méfiance à l’égard de la duplicité des médias je sais ce qu’il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation ; l’inconscience ou l’âpreté de la plupart des familles, la misère ambiante, le maquereautage généralisé où crapahutent la pègre et les ripoux, les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages et les enchaîne, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. […]

    Bizarrement, il a plus de mal à retirer son pantalon et son caleçon américain, il évite mon regard, un fond de pudeur, une ombre d’inquiétude peut-être devant mon comportement qui doit lui paraître exagéré, insolite. Ces gosses ont largement l’habitude des hommes bien qu’ils ne les aiment pas vraiment, ils considèrent leur désir avec satisfaction mais avec une sorte de persistance dans l’étonnement candide ; »

    Frédéric Mitterrand, « La mauvaise vie ».

    (vous pouvez bien lire gosses par deux fois et non « boxeurs de 40 ans »)

    A la Mitterrand : « C’est une forme littéraire moitié réelle moitié romancée, ceux qui m’accusent d’injures publiques nous font revenir à l’âge de pierre, vous êtes vraiment cons et méchants de dire que j’ai fait du tourisme sexuel même si c’est vrai . J’en ai bavé pour aller me taper des Thaïlandais, vous n’imaginez pas la souffrance.

    A la Polanski : « Prescription, nous avions pris un arrangement avec la justice, puis la victime a plus de 40 ans désormais et elle s’en fout puisque j’ai payé son silence »

    A la Cohn Bendit : « C’était pour faire de la provoc, c’est totalement indigne de parler de cela vous ne serez jamais président »

    A la Delanoë : « Oui c’est vrai c’est très très très mal de dire quoi que ce soit sur le membre d’une minorité , quoi qu’il fasse… »

    A La Xavier Bertrand : « Cette façon d’agir nous ramène aux plus sombres heures de notre histoire, limite si ce n’est pas de l’antisémitisme » (antisémitisme = le ferme ta bouche à toutes les sauces)

    A la Sarkozy :  » J’ai trouvé ça génial et courageux, j’ai même recommandé la même chose à mes amis »

    Le premier qui refuse de jouer au foot avec moi j’en fais un affaire d’état c’est promis, c’est ça la liberté, pas le droit de refuser !

    Certains sont beaucoup plus égaux que tous les autres qui sentent le gaz, c’est ça la France du pays des droits de l’homme dont la première devise est Liberté (d’expression), Égalité (selon qui on est), Fraternité (quand on a des papiers) …

      1. @ La Fourmi rouge

        Je n’ai aucun mérite si ce n’est de ne pas savoir me taire (c’est héréditaire)
        Ils sont tellement faciles et prévisibles ces gens là …

        Plus personnellement j’ai un blog aux USA, inutile de vous dire que nous passions déjà pour de dangereux libertins et communistes (c’était fort), désormais la France passe pour un pays de maniaques sexuels en plus …(ça se comprend car chez eux les élus se doivent à l’inverse de chez-nous, être plus irréprochables que n’importe qui …)

        La très très grande classe, nous sommes en passe d’être un des pays occidentaux les plus moqués de part le monde, corruption, inégalité devant la loi, fonctionnement monarchiste etc …

        (Pour les Anglophones éclatez-vous ! De cela nos chers hommes politiques ne parlent pas en ce moment …)

  15. Sujet clivant participant à la confusion mentale généralisée qui caractèrise notre époque, évidement la leadeure d’extrème droite s’engouffre dans l’immonde !
    Rappelons que :
    -L’affaire Polanski n’existe plus depuis 30 ans, hors le cas d’un procureur tatillon et provocateur…
    – Il n’y a pas d’affaire F. Mitterrand.
    Alors, que reste-t-il ? Rien ! Un buzzz médiatico-politique sans fondement !
    Allez, à la machine…
    Mais, où est la raison ?

  16. FREDERIC MITTERRAND N’EST PAS HORS-LA-LOI !

    Comme tous les « bons citoyens » honnêtes, j’ai réagi bêtement à chaud et sans avoir tous les éléments en main au sujet de la prétendue pédophilie de notre ministre de la culture, me fiant uniquement aux assertions de Marine le Pen.

    Après examen plus attentif de l’affaire et après avoir écouté les arguments des défenseurs du présumé coupable, je me suis aperçu que j’étais tombé dans le piège des apparences.

    Le seul reproche que l’on peut faire à monsieur Mitterrand c’est d’avoir pratiqué le tourisme sexuel, non la pédophilie. Et encore, c’est un reproche personnel et non judiciaire.

    Cessons l’hypocrisie ! Certes il est immoral de s’adonner au tourisme sexuel, pour autant ce n’est pas illégal.

