George Frêche ou la confusion des valeurs


Devant le souhait, majoritaire, des socialistes locaux, de soutenir George Frêche pour la prochaine campagne régionale, la direction du Parti Socialiste s’est couchée. Après avoir exclu, il y a deux ans, le trublion languedocien, elle a décidé, mardi dernier, de ne pas présenter de liste contre lui en Languedoc-Roussillon. Martine Aubry a également avancé, comme explication supplémentaire, le refus des partenaires locaux du parti socialiste de faire liste commune dès le premier tour.

1. On peut comprendre le parti socialiste. Ses propres troupes désertent localement en faveur de Frêche. Ses alliés font cavalier seul. Que faire ?Il faudrait conserver cette région coûte que coûte à gauche. Les dirigeants socialistes sont plutôt unis pour défendre la candidature Frêche. Outre ces arguments « tactiquo-pratiques », nombre de responsables socialistes ont tenté d’expliquer que George Frêche n’est pas raciste. Vincent Peillon, Ségolène Royal, Pierre Moscovici, Jack Lang, etc.. Ils s’y sont tous mis. Le même argument revient: Frêche aime provoquer. En septembre dernier, il est même venu soutenir Brice Hortefeux pris dans la polémique sur sa blague jugée raciste…

Surtout, George Frêche est avec Ségolène Royal l’un des seuls présidents de région identifiés par les électeurs. L’atout est de taille. Benoit Hamon l’a expliqué. Il faut garder la région à gauche.

Vraiment ?

2. On peut détester la position collective socialiste. Jean-Michel Apathie s’est énervé cette semaine. Où sont les valeurs ? La liste Europe Ecologie a décidé, comme ailleurs, de faire cavalier seule. En Languedoc-Roussillon, les Verts s’étaient déjà désolidarisés de l’exécutif régional après les déclarations controversées de George Frêche contre les harkis puis l’équipe de France de football. Jeudi soir sur Canal+, Cécile Duflot a expliqué qu’Europe Ecologie ne fusionnerait pas ses listes au second tour avec celle de Frêche. Le même jour, Dany Cohn Bendit était plus prudent : « George Frêche est quelqu’un qui a des idées, même un projet pour la région » mais « c’est un homme politique impossible qui ne sait pas travailler avec les autres« .

Ce qu’il manque à cette affaire vient de George Frêche lui-même: des excuses, un début de repentance.

Celles et ceux de ces anciens camarades qui témoignent tour à tour pour délivrer des brevets d’antiracisme à M. Frêche feraient mieux de le convaincre de procéder à quelques excuses.

C’est urgent.

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12 réflexions sur « George Frêche ou la confusion des valeurs »

  1. Apathie ne recule vraiment devant rien en osant poser la question des « valeurs » lui qui est un sous-fifre de sarkosi, qui a jeté au caniveau tout ce qui peut caractériser la déontologie d’un journaliste intègre et impartial, le fiel lui coule de la bouche…

    Quant à G Frèche, c’est un provocateur né dont les militants en raffolent alors que peut faire aubry qui a honteusement bourré les urnes pour prendre la tête du PS ???

    Quant à Ségolène Royal, elle a botté en touche en disant qu’elle n’avait aucun pouvoir au PS ce qui est vrai … Tout a été fait pour… Donc, ce serait juste de la laisser en dehors.

  2. Il n’y a aucune « repentance » et aucune excuse à effectuer.

    Frêche a été relaxé par la Cour d’appel de Montpellier en septembre 2007.

    Comme le dit Made, Frêche est provocateur dans l’âme et un fin connaisseur de l’histoire des idées politiques.

    Ancien militant anticolonialiste, il n’est certainement pas raciste comme une certaine presse parisienne le laisse croire.

    Je connais Frêche et c’est un type bien. Il a un excellent bilan et les socialistes (du moins ceux qui ne souffrent pas d’oubli) savent ce qui lui doivent.

    http://www.gabale.fr/?p=59

  3. J’ajoute que ce que peut dire Frêche est systématiquement décontextualisé par les médias afin de créer des polémiques.

    Plus de 80% des militants socialistes languedociens et roussillonnais lui font confiance.

    Avec un tel taux de confiance, il n’y pas de place pour la tergiversation et les scrupules de conscience.

    Nous allons tout faire pour que notre région reste à gauche.

    PS. Le président précédent, Jacques Blanc, avait fait alliance en 98 avec le FN pour conserver son fauteuil. Frêche est parvenu à le déquiller. Ca aussi, les bureaucrates de la rue de Solférino l’ont oublié. Pas les socialistes locaux.

  4. J’ai parfois l’impression qu’il faudrait faire le choix de perdre une élection, ou au moins le risque. Maintenir Frêche, c’est une sorte d’encouragement, de lâcher prise un peu honteux…

    [Mais en même temps, lisant les commentaires ici ou là, je me disais que la presse est tellement bien huilée pour massacrer les gens, n’en donner qu’une certaine image. Je ne sais pas vraiment, à part ses déclarations, qui est Georges Frêche ! 🙂 ].

  5. soutenir frêche, est-ce soutenable, de quelque bord que l’on soit ? Avant d’être de gauche, je suis démocrate. Et cet homme ne l’est pas. Par ailleurs, pour répondre à gabale, il est heureux que nous ayons encore une conscience et une morale par delà les calculs politiques, et que l’on tergiverse, effectivement. Notre humanisme doit les dépasser. Et Qu’il faille tout accepter d’un tel homme pour que la région reste à gauche, je ne le supporte pas et ne le supporterai jamais.

    car pour moi la fin ne justifie pas les moyens…. résistance ! à la connerie ambiante.

