Absentéisme scolaire, et le vote.

J’ai été surpris, en lisant hier le compte-rendu du vote de la loi sur l’absentéisme scolaire, de constater que deux députés socialistes avaient voté la dite loi: Gilles Cocquempot et … Julien Dray. J’ai trop d’estime pour le député de l’Essonne pour penser qu’il n’avait pas de bonnes raisons, qu’il n’avait pas bien réfléchi à la question. A moins que cet affichage soit une erreur « technique » comme il en arrive parfois au Palais Bourbon.

Cette loi sur l’absentéisme scolaire est mauvaise. Au Royaume Uni, une expérience similaire a échoué. En France, elle pénalisera des familles déjà fragiles, les plus modestes, celles pour lesquelles ces allocations familiales suspendues sont vitales à l’économie du ménage.

Cette loi est démagogique. Elle n’est qu’un affichage sécuritaire inutile au moment même où l’exécutif sarkozyen réduit chaque année un peu plus l’encadrement adulte en milieu scolaire.

Même François Bayrou a voté contre la loi.

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Lire la presse, ou pas.

Prenez l’affaire Woerth. C’est un site d’un nouveau genre, Mediapart, qui a lancé l’affaire, en publiant des extraits des enregistrements pirates de conversations entre Liliane Bettencourt et Patrice de Maistre, son gestionnaire de fortune. Le lendemain, l’hebdomadaire Le Point publiait également des extraits, mais pas les mêmes. Ceux du Point s’attardaient sur l’affaire qui oppose Liliane Bettencourt à sa fille. L’affaire Woerth n’a pas démarré chez les médias classiques. Pourquoi ?

Les blogs politiques ont largement relayé ces informations. Le Woerthgate est né sur le Net. Dix jours plus tard, cette dissymétrie du traitement de l’information est toujours flagrante. Seul Marianne se permet de titrer sur les troubles d’Eric Woerth, et balance même quelques nouvelles informations qui relancent l’affaire: des courriers de François-Marie Banier à sa protectrice Bettencourt révèlent que la milliardaire a bien acquis une île aux Seychelles, jamais déclarée au fisc. Si Woerth n’était pas au courant, c’est que le procureur détenteur de ces échanges ne l’a pas informé. Or ce dernier dément.

La même semaine, le Point titrait sur les « Indécents », cigare à l’appui. L’affaire Woerth est traitée parmi d’autres, sur le même plan que le salaire indu de Christine Boutin, et les cigares de Christian Blanc. Trois pages traitent des « amis de Mme Bettencourt », pour justifier l’attention présidentielle consacrée au procès Bettencourt. Sur les relations troubles entreWoerth, l’UMP et la première fortune française, rien, ou si peu, quelques lignes.

L’Express, lui, préfèrait s’interroger sur la question qui taraude visiblement les Français: DSK est-il de droite ? On croît rêver. Le site de l’hebdo, heureusement, se rattrape. Le Nouvel Obs est tout entier dévoué  aux « secrets de la mémoire ». Serait-il devenu amnésique ?

Sur le Net, personne n’oublie le sujet du moment, parmi celles et ceux qui traitent de l’actu politique. Et c’est tant mieux.

Voix discordantes au PS ? Mensonge concordant au Figaro

Dans le Figaro de vendredi, on pouvait lire un article prévisible sur les discordances au PS : « Une petite musique décalée commence à se faire entendre à la périphérie du PS. Alors que le parti défilait jeudi dans la rue aux côtés des syndicats pour demander le maintien de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans, plusieurs personnalités socialistes ont, cette semaine, mis en garde leur parti contre cette position. »

On ne s’offusque plus des manipulations sarkozyennes du quotidien de Sarkofrance. Pour étayer sa thèse, le Figaro rameute des prises de positions très générales de Didier Migaud qui est, de surcroît, premier président de la Cour des Comptes et donc, à ce titre, soumis au devoir de réserves : «pour répondre aux problèmes de financement à court et moyen terme, il faut agir sur l’ensemble des paramètres : l’âge, la durée de cotisation, les prestations, le montant des cotisations et l’assiette, l’élargissement des recettes».