    Tant qu’il n’y a pas de mineurs impliqués.

    Je rappelle que la loi française n’interdit nullement de pratiquer le tourisme sexuel pourvu que les prostitués ne soient pas des mineurs.

    Le ministre est un citoyen comme les autres, il a le droit d’exercer sa liberté. Jusqu’à preuve du contraire, il n’a rien commis d’illégal.

    Il a certes commis des choses hautement condamnables mais « seulement » sur le plan moral, non sur le plan légal.

    Puisque la morale de la république et de ses défenseurs se borne aux termes de la loi, pourquoi les citoyens font-ils tant d’histoire pour si peu de choses ?

    En république on peut faire tout ce qu’on veut tant que cela n’enfreint pas la loi : avorter, faire commerce de la pornographie, tuer son semblable sous uniforme, fabriquer et vendre des bombes à des belligérants, etc…

    De deux choses l’une : ou bien on change les lois en les mettant en accord avec la morale, ou bien on joue le jeu de la sainte république et on la ferme !

    J’insiste : du strict point de vue des lois républicaines, on n’a rien à reprocher au ministre de la culture.

    Tant qu’il ne viole pas les lois, sa vie privée le regarde.

    On se scandalise hypocritement des moeurs du ministre mais à côté on trouve normal d’avorter, de vendre des armes, de faire du business avec la pornographique…

    Sous prétexte que c’est légal.

    Avant de faire les écoeurés face aux moeurs de Frédéric Mitterrand, les honnêtes citoyens rangés -avec leur si belle morale républicaine- feraient bien de balayer devant la porte de leur conscience !

    Raphaël Zacharie de IZARRA

    =======

    Réponse faite à un détracteur me reprochant ma prise de position :

    La république nous demande d’adopter avant toute chose sa « morale ». Ensuite le citoyen fait ce qu’il veux tant que cela ne sort pas du cadre des lois républicaines. C’est le principe même de la république. La morale des individus n’a rien à voir avec les lois temporelles de notre société.

    Contrairement aux régimes islamiques, dans notre démocratie nous avons le droit d’être immoral, abject, immonde, criminel tant que nos actes sont en conformité avec les règles républicaines.

    Par exemple vous avez parfaitement le droit de vous enrichir en faisant du commerce avec la pornographie, en fabriquant des armes et en les vendant à des belligérants. Dans ce dernier cas vous serez même choyé par l’Etat. Vous avez également le droit d’avorter. La loi le permet. Il ne vous est pas interdit d’appartenir à des sectes sataniques tant que vous restez dans les rails de la loi. La société ne peut pas non plus vous reprocher de cultiver du tabac. Or toutes ces activités et adhésions parfaitement licites n’en sont pas moins fondamentalement criminelles.

    C’est cette hypocrisie que je dénonce à travers mon article.

    Dans un premier temps, égaré par les fumées du discours général sans nuance j’ai éprouvé un profond dégoût envers monsieur Mitterrand que je pensais -à tort- être un libidineux pédophile. Or après examen de l’affaire il se trouve qu’il ne s’est pas rendu coupable de ce crime.

    Par ailleurs j’admire le courage et la combattivité dont il fait preuve dans sa défense.

    Et je ne trouve pas déplacé qu’il se montre courageux et combattif dans la mesure où il n’est pas pédophile. Un innocent a le devoir de se défendre.

    Maintenant, s’il s’avère que le ministre s’est réellement rendu coupable de pédophilie, alors croyez bien que je serai le premier à le condamner et ne lui trouverai aucune circonstance atténuante. Et cette fois toute argumentation de sa part pour justifier ses actes serait indécente.

    Mais au fait, ne nous éloignons-nous pas de l’essentiel dans cette affaire ?

    Qu’est-ce qu’on demande avant tout à un ministre de la république ? De produire un certificat de virginité ou bien d’être tout simplement compétent dans son ministère ?

    C’est dans une monarchie que l’on exige des hauts placés des preuves de moralité, pas dans un système qui se veut efficace, égalitaire, laïc.

    Tant que le ministère de la culture fonctionne bien, c’est le principal et c’est tout ce qu’on demande à un ministre responsable de son ministère. Le ministre n’est qu’un serviteur de l’Etat, un employé de la république comme un autre. Pourquoi devrait-on exiger de lui un comportement plus exemplaire que les autres ?

    Parce qu’il est ministre ? Un ministre est un citoyen ordinaire, en vertu du principe républicain de l’égalité de tous face à la loi.

    Nous ne sommes pas dans une monarchie : théoriquement l’accession au poste de ministre de Frédéric Mitterrand n’est pas un privilège, pas un cadeau, pas une récompense.

