Le soutien à un blogueur

Notre confrère Denis Szalkowski a interpelé Marc Vasseur, Dagrouik, et moi-même. Il nous demande notre soutien, contre une mise en demeure adressée par un avocat représentant l’association Haute-Normandie Écologie. Ce dernier demande à Denis de ne plus faire référence à Europe Ecologie et de « libérer » les sites Haute Normandie Ecologie qu’il administrait (avec d’autres).

Je ne partage pas toujours les positions de Denis. Et je soutiens Europe Ecologie. Cette affaire est pénible. Mon « silence », depuis …jeudi, n’avait d’autres raisons que l’incapacité matérielle dans laquelle je me trouve de consulter rapidement l’actualité des confrères et consoeurs.

Je lui apporte mon soutien bien volontiers : je déteste qu’on écrive à un blogueur par billet d’avocat et autres semonces juridiques. Peut être, nous blogueurs, devrions nous nous constituer en collectifs, embaucher un avocat et faire préparer toutes sortes d’injonctions à l’encontre de ces attaques diverses. Papier bleu contre papier bleu ; mise en demeure contre mise en demeure.

Je ne juge pas, à ce stade, le fonds de l’affaire. Mais la forme, un collectif et son avocat contre un blogueur isolé, est quelque chose d’assez détestable.

Sego et la fraude médiatique du Figaro

On va les entendre, dans les jours qui viennent, celles et ceux, professionnels du commentaires, qui attaqueront la présidente de Poitou-Charentes. L’occasion est trop belle. La perspective des élections régionales durcit le contexte. Un livre, « PS, la bataille des ego« , écrit par François-Xavier Bourmaud, va sortir le 3 février prochain, 5 semaines avant le scrutin. Il évoquerait des soupçons, voire des cas de fraude en faveur de Ségolène Royal lors des élections internes au Parti Socialiste en octobre et novembre 2008.

L’attaque est quasiment signée: une « brève » dans le Figaro, mercredi 27 janvier : « Fraudes au PS: le rapport qui accuse Royal ». L’auteur du livre, François-Xavier Bourmaud, est par ailleurs journaliste … au Figaro.

1. La brève du Figaro est approximative, voire mensongère : « le rapport qui accuse Royal« . Ce titre suggère que Royal a eu un rôle actif dans les fraudes dont elle serait bénéficiaire.  Jeudi 27 janvier, à 8h51, le Figaro change son titre : « Fraudes au PS : Royal soupçonnée« .

Sur le Post, Alex Lemarié a interrogé l’auteur du livre. Ce dernier ne livre aucun détail de fraudes avérées (il conseille d’acheter son livre), et, surtout, il parle plutôt de fraudes en faveur de Ségolène Royal. Il évite soigneusement de dire que l’ex-candidate les a commandité, organisé, surpervisé.

2. Autre information, François-Xavier Bourmaud précise que « la partie sur les soupçons de fraude qui auraient profité à Ségolène Royal ne concerne que deux pages sur les 230 de l’ouvrage« . Tout ça pour ça.

3. François-Xavier Bourmaud est l’un de ses journalistes qui, au Figaro, relayait avec complaisance les résultats de sondages OpinionWay, par ailleurs commandés et payés en sous-main par l’Elysée. Rappelez-vous cette « brillante » analyse du journaliste, sondage OpinionWay à l’appui, en octobre 2008, qui proclamait « Pour 64% des Français, le PS a eu tort de s’abstenir », à propos du plan de sauvetage bancaire de Nicolas Sarkozy. 64% des Français ? Non bien sûr… 64% des sondés par OpinionWay.

Permettons-nous une double question : ce livre a-t-il été commandé ou suggéré par Nicolas Sarkozy ?

Sarkozy, son miroir et les talents

C’est drôle, bien fait, et précis. Merci à eux. Le nouvel épisode du Miroir de Sarko vient de sortir.

Le PS cale sur la retraite à 60 ans et les sondages de l’Elysée

Le groupe socialiste à l’Assemblée Nationale a jeté l’éponge. le Figaro s’en réjouit. Les députés socialistes voulaient enquêter sur les sondages de l’Elysée. Grâce leur fut rendue. Mais la Commission des lois, majoritairement UMP, a adopté un amendement UMP pour exclure l’Elysée du périmètre d’investigation de la Commission d’enquête mise sur pied par les socialistes. Ces derniers argumentent qu’ils ne veulent pas cautionner une enquête tronquée. Ah bon ? « Enquêter sur les enquêtes » d’opinion du gouvernement aurait pu dévoiler d’autres secrets. D’autant plus que nombre de sondages ont été transférés, depuis l’affaire de juillet dernier, du budget de la Présidence au SIG du premier ministre. Les députés socialistes chercheraient-ils une posture ?

Les dirigeants socialistes – le « bureau national » – a adopté mardi soir une résolution défendant « le maintien de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans, c’est-à-dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite ». Il est comme ça le PS, il s’accroche à des totems. Il aurait pu dire, plus simplement, plus justement, que l’âge de départ à 60 ans n’était plus vraiment la question. Que la pénibilité et l’assiette de calcul des cotisations (revenus financier ou pas ?) étaient les vrais sujets. Partir à 55 ans quand on bosse dur et risqué depuis l’âge de 20 ans, pourquoi pas ? Nombre de salariés, ayant démarré leur vie active vers les 21 ou 22 ans, ne pourront pas techniquement, en l’état actuel du système, partir à 60 ans. En Ile-de-France, l’âge moyen du premier job est 23 ans et quelques mois. Faîtes le calcul, pourtant simple : 23 ans + 41 ans = 64 ans… La vache… 64 ans ! Soixante-quatre ans ! Incroyable !

