Pornic et l’indicible

Quand Nicolas Sarkozy s’est exprimé, de façon préméditée, sur l’affaire de Pornic et la disparition de la jeune Laëtitia mardi 25 janvier dernier, lors de sa visite à des chantiers navals de Saint-Nazaire, il a utilisé le terme « indicible » pour désigner l’horreur qu’il devinait.

Il ne pouvait que deviner cette horreur, puisqu’à l’heure où il prononçait ces mots on ne savait pas grand chose du sort réel de la jeune femme. Mardi 1er février, les forces de l’ordre ont découvert quelques membres – les bras, les jambes, la tête – d’une jeune femme qui pourrait être Laëtitia, à en croire les déclarations du procureur local.

Difficile de ne pas être ému, manipulé par ses propres émotions et le travail médiatique habituel dans ce genre d’affaire. On sait, à l’heure tardive où j’écris ces lignes, que la jeune femme est morte d’étranglement. On ne sait pas encore tout.

Il serait inutile de théoriser sur la bonne conduite à tenir. Mon sentiment, ma réaction est que plus le crime est horrible, plus sa récupération politique est horrible. Qu’un constat officiel d’une défaillance de la chaîne pénale débouche sur des propositions indécentes d’appels à retraités est une chose incroyable.

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Je ne veux pas de Hulot à la présidentielle

Du côté d’Europe Ecologie Les Verts, il y a actuellement quatre tendances à l’oeuvre ou la manoeuvre en vue du prochain scrutin présidentiel. Il y a ceux qui défendent Eva Joly. Il y a ceux qui critiquent Joly (trop douce, trop posée, pas charismatiques). Il y a ceux qui défendent Hulot. Il y a ceux, enfin, qui défendent le retrait de toute candidature si le candidat socialiste apparaît trop faible à l’approche du scrutin.

Les premiers ont raison. Eva Joly élargit le spectre politique écologiste, même si elle n’est pas une écolo historique. Elle ajoute son expérience de juge, alors que la justice est mise à mal, et sa double nationalité européenne, pour un mouvement très européen. Ceux qui la critiquent, dans le camp écolo, utilisent des arguments curieux car très « présidentiels« . Je croyais que les Verts ne croyaient pas au régime présidentiel et que ce scrutin n’était qu’un exercice contraint. L’homme (ou la femme) providentiel(le) n’est pas une coutume de gauche, encore moins chez les Verts. Ceux qui préfèrent Hulot m’inquiètent. L’animateur de TF1 est la version canadadryesque de l’écologie politique. L’homme a réussi à donner un blanc seing écolo à Nicolas Sarkozy en janvier 2007. Cela devrait suffire à le disqualifier.

Ceux, enfin, qui se réservent l’idée de retirer toute candidature écolo dès le premier tour du scrutin (Cohn-Bendit, Jadot, etc) avancent un argument sérieux. Il n’est pas question de désavantager le ou la candidat(e) de l’opposition la mieux placé(e) en avril 2012 et prendre le risque d’un nouveau 21 avril. Pour ma part, je n’ai pas voté écolo en 2007. On argumentera qu’il y en a marre de voir le PS s’autoproclamer leader de la gauche. Je répondrai « sans doute, mais a-t-on le choix ? »