Identité nationale : 4 mois pour planter Besson


Guy Birenbaum s’est énervé contre Ségolène Royal, parce qu’elle avait répondu à 6 courtes questions du Parisien relatives à l’Identité Nationale. Le même Parisien publiait un sondage sur le sujet. Guy s’énerve : « Identité nationale: la propagande est en marche. Et Ségolène Royal court derrière Éric Besson! »

On peut comprendre l’agacement de Guy Birenbaum. Nous savons tous que cette histoire n’est qu’une diversion, un vacarme électoraliste pour cacher les vrais sujets. Personne n’est dupe. Il n’y a guère qu’au Figaro que quelques zélotes font le service après vente des messages présidentiels. Refuser d’entrer dans ce jeu de dupes est une évidence.

Seulement voilà : le vacarme sera là. Eric Besson va s’inviter sur tous les plateaux de télé, dans toutes les émissions de radio. L’Elysée va commander toutes sortes de sondages. Les porte-paroles umpistes se saisiront de toutes les occasions pour poser ce faux débat sur le devant de la scène.

Nous avons plusieurs outils de riposte : le premier est d’amplifier chaque polémique qui surgit. Vacarme contre vacarme; ça tombe bien. Nicolas 1er et ses proches sont d’humeur gaffeuse ces derniers temps. Hortefeux et sa blague jugée raciste, Sarko qui bégaye un discours agricole, Jean Sarkozy qui récite un verbatim de Christophe Lambert, etc… Les occasions ne manquent pas.

Le second est de profiter de chaque occasion de débat pour renvoyer à Besson & Co à leurs bilans désastreux. Dimanche, Malek Boutih, socialiste, s’est affiché en discutant avec Eric Besson sur FRANCE iNTER. Boutih aurait pu saisir cette occasion pour tacler Besson sur le bilan de ses actions. Le socialiste s’est fait piégé, laissant Eric Besson conclure : « Le peuple français s’est déjà saisi de ce débat. »

Post Scriptum à l’attention de l’ami Guy : Ségolène Royal a précisément écrit ceci, à propos du faux débat d’Eric Besson : « Le moment choisi par la droite pour lancer ce débat montre que c’est une opération de diversion pour sortir d’une mauvaise passe alors que les élections régionales se profilent. C’est aussi une tentative de récupérer un certain électorat. Ce qui est condamnable, c’est le moment et la façon dont le débat est lancé. En revanche, la gauche ne doit pas rejeter ce débat, et encore moins le craindre. »

Elle n’a pas applaudi des deux mains à l’organisation de ce débat, elle ne fait pas la course derrière Besson.

Les mots ont un sens.

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25 réflexions sur “ Identité nationale : 4 mois pour planter Besson ”

  1. Bien vu le post scriptum! Je craignais que tu ne termines ton article sans rappeler les propos de Royal, dont j’ai lu l’interview et que j’ai trouvée intéressante, recadrant qd même un peu les choses. Cela dit, je suis d’accord sur le fond: refuser d’entrer dans le jeu de dupe de besson. et Royal ne me paraît pas dupe justement

  2. N’importe quel politique s’exprime sur ce sujet, on trouve ça normal.
    Mais Royal, elle, s’est forcément parce qu’elle doit s’accrocher aux branches pour ne pas couler…

  3. Ségolène Royal peut rentrer dans le débat parce qu’elle a beaucoup travailler sur le sujet depuis 2006. Il suffit de voir ses discours, on peut être d’accord ou pas, il n’empêche qu’elle a des arguments et une définition de la Nation. Il faut dire qu’elle est continuellement au contact des gens dans sa région qui est une région rurale et comme dirait sarkosi « la terre c’est l’identité nationale »

    Bien sûr, elle n’a pas été suivi par « l’élite du PS ». La gauche est au dessus des valeurs de la France, il suffit de lire le raisonnement au ras des pâquerettes de Gauche de Combat qui « hait » autant Ségolène Royal que les bobos parisiens…

    De plus, on peut constater que le mot « Royal » crée le buzz et il est logique de se demander dans quelle intention G Birenbaum a jeté Ségolène Royal en « pature » : le Post est en perte de vitesse. En réalité, il veut peut-être sauver sa peau.

    Et vous avez raison, la mise en scène va commencer et la gauche va comme d’habitude assister liquéfier et sans arguments au spectacle.

    Il reste à savoir si Ségolène Royal ira jusqu’ à l’affrontement sur ce sujet. Car les risques sont grands, 2012 est déjà lancé.

