Ce n’est pas à henri Guaino de parler au nom de la France


Le conseiller cumulard (*) de l’Elysée Henri Guaino s’est autorisé une tribune dans le Monde daté du 27 février pour critiquer la critique d’une trentaine de diplomates anonymes, la semaine dernière.

Il y dénonce le « tract syndical« , (« tellement vous vous êtes situés dans le registre de la revendication corporatiste« ), il y parle de « dimension morale« , un quasi-sacrilège pour celui qui est le suppôt d’un Monarque qui célébra, au nom du real-pragmatisme le plus mercantile et le plus inefficace, Hu Jintao, Kadhafi, Ben Ali, et Kagame. Il se permet des leçons (« une force de transgression qui fait des paris raisonnés sur l’avenir et dont on jugera la pertinence à l’aune des conséquences.« ), lui qui ne connaît rien, n’a jamais été élu, s’exprime pourtant souvent comme un Mazarin de pacotille : « Vous voudriez faire concevoir la politique étrangère par les diplomates. C’est une tentation à laquelle il ne faut pas céder. Le diplomate est là pour éclairer la décision et pour la mettre en oeuvre, non pour la prendre. »

Henri Guaino n’a aucune autre légitimité pour s’exprimer publiquement que le fait du Prince. L’homme se permet d’expliquer la logique de l’action diplomatique sarkozyenne depuis 2007 : « la France s’est donné pour but depuis trois ans et demi de remettre en Europe et dans toutes les enceintes internationales de la volonté et de la responsabilité politiques, en lieu et place de la bureaucratie qui, peu à peu, avait tout envahi et tout paralysé. » L’Europe n’est-elle plus paralysée ? On en doute. Sarkozy a affaibli la parole européenne comme jamais, préférant les oukazes personnels, les déclarations bilatérales (cf. l’alliance militaro-nucléaire franco-britannique adoptée cette semaine en conseil des ministres).

Sans rire, Guaino, le responsable du controversé discours de Dakar sur l’Homme africain en retard dans l’histoire, proclame que la Sarkofrance, sarko-rance, « est l’avocat des pauvres et de l’Afrique. » Il faut se pincer pour y croire. En France, le ministère de la Justice excelle à bloquer les instructions contre les biens mal acquis de quelques potentats africains… La France de Guaino, une France raillée à lire les câbles Wikileaks, une France critiquée comme jamais pendant la polémique Rom de l’été dernier, une France qui n’ose plus envoyer sa ministre des affaires étrangères en Tunisie libérée, « n’a jamais été aussi entendue et l’on n’a peut-être jamais autant attendu d’elle dans le monde depuis au moins deux décennies« .

Mais où vit Henri Guaino ? Il est de tous les pince-fesses diplomatiques, reste coincé dans son bureau élyséen, écrit des discours pour les allocutions pré-mâchées de son patron.

Qu’il se contente de cela. C’est déjà bien.

(*) Conseiller à l’Elysée, et toujours conseiller maître de la Cour des comptes, rémunéré pour un total de 290.000 euros annuels.

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4 réflexions sur « Ce n’est pas à henri Guaino de parler au nom de la France »

  1. « Qu’il se contente de cela. C’est déjà bien. »
    Je trouve que c’est bien cher payé pour photocopier les vieux discours éculés .Les fameux discours copiés-collés sur l’agriculture en sont un bel exemple ! Fainéant en plus ..!
    Il doit avoir également le petit dictionnaire des citations préférées de Sarkozy , ses chiffres vieux de 20 ans , son répertoire de boucs-émissaires , ses livres d’histoire datant de la colonisation , ses cahiers de vieille rengaines sur la sécurité , la France qui se lève tôt , etc …
    Que la vie doit être réjouissante avec Guaino !
    Il imite Fillon qui passe plus de temps à critiquer les critiques qu’à faire son boulot de 1er sinistre ! Ils n’ont pas été choisis par hasard par Sarkozy . Des moutons qui ont la haine sur le dos !!

  2. Henri Guaino squatte ! ! ! aussi les plateaux télé pour répéter « je ne sais pas, je ne parle pas de ce sujet »… le type est gris, pas drôle, antipathique, alors que vient-il faire sur les plateaux télé LOL LOL

  3. 100% d’accord: GUaino monopolise les micros et plateaux de télé.
    Non seulement il n’a pas été élu en 2007 ni à une autre date. Mais, il n’a pas de comptes à rendre à la représentation nationale comme le ferait un ministre. Assez de ces conseillers éliséens qui communiquent à tour de bras pour ne rien dire…
    http://on-ne-sait-jamais.over-blog.com/

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