Moi aussi, candidat aux primaires

C’est l’ami Jegoun qui m’a donné l’idée. Après tout, pourquoi pas ? Ségolène, DSK, Martine, Mosco (si DSK n’y va pas), Gérard Collomb (pareil), Manuel Valls, Arnaud Montebourg, François Hollande, … qui manque à l’appel ?

Honnêtement, la profusion de pré-candidats socialistes prêt à sourire mais n’est pas si grave. La coupe étant pleine, si l’on pouvait, avant de dépasser les frontières du ridicule, régler cette affaire assez rapidement, ce serait pas mal. Pour le moment, les pré-candidats ne s’écharpent pas trop. C’est déjà pas mal. Mais, sans surprise, on s’amuse à commenter le jeu plutôt que le fond.

Jean-Luc Mélenchon s’est trouvé une chouette posture médiatique d' »anti-média », et l’on guette désormais chacun de ses bons mots vachards contre les journalistes.

Chez les écolos, certains ne s’inquiètent pas trop de l’effet politiquement désastreux d’une candidature Hulot (il serait Besancenot-compatible ???). Je n’ai pas besoin de Nicolas Hulot pour convaincre mes enfants que l’écologie est indispensable. J’ai besoin d’un candidat de gauche pour convaincre qu’elle ne peut être que sociale.

La campagne 2012, finalement, est déjà fatiguante. Seul comptera la défaite du Monarque élyséen. Mais après ?

Après, on pleurera.

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Ce n’est pas à henri Guaino de parler au nom de la France

Le conseiller cumulard (*) de l’Elysée Henri Guaino s’est autorisé une tribune dans le Monde daté du 27 février pour critiquer la critique d’une trentaine de diplomates anonymes, la semaine dernière.

Il y dénonce le « tract syndical« , (« tellement vous vous êtes situés dans le registre de la revendication corporatiste« ), il y parle de « dimension morale« , un quasi-sacrilège pour celui qui est le suppôt d’un Monarque qui célébra, au nom du real-pragmatisme le plus mercantile et le plus inefficace, Hu Jintao, Kadhafi, Ben Ali, et Kagame. Il se permet des leçons (« une force de transgression qui fait des paris raisonnés sur l’avenir et dont on jugera la pertinence à l’aune des conséquences.« ), lui qui ne connaît rien, n’a jamais été élu, s’exprime pourtant souvent comme un Mazarin de pacotille : « Vous voudriez faire concevoir la politique étrangère par les diplomates. C’est une tentation à laquelle il ne faut pas céder. Le diplomate est là pour éclairer la décision et pour la mettre en oeuvre, non pour la prendre. »

Henri Guaino n’a aucune autre légitimité pour s’exprimer publiquement que le fait du Prince. L’homme se permet d’expliquer la logique de l’action diplomatique sarkozyenne depuis 2007 : « la France s’est donné pour but depuis trois ans et demi de remettre en Europe et dans toutes les enceintes internationales de la volonté et de la responsabilité politiques, en lieu et place de la bureaucratie qui, peu à peu, avait tout envahi et tout paralysé. » L’Europe n’est-elle plus paralysée ? On en doute. Sarkozy a affaibli la parole européenne comme jamais, préférant les oukazes personnels, les déclarations bilatérales (cf. l’alliance militaro-nucléaire franco-britannique adoptée cette semaine en conseil des ministres).

Sans rire, Guaino, le responsable du controversé discours de Dakar sur l’Homme africain en retard dans l’histoire, proclame que la Sarkofrance, sarko-rance, « est l’avocat des pauvres et de l’Afrique. » Il faut se pincer pour y croire. En France, le ministère de la Justice excelle à bloquer les instructions contre les biens mal acquis de quelques potentats africains… La France de Guaino, une France raillée à lire les câbles Wikileaks, une France critiquée comme jamais pendant la polémique Rom de l’été dernier, une France qui n’ose plus envoyer sa ministre des affaires étrangères en Tunisie libérée, « n’a jamais été aussi entendue et l’on n’a peut-être jamais autant attendu d’elle dans le monde depuis au moins deux décennies« .

Mais où vit Henri Guaino ? Il est de tous les pince-fesses diplomatiques, reste coincé dans son bureau élyséen, écrit des discours pour les allocutions pré-mâchées de son patron.

Qu’il se contente de cela. C’est déjà bien.

(*) Conseiller à l’Elysée, et toujours conseiller maître de la Cour des comptes, rémunéré pour un total de 290.000 euros annuels.

