Primaires écologistes, un résultat attendu et une question

Mercredi 29 juin, l’autre nouvelle politique du jour était le résultat du premier tour de la primaire écologiste.

Sans surprise, Eva Joly et Nicolas Hulot se sont qualifiés pour un second tour.

Sans surprise, quelques grincheux, mauvaises langues et autres blasés de l’action démocratique nous se sont livrés à d’étranges commentaires sur ce résultat. Comme souvent, ces commentaires révèlent surtout ce que pensent ceux qui les profèrent.

1. Eva Joly aurait raté de peu la qualification dès le premier tour (Figaro, France Soir). C’est une façon – mesquine – de voir les choses. Eva Joly était une inconnue du monde écologiste voici trois ans. Qu’elle parvienne à convaincre est une excellente nouvelle, une preuve de maturité d’un corps électoral mal connu si ce n’est qu’il était très motivé par cette primaire.

2. Nicolas Hulot aurait subi un « désaveu«  (dixit Jean-Michel Aphatie, mercredi soir au Grand Journal de Canal+), une « gifle » (Figaro). Ah bon ?! Vous vous attendiez à un succès immédiat ? Alors qu’Hulot est un écolo qualifié de centriste, pourquoi s’attendre . Hulot aurait été « largement distancé » : personne ne connaît les contours de ce nouveau corps électoral. 30.000 personnes inscrites pour voter à ces primaires, c’est beaucoup plus que les militants, et beaucoup moins que l’électorat écolo. Hulot a quelques centaines de voix de moins que ces milliers-là que l’on connaît mal. Et alors ?

Il manquait un autre commentaire, plus curieux celui-là : . Eva Joly a obtenu 12 571 voix (49,75%), Nicolas Hulot 10 163 voix (40,22%), Henri Stoll 1269 voix (5,02%) et Stéphane Lhomme 1172 voix (4,44%). Total : 25.175 suffrages. EELV annonçait 32 896 inscrits. Le taux de participation s’affiche ainsi à 77%. Et voici ce qui me trouble : ce corps électoral était composé des adhérents EELV (12 à 15.000 ?) et d’à peu près autant de sympathisants.

A votre avis… qui sont les 7.000 écolos qui ne se sont pas déplacés ?

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Otages libérés : ça, c’est fait.

On n’oubliera pas que les trois accompagnateurs des deux journalistes ont aussi été libérés.

Aubry, candidate. Et ?

« J’ai décidé de proposer ma candidature à l’élection présidentielle.»

MA.

Une petite phrase, et c’est parti. Il y a deux façons de voir cette candidature. Soit l’expression d’une volonté évidente de respecter jusqu’au bout son propre calendrier, soit un manque d’envie d’aller à ce front-là. Le Lyonnais Romain s’est d’ailleurs emmerdé. L’autre Romain/Variae s’inquiète de la forme. En fait, Martine Aubry est la seule de tous les candidat(e)s déclaré(e)s à avoir savamment entretenu un vrai suspense.

Depuis hier, quelques consoeurs et confrères ont annoncé sur leur blog qui elles/ils soutiendraient pour cette primaire socialiste « élargie« . Ma consoeur Trub hésite encore entre Martine et Ségolène. D’autres n’oublient pas que l’actualité de Sarkofrance exige toujours de la vigilance.

Je suivrai, avec délectation et respect, les consignes de courtoisie lors de cette phase primaire. Comme disait Hollande hier, il ne faut pas « handicaper l’avenir« .

Je citerai ce passage, du discours aubryiste (que je  vole au confrère GdC d’Humeurs de Gauche) : « On ne gouverne pas en opposant les jeunes aux plus âgés, les travailleurs aux chômeurs, les Français aux étrangers. On ne préside pas la France sans porter haut ses valeurs et son identité, qui ont fait l’admiration du monde. Derrière l’apparence de l’énergie, trop souvent confondue avec l’agitation, ce pouvoir a surtout une réalité : une politique injuste exclusivement menée au profit des privilégiés »

Le confrère Mecialex rediffuse toutes les déclarations de candidatures (à date, il nous manque peut être Mosco).

Je ne suis pas sûr que l’une ou l’autre fasse changer les indécis.

Je me souviens quand même d’un Jospin qui avait oublié que cet exercice, fut-il convenu, médiatique et emprunté, était quand même la moindre des politesses. En 2002, il nous avait annoncé sa candidature par un fax à l’afp. S’il était candidat pour 2012, il aurait été capable de nous le faire sur Twitter.

On nous promet donc, enfin, des débats d’idées, avec de la courtoisie dedans, avant un choix à deux tours en octobre puis le vrai combat, au printemps. Chaque jour, des sujets sont « proposés », « placés », « imposés » dans la campagne. Dette, école, identité, démondialisation. Ils sont tous intéressants, ils méritent tous qu’on en discute.

Mais comment dire…. Cela fait 4 ans, un mois, et 23 jours que je sais pertinemment ce que je veux et ce que je ne veux plus.

