En 2060, j’aurai cent ans

Yann Savidan l’a posté sur son Daily, il la tenait d’un tweet de « Princesse101 » à la gloire des centenaires de 2060. Cette chanson de Renaud m’avait marqué à sa sortie. Comme une ligne de conduite : passer aux travers des aléas de la vie, se projeter tout de suite très tard. En 2060, justement, j’aurais cent ans. Pas sûr que la perspective m’enchante. J’espère, comme d’autres, qu’on m’aura débranché avant.

Il paraît que les Français sont désormais très favorables à l’euthanasie.

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Obamaniaques contre Obamaphobes

Barack Obama a donc perdu la majorité à la Chambre des Représentants, lors des Mid-Terms. Le poste de sénateur de l’Illinois, précédemment occupé par Obama avant son élection en 2008, a même été conquis par un républicain. Le spectacle, car il s’agit d’un spectacle plus que d’une réalité, donné par les Américains lors de ces élections est troublant.

1. Obama vend mal ses réformes. En 1993, Bill Clinton à peine élu a échoué à faire passer sa réforme du système de santé. Obama y est parvenu, non sans accepter des compromis. Mais il n’est pas parvenu à capitaliser sur cette victoire. Finalement, on reproche à Obama ne pas se prêter suffisamment au show médiatique ambiant : pas assez drôle, pas assez chaleureux, pas assez passionné. L’homme fait son job, avec ses contraintes, mais pêche dans le service après-vente.

2. Le Tea Party, cette nouvelle extrême droite surgi voici un an dans le paysage politique américain, est surtout une belle épine dans le pied du Parti Républicain. Le Tea Party a gagné très peu de siège, et ce basculement vers la droite n’arrangera pas le PR lors des prochaines présidentielles. Déjà, on attribue au Tea Party l’échec républicain à conquérir le Sénat, qui reste démocrate. Christine O’Donnel, cette désespérante Housewive du Tea Party qui a créé la surprise en remportant les primaires républicaines dans le Delaware a … perdu. On applaudit.

3. Le déplafonnement des dépenses électorales, en vigueur pour la première fois lors de ces élections, est désastreux : 4 milliards de dollars auraient été dépensés pour ce scrutin. L’énormité de la somme donne le tournis. La « démocratie » américaine est malade du fric.

4. La violence des attaques contre Obama n’a d’égale que la dureté du contexte : 8 années de Bushisme, une crise mondiale, qui dit mieux ? On partait de très bas, très très bas… Quel miracle fallait-il attendre en à peine 18 mois de présidence ?

Le Siècle et le vrai complot

Un court billet hier sur le Siècle, et me voici troublé. Certain(es) ont cru voir une relative indulgence envers ce cercle mi-centenaire d’influence politico-économique. Loin de moi cette idée. Je souhaitais souligner qu’il faut correctement crier au loup. J’ai été agacé par la diatribe de Michel Fizbin, sans doute l’organisateur d’un rassemblement protestataire mercredi dernier devant l’hôtel Crillon lors d’un dîner mensuel du Siècle. l’homme, que j’estime beaucoup par ailleurs, mélangeait toutes sortes d’arguments : le dîner n’est pas public, on y trouve de tout, etc etc.

La collusion des élites, auxquelles j’appartiens sans doute socialement, est un fait désagréable et historique. A dire vrai, il faut répéter et répéter et répéter qu’un journaliste doit tenir sa distance avec sa matière. Dans le privé, on appelle cela ne pas recevoir de cadeau des fournisseurs quand on est acheteur. Certaines boîtes, inquiètes d’un trafic d’influence, en ont fait des règles de gouvernance qui s’apprennent, parfois, en école de commerce.

Le Siècle, en soi, n’est pas un souci, simplement un symptôme. La trace d’un problème de renouvellement de la classe dirigeante et de celle qui la commente.

Qu’ils s’en aillent tous ?

Sans doute, et certainement.

