Chroniques des années 70


Un ouvrage étonnant pour celles et ceux qui ont vécu l’époque est récemment paru sur les années 70 : « Chroniques des années 70 » d’André Perlstein (photos) et Denis Jeambart (textes). On y voit des photos, incroyables, sur une période qui paraît comme celle d’un siècle depuis longtemps révolu. Des clopes dans un studio de radio, des figures syndicales comme Henri Krasucki (CGT) et Georges Séguy (CGT également), Roland Barthes et Georges Marchais, le dessinateur Reiser dans les bureaux d’Hara Kiri, Jean-François Kahn à l’Express, une Catherine Nay ultra-jeune et pas liftée interrogeant Georges Pompidou, André Malraux quelques semaines avant de quitter le gouvernement.

Cet ouvrage chronique partiellement une période avec quelques clichés très bien fait. On a l’impression qu’il s’agissait d’une autre France, un pays qui ne savait pas encore que les Trente Glorieuses se terminaient et que les Quarante Maudites débutaient.

 

Publicités

9 réflexions sur « Chroniques des années 70 »

  1. Moi j’ai toujours dit : jusqu’ à Mitterrand on se faisait chier en France – c’était tout simplement sinistre.

  2. marrant j’en parlais justement avec madame il y a quelques minutes
    pas du bouquin, mais des années 70
    si proches et à la fois si lointaines. elle me dit « tu sais les années 70 c’est plus du présent, c’est de l’histoire! »
    comment ça pourrait être de l’histoire? je suis né dans les années 70! moi aussi je suis de l’histoire?
    urk, méchant coup de vieux…

  3. Il y a 31 ans, le 23 mars 1979, un policier casseur entrait dans l’Histoire : il s’appelait Gérard Le Xuan. On peut dire qu’il nous a bien fait rigoler, celui-là !

    Rappelons-nous de ce policier casseur, en lisant les souvenirs de la CGT :

    La CGT lance alors l’idée d’une « marche » sur Paris, le 23 mars 1979. Elle reçoit l’appui du PCF, du PS et du PSU, des enseignants de la FEN et de la JOC.

    « La marche pour la vie », comme la nomme Henri Krasucki, alors secrétaire confédéral, est méthodiquement et rigoureusement préparée par la confédération qui finance pour l’occasion une radio « pirate», Radio Lorraine Cœur d’acier, radio qui connaîtra un grand succès (et une fin douloureuse).

    Cependant, au lendemain du 23 mars 1979, la plupart des médias ne retiennent que les violences et affrontements qui ont éclaté au centre de Paris. Et nombre de manifestants, contraints d’écourter le défilé et de remonter tant bien que mal dans leurs bus (certains découvrent pour la première fois la capitale), garderont un sentiment amer.

    « 54 boutiques cassées » titre France-Soir avec une « photo choc » – et le quotidien précise en outre que 121 vitrines ont été brisées et que les forces de l’ordre compte 116 blessés.

    Paris-Match choisit aussi en couverture une photo choc (deux voitures en proie aux flammes devant la gare de l’Est) et titre : « Casseurs. Nos photographes au cœur de la bataille de Paris».

    Le Parisien libéré qui barre sa une d’un énorme « Assez ! » franchit encore un palier et dresse ainsi le bilan de la Marche : « Blessés par centaines, pillages, vitrines brisées, barricades, voiture incendiés». «Après la manifestation pacifique des métallurgistes, ajoute le quotidien de droite, les autonomes déclenchent l’émeute au cœur de Paris».

    Le puissant et parfois redouté service d’ordre de la CGT (pas encore centralisé à l’époque mais bénéficiant pour l’occasion de 3900 militants de la banlieue et de Paris) s’empara même d’un curieux casseur, Gérard Le Xuan, qui portait sur lui son arme de service, son brassard et sa carte de police !

    http://www.peripherie.asso.fr/patrimoine_activites.asp?id=92&idDossier=2

  4. Les années 70 je les ai vécues intensément (20 ans en 68 , ça marque !) . Il y avait encore des chanteurs engagés , des vraies « gueules » rugeuses , des écolos de la première heure , mais il y avait surtout de l’espoir !
    Maintenant les jeunes parlent comme les vieux , les vieux comme les jeunes . Comme le temps érode le paysage , il érode aussi les idées . Tout devient lisse et plat , tout se ressemble . Les aliments d’ailleurs , ont tous le même gôut insipide .
    Mais je ne dis pas que c’était mieux avant , la preuve , Barbara et son « aigle noir » .Chanson à peine voilée sur son père , sur l’inceste . Ca existait déjà , depuis la nuit des temps , mais on osait à peine en parler , alors le chanter , il fallait avoir du courage !
    Mais à nouveau on ressent aujourd’hui comme un frémissement , et avec mes 62 ans (chômeur) , ça me ravigote . Pourvu que ça dure . Ne reste plus qu’à espérer un peu plus de chanteurs « engagés » , de politiques courageux qui ne vont pas dans le sens du vent de l’esclavage et je serai à nouveau optimiste .
    Mais malheureusement , il y aura comme je le pense et comme on le dit dans nos campagnes « beaucoup d’eau à passer sous le pont » !!

  5. La République des Lettres (citée par Wikipedia) sur le dénommé Jeambar :

    « Denis Jeambar a exprimé dans l’Express « l’opinion de la droite néo-conservatrice, sioniste et atlantiste, proche des idées incarnées par Nicolas Sarkozy. »

    J’ai vécu les années 70, j’aime l’écrit, deux raisons majeures pour ne pas souiller mes yeux et mes souvenirs.

  6. Janvier 70, le mois de mon permis et ma première bagnole, une dauphine avec laquelle je me prenait prenait pour le roi. Elle bouffait plus d’huile que d’essence, mais qu’importe on s edéplaçait. Ellen’aurait pas passé le premier contrôle à l’huer qu’il est. Il paraît que c’est mieux ainsi et que les voitures sont plus sûres (je n’en suis pas si sûr) et que grâce à ce flicage permanent, « môssieu » tout le monde est dans une bulle. Elle doit de chewingum la bubulle, parce que je trouve que çà colle plutôt grave. Il y avait ausi de l’hypocrisie et de la prise en main, mais ce n’était pas aussi « accepté ». Maintenant, on peut être une ignoble fripouille politique et se faire réélire, tandis que les affaires s’accumulent et que le petit populo guette son petit réservoir, beurk ! Tout fout l’camp. Quique, quoique (comme aurait Devos), je ne sais si c’est grâce au Net (çà se pourrait bien et on comprend la haine des accapreurs entous genres , comme Séguéla, pour ce vecteur de paroles et d’expression citoyenne), j’ai l’intime conviction que ce « truc » va quelque peu renverser la pyramide pour remettre les compteurs à jour. A moins que les confisquers en chefs réussissent à trouver une vieille crapulerie pour pouvoir se justifier de le fliquer, quitte à la créer, Il est fort possible que ce peuple 5un moment endormi par la neuneuserie généralisée des télés et autres médias aux ordres) se ressaisisse et change durablement la donne. Les trente glorieuses pourraient bien retrouver un prolongement en trente nouvelles magnifiques 2010/2040, chiche ! ARAMIS

Les commentaires sont fermés.