    Juste un fait.

    Nous sommes en impartiale république, je le rappelle.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

    +++++++

    PRECISION :

    S’il s’avère que le ministre est réellement coupable, je serai le premier à le condamner.

    Mon avis sur cette affaire n’est pas définitif. Il évolue et se nuance avec les nouveaux arguments qui arrivent au fur et à mesure du débat. Et je me donne d’ailleurs le droit de me tromper. C’est ce qui fait l’intérêt de tout débat. Je ne suis pas entré dans ce débat pour avoir raison mais pour faire triompher la vérité, quelle qu’elle soit.

    Mes positions sont susceptibles de changer selon les nouveaux éléments.

    Je suis ni pro-Mitterrand ni anti-Mitterrand.

    Je suis juste « pro-réflexion », à la seule recherche de la vérité.

    Je n’ai aucun intérêt social ou personnel à défendre des criminels. Au contraire, j’ai tout intérêt à promouvoir la vertu.

    S’il faut condamner Mitterrand pour ses actes, je le ferai sans aucun problème et avec virulence.

    Mais je veux des preuves.

    Raphaël Zacharie de IZARRA
    raphael.de-izarra@wanadoo.fr
    2, Escalier de la Grande Poterne
    72000 Le Mans
    02 43 80 42 98

  17. Pour changer de sujet…

    LA LUNE VUE PAR DE GRANDS AUTEURS

    Afin de détendre l’atmosphère je vous propose ces neuf textes sur le thème de la Lune écrits par de grands auteurs à un moment donné de leur vie. Tout le plaisir est pour moi de promouvoir une si jolie cause. Merci pour votre attention.

    Raphaël Zacharie de Izarra

    +++++++

    1 – La pleine lune

    Elle se lève sur l’horizon avec un visage pâle, des joues enflées, une tête molle. Elle monte et survole forêts, routes, villages en rapetissant, devient plus vive à mesure qu’elle s’élève. Parvenue au zénith, l’oeil pétillant, le front clair, elle crache comme une vipère sur les oiseaux de nuit qui la contemplent en rêvassant. Éblouissante, muette comme une taupe, féline dans son empyrée, elle plane au-dessus des têtes, ricaneuse.

    Elle miaule dans le ciel, les spectres l’entendent. Les hérissons sont ses confidents, les hiboux ses messagers, les tombes ses miroirs. Marmoréenne, duveteuse et sépulcrale, elle étincelle d’un seul feu. C’est une flamme mourante que ravivent à chaque instant les moribonds de la Terre. Asile des trépassés, refuge des âmes envolées, l’astre est un vaisseau hanté. Des fantômes sont à la barre : elle vogue, naviguant à vue, myope, stupide.

    Belle comme une morte, séduisante avec ses cheveux de sorcière, charmante avec son sourire hypocrite, amoureuse comme une pieuvre, la mélancolie est son royaume. Déesse inquiétante, fauve céleste, oiseau sidéral, caillou plein d’éclat, la Lune depuis la nuit des temps chante sa complainte à l’Éternité.

    Alfred de Musset

    2 – La face cachée de la Lune

    Verte, sournoise, tranchante, voici la Lune qui croasse. Ses ailes d’éther sont de mauvais augure. J’aime les sourires fourbes de cette hanteuse.

    Point crucial de la nuit, oeil errant de la voûte, confidente des clochers, elle accompagne mes veilles, fidèle, moqueuse, attachante. Je trouve sa face subtile, sa caresse ironique, son silence mortel. Elle passe, fécondante, prodiguant mauvais rêves et bonnes fortunes. Ses quiets rayons irradient le malheur. Elle rassure les chouettes, effraie les dormeurs.

    Elle répand son miel dans l’espace, déverse son fiel sur les poètes, rend muettes les villes, fait parler les campagnes… Elle attise les rumeurs, ravive âtres et légendes, délie les mauvaises langues, fait fermer les portes et sceller les coffres.

    Il m’arrive de lui parler. Mes mots pour elle sont tendres. Mais ses éclats sont durs. On la croit pâle, molle, sereine, elle est vive, sèche, tourmentée. C’est une amie sévère qui rit avec férocité, sanglote à faire rendre l’âme.

    J’aime cette séductrice aux joues brillantes, au front lisse, au regard fixe. Ne vous fiez pas à ses allures candides, car la Lune en vérité est une méchante fée, une sorcière qui diffuse un parfum venimeux, suave et mystérieux sur la Terre.