  4. Il ne faut pas s’attendre à une réflexion de fond de la part de Mat et de Gauchedecombat; je me demande de bien d’ailleurs de quelle Gauche et de quel combat il s’agit, quand on passe son temps à s’attaquer aux individus et pas aux idées.
    Arnaud Montebourg et Ségolène Royal ont la même approche du sujet et de la Nation; leur position est la même que celle de l’auteur de cet article.
    Personne n’est dupe, mais il ne faut pas laisser l’UMP et le Front National manipuler les gens et pervertir les notions sans qu’il y ait une mise au point de la part de la Gauche.
    Tout ça va retomber sur Eric Besson: lors d’un micro-trotoir à Marseille, personne n’a parlé de l’immigration, ni de l’intégration, mais des valeurs de la République. Et c’est ce rappel qu’a fait Ségolène Royal qui ne s’est pas dérobée au débat et qui réfléchit dessus depuis 2006.Il suffit d’aller consulter les archives sur http://www.desirsdavenir.org

  5. D’abord te féliciter, 2 ans et demi sans lâcher la Sarkozy même pendant tes vacances ça méritera quelque chose lorsque je te rencontrerais.
    Par contre quand Martine Aubry est en vacances, c’est silence radio, alors faut bien que des socialistes parlent en attendant qu’elle revienne (c’est pour demain mais aura t’elle lu le livre?).
    D’ailleurs il y en a beaucoup qui parlent comme Ségolène sur ce sujet et heureusement, s’il fallait suivre Moscovici on serait mal barré.
    En réfléchissant un peu comme tu le fait ici, on s’aperçoit très vite que le piège est ailleurs.
    Laisser la droite accaparer le débat, c’est d’abord lui permettre d’occuper tout l’espace médiatique avant les régionales et aussi se retrouver disqualifié, lorsqu’en Février, Besson produira ses conclusions.
    Parcequ’il ne faut pas être un génie politique pour comprendre que dans la Sarkozy il n’y a pas de discussions gratuites et qu’il y a toujours une loi ou de nouvelles règles qui viennent clore un débat ou une réflexion.
    Attendons nous à ce qu’elles soient assez tordues pour faire hurler toute la gauche à quelques semaines des régionales.
    Comment s’opposer efficacement aux conclusions d’un débat que l’on a déserté et qui est censé être validé par les Français?

  6. C’est quoi ce commentaire de Made ? : « De plus, on peut constater que le mot “Royal” crée le buzz et il est logique de se demander dans quelle intention G Birenbaum a jeté Ségolène Royal en “pature” : le Post est en perte de vitesse. En réalité, il veut peut-être sauver sa peau ».
    Sauver ma peau de quoi ??? Buzz de quoi ?
    Si vous ne voulez pas voir pas que de la même façon qu’en 2006-2007 Nicolas Sarkozy vous entraîne dans un piège mortel, je n’y peux rien. Bien à vous.

  7. je pense aussi qu’il ne faut pas refuser le débat mais le recentrer sur les valeurs républicaines et particulièrement sur celles du conseil national de la résistance: ce serait piéger nos chers sarkozystes…

    1. Nous ne devons pas nous rendre dans les Sous-Préfectures et les Mairies.

      Il s’agit de débats en contre-point comme cela se passe actuellement.
      Il ne s’agit pas d’aller se mettre à la même table que Besson, même si Manuel Valls l’a déjà fait.
      Par contre, j’ai noté un revirement chez Besson aujourd’hui: im est en train de nous voler le recentrage; tout à l’heure, il n’a fait aucune allusion ni à l’immigration ni à l’intégration, mais aux valeurs de Liberté, Egalité et de Fraternité.
      Si tous les démocrates s’y prennent bien, l’UMP va être encerclé et Sarko-Hortefeux, Besson se feront prendre dans le piège de la bêtise du siècle.
      Personne parmi les interviewés n’a encore tenu le langage de Sarkozy et du FN, tous parlent des valeurs.
      Le rôle de la Gauche c’est d’amener les gens à parler des valeurs qui sont le fondement même de notre République.

  8. marc vous nous fatiguez (vous, et les spameurs de votre mouvance), avec ces puérilités à base de « valeurs du conseil national de la résistance » : car c’est au nom d’une République qui se disait… issue de la Résistance, et qui sans vergogne se revendiquait des valeurs de celle-ci, que toute la pourriture a commencé à se remettre en place dès la Libération.

  9. L’identité nationale, c’est celle de ceux qui n’ont pas renvoyé chez eux les 500 000 républicains espagnols chassés par les « Talibans » de Franco.
    Camp de judes.

  10. « Ce qui est condamnable, c’est le moment et la façon dont le débat est lancé. En revanche, la gauche ne doit pas rejeter ce débat, et encore moins le craindre. » (Royal)

    J’en conclus qu’il faut refuser d’aller dans ce débat, maintenant (garder ça pour plus tard). De la part des politiques il faudrait systématiquement détourner la conversation vers les vrais sujets, innombrables, que va tenter de masquer ce rideau de la honte.

  11. Ségolène Royal a raison, il ne faut pas refuser le débat !

    Et pourquoi donc fuir ce débat qui de toute façon avoir lieu , la gauche doit-elle en rougire, la gauche n’aurait-elle pas de meilleurs arguments que la droite à mettre sur la table en vue de 2012 !

    Il serait vraiment dommage de fuir ce débat car c’est un moyen qui permet de parler des sujets qui touchent une majorité de français.

  12. d’après l’édition spéciale ce midi sur c+, tous les commentaires négatifs sur sarkozy et sa politique sont censurés par le webmaster du site identité nationale…

    ça donne plutôt raison à guy birenbaum…

  13. Marc

    Birenbaun n’a pas raison.

