Pour la suppression de l’élection du président au suffrage universel ?


Après une analyse très fouillée comme il en a l’habitude, notre confrère Variae pose la question démocratique du moment : « Pour ou contre une modification du scrutin présidentiel, voire une suppression de l’élection du président au suffrage universel ? « 
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été contre ce concours électoral infantilisant où l’on tente de convaincre quelques millions de citoyens qu’ils seront sauvés par l’homme providentiel.

L’élection du président au suffrage universel est un vestige monarchique qui, aggravé par des pratiques douteuses, s’est transformé en bonapartisme insupportable. La « présidence » Sarkozy nous fournit ce bel exemple de gouvernement monarchique irresponsable.

Je ne crois pas aux « forces de l’esprit » mais bien aux forces et aux rapports de forces tout court.

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14 réflexions sur « Pour la suppression de l’élection du président au suffrage universel ? »

  1. Ce n’est pas le mode de désignation qui pose problème : ce sont les attributions du Président de la République. Je suis, en la matière, sur l’élection d’un Président de la République, devenu vieux sage, genre projet de la VIe République défendu par Bastien François et Arnaud Montebourg.

    Un sénat élu à la proportionnelle intégrale permettrait également l’expression de TOUTES les sensibilités politiques dans notre pays !

  2. Quels que soient les détails du recrutement, la foire d’empoigne pour l’assiette au beurre produit des nouveaux riches de la politique, pas des princes héréditaires d’antique extraction.

  3. Bonjour,
    V’la une question qu’elle est bonne 😉
    Suppression de l’élection présidentielle au suffrage universel.
    Rétablissement d’un mandat « long » qui permettre de réinscrire la politique dans le nécessaire temps long (le passage de 7 à 5 ans a été une folie).
    Plein accord avec Denis sur le Sénat entièrement à la proportionnelle.
    Redéfinition des missions et champs de compétences du Président de la République (garant de la constitution sur un certain nombre de sujet adaptés à note temps – libertés fondamentales, solidarité et équilibres mondiaux, préservation de la planète, etc.) dans le cadre d’une 6ème République
    Désignation d’un(e) Président(e) de la République par le Sénat nouvelle formule.
    Enfin, comme ça, à la louche et à chaud sans réfléchir 😉
    Alain Thirel

  4. Ce n’est pas l’élection en elle même qui pose problème, ce sont les pouvoirs dont il dispose, il faut simplement les limiter en créant des contres pouvoirs qui font défauts. Il faut les rendre au parlement qui lui même n’aurait pas le droit de passer outre un vote des français.
    Ce qu’il faut également c’est instaurer le référendum avec interdiction de s’assoir dessus comme cela a été le cas avec le NON sur le traité européen ..

  5. Mélenchon me semble l’un des seuls à proposer au peuple de virer ce présidentialisme bourgeois.

    Pour mémoire :

    Interview de Jean Luc Mélechon dans le JDD du 22 janvier 2011
    http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/Jean-Luc-Melenchon-Avec-DSK-le-PS-s-enfonce-dans-l-impasse-interview-257533/

    Je cite :

    « Vous n’êtes pas candidat à la révolution mais à la présidentielle….
    En effet, je ne connais pas d’autres maîtres que le suffrage universel. La révolution doit passer par les urnes. Moi élu, il y aura une constituante, il y aura un changement du régime de la propriété dans plusieurs grands secteurs, la banque, l’énergie, la santé, l’éducation. Moi élu, il y aura la planification écologique. Moi élu, on sortira d’Afghanistan et de l’Otan. Si les gens m’élisent président de la République, nous mettrons fin à la Ve République. Je suis le candidat de la révolution citoyenne. »