    Victor Hugo

    3 – Au clair de l’une, à l’ombre de l’autre

    Mademoiselle,

    A la vue de la Lune montant dans la nue, vos traits s’imposent à moi. Toujours, je vous ai associée au disque lunaire, vous ma claustrale, vous ma mélancolique amante. Pâle apparition aux charmes muets et au visage vague, vous êtes l’appel du large : celui des profondeurs sidérales et des étoiles lointaines.

    Vous êtes ma consolation poétique, une sorte de lueur au firmament qui entretient en moi le rêve. Demeurez pour toujours cette spectrale, frêle créature croisée entre poussière et azur, entre ciel et gargouilles. Votre orbite est onirique, vous l’astre au teint blême. Chaque fois que je regarde la Lune, c’est votre visage que je vois Mademoiselle, aussi doux qu’une chandelle, mystérieux comme un oiseau de nuit, hâve tel un fantôme.

    Lorsque passe au-dessus mon toit la sphère étrange, qu’elle chuchote à travers ma fenêtre, qu’elle se fait compagne de mes insomnies, c’est vous que j’entends frapper au carreau, vous qui hantez ma chambre, vous qui me tenez en éveil.

    La Veilleuse qui luit au zénith me rappelle la triste chartraine que vous êtes. Vous ne cessez de tourner autour de moi Mademoiselle. Et tout comme la blanche Dame au dos rond, vos grâces sont tombales. Je chante à l’infini votre beauté funèbre.

    Vous avez les attraits cosmiques des sélènes créatures et des filants objets qui peuplent la voûte, hôtes célestes que je poursuis comme un Graal à ma portée.

    Vous ressemblez au mystère d’en haut. Vous êtes un temple, et de ce temple s’élève une prière. Et cette prière, c’est la mienne. Et je m’adresse à vous. Et le sens de ma prière est l’amour.

    Chartres est mon éden et ma douleur, ma gloire et ma misère. Et votre rivale de chair qui partage mon alcôve, ma plus chère faiblesse. Vous, vous êtes mon purgatoire, ma croix, mon linceul. Et puis ma rédemption, ma lumière, mon salut. L’une est ma conquête temporelle, l’autre ma victoire céleste. L’une à ma gauche, l’autre à ma droite. L’une est un peu ange, l’autre un peu diable. Tiraillé entre ces deux feux, je me consume.

    Ma plume est une flamme et vous Mademoiselle, vous êtes un songe. Des deux follets sont nées ces lettres d’artifices.

    Je vous destine ces mots. Je m’en retourne à ma Lune, à ma compagne légitime et à mes chères étoiles, ne cessant de songer à vous.

    Alphonse de Lamartine

    4 – Entre Terre et Lune

    J’erre entre ciel et poussière dans la solitude et le silence, le regard perdu dans les étoiles, le coeur plein de mélancolie. J’allonge le pas sous une nuit éternelle, sur un rivage infini : mon pied est léger, mon coeur est lourd, et mes larmes s’évaporent comme de l’éther dans l’espace. Mon chagrin a le prix des choses inconsistantes : je pleure pour rien du tout.

    Je suis affligé, inconsolable, perdu. Je n’ai plus de joie, et mon infinie tristesse est cependant ma raison de vivre. La blonde veilleuse est mon asile : je suis PIERROT LUNAIRE.

    Charles Péguy

    5 – La Lune

    Pour vous rejoindre, depuis si longtemps que j’en avais conçu l’immortel projet, je me hâterai sans regret, ivre de vous, insoucieux du futur, confiant dans votre pâle éclat, attentif à votre regard paisible, envoûté par votre sourire triste et énigmatique.

    Vous êtes une lyre éternelle accrochée à la nuit, et avant que je ne sois né vous chantiez depuis toujours avec sérénité au-dessus des nues agitées. Je n’étais pas encore en ce monde, et vous le berciez de vos soupirs lents et infinis. Dès que je vous ai vue, à l’éveil de ma jeune âme, j’ai eu l’intuition d’être né par et pour vous.

    Oui, depuis ce temps mythique de mon enfance où, imprégné de votre mystère, j’allais m’évader dans votre chevelure phosphorescente, je rêve de vous. Avec votre insondable mélancolie, vous semblez régner sur mon destin. C’est vers vous que je désire monter. C’est du haut de votre sommet que je veux contempler les êtres et les choses contenus dans l’Univers.

    Au jour de ma mort vous diffuserez vos caressants reflets sur mon visage éteint. Vous êtes onirique, et j’aurai l’éternité devant moi pour fouler votre sol de poussière et d’immuable écume.

    Charles Baudelaire

    6 – Rencontre au sommet

    Ce soir je vais à la Lune.

    Je marcherai à sa rencontre, l’âme flâneuse, le pas paisible. Elle sera ronde, mon coeur sera plein. L’astre étrange est mon asile, mon vertige, mon abîme. Funambule vénéneuse de la voûte, chandelle errante de la nue, j’aime sa molle course au-dessus des toits.

