Contre le régime présidentiel français


Laurent Pinsolle, un confrère blogueur, a publié un récent billet louant les avantages du système présidentiel français par comparaison avec le régime américain jugé faible. Je résume :

1. Le système français permet à un président impopulaire de conduire ses réformes.

2. Le régime français, qui privilégie un pouvoir central fort, qui « est sans doute celui qui facilite le plus possible de véritables alternances démocratiques. »

3. Le président est un « catalyseur démocratique », « un moyen de clarifier le débat public en personnifiant une vision et des idées que les systèmes parlementaires peuvent brouiller. »

Laurent Pinsolle est assurément gaulliste. Nous nous retrouvons souvent pour dénoncer l’incurie sarkozyenne actuelle. Mais sur ce sujet là, je ne suis pas d’accord. Le système américain m’importe peu. Quoique. Là-bas, Sarkozy aurait sans doute déjà été démissionné. Mais qu’importe, l’important est ailleurs. Primo, le système français est devenu irresponsable. Pénalement ET politiquement. Secundo, il ne faut pas confondre le présidentialisme (ie incarner une majorité à un instant T dans une seule personne évidemment faillible) et les modalités de scrutin. Le système américain privilégie la logique bipolaire, laissant aux deux partis le soin de régler le sort de leurs « minorités » de gauche ou de droite. Le système français ne laisse aucune place non plus à la variété des opinions. Il perpétue des baronnies, la place d’une caste consanguine à la tête de l’Etat, et ne comprend la réforme démocratique qu’à travers le mouvement social.

Tertio, la personnalisation du pouvoir n’est pas un catalyseur démocratique. C’est une lubie héritée de la monarchie. Aucun homme, aucune femme ne mérite d’être l’incarnation d’un pays.

15 réflexions sur « Contre le régime présidentiel français »

  1. Ce qu’a oublié Pinsolle c’est que jamais un président de la République ne s’est permis de rabaisser le Parlement comme l’a fait Sarkozy. Et ça même de Gaulle, n’a pas osé le faire!
    Quand au catalyseur démocratique, ce qu’à provoqué la présidentialisation « à la Sarkozy », c’est que de plus en plus de français lisent leurs droit et la Constitution française et se rendent compte des abus dont elle est l’objet depuis 2007 et même avant! Alors certes il y a catalyse, mais elle ne se fait pas vis à vis de la présidentialisation, bien au contraire!
    Merci pour ce billet!

    1. Arrêtez avec vos idioties perpétuelles… Sarkozy qui rabaisse le Parlement …. ???? J’attends un exemple !! C’est le seul Président qui a eu le courage de nommer un Président de Comission des Finances d’un parti différent du sien. C’est le seul Président a avoir mené une réforme de la saisine du Conseil Constitutionnel afin de rapprocher les Français des parlementaires pour éviter les abus de l’éxécutif. C’est le seul Pésident qui a renforcé les pouvoirs du Parlement.. Et ça De Gaulle ne l’aurait jamais fait !! Alors avant de déblatérér des inepties grandissantes, informez vous !

  2. Il va sans dire que je suis d’accord avec toi.

    Mais si je peux me permettre, en lisant le billet de Laurent Pinsolle, je me demande si les gens savent exactement en quoi consiste un régime présidentiel (par comparaison avec le régime parlementaire) sur le plan théorique, et en quoi les pratiques constitutionnelles sous la Vème république ont pu instaurer une lecture présidentielle de notre constitution, initialement destinée à mettre en place un bon vieux régime parlementaire, dont la personnalisation du pouvoir fut sans aucun doute la plus vilaine dérive.

    Sarkozy n’est pas le premier à avoir tiré la couverture à lui, en effet. De Gaulle le faisait sans vergogne.

    Mais si l’on part de la lettre du texte, on ne peut pas dire que la constitution de 1958 ait instauré un régime présidentiel. C’est plutôt De Gaulle qui en a fait une lecture présidentialiste. Et c’est bien la réforme de 1962 a instauré pour de bon un régime semi-présidentialiste, conférant cette « légitimité forte » au président de la République, par son mode d’élection.

    Car à la base, nous sommes bel et bien dans un régime parlementaire. Et la différence entre le régime parlementaire et présidentiel n’est pas tant l’incarnation du pouvoir dans un seul homme que le degré de séparation entre l’exécutif et le législatif. Régime parlementaire = séparation souple (initiative législative au gouvernement, contreseing de certains actes du chef de l’Etat, pouvoir de dissolution pour apaiser les tensions…), régime présidentiel = séparation stricte.

    Au départ, le président avait un rôle d’arbitre, garant de la séparation des pouvoirs etc. Alors certes, les pouvoirs propres de l’article 19 lui confèrent une légitimité forte. Mais l’exécutif est supposé être dyarchique. Il n’est pas tout seul, le président… C’est bien la pratique constitutionnelle qui a mis en lumière le fait que le président a refusé de se cantonner au rôle que lui attribuait la constitution, jusqu’à le voir devenir le véritable chef de l’exécutif. Et pour cela, il a fallu un premier ministre qui le laisse faire, et qui lui donne plus ou moins les clés exclusives des pouvoirs partagés (donc ceux qui normalement nécessitent un contreseing du premier ministre ou des ministres concernés).