Contre le viol collectif

Qui ne serait contre ?

Une pétition circule, à l’initiative d’AVAAZ. Elle est  très simple.

« Le « viol correctif », une pratique cruelle consistant à violer des lesbiennes pour les « guérir » de leur homosexualité, atteint un niveau critique en Afrique du Sud.

Millicent Gaika, dont apparaît ici la photo, a été ligotée, étranglée, torturée et violée plusieurs fois de suite lors d’une agression l’an dernier. Mais des militantes courageuses sont en train de risquer leur vie pour faire en sorte que le cas de Millicent fasse changer les choses. Leur appel au Ministre de la Justice a dépassé les 140 000 signatures, ce qui l’a contraint à réagir à la télévision nationale.

Si nous sommes suffisamment nombreux à donner de l’ampleur à cette campagne, nous pourrons aider à la mise en place d’actions urgentes pour mettre fin au « viol correctif ». Appelons le Président Zuma et le Ministre de la Justice à condamner publiquement le « viol correctif », à qualifier pénalement les crimes de haine, et à conduire un changement radical vis-à-vis du viol et de l’homophobie. Signez la pétition dès maintenant et faites suivre l’appel à tous. »

Pourquoi Julian Assange ne doit pas être extradé

Le patron de l’Express, l’incroyable Christophe Barbier, explique dans l’un de ses éditos-video dont il a le secret que Julian Assange, le chef controversé de Wikileaks, mérite son extradition du Royaume Uni vers la Suède, où il est poursuivi pour « relations sexuelles non protégées ».

« Le fondateur de WikiLeaks n’est pas la victime d’un complot mondial. Avec la Suède et l’Angleterre, nous sommes entre démocraties matures et confirmées. » explique-t-il.

Ben voyons.

Julian Assange, via Wikileaks, a déstabilisé la diplomatie occidentale. On peut critiquer sa croisade contre les rares démocraties du monde (quoique… ne sommes nous censés rester fidèles à nos valeurs ?), mais la coïncidence de la plainte contre Julian Assange avec ses propres révélations en cascade ne laisse pas de surprendre.

La naïveté de Christophe Barbier, alors que que chaque jour qui passe révèle combien les démocraties occidentales ont été capables de se compromettre avec les pires dictateurs du monde, est impressionnante…

L’affiche du MJS sur Sarkozy

Qu’il était énervé, Jean-François Copé, quand il a vu cette affiche des jeunes socialistes !

«Les dirigeants du PS n’ont-ils rien d’autre à nous opposer et à proposer aux Français que des insultes nauséabondes et indignes?» a-t-il expliqué jeudi 24 février, dénonçant cette affiche qui consiste à «détourner honteusement une photo dans l’unique but d’assimiler Nicolas Sarkozy à Adolf Hitler, et ceux qui soutiennent le président de la République aux nazis.»

Rooooooo… La photo ne date pas d’hier. Je l’avais même utilisé en 2007.  Un psychologue avait même analysé la gestuelle de Nicolas Sarkozy, voici 4 ans. Evidemment, le raccourci sarkozy/Hitler est outrancier voire contreproductif. Mais sur le fond, si l’on oublie cette référence historique servie sur un plateau de polémique par Copé, que reste-t-il ? Du bon sens.

Chirac en prison ?

Il fallait le voir, l’ancien président, mardi au Salon de l’Agriculture. Evidemment usé, fatigué, peut-être malade. Peut-être un peu en forme, faussement préparé pour son procès tronqué qui démarre dans une grosse semaine, le 7 mars, pour un mois.

Il y a 6 ans, je dansais sur une excellente chanson des Wampas. J’expliquai à mes Racailles interloquées (4 et 8 ans) pourquoi une telle chanson existait. Faut-il s’acharner sur un vieil homme ? Même des socialistes comme Arnaud Montebourg, pourtant l’avocat qui mena l’une des plaintes contre le Maire de Paris, semble vouloir qu’on laisse l’ancien corrompu de la Mairie de Paris tranquille.

Aussi faut-il rappeler quelques faits, très simples.

1. C’est au tribunal de juger de la clémence nécessaire eu égard au grand âge de JC.

2. JC a tout fait, tout tenté, tout réussi de 1995 à 2002 pour empêcher la justice d’avancer. Si le procès intervient si tard, c’est de sa faute.

3. Toute faute doit être jugée. On nous le serine suffisamment.