    Tantôt pâle sourire, tantôt face de diable, son mystère s’épaissit au fil de la nuit. C’est une grande Dame qui porte robe longue. C’est aussi une traîtresse qui ricane derrière les égarés. Mieux vaut s’en faire une amie. Ce soir je cheminerai sous son voilage d’éther.

    Je la contemplerai longtemps, somnambulant entre bois et sentiers, la semelle terreuse, la tête effleurant le firmament. Je lui parlerai, et le silence sera d’or.

    Cette nuit sera argentée.

    Vagabonde sidérale, elle disparaîtra dans la brume du matin. Et moi, frissonnant de froid, je me hâterai vers l’âtre. A l’aube je m’endormirai, les cheveux blanchis de la poussière des chemins, la tête pleine des diamants de la nuit.

    Alfred de Vigny

    7 – Une vision des choses

    En rasant la pointe du clocher, la Lune m’apparut comme un Graal à atteindre. Ce soir-là les choses d’apparence les plus anodines dévoilaient un sens caché : je percevais l’essentiel.

    En imagination je remplaçai la pierre par le feu et l’acier : l’église devint fusée. Le vaisseau désignait l’astre, prêt à s’affranchir de la pesanteur. Je vis le mastodonte s’élever dans un bain de lumière, majestueux.

    Je le voyais qui parcourait les profondeurs sidérales : ma pensée vagabonde le suivait dans sa course poétique vers l’infini.

    Les choses ayant pris une soudaine hauteur sous mon regard neuf, je voyais le monde avec vérité. Devant moi la pierre inerte avait déployé ses ailes. La matière sous l’éther s’était allégée.

    Et je demeurai au pied de l’église à fixer la voûte étoilée, idiot.

    René Barjavel

    8 – Un rêve éveillé

    Lors d’une promenade nocturne à cheval, une bien étrange aventure m’est arrivée.

    Je filais à molle allure sous la lune, bercé par le son monotone et doux des sabots de ma monture dont l’écho résonnait avec poésie dans la campagne.

    Mélancolique, je me mis à songer à l’improbable aimée qui tardait à venir. Mais bientôt assoupi par le pas alangui de l’animal, je posai la tête contre sa nuque. Le doux Morphée m’emporta bien vite, tandis que je demeurai à demi couché sur le cheval qui cheminait toujours. Et le songe prit le relais de la rêverie amoureuse… Mais la vision onirique prit corps, tournant à la féerie, et je crus voir ma belle pour de bon :

    Elle marchait à mes côtés, se métamorphosant imperceptiblement en une jument superbe : ses cheveux d’or se changèrent en crinière et sa robe claire épousa ses chairs. Je la montai, aussi fier qu’ému. Aussitôt elle m’emporta dans une chevauchée impétueuse pour prendre son envol vers l’astre de nuit.

    Crinière au vent et bouche écumante, elle se lança dans les airs, frénétique. Mes éperons étincelaient au clair de lune, son crin ondulait fièrement, le vent frais giflait ma face échevelée. Une joie inédite m’inonda.

    Je m’étourdissais dans ce saut vertigineux, les doigts agrippés à sa crinière en bataille. Le zénith atteint, dans un long hennissement qui la fit se cabrer avec grâce sur le fond des étoiles, elle communiqua à la lune son bonheur de sillonner le firmament à mon côté, elle cavale ailée, moi baladin sidéral.

    Enfin, dans un tourbillon furtif nous disparaissions vers les étoiles.

    Reprenant bientôt mes esprits, je m’aperçus que je m’étais égaré durant mon bref sommeil sur le dos du cheval qui, impassible, avait continué sa marche. Et, retournant sur mes pas, je fixais la lune qui éclairait mon chemin, songeur, l’air dubitatif…

    Emu.

    Edgar Allan Poe

    9 – Celui qui est en moi

    Le son des pas du cheval dans la plaine me fait songer à chaque étoile que compte le ciel de ma longue nuit. Lorsque je foule la poussière des chemins, c’est toujours vers le firmament que se tournent mes regards.

    Tous les astres du monde sont logés dans mon coeur comme autant de larmes ou d’émeraudes, selon que je suis triste ou plein de joie. Je porte en moi les chagrins les plus secrets, les plus futiles de l’univers. Mais je sème aussi les lumières les plus pures dans les coeurs. En quête d’un amour que je suis seul à concevoir, je parcours le monde depuis des siècles en infatigable rêveur, trouvant la force de durer à travers les âmes pures. Ma jeunesse est intacte, préservée par des siècles de vertu.

