Martine vire écolo.

Le Parti Socialiste, par la voix de Martine Aubry mercredi 2 décembre, souhaite voir le sommet de Copenhague déboucher sur des mesures contraignantes pour les Etats. En particulier, le PS rappelle la nécessité d’une taxe sur le CO2 émis par les transports de marchandises.

Dans la foulée d’un « Bureau national extraordinaire » du PS convoqué sur le sujet, la Première secrétaire du PS a avancé ses positions, publiées dans une tribune publiée par Le Monde. Il y a des tonalités écolo, à la mode à gauche comme à droite.

Le PS incite à revoir nos « modes de consommation et de production, et le fonctionnement des échanges mondiaux ». Tout le monde le dit, à gauche comme à droite, mais ces déclarations recèlent des envies différentes. Pour le PS, certains secteurs entiers doivent muter vers des « technologies propres » (énergie, transport, construction, industrie). Cela doit passer par une double impulsion des Etats : via des crédits d’impôt « stimulant la recherche sur la sobriété et l’efficacité énergétique », et via des « investissements massifs, par exemple dans les réseaux de transports propres. »

On décèle deux différences avec ses concurrents UMP et Europe Ecologie. Du côté de l’UMP, la sobriété n’est pas de mise. Il s’agit simplement de remplacer des énergies prochainement insuffisantes pour couvrir les besoins de croissance par d’autres, et principalement le nucléaire. En affichant un objectif d’économie d’énergie, le PS se rapproche des écologistes. En revanche, Martine Aubry se garde bien de rappeler la position, connue, des socialistes sur l’énergie nucléaire. Chez Europe Ecologie, l’hostilité contre le nucléaire, radicale chez les Verts, plus timorée ailleurs, était déjà clairement revendiquée lors des élections européennes de juin dernier.

« La sortie du nucléaire doit être une priorité. En effet, la production électrique électro-nucléaire ne peut jouer techniquement qu’un rôle marginal dans la lutte contre le réchauffement climatique, contrairement à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables dont le potentiel est très important. Le nucléaire présente des dangers insurmontables qui ne peuvent être tolérés : risques d’accidents, pollutions radioactives diffuses, déchets ingérables, risque d’attentats et de prolifération nucléaire, insécurité énergétique… » Source: Europe Ecologie.

Martine Aubry rappelle aussi le besoin de « concilier  l’engagement environnemental et le combat pour la justice sociale. » Un pavé dans la marre de la taxe carbone indifférenciée que l’UMP a fait voter dans son projet de budget 2010.

Les mesures que Martine Aubry attend du sommet de Copenhague sont :

1. Une enveloppe de 100 milliards d’euros pour aider les pays en voie de développement. Nicolas Sarkozy est sur une autre ligne. Il adopte une double posture vis-à-vis de Copenhague, qui cherche avant tout à éviter aux pays industrialisés un effort de solidarité : (1) les objectifs – et moins les moyens d’y parvenir – sont la priorité du sommet, et (2) aucun pays, et surtout pas les pauvres, ne doit renoncer à la croissance

2. Une régulation des échanges mondiaux sur des critères, non de concurrence, mais de protection sociale et environnementale. Martine Aubry reste imprécise. Revendique-t-elle une certaine dose de protectionnisme ? Elle semble y préférer la création d’une organisation mondiale de l’environnement.

3. Pour dégager les moyens nécessaires, la Première Secrétaire ajoute àà l’idée d’une taxation type Tobin sur les transactions financières, celle des émissions de CO2 par les transports de marchandises (comme un « prélèvement sur le nombre de kilomètres parcourus par les produits d’importation »).

Finalement, cette prise de position clarifie un peu le débat. Sarkozy parle d’objectifs, mais rarement de moyens. Et pour cause. A gauche, écolo et socialistes se rejoignent sur ce point.

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Les enculés de la grippe A

Mesdames, messieurs, veuillez m’excuser par avance pour la vulgarité du titre de ce billet. Parents de deux jeunes enfants, âgés de 8 et 11 enfants, nous sommes, comme d’autres milliers de parents, confrontés à la campagne marketing massive d’écoulement de stocks de vaccins contre la grippe A. Il y a 10 jours, le collège de Lianne, notre fille, nous demandait notre autorisation pour sa vaccination, tout en nous demandant de signer une décharge de responsabilité si, par malheur, le vaccin avait des effets secondaires.

