La Conquête, film sans doute indispensable

A l’Elysée, on se demande quoi penser de ce film. L’affiche puis la bande annonce agace. Les chaînes publiques se sont (auto?)censurées, et le film s’est donc monté sans appui public.

Après la bande annonce, voici donc l’affiche. Il reste trois semaines de patience. Le film, présenté au Festival de Cannes le 18 mai prochain sortira le jour même dans toutes les bonnes salles de France.

En tant que blogueur attentif aux déboires de la Sarkofrance, je salive d’avance.

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Teigneux

La Pire Racaille, un aimable confrère qui démarra son blog comme moi un jour de 2007 après l’élection de l’autre Racaille, s’était arrêtée quelques mois de commenter l’actualité tristement répétitive.

Le voici qu’il reprend. Dans l’un de ses récents billets, il rappelle combien le Monarque (qu’il préfère qualifier, depuis le premier jour, de TGH , Très Grand Homme) sait être teigneux dans l’adversité et nous met en garde :

 » cette élection va être très dure. La faiblesse du TGH va le rendre encore plus teigneux, encore plus méchant. L’élection à deux tours met l’accent sur des détails personnels, sur une perception de la force ou de la faiblesse d’un candidat. Sarkozy tentera d’humilier son adversaire. »

A gauche, Mitterrand excepté, les candidats sont habituellement des bisounours qui se font mangés tous crus. Localement, certains candidats socialistes savent être aussi ignobles que leurs collègues de droite. Nationalement, ils se tiennent. Les coups volent rarement bas. Les cellules « riposte », quand elles sont écoutées, ne servent qu’à de l’argumentaire sérieux.

Sans tomber dans le graveleux (il n’y aurait pourtant qu’à se baisser parfois), il faudra prévoir, cette fois-ci, à riposter au bon endroit.

Onfray contre BHL

Dans les colonnes du dernier numéro (papier) de Marianne, Michel Onfray tacle Bernard Henri Levy. Ce dernier incarne l’action française en Libye. Obfray n’en a cure, et débute sa  contribution par une formule qui claque : « Je trouve qu’il existe toujours une poignée d’hommes peu économes du sang des autres…. »

j’ai admiré la détermination de BHL a convaincre la Sarkofrance de se bouger. Evidemment, le philosophe de Saint-germain agace. Je me souviens qu’il a aimablement et durablement soutenu Ségolène Royal en 2007 et après. Mais BHL n’existe que lorsqu’il peut braquer sur lui les projecteurs. Et son inclinaison à tomber sur quiconque critique un peu trop durement Israël est davantage qu’exaspérant.

J’ai applaudi sans naïveté les premiers bombardements occidentaux qui sauvèrent Benghazi le 19 mars dernier. J’aurai pu afficher un désaccord avec Michel Onfray, ce samedi dans Marianne, s’il n’avait précisé son propos contre BHL et les bombardements occidentaux en Libye :

« Avant de déclencher une guerre (…), il existe d’autres mpoyens comme l’action diplomatique discrète, les services secrets, les opérations commando des troupes d’élite, et d’autres actions de l’ombre nécessaires dans une politique d’Etat. »

J’applaudis de bon coeur. C’est exactement cela. BHL n’y est pas pour grand chose, simple « complice » d’un pouvoir sarkozyen en mal de reconnaissance. Les frappes aériennes, ça se voit et c’est légal. Un commando discret pour éliminer le boucher Kadhafi et ses fils quadragénaires, et le tour aurait été joué. Mais il aurait été difficile de récupérer l’opération à des fins de politique intérieure. Ainsi est la Sarkofrance : il faut que l’action, quand, rarement, elle existe, se voit. Qu’importe le résultat.

Après le printemps, les massacres.

Dans quelques semaines, l’hémisphère nord passera du printemps à l’été. L’immense élan démocratique et rebelle qui a débarqué les autocrates tunisiens et égyptiens est-il terminé ? En Libye, les massacres se « déroulent à huis-clos« , témoignent deux journalistes de Rue89. En Syrie, les photos et videos volées révèlent également la gravité d’une situation similaire.

Poussé par Bernard-Henri Levy, le philosophe de terrain qui exaspère tant ses confrères (cf. le dossier de Marianne du 23 avril dernier), Nicolas Sarkozy a fait intervenir la France et ainsi sauver les insurgés de Benghazi. Mais 5 semaines plus tard, c’est l’échec, l’enlisement, les massacres.

Human Right Watch évoque 83 morts de mardi à samedi en Libye. Kadhafi a toujours des chars. Il a envoyé des snipers dans les villes rebelles pour terroriser les populations. Le boucher est encore là.

Quelques bonnes âmes intellectuelles fustigent le droit d’ingérence. A titre personnel, je suis partagé. J’applaudirai si, au mépris de toutes les règles du droit international, quelques commandos français, anglais ou américains, parvenaient à buter le Dictateur.

En Syrie, les massacres se poursuivent. La France proteste. Sans réclamer une intervention, on peut s’indigner du tapis rouge déroulé en juillet 2008 pour le dictateur syrien. La Sarkofrance voulait se faire un allié pour débloquer la situation libanaise et isoler l’Iran. Cette real-politik n’a pas servi à grand chose.

M. le Président, ça fait quoi d’avoir serré la main de Bachar Al Hassad ?

Attention, video insoutenable.

Ségolène Royal, le rebond

Le 18 avril dernier, je m’inquiétais. Où était passé Ségolène Royal ? L’ex-candidate à nouveau candidate avait disparu des radars médiatiques. Sondage après sondage, on nous expliquait qu’il valait mieux Hollande, DSK ou Aubry pour bouter l’actuel Monarque hors de son palais.

Voici qu’elle a parlé, et plusieurs fois. Elle a même relayé de sérieux constats dressés ici ou là, depuis des semaines, par nos amis blogueurs.

Elle a taclé Sarkozy avant puis après son déplacement « ouvrier » dans les Ardennes. Elle a démonté la modeste contribution imposée à Total et à d’autres par le gouvernement.

Elle joue collectif en explicitant, mercredi dernier, le double choix fiscal du programme socialiste (taxer la rente plutôt que la rente, fusionner la CSG avec l’iR). Dans cette compétition primaire interne où règne le « moi, je » (écoutez François Hollande), la démarche est originale. Elle a débattu, avec efficacité, avec Thomas Piketty, co-auteur de propositions fiscales détonnantes.

Selon Julien Dray, on a tort de l’enterrer : « Son audace est supérieure à celle des autres et elle n’esquive pas les sujets qui font polémique. »

Je ne suis que trop d’accord.

Je fais exactement la même analyse sur Nicolas Sarkozy.

2007-2012, rebelote ?

Carla enceinte, la video.