    Mon souci n’est pas l’or, ni le temps, ni la mort qui effraie tant les hommes, mais l’amour, la beauté, la poésie. Aussi, je ne puis mourir : l’infini est mon compagnon de route. Loin de vos lois, je règne en souverain sur vos nuits, vos songes, l’imaginaire.

    Parfois on me tend la main sous la Lune : je prends la forme d’un paysage, d’un feu follet, d’une chandelle. Là, j’apparais dans mon ineffable vérité.

    Je poursuis ma route la tête dans les constellations à la rencontre des âmes pures.

    Je suis un fou d’amour, un spectre, une flamme traversant le temps, accroché à des incarnés. Je voyage d’âme en âme. L’être dont je possède le souffle aujourd’hui est l’auteur de ces lignes que vous êtes en train de lire.

    J’ai pris possession de lui et je prends la parole à travers sa plume.

    Mon nom est Pierrot.

    Paul Verlaine

  18. Monsieur Raphaël Zacharie de IZARRA

    Il est temps de revenir sur terre, vous êtes un très bon auteur mais la réalité est très loin de votre vision « artistique » de ce qui se passe .

    D’accord, l’art nécessite un certain décalage, « les gens ordinaires n’ont rien d’extraordinaire » mais ce sont eux la majorité, comme nous vivons en démocratie je vous laisse en tirer les conclusions …

    Pour vous donner une idée plus « publique » de ce qu’il en est :

    http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1248

    http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1247

    http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1246

    Vous savez, on a muté des préfets pour beaucoup moins que cela…

    Alors l’égalité, l’exemplarité, la démocratie irréprochable c’est pour quand ????

    Je vous laisse donc réfléchir « moins artistiquement » à la chose …

  19. Montherlant, Gide ne représentent pas toute la littérature. Il faudrait se demander pourquoi certaines époques produisent une certaine morale sexuelle et d’autres, une autre.

    On ne trouvera chez une MAJORITÉ ÉCRASANTE d’écrivains cette obsession de la prostitution et de la sexualité, c’est tout de même un phénomène moderne qui n’existe pas que chez les élites, mais qui caractérise la société au complet.
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    La prolifération de représentations violentes (du jamais vu) permet d’imaginer que cette violence pourrait être agie.

    Les milieux proxénètes sont des businessmen/women qui délèguent certaines femmes à la propagande pour clamer à qui veut l’entendre que la prostitution est « un travail comme un autre ». Or, c’est faux : la pénétration répétée par des étrangers n’est pas et ne sera jamais un travail comme un autre. C’est un monde souterrain – forcément souterrain.

    Beaucoup de drogue circule dans cette population et le taux de mortalité est 40 fois supérieur à celui de la population normale (chez des êtres jeunes).

    Beaucoup de gens (hommes et femmes) justifient la prostitution en disant : si la prostitution n’existait pas, les hommes attaqueraient les femmes. Ce qui veut bien dire que la société pense tout bas (ou tout haut) qu’un très grand nombre d’hommes sont potentiellement violents. Si cela est vrai, la société vit en permanence sous une menace dont on peut dire qu’elle est mal cernée, puisque les nombreux clients prétendument non-violents seraient ouvertement violents (s’attaqueraient donc aux femmes et aux jeunes non prostitués) s’ils n’avaient pas cette forme de droit garanti au service sexuel tarifé.
    Il y a ce vaste groupe qui semble dire : « Garantissez l’offre, sinon nous allons tout casser ».

    La chose se complique encore car ce sont en fait les proxénètes (comme les transnationales) qui dominent le marché et tirent un profit considérable de la demande, ce qui perpétue l’offre.

    Les prostitués prétendument libres ne peuvent pas vraiment négocier les tarifs ni les formes d’échange car une masse de prostitués plus jeunes, souvent sans papier feront ce qu’ils refusent de faire. Il y a le roulement. Les exigences des clients sur le type de service se multiplient ainsi que les formes de sexualité violentes.

    Ce sont les clients collectivement qui ont le pouvoir sur le type d’échange car ils peuvent choisir en magasin ce qu’ils veulent. La variété est là.

    Nous balancer l’exemple de la prostituée de luxe qui vit bien et choisit ses clients pour défendre la liberté de se prostituer est une hypocrisie de la plus belle espèce : il s’agit d’une infime infime minorité. Être escorte de luxe n’exclut pas le danger du rapport avec certains clients.

    Les clients savent eux-mêmes qu’ils n’est pas éthique d’exiger que ses pulsions soient satisfaites sur le champ par autrui et généralement, ils ne s’en vantent pas, même auprès de leurs amis (et encore moins de leurs femmes ou de leurs enfants).

