Pornic, éviter la surenchère.


Difficile de ne pas être ému par la disparition de Laëtitia Perrais, à Pornic. Difficile aussi d’approuver les appels à la vengeance, à la peine de mort. Je serai ce père de sa famille d’accueil que je dirai sans doute la même chose. Toujours facile de théoriser quand la douleur est là. Ce drame, comme d’autres, focalise l’attention et l’émotion. En relisant les statistiques de l’insécurité en Sarkofrance, on pourra noter que les homicides (la mort de Laetitia n’est pas à cette heure confirmée) restent marginaux (un millier par an environ). Mais chacun de ces drames nous est raconté avec tellement de détails qu’on a l’impression d’être dans un mauvais film d’horreur.

Prudence préélectorale oblige, le Président des Riches aurait dû faire preuve d’une relative retenue sur ce fait divers. Mais on a vite compris que Nicolas Sarkozy ne savait pas, sur ces sujets là, se maîtriser. On a donc lu qu’il avait demandé une nouvelle loi contre récidive. L’instabilité législative de Nicolas Sarkozy en matière sécuritaire n’est plus à prouver.

Même à l’UMP, les députés sont restés prudents. Ils n’ont pas suivi, pour le moment, la demande présidentielle d’une nouvelle loi. L’inévitable Christian Estrosi a rapidement aboyé. Mais le vice-président du groupe des députés UMP Jean Leonetti, a rétorqué que « l’indignation est unanime, mais nous ne devons pas avoir une réaction législative immédiate. » Il préfère « une position plus globale et plus apaisée que le fait d’essayer de réagir et de trouver un coupable même s’il y a eu une défaillance dans le système. » Même Christian Jacob (UMP également) a plaidé la retenue et refusé toute « loi d’opportunité« .

A gauche, on est souvent mal à l’aise avec ces faits divers. L’indignation est évidemment partagée, mais on rechigne à appeler à la vengeance. On pourrait cependant pointer d’un doigt qu’une justice pour être efficace a besoin de moyens. C’est basique, mais, pour l’instant, c’est vrai. Sarkozy, ce mardi, a joué aux pompiers pyromanes.

J’en ai eu la nausée.

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12 réflexions sur « Pornic, éviter la surenchère. »

  1. Alors restons dans le factuel…
    5 lois UMP en 6 ans sur la récidive: et encore de tragiques faits divers!
    Car ce qui choque le plus, c’est que dans de telles horreurs, on retrouve à chaque fois un récidiviste.
    Comprendre: on aurait pu l’éviter, si le système (judico-policio-médical) était bien fait.
    Rachida devait s’en occuper. MAM aussi.
    3 ans après… rien n’a changé.

    Et ça, ça donne la nausée.

  2. Qui ne peut pas être indigné par la disparition d’un(e) enfant dans ces conditions ?
    Sarkozy est toujours le même , il prive les services publics ( ici la justice) de moyens et les accuse ensuite d’être innefficaces ! Il exploite ensuite chaque fait divers en exigeant de la vitesse et des résultats et en profitant pour promettre une nouvelle loi qui sera comme les autres , inapplicable !

    Triste sire qui , ici , à Saint-Nazaire , ne fait plus illusion depuis bien longtemps . On ne l’écoute même plus , il parle dans le vide ..surtout de lui d’ailleurs . D’ailleurs il suffisait de se rendre compte du malaise dans l’assemblée ! Ici , Sarkozy est en milieu hostile . On a envie de lui dire comme les tunisiens et les égyptiens maintenant ..DEGAGE !!!

  3. Une loi pourquoi faire, si une loi arrêtait les criminels cela se saurait depuis longtemps ?
    Au fait, il y a un coupable qui a reconnu les faits ?
    Excusez-moi, j ‘ai dû rater un épisode ?
    Pour Pornic, sarkosi parlait à son électorat car le maire est UMP et plus UMP que moi, « tu meurs » !

    1. En droit français, il n’y a pas besoin qu’un « coupable reconnaisse les faits », il y a une présomption d’innocence des mis en cause, jusqu’à ce que des indices, témoignages et preuves matérielles permettent d’établir une culpabilité.
      Et là, manifestement, tout y est. La seule loi qui arrêtait les criminels a été supprimée en 1981, quand on a décidé qu’il valait mieux laisser mourir des innocents de la main de criminels. Mais le droit à débattre sur la peine de mort a été confisqué par les bobos bien-pensants, qui refusent même d’accepter qu’un humble père de famille puisse avoir plus de logique, de sens civique et de pragmatisme qu’eux. Forcément, son jugement est obscurci par la douleur et puis il n’a pas fait les bonnes études, donc on ne tiendra pas compte de sa demande… ni de celle de millions de Français qui constatent pourtant l’incapacité de la justice et de la psychiatrie à les protéger de monstres qui n’ont d’humain que le génome.
      Ce n’est pas Sarkozy qui est à condamner, ce sont les élites intellectuelles auto-proclamées et leur pensée unique qui imposent depuis 30 ans une bien-pensance bêlante ! Combien d’autres Laëtitia faudra-t-il pour que les citoyens puissent se faire entendre ?

  4. ce n’est pas une nouvelle loi dont on a besoin mais d’argent et de postes pour soigner les détenus et les préparer à la sortie s’ils en sont capables ou à l’hôpital psychiatriques si leur cas est désespéré.
    Ce qui est certain, c’est qu’on ne devrait plus avoir de nouveaux meurtres commis par un individu connu comme dangereux et remis en liberté. Ca, ça ne va pas du tout et ça fait le jeu de la droite, avec de faux arguments.

