Elle est bien, cette Aurélie Filippetti


La députée socialiste de Moselle, menacée par la disparition de sa circonscription dans le prochain redécoupage électoral du gouvernement, a taclé « l’indignation bling bling »de Nicolas Sarkozy à propos des EUROSTAR. Elle a raison. Passer des enjeux planétaires de Copenhague à une fâcherie sur les retards de quelques trains sur la ligne Paris-Londres a quelque chose de cocasse et d’indécent.

La députée s’est également prononcée pour une loi interdisant la Burqa. Elle s’oppose à ce déguisement tristement folklorique. « Non seulement, ça me choque mais ça m’insulte » a-t-elle justifié. Cette tenue est une « atteinte à la dignité de la personne humaine ». « Ce n’est pas une prescription coranique ». La tribune, qu’elle a signé avec Manuel Valls, mardi 22 décembre dans les colonnes de Libération, est très claire :

« Même si les spécialistes religieux s’accordent à reconnaître que le port du voile intégral ne fait l’objet d’aucune recommandation coranique, il n’appartient pas au politique de piocher dans leur argumentaire pour justifier son positionnement. S’approprier ce référentiel serait une faute pure et simple de jugement. Puisque la France est une société laïque séparant l’Etat du religieux, c’est bien au cœur de la sphère publique qu’il nous faut façonner notre jugement.

Alors, que remet en cause la burqa dans l’espace public ?

La Convention européenne des droits de l’homme est limpide en la matière. Elle précise, dans son article 9, que la liberté de manifester sa religion ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent « des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre (…) ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

Or, qu’il soit volontaire ou non, le port du voile intégral nuit à la société et à l’ordre public dans la mesure où il soustrait au regard d’autrui les femmes qu’il recouvre. Elles sont exclues, de fait, de la société et du champ public puisque cachées intégralement derrière un vêtement indifférencié.

Mais la burqa est aussi une atteinte à la dignité humaine. Elle concerne tout individu dans la mesure où elle place la femme à un rang de subalterne. Car une femme dont on ne peut lire les expressions du visage perd de son humanité. Car une femme qui se voit interdire le port de certains vêtements perd, aussi, de sa liberté. L’homme n’étant pas concerné par le port de la burqa, celle qui la porte est reléguée d’emblée à son seul et unique statut de femme sans que l’on puisse lire sur son visage ou son corps, d’autres caractéristiques de son individualité. La République française, qui porte en son sein l’égalité homme- femme, ne peut l’accepter. »

Il est dommage de voir qu’Aurélie Filippetti reste logée dans une opposition, sans doute sincère mais parfois ironique, contre Segolène Royal. Elle s’est ainsi déclarée contre le souhait exprimé par Ségolène Royal à l’égard de la direction du PS ne pas instrumentaliser les élections régionales. Aurélie Filippetti a raillé gentiment la proposition. Depuis l’affaire de la taxe carbone, pour laquelle sa propre position était malaisée au sein du Parti Socialiste, la députée s’est éloignée de l’ex-candidate à la présidentielle. Dommage.

9 réflexions sur « Elle est bien, cette Aurélie Filippetti »

  1. Fileppetti n’est qu’une opportuniste, elle critique Ségolène Royal que pour exister c’est dire : dommâge pour elle.

    A présent elle fait partie du « lobbing écolo » à l’assemblée nationale avec Montebourg.

    Elle a tout fait, il lui reste l’UMP…

    1. D’accord avec Made sur toute la ligne.

      Cette fille a d’abord quitté les Verts car placée en position non éligible :
      Delanoé a réalisé son rêve !

      Ensuite, elle a suivi le sens du vent avec Royal. Comme d’autres, sans les convictions ni la sincérité.

      Puis, prévoyant la suppression de son fromage mosellan, elle a rallié le tandem Assouline-Peillon pour être au SN du PS et cooptée en bonne position sur une liste PS pour les Européennes.

      Pas de pot pour elle, ses anciens amis ont réussi un carton, la privant de son nonosse !

      Depuis, elle parle quand Peillon tient à rester au 2nd rang, mais a choisi une fois de plus le mauvais sentier :
      le pôv’ Peillon n’est rien au PS, sans territoire ni troupes …

      Bonjour le flair politique de la Dame !

      Oui où ira-t’elle la prochaine fois ?

  2. Fillippetti n’est évidemment pas fiable et sa sortie en faveur de la proposition de loi contre la burqa (alors que la Commission parlementaire constituée sur cette question n’a pas encore tranché), est d’autant plus grotesque que la pratique du port de la burqa est anecdotique dans notre pays.

    Cette prise de position est même inconsidérée alors que l’on sait que la proposition de loi que souhaite Copé, et qui créé d’ailleurs le trouble au sein même de la majorité, ne vise en réalité qu’à exacerber le sentiment xénophobe, lequel est déjà encouragé par le (faux) débat sur l’identité nationale.

    Fillippetti me paraît totalement dépourvue de sens politique et, comme Made l’a dit, c’est une opportuniste qui sait très bien qu’elle est menacée dans sa circonscription redécoupée par Alain Marleix et sa bande. Je la soupçonne de taper sur Royal afin de donner des gages à la direction du PS dans l’espoir de négocier un parachutage éventuel dans une autre circonscription.

    Ancienne membre des Verts, ancienne membre du cabinet d’Yves Cochet, ancienne conseillère municipale du cinquième arrondissement, et bientôt ancienne députée de Moselle… Triste parcours en vérité.

  3. vous êtes durs les amis. Je serais moins sévère avec Aurélie. Et sur la Burqa, je suis d’accord sur le constat « opportuniste ». Mais ces Burqas m’insupportent.

  4. Je vous trouve tous bien durs.. Quel politique n’est ancien de rien? Quel politique n’a rien fait avant? Il n’est donc plus permis d’évoluer? De changer d’avis? Tant qu’il y a une forme de cohérence, ça ne me choque pas. Et passer des verts au PS ne me choque pas. La période est cynique et les commentaires amers.
    Dommage.

    Juan, oui, elle est bien, cette Aurélie!

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