    Le pouvoir de négociation n’est pas du côté des prostitués.

    La prostitution est une menace qui plane sur les femmes, les adolescents et les enfants c’est à dire les plus faibles.

    Beaucoup de jeunes prostitué-s (parmi les ressortissants nationaux) sont en graves conflits avec leurs parents ou viennent de centres d’accueil.

    Il est hypocrite de parler de liberté de se prostituer alors que nous ne sommes pas libres nous-mêmes de travailler ou non et de notre travail.

    Les gens qui avancent l’argument de la liberté ne voudraient pour rien au monde faire « ce métier » ni que leurs filles ou garçons le fassent.

    La réflexion sur les actes de Mitterrand doit tenir compte de l’esprit du capitalisme selon lequel en fin de compte l’argent ÉGALISERAIT forcément l’échange et évacue la question éthique. Le capitalisme n’a pas d’esprit : seule la rationalité économique compte. L’éthique dominante est l’absence d’éthique et de scrupule.

    Autre point intéressant : d’un côté, les politiques jouent sur la fibre émotionnelle (mariage médiatique avec Carla) exhibent leurs fantasmes (Mitterrand), mettent en scène leur vie privée et leur passé, pour susciter l’adhésion, l’envie, la sympathie et l’admiration, la proximité même (nous sommes humains comme vous, nous avons nos faiblesses), pour prétendre que le peuple viole leur vie privée alors qu’ils l’ont exposée.

    Les élites misent sur la démagogie pour rester en place (et cacher ce qui est réellement important à leurs yeux : les profits, les formes de la domination, la dictature des grandes sociétés, le pillage du Travail) et se noient dans cette contradiction. Et les représentations sexuelles ne jouent pas un rôle mineur dans cette démagogie. Beaucoup ont l’impression que grâce à une offre sexuelle prostitutionnelle phénoménale, ils sont plus libres.

  20. Par ailleurs, marre d’entendre citer Montherland ou Gide.

    Chaque époque a sa morale sexuelle et ces morales sexuelles sont modifiables et varient.

    On a désormais l’impression qu’il faut forcément avoir recours aux prostitué-s pour être un bon écrivain.

    L’offre sexuelle gigantesque semble donner au citoyen lambda une IMPRESSION de liberté qui le conduit à l’impuissance politique.

    Jamais une société toute entière n’a été aussi obsédée par la sexualité et la prostitution. Voilà ce qui mériterait d’être discuté à mon humble avis.

    1. oui, car l’écrivain n’est pas seul en cause.

      Combien d’hommes politiques, de décideurs économiques et financiers, de représentants des grands corps de l’Etat, d’artistes, de journalistes …pourraient être sur le même podium que Frédéric Mitterrand ?

      Ce qui explique la chape de plomb des médias et des politiques tous solidaires.

  21. @ BOF

    Excellent commentaire !

    Pour ma part j’aime à penser que l’hypersexualité est un palliatif à l’impuissance et à la passivité de l’individu dans notre société, une sorte de compensation inconsciente, une projection de la puissance et des illusions perdues .

    Je ne suis personne pour m’autoriser à le penser, ni philosophe, ni psy, ni un type qui a réussi sa vie car il a une Rollex [sic]…

    Que dire de notre société dans laquelle il faut du sexe suggéré autant pour vendre des yaourts, que du café, que des gels douche ou même des cours de bricolage en vidéo …

    Le pire de l’histoire c’est que l’humain et sa sexualité ne suffisent plus, il faut en plus retoucher les photos et les films, dénicher des mannequins « exemplairement » anorexiques, corps pré-adolescents sans formes féminines, androgynes, à la limite de l’homosexualité déguisée dans le sexe opposé pour ne pas se faire tout à fait peur .

    Mais nous ne devons rien en dire, car comme disait Mitterrand c’est une vision « artistique » (forme littéraire), sous entendu que le commun des mortels est une pauvre chose sans cervelle qui ne comprend rien à quelque forme d’art que ce soit …

    Tant que nous le tolérons et nous le laissons implicitement dire nous entretenons la maladie par laquelle ces « zélites » nous manipulent mentalement de A à Z .

    La jolie machine à développer des complexes et des névroses fonctionne à plein, tant que les gens se sentent inférieurs et complexés ils ne la ramènent pas et n’ont aucune ambition personnelle ni collective .

    Ils aspirent juste à atteindre cette « normalité » factice sur papier glacé .

  22. merci sun tzu
    je continue à cogiter.
    Par exemple, on peut se poser la question de savoir si Mitterrand consomme des prostitués thailandais parce qu’il est membre d’une élite ou parce qu’il est influencé par la culture qui domine aujourd’hui.

