Le Big Bang de la Droite

Finalement, Nicolas Sarkozy semble bien être cet apprenti-sorcier que nous dénoncions dès les premières semaines de son mandat. Il a fait sauter les digues. Il a peu à peu miné les liens qui unissaient la droite classique à la République.

A écouter ces intellectuels, journalistes ou amis « de droite » s’inquiéter aujourd’hui de cette « rupture » qu’ils trouvent dangereuse et inattendue, je réalise combien le messager est toujours plus important que le message.

On écrit tout cela depuis des lustres dans nos différents blogs. On s’essaye à l’exhaustivité, on se force à la persévérence. Le vers était dans le fruit. Ce vers-là, le tout-sécuritaire stigmatisant et, pire, inefficace. la boîte de Pandore, le Big Bang à l’Italienne, la Berlusconisation d’un camp à défaut du pays tout entier.

Croisons-les doigts. Sarkozy semble devenir un épouvantail au coeur de la droite.

Allez, amis ex-sarkozystes, encore un effort. Boutez-le hors du jeu sans attendre 2012.

Si Sarkozy ne se présente pas, contraint et forcé, j’arrêterai Sarkofrance avec quelques semaines d’avance. Ouf !

 

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Conversations entre sarkozystes déçus

Comme un écho au numéro de la semaine de Marianne sur ces « électeurs de droite devenus allergiques à Sarkozy », j’ai retrouvé dimanche une douzaine d’amis et leurs proches qui, un soir du 6 mai 2007, ont voté pour le Monarque élyséen.

Plus un seul ne se reconnaissait dans le candidat victorieux de 2007. Le virage à l’extrême droite a choqué. Le Ni/Ni encore plus. Tous semblaient attendre Strauss-Kahn ou Fillon. Cette simple comparaison m’a presque terrifier sur le coup.

C’était un mauvais rêve. L’accomplissement d’un cycle. Attendre 3 ans et plus pour que l’indigent de l’Elysée soit reconnu comme illégitime serait une satisfaction.

Oui, l’éviction de Nicolas Sarkozy, comme le « malentendu d’Estaing » ou l’infâme parenthèse Nixon serait déjà une immense satisfaction.

Vu de gauche, elle ne suffira pas, évidemment.

 

A moitié.

Ségolène Royal aurait disparu.

Cap sur 2012 ! Tels des spectateurs de courses impatients, agacés par ces trop nombreux tours de chauffe, les médias nous ont annoncé qu’on pouvait enfin se consacrer tout en entiers à la grande campagne de 2012. Et les ingrédients d’un suspense fantastique sont tous là : un Monarque déstabilisé; un Mélenchon requinqué; une Aubry qui s’envole ; un DSK qui va atterrir ; un Hulot qui se tate et une Marine qui risque d’emporter la mise.

Ce combat qui n’a pas eu lieu aurait déjà fait deux victimes, Ségolène Royal et Eva Joly. La seconde est jugée inaudible, pas assez écolo, trop mal à l’aise dans les pince-fesses électoraux pour convaincre. Mais on s’attarde plus souvent sur la première. Les sondages, tous évidemment concordants, la donnent perdante, voire, pire, responsable d’une défaite impossible si jamais elle s’obstinait à être candidate et qu’elle emportait les suffrages des primaires. Les mêmes sondages, incroyables, ne mesurent pas l’abstention, ni le vote blanc.

Dans les deux cas, Joly ou Royal, les analyses et commentaires ratent l’essentiel. La France citoyenne est coupée de sa frange politique.

« Tu soutiens encore Ségolène ? » me demande-t-on de temps à autre. Et je réponds, invariablement, « n’a-t-on pas besoin de rupture ? »

 

Sarkozy contre Le Pen

Nicolas Sarkozy a décidé de nous embarquer dans un mauvais voyage, aux confins des peurs xénophobes où, pense-t-il à juste titre, il paraîtra toujours plus centriste et acceptable de l’épouvantail épouvantable Marine. La blonde du FN sera sans doute au second tour de la prochaine élection présidentielle, si l’opposition ne se rassemble pas.

Supporter écologiste, je n’aime pas les incantations au vote utile. Il n’est d’ailleurs pas dit que le/la candidate du parti socialiste sera qualifiée utile dans un an et quelques semaines. N’en demeure pas moins l’urgente nécessité de se laisser une alternative à un second tour Sarkozy/Le Pen.

Si malheureusement le pire se réalisait en 2012, un second tour Sarkozy/Le Pen, ce serait à mon tour, comme d’autres je pense, d’agiter mon joker Ni/Ni. Le vote blanc pur et direct.

J’ai déjà du voter à droite une fois dans ma vie, en 2002. L’an prochain, si l’alternative à Mme Le Pen s’appelle Sarkozy, je devrai voter blanc, quitte à laisser sa chance à la Blonde xénophobe. Ce sera le constat d’un échec collectif. On prendra le maquis, avec nos fusils blogosphériques ou réels. Et on attendra le facho au coin du bois.

Il y a plus de 70 ans, il fallut une débâcle et une collaboration honteuse pour que les Français réalisent que leur avenir collectif devait être généreux. S’il faut repasser par un trou noir, allons-y. Préparez vos sacs-à-dos, vos munitions et vos sacrifices.

Marine, on t’attend.

Journalistes manipulés

Contrairement à 1991 ou 2003 pendant les deux guerres du Golfe, de nombreux journalistes sont vraiment sur le terrain en Libye : à tripoli, encadrés par les forces gouvernementales; à Benghazi ou auprès des rebelles. C’est sans doute la première fois depuis longtemps qu’une couverture médiatique d’un tel conflit est aussi exhaustive.

Comme en 1991 ou en 2003 pendant les deux guerres du Golfe, quelques journalistes se sont « embarqués » dans les forces armées pour « suivre » au plus près l’intervention militaires en Libye. On les voit à la télévision, on les lit dans une certaine presse. Leurs témoignages n’a pas grand intérêt. « Feu sur la Libye ! » titrait le Figaro Magazine. Quelle information ! Quand ces journalistes auront compris que l’information ne vaut que libre, qu’à défaut elle se transforme en publi-reportage, la cause médiatique aura progressé. Nous n’y sommes pas.

Votez !

D’intéressants débats blogosphériques ces derniers jours m’ont conduit à penser que même si l’offre politique, à gauche, était certainement décevante, il faudrait bien voter pour ce second tour des élections cantonales.

Réhabilité par un discours UMPiste logé au sommet de l’Etat, le parti de Marine Le Pen fait la course en tête. Elle n’a pas de programme, aucune idée à part le recyclage habituel immigration=problème, mais elle cartonne. A la différence de son paternel, on ne peut même pas l’accuser d’avoir torturer quelques indépendantistes algériens il y a 50 ans. Tout cela n’est qu’affichage médiatique. On a déjà vu la blonde Marine fréquenter les sales amis de son papa.

Toujours est-il que le débat n’est pas là. Nicolas Sarkozy a décidé de déplacer le débat politique français le plus à droite possible, histoire de paraître centriste, et, surtout, de disqualifier la gauche du second tour.

Il n’y a donc pas beaucoup d’hésitations, pour quiconque se sent dans l’opposition aujourd’hui, à voter à ce second tour des élections cantonales : contre le Front National, pour lui rappeler que ce parti de l’anti-France n’a pas sa place dans notre démocratie fragile et fatiguée. Contre l’UMP et ses candidats trouillards sans étiquette, pour leur rappeler que les tristes manoeuvres de leur patron pyromane ne méritent que le mépris.

Ce dimanche, votez.