Mardi matin, la radio RTL diffusait le témoignage d’une femme qui accoucha malade de la grippe A. Coma artificiel, poumons « sanguignolants », voix d’outre-tombe… il fallait vendre l’urgence. Chacun doit se vacciner. Sinon, vous serez coupable. Coupable de la méchante grippe qui frappera vos gamins.

La semaine, nous avons refusé le vaccin proposé, sous décharge, au collège.

Ce mardi 1er décembre, l’école primaire du fiston Tarzan nous donnait le document suivant :

« Madame, Monsieur

La circulaire interministérielle N°2009-166 du 9 novembre 2009, paru au BO N°42 du 12 novembre 2009, propose la vaccination contre le virus A (grippe H1N1) des enfants scolarisés dans les écoles élémentaires et maternelles à partir du 30 novembre 2009.

Cette vaccination ne sera pas réalisée à l’école, et vous devrez accompagner votre enfant dans les centres de vaccination. (…) Vous voidrez bien vous munir du bon de vaccination reçu à votre domicile ainsi que du carnet de santé de votre enfant. »

La grippe frappe chaque année. L’insistance de profitables labos et d’un gouvernement commanditaire ne nous rassure pas.

A chacun de choisir.

C’est une chronique personnelle.

Un million cinq cent mille

Sitemeter mesure Sarkofrance, avec ses biais, depuis l’origine, un certain jour de mai 2007. J’ai reçu un petit mail hier: le blog dépassera les 1,5 millions pages vues quand vous lirez ces lignes. A date, Sitemeter recense 860 000 visiteurs. Cela fait tout drôle, massif et bizarre.

Nombre de confrères réfléchissent, s’activent, testent de multiples voix d’expression blogosphériques collectives. En matière de combat politique, le taylorisme est indispensabl. Chacun sa mission. Certain(e)s sont doué(e)s pour fédérer les énergies, organiser les débats, faire rebondir les polémiques. D’autres doivent fournir le recul de l’analyse. D’autres encore sont dédiés à saboter les lignes de l’adversaire.

Sarkofrance se place du côté des saboteurs. La réalité n’est pas celle que l’on nous sert. Il suffit de lire, de percuter les annonces avec des faits, les promesses avec d’autres promesses.

Merci à tous.

La faillite de Dubaï : la planète dit merci

La faillite de Dubaï est une excellente nouvelle pour qui se soucie un tant soit peu de la planète. La vision de ces buildings surréalistes, de ces univers climatisés à l’extrême, de ces pistes de ski érigées au beau milieu du désert était quelque chose d’insoutenable de bêtise consumériste. Il y a bientôt une semaine, le conglomérat Dubai World, la plus grosse entreprise du pays, a annoncé être incapable d’honorer ses échéances de remboursement de dette de décembre.Dubaï World est endetté à hauteur de 59 milliards de dollars. C’est la plus importante dette du pays, qui est estimée à quelques 85 milliards de dollars. Les bourses du monde ont tremblé en apprenant la nouvelle.

Dubaï n’a pas de pétrole, mais des idées. Même les plus stupides. Ainsi, au beau milieu du désert, on peu skier. C’est un peu cher. Mais skier dans un pays où il fait 40 degrés à l’ombre, c’est « tendance« . A Dubaï, l’aéroport est un gigantesque centre commercial. En comparaison, Plan de Campagne, entre Marseille et Aix en Provence, ressemble à un petit village gaulois. A Dubaï, la charia est en vigueur, comme dans les autres Emirats du coin. Mais Christine Lagarde était toute heureuse, il y a à peine quelques jours, de faire des oeillades à quelques banquiers du Golfe pour qu’ils viennent investir leur pécule en France. Le gouvernement français était prêt à modifier sa réglementation pour accueillir la « finance islamique« . En janvier 2008, quelques mois avant que la finance mondiale ne révèle ses chimères, un banquier de Dubaï expliquait qu’il souhaitait devenir la plus grande banque islamique du monde. Il faut toujours relire les prédictions des banquiers. Avec le recul, on comprend mieux l’avenir.

La banque centrale des Emirats Arabes Unis, dont Dubaï fait partie, a attendu 3 jours pour rassurer la planète finances : « le système bancaire émirati est plus solide qu’il y a un an et dispose de plus de liquidités« .

Nous sommes rassurés.

La planète l’est moins.