Le Figaro ajoute un « témoignage » de DSK, dont l’Espress s’interrogeait récemment s’il était bien de droite. Le patron du FMI est lui aussi soumis au devoir de réserve. Et, du point de vue du FMI, que peut on attendre d’autres qu’un applaudissement proportionnel à toute mesure d’économie budgétaire ? Le problème de la position exprimée par DSK au FMI sur la réforme des retraites n’est pas un questionnement du PS, …. mais un questionnement de DSK sur sa propre valeur résiduelle de gauche.

Reste, dernier témoignage, Michel Rocard, qui s’exprimait dans les colonnes de France Soir, récemment racheté par un jeune oligarque russe dont le papa est proche de Poutine…: « en faisant de l’âge légal un symbole, le PS est encore en train de se tromper de combat« .

Au final, fichtre ! Quel bilan ! Deux socialistes coincés dans leurs institutions, et un retraité ambassadeur contre la fonte des glaces…

Il y a certainement des voix discordantes au PS, mais, pour l’instant, elles se sont tues, avant qu’on ne les tue.

Gayfriendly, donc UMPophobe.

Un élu UMP s’est dit choqué d’avoir été exclu de la Marche des Libertés, samedi après-midi à Paris. Pourquoi est-il surpris ? L’UMP n’a jamais bougé le petit doigt pour l’égalité des droits homo-hétéro. Non pas que l’UMP soit un ramassis d’homophobes. Mais le camp présidentiel grouille de sales réac qui ne conçoivent la famille qu’hétéro, tout en tolérant la polygamie adultérine, et considèrent qu’être homo est une tare plutôt qu’un état.

Samedi donc, je me suis retrouvé au milieu de cette Gay Pride, quelque part près du parc du Luxembourg. J’avais oublié qu’elle se déroulait aujourd’hui. On était venu avec les Ptites Racailles retrouver des amis. Cette manif était joyeuse, gay- et hétéro-friendly. Cela fait du bien de manifester au milieu d’autant de joie de vivre. Les pancartes fustigeaient les réac religieux, célébraient l’égalité et la laïcité. On dansait sur des camions bourrés à la Techno-Pop. Mes deux enfants furent tout heureux de certains costumes.

Gayfriendly, donc UMPophobe.

Si j’avais attrapé du regard un logo UMP, je me serais senti mal. Qu’un quelconque membre du Parti de Christian Vanneste imagine que l’UMP avait un quelconque droit à manifester avec son étiquette ce jour-là eut été choquant. Qu’il vienne discrètement et il n’y avait aucun problème.

Rappelons aussi, comme le savaient tous les distributeurs de tracts anti-sida, que les fumeuses franchises médicales instaurées par Nicolas Sarkozy frappent aussi les malades du Sida.

Une femme peut diriger

Il est curieux de voir que nombre de pays parviennent à assumer d’être dirigés par une femme sans avoir à instruire un procès en incompétence. L’Australie vient de se doter d’une PremièrE ministrE. Une première, paraît-il. Elle y est arrivée, sans élection, après un « putsch » au sein du parti travailliste australien. Elle a demandé des élections anticipées pour valider, ou pas, sa nomination.

On pourrait également citer l’exemple, fâcheux, de Margareth Thatcher. En 1979, cette dame a débuté une quinzaine d’années de mandat, une régression sociale sans commune mesure au Royaume Uni. Le chanteur Renaud en est venu à douter de sa féminité.

En France, on se prépare à Eva Joly, Ségolène Royal, Martine Aubry. Quelque soit la candidature, les heureuses élues subiront les sarcasmes des mêmes qui s’indignent aujourd’hui qu’on doute de l’embauche « naturelle » de Florence Woerth auprès de Liliane Bettencourt.

A gauche, on aurait pu croire que les femmes avaient une place plus importante qu’hier. L’écologie s’incarne chaque jour un peu plus par Cécile Duflot et Eva Joly. Martine Aubry tient les rennes du PS, Ségolène Royal n’a jamais perdu son statut. Marie-George Buffet tenait le PC. Ces « promotions » restent des effets d’optique. Buffet a été remplacée par un certain M. Laurent. Aubry est encadré par une proportion d’éléphants hors normes. Restent les écolos, où la parité est statutaire.

Une femme peut diriger. Evidemment. Alors que les élections présidentielles et législatives approchent, on peut craindre que rien ne change d’ici là.

Nettoyage au Karchër

En écoutant jeudi matin que Nicolas Sarkozy s’était rendu en catimini en Seine-Saint-Denis, j’ai évidemment pensé à cette chanson, admirable, de Keny Arkana.