    C’est le problème de la poule et de l’oeuf.

    Est-ce que les membres des élites forgent consciemment une certaine idéologie ou est-ce qu’il n’y a pas plutôt une sorte de jeu obscur entre les élites financières, les écrivains ou artistes reconnus (dont le rapport est toujours ambigu avec les élites financières car ils en dépendent) et les masses qui consomment les produits culturels.

    Il y a en tous cas une vision dominante sur la sexualité et on le voit si on lit ou écoute les arguments qui légitiment la prostitution et qui sont toujours les mêmes. Ils font généralement référence à la liberté de se prostituer, liberté dont la preuve serait l’argent.

    1. @ BOF

      Je puis témoigner que nous sommes raillés internationalement, dans quasi tous les autres pays occidentaux Mitterrand serai déjà dehors !

      Bonjour la république « irréprochable », avec cette affaire ET la position de nos « zartistes » en faveur de Polanski qui place les « nartistes » au dessus de lois, nous choquons bien des pays démocratiques où tous sont égaux devant la loi .

      Non contents de cette honte internationale, le porte parole de l’UMP déclare que cette soif populaire d’exemplarité des « zélites » serai une véritable « chasse à l’homme » … (hystérie ou hypersensibilité ??? ils se foutent du monde !)
      ———————————————

      Un commentaire que j’ai bien apprécié ailleurs (Pensez que la Radio Numérique Terrestre permettra à tous de copier la musique en qualité numérique sans être inquiétés … ) :

      Le commentaire de FANNY :

      Dans cette affaire, il me semble qu’il y a 2 choses répugnantes : le soutien de FM à Polanski, sa dénonciation d’une « Amérique qui fait peur » , alors que lui-même se commet avec un gouvernement qui ne craint pas de faire arrêter des sans papiers aux restos du cœur, qui est maintes fois condamné par la cour européenne des droits de l’homme pour traitements dégradants etc.

      C’est la première étape, celle dénoncée par maître Eolas dans son blog estimant qu’on laisse penser aux enfants de 13 ans condamnés dans le cadre d’Hadopi (défendue par F. M.) qu’ils sont juste bons à mettre la main au porte monnaie pour de la musique qu’auparavant ils avaient gratuitement et que par ailleurs ils peuvent à cet âge servir d’objets sexuels sans que ça ait une quelconque importance (viol Polanski) Et puis il y a le tourisme sexuel de F.M. , le marché aux prostitués et tout ce qui a été extrait de son livre. Et c’est totalement répugnant aussi et ça n’est pas de la vie privée puisque publié.

      La défense des membres du gouvernement serait burlesque si ce n’était si cynique. Ce gouvernement emprunte ce qu’il y a de pire dans la droite de la droite et dans la gauche caviar.

      ——————————————

      Faire partie d’une minorité « qui souffre » n’excuse pas tout !

      Combien d’ handicapés physiques et mentaux souffrent au quotidien sans faire l’objet d’autant d’émotion des pouvoirs publics ?

      Combien d’étrangers souffrent de leur différence…

      Pour toutes ces catégories c’est sans pitié (je puis développer mes propos) mais pour un homme « bien né » en mal d’identité sexuelle c’est vraiment « le bagne » qui excuse tout ….

      Sauf que pour la sexualité on peut cacher sa différence, pour les étrangers, les handicapés c’est bien plus difficile et le rejet de la société est bien plus couramment admis…

      Faut pas déconner et cesser de faire passer pour une victime un coupable, 100 fois coupable !

  23. Que les prostitués de Mitterrand ne soient pas des enfants est non prouvable, mais il est peu probable qu’ils ne le soient pas. Lorsqu’il dit que les proxos gardent tout et que « les ces gosses n’ont que des miettes » (du commerce sexuel) incite à penser qu’il s’agit bien de mineurs.

    Dans le milieu de la prostitution, les prostitués masculins adultes ont moins souvent des proxos. Dans ce cas, il dirait que le tarif est bas, mais pas qu’ils ne gardent que des miettes.

    De toutes façons, on sait tout de même que c’est véritablement pour la jeunesse des prostitués qu’un million de touristes européens débarquent en Thailande et en raison du fait que hélas pour ce pays, la Thailande est le bordel mondial (cela plaît moins aux dirigeants d’aujourd’hui, mais dans un premier temps, ils l’ont facilité).

    Il faut ajouter que bordéliser une jeunesse ne me paraît pas être l’expression d’un amour de la culture. Il faudra longtemps avant que la Thailande se fasse reconnaître comme un pays qui n’est pas seulement un bordel mais où l’on crée aussi des oeuvres culturelles …

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