  5. « …Sarkozy, ce mardi, a joué au pompier pyromane,  » C’est le role qu’il se donne , le sauveur, le zorro, le  » c’est moi, que j’vai régler la question  » ! en pondant des lois d’opportunité, des doublons, des placebos, autrement dit : des cataplasmes une une jambe de bois ! Toujours prêt à dégainer plus vite que son ombre, notre Dalton n’en reste pas moins inéfficace, mais que ne ferait on pas pour plaire, et reconquérir 53 % des français en âge de voter, en 2012 !!

  6. « C’était à lui », comprenez : ce « sacrifice » d’innocente devait obligatoirement servir son éternelle incantation sur la « récidive », malgré l’arsenal législatif sarkozien visant à mâter encore un peu plus ces classes potentiellement dangeureuses, cette « racaille » informe. Son fils a un problème de la circulation ? On mobilise tous les moyens possibles pour finalement occire le plaignant qui avait surtout le tors d’avoir un nom à consonnance arabe et dont le père aurait risqué quelques problèmes admnistratifs, si le fils avait fait appel. Puis vint le cas du fils Fillon qui avait poursuivi une femme en moto, avec ses copains éméchés en 4X4. La pauvre était terrorisée et finit son parcours dans le fossé sans que le fils de ministre ne s’arrête. Son numéri ayanté été relev, le délinquant fut convoqué dans le bureau du proc’ pour un simple rappel à la loi, alors que le simpe péquin aurait au moins écopé de tentative d’homicide, de non assistance à personne en danger et de délit de fuite… Combien de fils de notables se rétrouvent inculpés de faits criminels ? C’est comme en Amérique : les condamnés à mort sont noirs, hispaniques et pauvres, mais pas un fils de notable ne hante les couloirs de la mort. Bien sûr, la folie de ce jeune supposé assassin n’est pas excusable, mais la réponse père fouettard (visant tacitement le peuple) est-elle appropriée ? Ou ne s’agit-il pas de sauter sur l’occasion de faire du papy Voize (la France a peur) comme en 2002, puis en 2007, car à part jouer le shérif aux colts fumants par le sécuritaire, sarko est pire que bon à rien, il est mauvais à tout… ARAMIS

  7. Bof là comme ailleurs c’est une dégueulasse instrumentalisation du fémicide permanent qu’on laisse se perpétrer depuis des siècles (qu’on romantise même), que dis-je qu’on encourage à se perpétrer en laissant volontairment en liberté les violeurs/tueurs pour qu’ils violent et tuent des…petites filles. C’est d’autant plus une tartufferie sarkozyenne immonde que ce gynécide millénaire est politique et admis.
    Et Sarko n’a AUCUNE intention d’empêcher cela plus que ces prédecesseurs n’ont jamais eu cette intention puisqu’il faut que les filles tremblent, se cachent et s’écrasent sans quoi adieu le patriarcat !
    Laetitia est la victime de ce discret holocauste de femmes qu’on nomme pudiquement « fait divers ».
    Il y a des siècles que l’on dit ce que dit annbourgogne répète encore une fois ici. Mais la vie d’une fille qu’est-ce donc ? N’oublions pas qu’encore aujourd’hui naître fille est une fois sur deux et plus, très mal venu. Alors désolée Juan, ce n’est pas un « homicide ». Ce serait un « homicide » si autant de petits garcons se faisaient massacrés de cette facon. Si c’était le cas, il y aurait peut-être des mesures prises. Mais les filles ne sont pas autorisées à se sentir en sécurité sur la voie publique. Il s’agit donc d’un fémicide.
    En Allemagne, on essaie de faire reconnaître le phénomène par les pouvoirs publiques depuis que Merkel est au pouvoir mais ce n’est pas gagné depuis que le très patriarcal FDP se mêle de gouverner avec elle.

  8. Oui, ça donne la nausée, et de plus en plus. Jusqu’où?
    Il y a encore trop de gens (par exemple sur la page d’accueil d’Orange, souvent racoleuse) pour réclamer le retour de la peine de mort et s’en prendre à la Justice. Toujours ceux qui regardent le doigt pointé du sage, qui lui pointe la lune.
    Pointer les effets tragiques ne remet pas en cause l’incompétence notoire et l’activisme de celui qui surfe sur ces drames, tardivement (tiens, comme pour la Tunisie…) et à contre temps.
    Un point intéressant est le recul et la réserve de ceux qui normalement le suivent sans broncher, sur un tel sujet

  9. Que dire… même Bauer, qui n’est pas précisément un homme de gauche, fait cette analyse:
    « Après des années de progrès, de remise en question des vieux critères machistes qui semblaient inscrits dans notre patrimoine culturel (…), nous sommes dans la première année de forte inversion d’un processus qui montre que les femmes sont en voie de « chosisation » ». Et d’ajouter, sur RMC : « La publicité, la pornographie (…) amènent aujourd’hui à se servir des femmes comme de punching balls ». dit-il, ici:
    http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/886-hortefeux-occulte-les-violences-faites-aux-femmes
    Il y a des lustres que les féministes se battent contre la réification des femmes, contre les publicités sexistes et l’image de femmes dénudées utilisée pour vendre tout et n’importe quoi, des bagnoles ou du fromage… en vain.
    Quand on voit ce qui attend implicitement Chantal si elle oublie le Cantal, et que cette pub est vue comme si c’était la chose la plus naturelle qui soit dans des millions de foyers, comment s’étonner…

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