Sacrés totems !

Alzheimer ou grippe A ?

Je n’avais pas pensé écrire cela un jour. Je me souviens d’une phrase, il y a trèèès longtemps, de mon père, m’expliquant qu’il préférerait le suicide – ou l’euthanasie – à une vieillesse décrépie. Je devais avoir une douzaine d’années. Depuis, la vieillesse ne m’a jamais inquiété, bien au contraire. Rien de réjouissant évidemment, mais plutôt l’envie de passer la vie avec le moins d’encombre possible, le plus rapidement possible. A l’image de cette chanson de Renaud, déjà ancienne.

L’arrivée d’enfants dans le foyer avait expulsé la question du suicide. Mais en lisant qu’un chercheur avait peut-être trouvé un protéine contre la maladie d’Alzheimer, je me suis souvenu de ces paroles familiales. Alzheimer faisait partie de ces situations critiques, à l’époque, qui pouvaient valider l’option d’une fin de vie volontaire. Envisager le suicide comme la fin de sa propre vie avant la déchéance est une questions sérieuse, troublante, évidemment définitive.

Quand la science progresse, elle élargit le champs des possibles.

L’OMS est prise dans un joli scandale. Ses conseils de précaution anti-grippe A auraient été influencés par des consultants par ailleurs rémunérés par les labos pharmaceutiques. « Les liens d’intérêt entre 6 experts de l’OMS et des firmes pharmaceutiques sont avérés » écrivait le Parisien. On se souvient de cette annonce discrète, quelques mois avant les premiers cas de grippe A et la visite de Nicolas Sarkozy au Mexique, de Sanofi: la firme inaugurait une usine de fabrication de vaccins anti-grippe au Mexique … « au cas où ».

L’OMS, relayée en France par notre ministre nationale Roselyne Bachelot, aurait exagéré les risques de pandémie. La santé est une affaire de confiance.

Quand la science devient commerciale, elle enferme le champs des possibles.

Sarkozy sur TF1 : merci à la presse, aux blogs et à TF1.

Evidemment, les premiers sondages sur la prestation de Nicolas Sarkozy lundi soir sur TF1 avaient été commandés. Le Parisien en publie un, ce mercredi, réalisé par l’institut CSA. Dès mardi soir, certains s’étonnaient du décalage entre les médias – plutôt critiques – et le sondage – plutôt flatteur.

1. On peut comprendre pourquoi les téléspectateurs ont globalement apprécié l’émission présidentielle: Sarkozy était à l’écoute, sans annoncer de réforme clivante ou tonitruante; l’identification de chacun à l’un ou l’autre des 11 témoins et à leurs difficultés a bien évidemment joué.Comment ne pas se reconnaître, s’identifier ? Une pure real-TV politique.

2. TF1 a joué le jeu. Pernault, n’en déplaise à ses critiques, est difficilement criticable. Pas un mot de trop, tout juste a-t-il coupé la parole, ici ou à, pour tenir le rythme, en vain, d’une émission qui déborda. Les « témoins » ont été bien castés. Ce fut la seule surprise de cette émission et, reconnaissons-le, son grand mérite. TF1 a joué le jeu, malgré l’encadrement présidentiel.

3. Le show était ultra-préparé. A un obscur porte-parole de l’UMP (Dominique Paillé) qui se félicitait mardi matin de voir que Sarkozy connaissait ses sujets, on rappellera que le Monarque avait toutes les cartes en main. Sarkozy avait donc ses fiches, ses chiffres, ses répétitions. Rien de spontané. Relisez donc l’article du Monde, signé Arnaud Leparmentier, publié lundi après-midi, plusieurs heures avant l’émission. Tout y était:

Si le professeur de sciences économiques d’Ile-de-France évoque l’éducation en banlieue, M. Sarkozy vantera ses sorties en faveur de boursiers dans les grandes écoles. Et lorsque le patron routier du Nord s’opposera à la taxe carbone, M. Sarkozy persistera – la survie de la planète est en jeu – et expliquera, bien seul, que le sommet de Copenhague a été un succès. Ajoutons-y une étudiante-chômeuse, une infirmière, un artisan dont la retraite est insuffisante, une productrice de lait du Tarn-et-Garonne pour aborder l’emploi, l’hôpital, les retraites, l’agriculture.

4. L’émission est un échec pour Nicolas Sarkozy. Comment imaginer qu’un électeur, fusse-t-il sympathisant passé du monarque, puisse retirer quelque chose de positif des propos sarkozyens de lundi soir ? L’audience de l’émission fut majoritairement « senior ». les jeunes ont déserté, à en croire Mediamétrie. Et les « vieux », qu’en ont-ils pensé ? Sans annonce ni réponse, Sarkozy a voulu joué au psy, l’efficacité en moins. Un effet détestable.

5. Finalement, on peut tirer une conclusion : la pression médiatique a dû bon. Des articles critiques sur le show présidentiel, des billets contempteurs de cette nouvelle manoeuvre présidentielle, la pression médiatique dans son ensemble a porté ses fruits. On peut imaginer que TF1 a eu peur de prêter le flan aux critiques. Un sursaut de journalistes dans un exercice encadré. Le narcissisme sarkozyen a fait le reste. TF1 et Sarkozy ont voulu prouvé, chacun de leur côté, qu’ils étaient « cap ». Sarkozy a perdu, faute de réponse. Son agenda politique de ces derniers mois – insécurité, immigration, fiscalité – a été balayé en 120 minutes d’émission. Dommage pour lui.