On September 11, I’m always American.


C’est une mauvaise tradition, un mauvais souvenir. Avant cette date, le 11 septembre évoquait pour moi l’assassinat de Salvador Allende, le président chilien renversé par le général Pinochet, un 11 septembre 1973.

Mais le 11 septembre 2001, j’étais à Manhattan. Onze ans plus tard, un obscur Pasteur américain a choisi ce jour anniversaire pour célébrer une journée de protestation/révolte/provocation contre l’Islam. Une belle bêtise, une sacrée saloperie.

Comme chaque année, la quatrième depuis l’ouverture de ce blog, je pense au 11 septembre 2001.

Je suis arrivé à JFK Airport lundi 10 septembre 2001 au soir; nous avions deux rendez vous le lendemain. L’un chez des américains souhaitant créer une joint-venture avec nous. L’autre avec le DG de la filiale new-yorkaise d’un grand groupe français. Un voyage de 48 heures. J’avais pris ma caméra JVC, sans recharge. Le voyage était court. Retour prévu le mercredi 12 au matin.

Petit hôtel dans le centre de Manhattan. Au réveil, je descend prendre un petit dej dans un « diner » voisin. Il est 7h30 environ. Nous sommes à 43ème rue et Broadway. J’avise un café internet (pas de blackberry, twiter, 3G à l’époque). Un écran géant retransmet NYOne, le télé locale. Interruption, image du WTC, un trou au beau milieu de l’une des tours. Je cours à l’hôtel prévenir mon boss: « y a le feu au WTC !« . J’appelle ma femme: « il y a un problème ici. Ne t’inquiète pas. Je n’irai pas aux tours.« Nous voyons dans le poste le second crash d’avion. Je n’ai pu joindre la France par téléphone avant 24 heures.

Nous nous rendons chez nos hôtes américains. Une autre tour proche de Time Square. L’oeil rivé sur un poste de Tv. des bruits sourds d’avions dans le ciel. Un oeil vers la fenêtre vers le Sud en fumée. Puis une Tour tombe, devant nous. On pleure. Une secrétaire appelle ses enfants au téléphone (« get home » »). La réunion s’achève. Puis la seconde Tour s’effondre aussi. Une panique « calme ». On descend tous.

Bloqué 6 jours à Manhattan, retour par Montreal. A Paris, la fête de l’Huma battait son plein. Bizarre. Depuis, des complotistes nous sollicitent régulièrement pour nous expliquer que la CIA et George Bush ont balancé des avions militaires sur les Tours, ou le Pentagone. Bien sûr. Ils me font penser à de plus sinistres révisionnistes.

Fuck off !

Crédit illustration: Patrick Mignard.

3 réflexions sur « On September 11, I’m always American. »

  1. Je me souviens de ce jour et de l’endroit exact où je me trouvais .
    J’ouvre la télévision pour suivre le journal télévisé et je vois une suite d’images irréelles . Je suis sous le choc avant de réaliser ce que le commentateur dit . Je ne peux joindre mon frère , les portables n’existaient pas . Je dois attendre le soir pour en parler et partager mon angoisse. Le monde n’a pas beaucoup changer depuis cette date imprimée dans la mémoire collective .

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