    C’est là qu’on entre dans la pratique présidentialiste. Instaurée par De Gaulle lui-même. Mais ce n’est qu’une pratique : notre régime n’est pas supposé fonctionner comme ça, théoriquement. Or, la pratique constitutionnelle n’a aucun pouvoir normatif. Je te rejoins donc tout à fait sur la notion de dérive monarchique.

    A noter qu’en période de cohabitation, toute lecture présidentielle de notre constitution somme toute parlementaire se voit interrompue (sauf en matière de politique extérieure). Et là, ce n’est pas aux Etats-Unis que l’on peut comparer l’exécutif (donc le premier ministre, puisque le président est repoussé dans son rôle d’arbitre), mais à l’Angleterre : le rôle du premier ministre se rapproche du premier ministre anglais. Et là, on retourne totalement dans le régime parlementaire moniste…

    Je suggère donc une bonne cohabitation et un premier ministre teigneux.

    Désolée pour ce long commentaire 😦

  3. Malheureusement, Sarkozy nous fait tous passer pour des merdes incultes, égocentriques, qui pètent plus haut qu’un trou de balle de 550000 kilomètres au carré seulement, au yeux du monde entier. Merci la honte et le malaise profond. Ou est partie ma fierté d’être français ?

    1. Ta fierté d’être français est partie quand un flot de manifestants a cru bon voulor mettre a sac un pays qui savait la réforme des retraites juste et nécessaire. Et si il y a bin un Président qui évite de faire sentir la supriorité de sa place, c’est bien Sarkozy…

  4. Le 2ème amendement de la constitution américaine autorise le port d’arme . Reste de mauvaise conscience des envahisseurs ou peur des représailles de la part des peuples en grande partie décimés ? En tous les cas ,c’est un des pays où on meurt le plus par armes à feu !
    Juste pour celà je préfère donc la constitution à la Française.
    Mais il est vrai qu’elle est très ambigue et qu’elle accorde au président des pouvoirs « souverains » . En France tout le monde est subjugué par l’élection présidentielle comme autrefois on acclamait l’avènement d’un nouveau roi !
    Sous Sarkozy 1er le parlement n’est plus qu’une chambre d’enregistrement , les décisions se font ailleurs , dans les couloirs secrets de l’Elysée .
    Le Roi est tout puissant , en apparence , car il est sous influence continue des lobbies et des « amis » puissants .
    Il faut rajouter à notre constitution tout un paragraphe sur les conflits d’intérêts .Il est remarquable en effet que tous ou presque nos dirigeants soient dans le business ou avocats d’affaires et ont donc à ce titre beaucoup d’intérêts ( de riches) à défendre !
    Sarkozy est tout sauf un catalyseur , encore moins démocratique , car un catalyseur aide à fusionner , à faire en sorte que le produit fini ait de meilleures qualités que les deux produits séparés . Il passe son temps à fustiger , à stigmatiser , à nous sortir ses vérités toutes faites , il nous prend pour des enfants ou pire des débiles mentaux . Mais le pire c’est qu’il ne s’en rend même pas compte car Il est autiste ( pardon pour les autistes ) , narcissique , belliqueux , sûr de lui , borné , buté , cynique . En un mot , si la constitution était bien faite il y a longtemps qu’on l’aurait viré pour incompétence , cruauté , mensonges répétés , népotisme , xénophobie …………et j’en passe .
    Il y a donc beaucoup de choses à revoir dans notre soi-disant démocratie à la Napoléon !

  5. Bravo Juan, je vous rejoins 5/5, et notamment le « tertio »: aucun homme, aucune femme ne mérite d’être l’incarnation d’un pays.
    En ce moment d’ailleurs, avec ce tout petit président, le résultat en est désastreux à l’étranger et l’image de la France se dégrade rapidement.
    « I have a dream »… Une équipe neutre (i.e. ne représentant aucun parti en particulier) au pouvoir, peut-être un gouvernement d’union nationale, composée d’hommes et de femmes élus pour leurs compétences, leur expérience, leur projet pour la France, désireux de servir leur pays. Utopie?
    A ce jour certes, mais l’utopie aujourd’hui ne peut-elle devenir réalité demain? Il y a un tel ras le bol général des politiques qu’il va bien falloir un jour ou l’autre nettoyer les écuries d’Augias et proposer toute autre chose

    1. J’aierais bien savoir où l’image du pays s’est trouvé dégradé depuis 2007…
      Ah oui, s

    2. J’aimerais bien savoir où l’image du pays s’est trouvé dégradée depuis 2007…
      Ah oui, sans doute pendant les 15 jours de blocage insupportabe subis par des fonctionnaires bornés …

  6. Il faudrait virer la constitution de 58 qui est d’un autre temps, faite sur mesure pour de Gaulle. Montebourg semble avoir trouvé une amélioration qui pourrait être faite par une VIe République et sa nouvelle constition responsabilisant le cercle du pouvoir. Quitte à copier les USA, je préférerais la logique fédérale Suisse et son recours régulier au référendum d’initiative populaire, d’autant que les comités citoyens avancés par Ségolène Royal (dans la mesure où se n’est pas un simle gadget électoral), puevent tout à fait renforcer les contre pouvoirs en se rapprochant de la base populaire. ARAMIS

  7. Le vrais problème n’est pas tant la constitution que la professionnalisation des politiques.Les parlementaires de la majorité abandonnent tout pouvoir devant leur chef de parti de peur de ne plus pouvoir en croquer
    Mettons en place un vrais non cumul et ils pourrons retrouver le pouvoir important que leur donne la constitution

Les commentaires sont fermés.