Pour la suppression de l’élection du président au suffrage universel ?

Après une analyse très fouillée comme il en a l’habitude, notre confrère Variae pose la question démocratique du moment : « Pour ou contre une modification du scrutin présidentiel, voire une suppression de l’élection du président au suffrage universel ? « 
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été contre ce concours électoral infantilisant où l’on tente de convaincre quelques millions de citoyens qu’ils seront sauvés par l’homme providentiel.

L’élection du président au suffrage universel est un vestige monarchique qui, aggravé par des pratiques douteuses, s’est transformé en bonapartisme insupportable. La « présidence » Sarkozy nous fournit ce bel exemple de gouvernement monarchique irresponsable.

Je ne crois pas aux « forces de l’esprit » mais bien aux forces et aux rapports de forces tout court.

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Bonne route, ma grande

Ma fille aînée a eu finalement 13 ans ce mois-ci, toutes ses dents et l’adolescence bien entamée. Le petit oiseau qui fondait en larmes quand un certaine Ségo fut défaite un soir de 6 mai parce que son papa et sa maman avaient eux-même les larmes aux yeux a désormais l’âge de tout comprendre, tout interpréter.

La politique, c’est-à-dire la vie de la cité, est déjà si présente. Homofriendly, féminisme, générosité. Les parents espèrent qu’ils ont transmis ce qu’il fallait. A 13 ans, le bateau quitte vraiment le port familial.

Bonne route ma grande !

Avons nous mérité l’attentat de Marrakech ?

Des Français, 6 au total, ont été tués dans l’attentat de Marrakech, jeudi 28 avril, au Maroc. On dénombrait 15 tués au total.

En Syrie, plus de 400 personnes ont été tuées en 5 semaines dans la répression des manifestions. En Libye, les forces pro-kadhafi, pour partie mercenaires, ont également tué des insurgés et des civils par centaines. Le décompte viendra plus tard.

Au Maroc, la situation est plus complexe. Le pays n’est pas une démocratie. Ce n’est pas non plus la Tunisie de Ben Ali. Ce n’est certainement pas la Libye. On craint quand même un attentat. Impossible de savoir si la France était, symboliquement, visée.

Mais qu’importe… On attendait, jeudi soir, le communiqué officiel fustigeant l’attentat. Nous l’eûmes. Mais Sarkozy n’osa pas célébré la fameuse « lutte contre le terrorisme ». Le Quai d’Orsay recommandait la plus grande vigilance. Honnêtement, on s’en fiche. Les Français, partout dans le monde, doivent être vigilants. Pourquoi ? Parce qu’un Monarque s’amuse avec la diplomatie comme avec un jouet électoral. La guerre en Afghanistan ? Une purge atlantiste ! Sarkozy nous expliquait qu’il fallait rendre le pouvoir, progressivement, aux Afghans. La belle affaire ! Quelque 500 Talibans se sont échappés la semaine dernière de leur prison. Et l’attentat, inutile, contre Gérard Longuet la semaine passée fut l’oeuvre d’un soldat infiltré…

Hollande ne devrait pas sourire devant Sarkozy

Cette photo m’a choqué. François Hollande y est tout sourire, comme la ministre NKM. Sarkozy parle. Nous sommes en Corrèze, jeudi 28 avril.

On ne rigole pas avec le diable. Sarkozy n’est pas le diable, mais l’impression de connivence est si terrible.

Il ne fallait pas participer au conseil national du numérique

Nicolas Voisin, fondateur de l’estimable OWNI, un chouette site qui renouvelle l’information sur le Web, a accepté de participer au Conseil National du Numérique. Il s’en expliqué sur son propre site.

Ce truc a été créé par Nicolas Sarkozy pour servir d’instance de dialogue au sein de la filière numérique. Seuls quelques patrons de l’Internet ont été conviés. Il manquaient Dailymotion, et la coupe était pleine. Si cette instance n’était qu’un outil professionnel, rien ne justifierait qu’on y attarde autant d’attention médiatique.

« L’Élysée m’a proposé de faire partie des 18 à 20 “sages” du Conseil National du Numérique (CNN) (…) La proposition était d’autant plus étonnante que nous avons lancé OWNI.fr – l’Objet Web Non Identifié dont je suis le Directeur de la publication – au moment de la “bataille de l’Hadopi“, pour incarner et diffuser un certain nombre de valeurs, de libertés, une conception du web que la loi Création et Internet mettait, sinon en péril, tout du moins en danger.
Mon approche et ma vision de l’Internet pourraient ainsi être perçues comme entrant de plein fouet en contradiction avec celles portées par l’actuel gouvernement. Je n’en ai pas moins accepté de faire partie du CNN, parce que sa composition et sa feuille de route me laissent à penser que les missions qui lui ont été attribuées ne seront pas vaines, et qu’il pourra bel et bien servir d’instance de concertation, et d’orientation, des politiques publiques appliquées au numérique. »

Ce conseil a été créé par Nicolas Sarkozy. Cette instance, par avance inutile collectivement mais sas doute bel outil de « networking » et reconnaissance pour ses membres, est une chose politique, un objet créée par un candidat à sa réélection. Qui peut croire à autre chose qu’une motivation électorale ? Procès d’intention me direz-vous ? Oh oui, procès d’intention, big time, big up. J’attends le jugement, dernier si possible.

Nicolas Voisin n’avait rien à faire dans cet alibi numérique d’un autre âge.Le CNN ne se « hacke » pas. Il se détruit. L’opération sarkozyenne, électorale, est si évidente.

Paradoxalement, il était contre Hadopi, j’y étais favorable. Notre monde est formidable.

Marine Le Pen et son parrain proxénète

L’information date d’il y a quelques semaines déjà. Mais elle mérite qu’on s’y attarde. Marine Le Pen a toujours aimé donner des leçons de morale aux autres. Elle se sert utilement d’anecdotes personnelles de ses adversaires pour mieux abaisser, tacler, attaquer. A l’automne 2009, Frédéric Mitterrand, ministre de la Curlture depuis à peine 6 mois, en fit les frais quand la future présidente du FN lança l’attaque en exhibant quelques extraits d’un ouvrage vieux d’une dizaine d’années pour mieux accuser le ministre de tourisme sexuel. Plus récemment, elle a brandi une photo privée du nouvel ambassadeur de France à Tunis, un jeune requin maladroit qui avait oublié de purgé son compte Facebook.

Pour Marine Le Pen donc, tous les coups sont permis.

Guy Konopnicki, dans la dernière édition papier de Marianne, détaille la carrière de Monsieur Eric, Henri Botey de son vrai nom, 77 ans et proxénète notoire de mon ancien quartier de Pigalle, côté 9ème arrondissement. Accessoirement grand ami de la famille Le Pen au point d’être le parrain de la fille Marine à sa naissance en 1969. Le blogueur Georges Moréas revient sur son arrestation : « le fait d’apprendre aujourd’hui qu’il a tenu Marine Le Pen sur les fonts baptismaux a dû en faire sourire plus d’un : d’anciens truands, d’anciens policiers, et surtout de très actuels politiciens qui en ont sans doute marre de voir la dame s’envoler dans les sondages… »

La campagne commence.