    Il n’est plus que temps de s’y mettre TOUS ENSEMBLE. ARAMIS

  6. Bien d’accord pour réfléchir à une autre forme de représentation . Quatre de sarkozysme ont mis à mal notre démocratie et ont montré les limites de l’élection d’un « super-dupont la joie » à la tête de l’état .
    Dans les communes de moins de 3500 habitants le conseil municipal est un scrutin majoritaire plurinominal à deux tours avec panachage possible .
    Dans les autres il faut voter pour de listes complètes et la représentation dite « proportionnelle » qui s’en dégage n’est que relative .
    Mais dans tous les cas le maire est élu PAR le conseil municipal . Cela lui évite bien souvent de se comporter comme un chef de clan . Il arrive même quelquefois que ce ne soit pas la « tête de liste » qui soit élue maire ! Ca rend certains beaucoup plus humbles …mais pas toujours .
    On pourrait donc s’inspirer de ces élections pour élire d’abord des députés à la proportionnelle relative qui éliraient à leur tour un président , les sénateurs , je suis bien d’accord étant élus à la proportionnelle intégrale .
    En cas d’impossibilité de désigner un président on demanderait alors au peuple de trancher .
    Mais il faut que ce président soit révocable à tout moment pour éviter toute dérive autoritaire sur la demande de plus de la moitié des élus ( députés et sénateurs réunis) ou par un fraction de citoyens ( nombre à déterminer) et par référendum populaire .
    Tout cela nous éviterait une guéguerre perpétuelle , une campagne présidentielle qui recommence le jour où le président vient d’être élu et ces comportements ridicules , antisociaux et autoritaires que nous connaissons depuis quatre ans .

  7. J’avoue que ça m’a un peu choqué d’entendre Ségolène Royal dire qu’elle n’avait pas d’un référendum sur le nucléaire et qu’il fallait prendre des décisions tout de suite…Même si elle a raison sur le fond la forme est importantissime et le fait de s’asseoir sur la démocratie participative citoyenne n’est pas un bon signe pour l’avenir.

    Ce que je veux illustrer c’est qu’un pouvoir présidentiel doit être assujetti à la dempart et aux parlements. C’est cela la VI ème république et pas faire croire qu’il faut voter pour un parti dont on voit bien que personne ne pense pareil à l’intérieur.

    Non je suis assez américain là , pour le coup, en disant un leader, une équipe, un projet. Mais lié au peuple et avec des contre-pouvoirs puissants. Comment diriger une société sans décideurs?

  8. Il faut à tout prix sortir du présidentialisme ! C’est le poison qui tue la démocratie en France.

    Franchement, je ne suis pas contre l’idée de garder l’élection présidentielle au suffrage universel. Comme l’ont dit certains posteurs avant moi, le problème n’est pas le mode d’élection du président, mais l’étendue de ses pouvoirs, le fait qu’il exerce ces pouvoirs sans rendre de comptes à quiconque, et qu’on ne puisse pas le destituer sauf pour haute trahison ou « manquement à ses devoirs » (c’est vague ça…). Il y a plein de républiques parlementaires avec un président élu au suffrage universel (Irlande, Portugal, Autriche, Pologne…) sans que ça tourne à la monarchie déguisée. Pour moi, le président ne devrait garder comme pouvoirs que la promulation des lois, la nomination du Premier ministre et le droit de dissoudre l’Assemblée. Assez pour ne pas être un figurant, mais pas assez pour être intouchable. Il faut supprimer l’immunité et inclure la destitution par le parlement et/ou par référendum.

    Quant au Parlement, il doit être revalorisé, et sortir de l’état de chambre d’enregistrement des décisions du Château. Le Sénat ne sert plus à grand chose, il faut le supprimer et ne garder que l’Assemblée nationale. Il faut élire la moitié des députés à la proportionnelle et l’autre moitié au scrutin majoritaire à un tour comme en Allemagne. Les députés doivent mieux contrôler le travail du gouvernement via les commissions parlementaires (une pour chaque ministère, ce serait bien). Bien entendu, ils doivent garder la possibilité de censurer le gouvernement.

    Le gouvernement doit vraiment conduire la politique nationale, au lieu d’être le paratonnerre/fusible/punching ball du Château. Le Premier ministre doit choisir ses ministres et les virer si nécessaire en cas de désaccord. Durant ces dix dernières années, on a vu plein de ministres critiquer publiquement et sévèrement le gouvernement dont ils étaient membres, quand ce n’est pas saboter purement et simplement son action, sans démissionner de leur propre chef (Sarko, Amara, Yade, la liste est longue). Désolé, mais la solidarité gouvernementale n’est pas faite pour les chiens.

