Il ne fallait pas participer au conseil national du numérique


Nicolas Voisin, fondateur de l’estimable OWNI, un chouette site qui renouvelle l’information sur le Web, a accepté de participer au Conseil National du Numérique. Il s’en expliqué sur son propre site.

Ce truc a été créé par Nicolas Sarkozy pour servir d’instance de dialogue au sein de la filière numérique. Seuls quelques patrons de l’Internet ont été conviés. Il manquaient Dailymotion, et la coupe était pleine. Si cette instance n’était qu’un outil professionnel, rien ne justifierait qu’on y attarde autant d’attention médiatique.

« L’Élysée m’a proposé de faire partie des 18 à 20 “sages” du Conseil National du Numérique (CNN) (…) La proposition était d’autant plus étonnante que nous avons lancé OWNI.fr – l’Objet Web Non Identifié dont je suis le Directeur de la publication – au moment de la “bataille de l’Hadopi“, pour incarner et diffuser un certain nombre de valeurs, de libertés, une conception du web que la loi Création et Internet mettait, sinon en péril, tout du moins en danger.
Mon approche et ma vision de l’Internet pourraient ainsi être perçues comme entrant de plein fouet en contradiction avec celles portées par l’actuel gouvernement. Je n’en ai pas moins accepté de faire partie du CNN, parce que sa composition et sa feuille de route me laissent à penser que les missions qui lui ont été attribuées ne seront pas vaines, et qu’il pourra bel et bien servir d’instance de concertation, et d’orientation, des politiques publiques appliquées au numérique. »

Ce conseil a été créé par Nicolas Sarkozy. Cette instance, par avance inutile collectivement mais sas doute bel outil de « networking » et reconnaissance pour ses membres, est une chose politique, un objet créée par un candidat à sa réélection. Qui peut croire à autre chose qu’une motivation électorale ? Procès d’intention me direz-vous ? Oh oui, procès d’intention, big time, big up. J’attends le jugement, dernier si possible.

Nicolas Voisin n’avait rien à faire dans cet alibi numérique d’un autre âge.Le CNN ne se « hacke » pas. Il se détruit. L’opération sarkozyenne, électorale, est si évidente.

Paradoxalement, il était contre Hadopi, j’y étais favorable. Notre monde est formidable.

8 réflexions sur « Il ne fallait pas participer au conseil national du numérique »

  1. On ne peut pas rire de tout avec n’importe qui, de même qu’on ne peut pas cautionner n’importe qui sous prétexte d’ouverture scientifique. Si Pétain ou Hitler avaient connu le numérique et qu’un spécialiste soit venu à l’un de leurs pince-fesses, qu’en deduirions-nous aujourd’hui ? ARAMIS

  2. Ouais mais la tentation fut trop grande. Quand Sarkozy siffle, tout le monde accoure de quel bord qu’il/elle soit. Fadela Amara, Kouchner, Mitterrand, tous ces grands idéalistes…Rocard ancien PSU, Attali ancien sherpa de Mitterrand, ils accourent tous. C’est « par ici la bonne soupe ». On n’est pas dans la série Les incorruptibles, visiblement.

  3. Le CNN est au Net ce que le Grenelle de l’Environnement était à l’écologie : un attrape-couillons et une opération de blanchiment pour le pouvoir en place. Malgré eux, Nicolas Voisin et les autres servent d’idiots utiles au pouvoir sarkozyste…

  4. @euterpe

    Assez d’accord avec les noms que vous citez sauf un MITTERRAND (le neveu) qui n’a jamais été de gauche mais a remarquablement su jouer de son nom pour le faire croire à beaucoup

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