  6. Décontextualisé le débat?
    Oui, certes!
    Et même monté en mayonnaise par les médias nationaux.
    Il faut « comprendre » le Languedoc-Roussillon pour savoir de quoi est fait son électorat.
    Chose qui semble inaccessible à la France « du nord ».
    Tout cela doit bien amuser Frêche et sa mégalomanie victorieuse que personne ne peut arrêter.
    Pas même ses amis de gauche.

  7. Vas-y Georges, rentre leur dedans ! Toi tu es un Homme, un vrai. Continue à nous faire du Pagnol, du Brassens ! Personne ne défend fabius. Il n’y a qu’à relire les articles du Canard le concernant depuis 81 pour comprendre. On préfère t’accuser Toi; c’est un fructueux business médiatique.

  8. Georges Frêche est un excellent président de Languedoc Roussillon, estimé de tous, dans une phrase simple que j’ai entendu prononcée des milliers de fois depuis mon enfance, il n’y a rien de malveillant, c’est l’interprétation qu’en a conclu le PS et Fabius qui est a blâmée, personne ne savait que Fabius était juif, nous l’apprenons aujourd’hui par l’intéressé lui-même. Le PS n’a pas changé et ne changera jamais. Un éléphant victime du crime de « lèse majesté » pensez donc… il est temps de sortir l’artillerie lourde pour éliminer G.Frêche surtout que c’est un prêter pour un rendu, Fabius a toujours critiqué Frêche et en 2004 il avait déjà plaider pour qu’il ne soit pas en tête de cette liste. Enfin Fabius a mainte fois insultée Ségolène Royal, pourtant elle a porté sur son nom et celui du PS honorablement 17 millions d’électeurs ? cela méritait de ce PS en ruine le respect, et non l’artillerie lourde que l’on ressort aujourd’hui… Alors le PS prend à cette occasion le risque de perdre deux régions ? Au PS, on ne change pas une équipe qui perd depuis trois présidentielles à cause de ces courants….

  9. Georges Frêche héraut du gaucho-lepenisme

    L’Etat israélien est une chose,les Juifs de France(et d’ailleurs) en sont une autre.Le soutien à l’Etat d’Israël et la haine vis-à-vis des Juifs comme des Arabes ne sont nullement incompatibles.On peut même démontrer sans peine que ces deux attitudes constituent,en quelque sorte,pour nombre d’antisémites,les deux faces d’une même intolérance.Pour se convaincre de la signification de la dernière sortie de M.Frêche il convient de se reporter à la lettre d' »explication » que ce dernier a adressée à M.Fabius.Cette lettre est nettement plus intéressante.Selon M.Frêche la preuve irréfutable de son rejet de l’antisémitisme résiderait dans son « soutien à l’Etat d’Israël ».Là réside le problème.Les antisémites purs et durs,y compris au Front National,ont,de ce point de vue,la même analyse et la même ligne de défense: »nous n’avons rien contre les Juifs mais nous les préférons….en Israël ».Le même raisonnement,violemment intolérant,peut être appliqué à tout autre peuple jugé non-français ou non francisé.Il y a quelques siècles le même raisonnement était appliqué à différents cultes religieux frappés d’interdit dans le royaume de France mais probablement licites aux yeux des ligueurs de la Sainte Ligue….à l’étranger.

    M.Frêche a accepté tous les reniements,tous les retournements idéologiques pour parvenir au pouvoir et le conserver.Ses compétences en matière d’urbanisme et d’aménagement territorial ne sont pas en cause ici.Il est question de gouvernance et d’éthique politique.Les Harkis,les Libanais,les pieds noirs..(..etc),tel ou tel groupe humain sont réduits à de simples soutiens de sa majesté ou une gêne,le cas échéant, dans sa carrière politique,dans la réalisation d’ambitions de plus en plus démesurées.Il y a belle lurette que ce Monsieur,comme un certain nombre de politicards-à commencer par Le Pen-ont renoncé aux valeurs de la République sur l’autel de leurs ambitions personnelles,au prix de la transformation d’une ligne politique claire en un simple électoralisme mâtiné d’un populisme franchement dangereux.M.Frêche est bien devenu une figure importante du gaucho-lepenisme,c’est-à-dire un courant idéologique se situant sur une ligne identitaire exacerbée-fréquemment nourrie d’appels à la guerre civile à peine voilés- et assortie d’un programme social assez étoffé.Le pacte républicain est rompu.Et dans une république démocratique il revient aux électeurs, c’est-à-dire aux citoyens de trancher.Rappelons à ce propos que le mot « citoyen »n’est pas une injure,encore moins une insulte.

  10. bonjour, cette polémique est un bel écran de fumée pour cacher l’indigence du programme du PS, voire l’incompétence de Martine Aubry, chacun donnant l’impression de « rouler pour lui-même » au lieu d’aller vers la plus grande clarté ou efficacité.
    Il s’agit donc de « faire pleurer » les électeurs sur le pauvre PS attaqué par le « méchant Mr Frêche », et de tenter de faire pleurer les Français sur « le pauvre Mr Fabius », pour lui faire entendre la douce musique de la pitié des électeurs, car il doit être seulement habitué au vacarme assourdissant des nombreuses « casseroles au c.. » qu’il trimballe après lui depuis des années!

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