Le Siècle et les complotistes

Mercredi dernier, le traditionnel dîner du Siècle se tenait, comme chaque dernier mercredi du mois. Des caméras traînaient, une petite troupe de manifestants aussi, beaucoup de CRS également. le Siècle, tout le monde connaît. Un cercle d’influents de tous bords mais d’un seul milieu. Dans le reportage publié par Bakchich, Michel Fizbin s’affichait comme porte-parole (et sans doute organisateur) de la manifestation. Ses arguments ont quelque chose d’assez agaçant, tendance « rumeur du complot mondial ».

1. S’imaginer que les lois de la République se font et se défont dans cette instance me paraît assez ridicule. Le Siècle est un machin mondain. On y cause. C’est tout.

2. Que des hommes et femmes de gauche (modérée) et de droite s’y croisent, dînent et discutent ensemble n’a rien de choquant. A titre personnel, la plupart de mes proches et amis, jusqu’à mes témoins de mariage, étaient ou sont encore sarkozystes. Et alors ? On n’a pas le droit de bouffer ensemble ? Pire, le Siècle a été créé pour cela. Ses membres sont censés représentés des courants politiques. Olivier Besancenot devrait y membre de plein droit !

3. Fizbin, dans cette video, critique le fait que les dîners du Siècle se déroulent à huit-clos. Sans blague ? Vous en connaissez beaucoup des banquets ouverts au public dans un palace ?

La belle et vraie critique est ailleurs. Fizbin en parle fort heureusement. Le Siècle mélange les genres : élus, hommes d’affaires, et journalistes s’y retrouvent. Or un bon journaliste doit être étanche avec sa matière.

Membres du Siècle :

Emmanuel Chain, producteur et journaliste
Nathalie Kosciusko-Morizet : Secrétaire d’Etat au développement de l’Economie numérique
Arlette Chabot (journaliste, ex-directrice de la rédaction de France 2)
Rachida Dati (maire du VIIe arrondissement de Paris, députée européenne, UMP)
Guillaume Pépy (PDG de la SNCF)
Marc Tessier (PDG de Netgem)
Maurice Lévy (Publicis),
Alain de Pouzilhac (France24),
David Pujadas (France 2),
Édouard de Rothschild
Jean-François Copé
Laurent Joffrin (Libération)
Patrick Poivre d’Arvor
Louis Gallois (PDG d’EADS)
Nicolas Seydoux (Gaumont)
Pascal Clément (avocat, ancien Garde des Sceaux)
Sylvie-Pierre Brossolette (rédactrice en chef au magazine Le Point)
Marc Tessier (ex président de France Télévisions )
Alexandre Bompard (président d’Europe 1)
Michel Field (journaliste télé et radio, TF1, LCI)
Patrick de Carolis (ex PDG de France Télévisions)
Françoise de Panafieu (UMP, ex maire du XVIIe arrondissement de Paris)
Alain-Gérard Slama (journaliste, Figaro, RTL)
Olivier Duhamel (chroniqueur et animateur, Europe 1)
Benoît Genuini (ex médiateur de Pôle emploi)

Gérald Dahan viré de France Inter : ouf !

L’humoriste Gérald Dahan a été « remercié » la semaine dernière par Philippe Val, le patron de France Inter. Il n’officiera plus le matin, juste avant 9 heures. Il crie à la sanction politique. A vrai dire, il n’est surtout pas drôle.

Quand Stéphane Guillon ou Didier Porte (François Morel le vendredi) lâchaient leurs chroniques matinales sur les ondes de la station, un peu avant 8h, nous étions nombreux à jubiler. Et chaque fois qu’un homme politique s’agaçait publiquement, on jubilait encore un peu plus. La direction de France Inter, l’été dernier, a décidé que cet humour, carrément politique et drôlement efficace, n’avait plus sa place dans une tranche d’actualité… Au lieu de quoi, elle tente depuis septembre de nous satisfaire avec des chroniques planquées un peu plus tard.

Gérald Dahan était la version « service public » de Laurent Gerra. Autrement dit, pas grand chose. Il part, et ce n’est pas grave. Regardez la chronique dont l’humoriste pense qu’elle lui fut fatale. Dahan est assis à côté de Michèle Alliot-Marie. La ministre ne semble pas choquée, tout juste consternée.

Comme nous.