Putain, encore 9 mois.

Je ne suis pas socialiste, mais…

J’avoue. François Hollande fait une formidable campagne.

Pour un écologiste, je ne suis pas certain qu’il s’agisse de la meilleure des nouvelles. Je préfère la candidate Royal. Elle, au moins, agit sur des sujets aussi simples mais importants que l’interdiction de la culture OGM dans sa région. Elle au moins est d’accord avec la sortie du nucléaire d’ici quelques décades. J’ai beau cherché, je ne sais pas ce que François Hollande pense de l’écologie réelle.

Je ne suis plus socialiste depuis presque 20 ans. La référence au Parti socialiste est d’abord très agaçante. L’urgence écologiste est ensuite évidente. Je n’ai jamais été autant terrifié que par la perspective d’une disparition d’une partie plus ou moins importante de notre Terre. Je ne crois plus depuis longtemps que le progrès est inscrit dans l’histoire humaine. Le constat est assez trivial, mais la seconde guerre mondiale nous a largement montré le contraire.

Quand l’écologie politique a enfin compris, il y a une vingtaine d’années, que sa place était à gauche, j’ai plongé. Elle était – et elle toujours – plus ouverte sur les questions sociétales (mariage homo, pacs, etc), plus combattante sur la défense des immigrés, plus sensible à la malbouffe ou autres injustices écologiques qui frappent les pauvres. depuis 2009, l’écologie s’est élargi à quelques-un(e)s, trèèèèèès nombreuses et nombreux, plus sensibles à la défense du globe qu’aux enjeux sociaux. Ce n’est pas grave. Si les gauchistes veulent faire comprendre que social et écologie sont indissociables, il faudra bien que les « sociaux » soient plus écolos et les écolos plus gauchistes.

Certains écologistes ont pensé, en 2012, qu’il fallait peser sur les socialistes en installant une primaire écolo. Le souvenir d’élections récentes, régionales et européennes, était présent. L’élection présidentielle est une mauvais élection pour les idées. La personnalisation du pouvoir, local ou national, est une démarche infantile.

Je ne suis plus socialiste parce qu’au PS, trop nombreux restent celles et ceux qui croient encore au destin individuel de leur leader.

Mais j’irai sans doute voter aux élections primaires.

Parce qu’on ne peut pas déserter le combat de 2012 sous prétexte que la règle ne nous plaît pas. J’aurai pu voter Mélenchon, s’il s’était présenter aux primaires socialistes. Il a préféré le soutien du PC. Chacun ses soutiens.

Il est assez probable que pour cette primaire, je voterai Ségolène Royal. Aucun candidat ne me semble présenter les gages d’une candidate libre des lobbies.

 

Un jour se lève. Ou pas

La chanson date un peu, et, sur le coup, elle m’agaçait. Avant que je ne vois le visage de son jeune chanteur. Et que j’imagine que nombre d’autres « gamin(e)s » aient la même hargne.

Alors on aurait de l’espoir, non ?

J’en ai marre des procès contre Marianne

Blogueur associé à Marianne2, je ne cesse de lire des commentaires négatifs sur l’hebdomadaire lui-même, ou son site. Le blog Sarkofrance, certains jours, devient un cahier de doléances, ou de critiques injustes.

Avant toute chose, permettez moi de rappeler que je ne suis ni journaliste ni salarié de Marianne. Je n’ai aucun autre intérêt que la publication de mes billets de Sarkofrance chez Marianne2 à défendre le journal. Je n’ai signé aucun contrat d’association avec Marianne. Je n’en connais que deux ou trois éminentes personnes. Je n’ai jamais rencontré Jean-François Kahn.

Parfois, Marianne publie des articles, des couvertures, des dossiers qui me hérissent. Mais, à 41ans, j’ai cessé depuis bien longtemps de penser qu’un journal ou un hebdomadaire publierait « exactement » ce que je pense et défend.

Sur Marianne2, je lis donc les critiques suivantes :

1. Nous – blogueurs ou journalistes de Marianne2 – serions accusés de censurer les commentaires sur les articles. J’avoue qu’on me reconnaît l’avantage, sur Marianne2, ne pas supprimer ou fermer les commentaires. La gestion des commentaires est une chose impossible. Elle prend trop de temps, au détriment de la préparation des articles. Certains commentaires sont insultants. Je m’en suis déjà expliqué. Le site qui l’accepte est responsable pénalement d’éventuelles poursuites contre des commentaires anonymes insultants. C’est stupide, mais c’est ainsi.

2.  Marianne est également l’objet d’accusation contradictoire : primaire, souverainiste, libéral, fédéraliste, modemiste, frontiste, antisarkozyste, etc etc etc. Si vous voulez, ce que vous voulez. J’adore l’idée qu’un magazine soit difficilement catalogué. Les autres news mag roulent toujours pour une écurie. Cheval d’endurance, j’ai quitté mon écurie il y a bien longtemps.