L’indulgence en politique


Il n’y a pas une polémique que l’on pourrait replacer sur le terrain privé ou personnel. Sur tous les sujets, les citoyens exigent de leurs élus des comportements exemplaires qu’ils ne suivent souvent pas eux-mêmes. C’est normal. Un élu de la République doit être exemplaire. Il définit nos règles de société, au nom du peuple qui l’a élu. Comment comprendre qu’il en soit autrement. Pourtant, on peut être frappé par le manque d’indulgence et les cris d’indignation facile.

Le piston pour le fiston

Jean Sarkozy fait très certainement la une de l’actualité cette semaine en France. Le piston présidentiel, qui se poursuit, alimente des commentaires critiques, à gauche comme à droite. Pourtant, le fait n’est pas circonscrit à la sphère politique. Nombre de grands patrons placent leur progéniture, après souvent quelques tests de « terrain » plus ou moins prolongés, à la tête de leurs empires. Plus modestement, mais plus fréquemment, combien de commerces, ou de petites entreprises familiales se transmettent de pères (mères) en fils (filles) ? C’est même, pour certains, une marque de qualité revendiquée dans leurs prospectus commerciaux. En politique, le problème est ailleurs : les dynasties « républicaines » nuisent au renouvellement des dirigeants.

Petits avantages entre amis

Le recasement des déchus de la République est un sport très français. Qu’un ministre soit évincé, et il trouve, sauf exception, une place honorifique pour assurer ses arrières. Sarkozy a même fait voter le retour automatique à l’Assemblée Nationale des ministres ou secrétaires d’Etat initialement députés. La politique est un risque professionnelle, si elle ne devient pas une profession. On peut comprendre le besoin de créer ces parachutes « dorés ». Pourtant, quel citoyen bénéficie aujourd’hui d’une faculté d’outplacement ? Quelques patrons, au mieux.

Argent trop cher

En matière d’argent, on attend également de nos politiques qu’ils soient intègres, si possible fauchés, surtout s’ils sont de gauche. Gauche caviar et droite saumon sont des insultes. Qu’un élu ait une fâcheuse tendance à aimer les belles choses couteuses, et le voici soupçonné du pire. Sarkozy et Dati ont souffert de leurs penchants « Bling bling ». Nombre de parlementaires britanniques ont été emportés par un vaste scandale de triche aux notes de frais. Mais en France, combien de contrôleurs de gestion s’acharnent à traquer des abus similaires dans leurs propres entreprises ? Que dire du travail au noir ? Des frais personnels chargés dans les comptes de l’entreprise ? Des professions libérales qui se rachètent, aux frais de leur cabinet, du matériel informatique dernier cri ? Des séminaires commerciaux ou de médecins à l’autre bout du monde ?

Tromper n’est pas jouer

Il est un sujet sur lesquels les Français(e)s, davantage qu’ailleurs dans le monde, sont indulgents avec leurs élu(e)s : leur vie amoureuse. Un élu peut divorcer, tromper, coucher. Au pire, il fera les beaux jours de quelques gazettes ou rumeurs. Mais rarement la question de confiance est-elle posée. L’élu peut, comme nombre de ses concitoyens, mentir à son entourage, les Français sont indulgents. Quelle surprise !

L’exemplarité est un combat. On attend de nos élu(e)s qu’ils/elles soient tel(le)s des super-héros/héroïnes. Ne soyons ni indulgents ni déçus quand certain(e)s commettent des écarts avec cette exigence.

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2 réflexions sur « L’indulgence en politique »

  1. Rhouuuu je suis ultra-flattée d’être comparée à la une de l’actualité.. !!! Merci beaucoup !!
    Finalement, la politique expliquée aux blondes ça peut marcher aussi.. 😀

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