    On ne taille pas la route à la 1ere embûche, on ne baisse pas les bras non plus, la liberté, l’égalite, la fraternité, sont des valeurs qu’il faut défendre tout au long de la vie ou tout au moins tout faire pour les préserver, il ne manque pas d’esprits tordus pour essayer de les pietinner.

  14. Intéressante information trouvée sur le Net :

    L’identité nationale selon Besson : la preuve par M. Yahya El Mir !

    M. Besson a ouvert un site Internet de « Débat sur l’identité nationale » : il l’a confié à une entreprise mondialisée, dirigée par un patriote marocain, parlant « globish » et délocalisant les emplois par recours aux ressources « offshore ».

    Explications ? Non, réinformation par les faits :

    Le site de « Débat sur l’identité nationale » du ministère Besson a été confié très rapidement (après appel d’offres ?) à la société SQLI, une société aimée des grandes entreprises (PSA, Airbus) et de l’Etat. Selon le président de son directoire : « Les plus gros contrats signés récemment l’ont été dans le secteur public (ministère de la Défense et hôpitaux). Il n’y a pas, dans ces domaines, d’impact de la conjoncture. » Source CFO News, 2 décembre 2008 :
    http://www.sqli.com/index.php/fre/actualites/revue-de-presse/CFO-news.com

    La société SQLI a pour président M. Yahya El Mir, un brillant ingénieur à la tête d’une société qui s’est fortement développée par acquisitions externes et… délocalisations.

    Ce choix conduit à poser plusieurs questions :

    Est-il légitime de confier un débat sur l’identité nationale à une entreprise dirigée par un patriote étranger ?

    M. Yahya El Mir est en effet présenté comme un « Marocain brillant » dans tous les articles de presse qui lui sont consacrés. Peut-être a-t-il aussi la nationalité française mais, dans ce cas, pourquoi n’en fait-il pas davantage état ?

    M.Yahya El Mir a gardé – c’est bien naturel – des liens étroits avec sa ville natale Oujda. Il y a animé le 26 avril 2009 une conférence sur : « Le marché des services informatiques en France et les opportunités qu’il représente en matière d’emplois hautement qualifiés pour le Maroc. » Il y a relevé que : « Le Maroc dispose de tous les atouts pour le développement de l’offshore en matière des services informatiques. » M. Yahya El Mir a enfin noté que « L’offshore est une évolution incontournable dans l’industrie de l’informatique ». « A Oujda: le Maroc dispose de tous les atouts pour développer l’offshore ».

    Est-il normal que le prestataire choisi pour réaliser le site Internet d’un ministère français se prononce aussi ouvertement pour la délocalisation des emplois ?

    M. Yahya El Mir a d’ailleurs mis en œuvre ses principes. Il a déclaré à Boursorama le 11 octobre 2006 : « Nous disposons également d’un centre offshore au Maroc, que nous utilisons pour nos projets au forfait. Les forfaits représentent 50% de notre activité. » La recherche–développement de SQLI est aussi en partie délocalisée. Et ce alors même que M. Yahya El Mir reconnaît que là où son entreprise se développe (les « solutions métiers », le conseil, la « Web agency ») « les tarifs de ces prestations sont élevés et peu concurrencés ». Il est vrai qu’en bon patriote marocain (qui songerait à le lui reprocher ?), M. Yahya El Mir précise : « L’aspect affectif a également compté ». C’est ce que Yahya El Mir appelle le « nearshore ».
    Sources : CFO News, op.cit., décembre 2008 et Maroc entrepreneurs, juillet 2004
    http://www.marocentrepreneurs.com/newsletters/article.php?id_article=10

    Quatre questions se posent donc :

    – Où a été élaboré le site de débat sur l’identité nationale : en France ou au Maroc ?
    – Où sont installés les « modérateurs » qui censurent les contributions des Français avant publication sur le site : en France ou au Maroc ?
    – Quelles sont les marges dégagées sur le compte du contribuable ?
    – Et pourquoi avoir choisi comme fournisseur un patriote marocain plutôt qu’un patriote français ?

    Enfin, ceux qui considèrent que la langue française est un élément de l’identité française ne manqueront pas, eux non plus, d’être surpris.

    D’abord, en découvrant le jargon anglo-saxon utilisé par M. Yahya El Mir dans ses entretiens avec la presse : son « storytelling » est une preuve meilleure de son intégration au monde des affaires que de son intérêt pour la culture française.

    Ensuite, en allant visiter le site de la société : http://www.sqli.fr son offre et son « blogs experts » sont directement en « globish ». Certes, le monde Internet est par nature ouvert à l’anglais. Mais M. Besson, qui porte son républicanisme en bandoulière, peut-il oublier que selon la Constitution « Le français est la langue de la République » ?

    La conclusion est claire : pour réaliser son site de « Débat sur l’identité nationale », M. Besson a choisi une entreprise mondialisée, dirigée par un patron étranger, usant du globish davantage que du français et délocalisant une partie des emplois par un recours aux ressources « offshore » !

    Guillaume Bénec’h
    Polémia
    05/10/2009

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