  9. Il faudrait plus que sortir de l’élection d’un président au suffrage universel. Il faudrait aussi sortir de cette stupide centralisation des pouvoirs. En Allemagne (je ne dis pas que c’est le système idéal, d’ailleurs pour moi le système idéal est un système d’autogestion complète où le pouvoir n’existerait plus du tout) le citoyen est nettement moins l’otage de ses dirigeants. Pourquoi les mouvements antinucléaires ont le dessus là où le francais hurĺe dans le désert ? Parce que lorsque les citoyens d’un Land font du grabuge, le président du Land saute. Un Land c’est petit, on peut moins s’y cacher dans la foule. On a vu ce qui s’est produit en Bade-Wurtemerg. Un Land qui était depuis 60 ans à droite a élu un président Vert. Merkel a senti la claque et réagit. Avec une élection au niveau national cela n’aurait jamais marché. De plus les Verts allemands sont antinucléaires sans équivoque. Le parti des Verts s’est construit directement sur la revendication antinucléaire. En France, on attend un Fukushima. Et encore. EDF dira : Dormez, bonne gens, tout va bien ». Le citoyen a zéro contrôle dans un système où les régions n’ont quasiment aucune indépendance et où tout fonctionne sur le principe du monopole. Il est aussi beaucoup plus difficile avec des Länder de confier toute la gestion de l’électricité du pays à un seul groupe comme EDF. C’est tout simplement impossible.
    Actuellement le super dupont-la-joie (bien vu coup-de-grisou ;)) est juste le larbin de ces grands groupes. Et il ne faut pas espérer que la prochaine personne élu soit autre chose. Mélenchon ne passera pas parce qu’il n’est pas pote avec ces groupes. Ségo n’est pas passé et Marine qu’on agite pour effrayer les indécis, ne passera pas non plus. Les résultats des élections, on les connaît déjà : un pote ou une potesse des grands groupes, comme d’hab’. Il ne faut pas se leurrer.

  10. A Pullo : « Il y a plein de républiques parlementaires avec un président élu au suffrage universel (Irlande, Portugal, Autriche, Pologne…) sans que ça tourne à la monarchie déguisée » : en effet, mais ces pays sont beaucoup plus petits que la France, placés sur les bords de la carte, voire perdus dans les montagnes ou isolés au milieu de la mer. Il ne faut pas sous-estimé la position géographique de la France qui lui a toujours conféré une certaine puissance. D’où la tentation mégalomane.

    1. Il est vrai que la Pologne est presque deux fois moins peuplée que la France (38 millions d’habitants contre 66 millions). Mais la tentation mégalomane d’un président français élu au suffrage universel peut être contrée par la possiblité d’une procédure semblable à l’impeachment US et/ou un référendum révocatoire comme en Roumanie et au Venezuela.

  11. Bonjour,

    Vous trouverez peut être une solution à travers l’appel du 18 juin 2011 https://www.facebook.com/event.php?eid=193771554001274

    Lancé par des économistes, propose aux électeurs de conditionner leur vote en fonction d’engagement du candidat.
    L’appel me semble déjà répondre à des problématiques suffisante mais c’est la démarche qui peut vous intéresser.

  12. « Je ne crois pas aux « forces de l’esprit » mais bien aux forces et aux rapports de forces tout court. » : je signe des quatre mains !

    A travers la question du mode d’élection, je posais effectivement celle de la fonction et de ses prérogatives très (trop) larges, qui en découlent clairement. Et bien entendu je suis d’accord avec toi sur la nécessite de sortir de cette politique infantilisante et exagérément personnifiée.

  13. Si on y réfléchit, le passage du septennat au quinquennat a beaucoup modifié le rôle du président et du premier ministre (cela a renforcé la présidentialisation).

    C’est un exemple qui montre que toute modification des institutions peut avoir des effets non prévus.

    Par conséquent, supprimer le président ou renforcer le parlement peut encore avoir des effets pervers.

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