Le printemps arabe

Et si c’était bon ? Personne, moi le premier, ne pouvait croire que la révolte tunisienne aurait pu déclencher un tel séisme. Tout le weekend dernier, les émeutes à Barhein, au Yémen ou en Libye ont suscité de l’espoir et de l’inquiétude.

Lundi, certains annonçaient la fuite du colonel Kadhafi. Le Conseil de la Révolution libyenne a demandé sa démission. Dimanche soir, le fils du dictateur menaçait les opposants de « rivières de sang« . Entre 200 et 400 personnes ont été tuées entre jeudi et lundi… Mardi après-midi, le dictateur Kadhafi délivrait un discours d’une grosse heure d’une incroyable violence. L’homme est dangereusement illuminé, un « mort-vivant » comme l’écrit Gabale.

En Tunisie, un apprenti ambassadeur s’amuse à jouer au « parler vrai » pour faire « moderne » et déclenche une manifestation pour son départ dès vendredi dernier. La Sarkofrance a du mal avec le Maghreb.

Cet élan démocratique et social, s’il réussit, se présente comme l’un des évènements internationaux majeurs du moment. Le silence des pontes du G20, sous présidence française, est assourdissant.

En Europe, on peut craindre les suites de ces bouleversements. Mais comment ne pas se réjouir ?

En France, la complaisance de certains, lors de la visite de Kadhafi en décembre 2007, ne mérite que le mépris.

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Donc DSK est candidat

S’il ne l’était pas, il l’aurait dit. Une dénégation est tout à fait autorisée par le règlement du FMI. Dimanche soir, DSK est parvenu à éclipser, sans rien dire, l’inauguration de la présidence du G20 de Sarko.

Honnêtement, 7 millions de téléspectateurs pour entendre ce qu’il a dit… c’est flippant et encourageant. Flippant car les propos furent d’un vide intergalactique. Encourageant car cela veut dire que le nombre de Français en demande d’autre chose, même DSK, est hors normes.

Je reste convaincu que la dame du Poitou reste la seule valable, mais avec une énorme interrogation écolo. Joly, je plonge. Hulot, il plonge.

 

Vous êtes des collabos

On s’endort. Sarkozy est reparti en campagne. Il est tout gentil avec les agriculteurs, les fonctionnaires (sauf les magistrats), les Français en général. 2012 approche. Vous qui l’aimez depuis le premier jour – je n’ose croire à des ralliements de dernière minutes -, vous qui pensez qu’il est bon de le soutenir quoiqu’il dise, ou, plus simplement, s’il vous soutient le temps d’une action ou d’un projet, soyez bien sûr qu’il faudra vous tondre.

Le moment venu.

Je suis trop agacé d’en voir certains oublier, négliger, mépriser la situation d’un pays à bout qui, d’après quelques médias, se satisferait d’une visite ici, d’une poignée de main là, d’un mot doux ou d’un encouragement, pour soutenir le Monarque en place.

« Il a l’air d’avoir compris » disait une dame agricole, ce samedi 19 février au Figaro à propos d’un Nicolas Sarkozy venu goûter je ne sais quel fromage local.

Vous êtes vous écoutés ?

Sarkozy ou la tentation du pire

Je n’aime pas les comparaisons historiques, même si j’en ai beaucoup usé, surtout dans la première année du blog Sarkofrance. Mais le récent spectacle des tactiques électorales à l’oeuvre, avec plus d’un an d’avance, m’évoque un mélange de retraite de Russie et de fuite à Sigmaringen.

L’Elysée a décidé de se placer sur le terrain favori de Marine Le Pen, l’islam. Sarkozy a lancé le top départ le 10 février dernier, en dénonçant le multiculturalisme. 12 mois quasiment jour pour jour après l’arrêt précipité du débat sur l’identité nationale, le voici qui remet le couvert. Cette semaine, Copé nous promet un débat sur l’exercice des cultes en France. Mme Le Pen rebonit : « Il faut obtenir la séparation de la mosquée et de l’État ». Un sondage la place dans les talons de Sarkozy et du candidat de la gauche. C’est l’affolement.

Pendant leur retraite de Russie, les Nazis brulaient tout sur leur passage. Lors de leur fuite à Sigmaringen, Pétain et Laval s’imaginaient revenir un jour en France. Sans vouloir dresser aucun parallèle avec ces sinistres du passé et l’actuel gouvernement de la France, je ne peux que constater que Sarkozy et ses proches ont décidé de précipiter le débat politique de ce pays dans les pires bas-fonds tant qu’ils croient que cela permettra au candidat Nicolas de rester en pôle position au 1er tour de la présidentielle.

La réaction normale d’un Républicain en ce début d’année 2011 devrait être le dégoût et la révolte.

Non pas que l’Islam ne suscite pas de questions. Mais quand 6 millions de salariés gagnent moins de 750 euros par mois, quand autant de Français n’ont pas de mutuelles de santé, quand la dette de la France a dépassé les 1.600 milliards d’euros à Noël, … la question de savoir si l’Islam nous dérange ou pas devrait passer pour secondaire.

 

Florence Cassez, un peu de recul

George Moreas, ancien commissaire de police, apporte quelques précisions simples et claires sur le système judiciaire mexicain. Et l’on comprend qu’il n’est pas aussi « exotique » que les caricatures livrées aux médias, et que nos officiels de Sarkofrance ont durablement planté les chances de la jeune Française de venir en France.

– Les faits reprochés à Florence Cassez sont punissables en France de la perpétuité.

– Il est légal au Mexique d’interpeller un suspect de crime ou délit et de le conserver en détention  jusqu’à son procès.

– Les trois magistrats qui ont rejeté le pourvoi en cassation sont plutôt jugés indépendants du pouvoir politique ;

– « Lorsque les policiers estiment qu’il existe des charges contre un suspect, il est présenté au Ministerio Publico, lequel dispose de 48 heures (90 jours s’il s’agit d’un crime fédéral, comme un kidnapping) pour prendre une décision de poursuite. Il peut alors ouvrir une enquête préliminaire ou confier directement le dossier à un juge d’instruction » (ça ne vous rappelle rien);

– Le transfèrement de Florence Cassez en France pose problème aux autorités mexicaines car la France ne peut garantir l’exécution de la même peine ; et la diplomatie française n’a pas cherché à « franciser » la peine pour faciliter ce transfèrement.

 

Agriculture : la jolie campagne

Le Salon de l’Agriculture ouvre ses portes ce weekend. Sarkozy sera là, campagne électorale oblige. Et voici que France Nature Environnement lance une bien jolie série d’affiches.

On le répète à chaque fois mais visiblement le message ne passe pas chez ses promoteurs: les OGM posent au moins deux problèmes: primo, on n’a pas de recul sur leur impact sur l’homme. Et en particulier à cause des protocoles de tests qui ne dépassent pas quelques mois. Deuxio, l’OGM transforme le vivant en brevet, l’agriculteur en un licencié dépendant de quelques multinationales.