Où va la blogosphère politique ?

L’ami Jegoun s’interroge sur l’accélération de certaines évolutions, comme celle des outils, l’aggravation des polémiques, la collaboration avec des sites de presse. Il se rassure également : « on annonce périodiquement la mort des blogs mais ils n’ont jamais été aussi forts ! » Disparitus n’est pas aussi optimiste.

La blogosphère politique fourmille d’idées pour agiter le débat politique. Mais la concurrence est déloyale.

Les journalistes se mettent à Twitter (avec talent et succès), et même aux blogs. Mais les blogueurs politiques sortent rarement de leur bois, c’est-à-dire d’internet. Sur le Web, les blogueurs politiques peuvent être influents, agréger parfois une belle audience, occuper le terrain. L’opposition à Nicolas Sarkozy est particulièrement présente, structurée et motivée. S’y côtoient notamment un large bloc de blogueurs estampillés à gauche (les seuls Left_blogueurs comptent déjà près de 70 membres) et une détestable fachosphère..

Mais tout ceci n’est que du Web. Et, voyez-vous, tous les électeurs et électrices ne sont pas « connectés ». Même ma tendre épouse ne lit pas Sarkofrance alors que la politique du Monarque l’horripile parfois plus que moi.

Il faut donc sortir du Net, trouver les caisses de résonance adéquats hors du simple cyberespace: presse, radio, TV, livres, peu importe le tuyau médiatique traditionnel, la démarche est nécessaire et, en période pré-électorale, urgente.

Patrick Cohen ne lit pas les blogueurs amateurs


Le site Arrêt sur Images(*) a mis en ligne une très instructive et longue interview du journaliste Patrick Cohen par Maja Neskovic (la version longue de 56 minutes vaut largement le détour). Cette dernière chronique chaque semaine les sources d’infos de ces pros qui gouvernent notre information.

Ils parlent de tout (ou presque), avec autorité et brio. Mais comment eux-mêmes s’informent-ils ? Chaque semaine, Maja part « @ux sources » d’un éditorialiste, d’un patron de presse, d’un intellectuel, ou de tout autre « omniscient » à la française.

Patrick Cohen anime la tranche 7-9 heures de France Inter du lundi au vendredi.

On y découvre que l’homme bosse dur ses interviews. Internet est pour lui une véritable source de veille, d’information réactive. C’est rassurant. J’ai toujours trouvé Patrick Cohen particulièrement bien informé quand il cuisine son invité.

Puis, à cause d’une simple phrase, j’ai failli être gravement déçu, d’une déception que d’aucuns jugeront quasi-narcissique.

Cohen dévoilait combien Internet lui sert, y compris les PurePlayers, et même les blogs… Ah, mon oreille se dressa…

pas mal de blogs… pas les blogs de gens tous seuls dans leur chambre de bonne qui donnent leur avis sur la marche du monde,  mais des blogs de journalistes spécialisés.

Ah. Le journaliste préfère lire des « Journalistes« .

Ce n’est pas la première fois que nous autres blogueurs non encartés professionnellement dans cette délicieuse corporation fiscalement bien nichée. Il y a pourtant une complémentarité évidente entre nos deux sphères.

Les journalistes produisent de l’information. Certains y sont brillants. Leur job est de nous dire ce qui se trame. Les journalistes accrédités à l’Elysée ont mille choses à dire de plus intéressant que n’importe quel blogueur. Ceux sur le terrain libyen risquaient parfois leur vie pour nous dire ce qu’il en était sur place au milieu des combats.

Mais d’autres sont devenus inutiles, les éditorialistes professionnels. Nous les avons mangés. Ils ne parlent qu’à une élite contestée. Ils ne produisent plus que du commentaire souvent daté, politiquement marqué, sociologiquement disqualifié.

Barbier, Aphatie, Duhamel, Brossolette, Nay, Joffrin, etc. Certains ont une excuse. Ils dirigent des journaux. C’est d’ailleurs leur seule légitimité. Pour d’autres, on ne sait pas pourquoi certains médias et de nombreux auditeurs leur donnent encore quelque crédit. Ils sont tous blancs/bourgeois, souvent quinqua, rarement femmes (je vous ai cité les deux uniques spécimens féminins).

Patrick Cohen cherche donc de la véritable information. Il néglige peut-être quelque chose.

La véritable information, dans notre monde sur-informé, nait aussi de l’angle que l’on choisit pour relater la réalité.

Allez, pour le plaisir, un court extrait d’une échauffourée entre Cohen et Guillon. Bons tous les deux.

(*) article payant.

Lula a un cancer

La vie est bien sûr mal faite. Certains sont bavards et l’on aimerait les voir se taire. D’autres sont des modèles et ils vont devoir faire silence.

Lula a un cancer du larynx. J’avoue, ça m’a f ait un choc, hier, quand j’ai appris la nouvelle.

« L’ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva est atteint d’un cancer du larynx, a indiqué samedi 29 octobre dans un communiqué l’Hôpital syro-libanais de Sao Paulo où il a été admis. L’ancien président âgé de 66 ans, qui a gouverné le Brésil de 2003 à 2010, subira un traitement de chimiothérapie, précise l’hôpital. « Le patient se porte bien et doit suivre le traitement sous forme ambulatoire », indique-t-on de même source. »

source: Le Monde

DSK doit parler. Ou pas.

Il veut être entendu par la police « pour couper court aux rumeurs ». La police, suivant les instructions inévitables de son ministre de tutelle, tarde et laisse traîner.

J’ai, comme d’autres, lu le dossier du Point, l’article du Monde, les révélations de Marianne.

Les confessions des mis en examens dans l’affaire du Carlton de Lille sont hallucinantes.

Des prostituées payées par un cadre d’une grande entreprise, un rendez-vous au FMI, des policiers locaux participants et accompagnateurs, un mélange odieux de politique, d’influence, de cul et de misère sexuelle.

Un ancien proche de DSK a confié au Monde: « A un moment donné, le disque dur a fondu »

Oui. Le disque dur de DSK a sans doute fondu il y a bien longtemps.

Pas sûr qu’on ait envie d’entendre ses explications.

 

Elles ne concernent que lui.

Quand Brassens est mort

Je me souviens du jour où George Brassens est mort. Nous étions en voiture, la R16 familiale. Mon père conduisait. Il aimait souvent chanter Brassens. A la radio, un journaliste annonça la mort du chanteur. J’avais 11 ans tout juste. J’ai réalisé que Brassens était finalement très vieux et qu’on ne l’entendrait plus.

Trente ans plus tard, je comprends que Brassens est mort jeune. Il fumait la pipe. J’ai longtemps fumé la pipe. Brassens disparu, nous avons laissé sévir Pierre Perret. On mesure souvent trop tard la conséquence des choses.

Un film récemment sorti, charmant au demeurant, retrace cette curieuse nostalgie trente ans après. Skylab. Fidèle à une époque, mon enfance, il me semble telle une chronique documentaire d’un autre temps, la préhistoire. Brassens en faisait malheureusement partie.

Le Président sent des pieds

Ils sont revenus quelques instants dans l’amusante et rafraîchissante Des Clics et Des Claques, les deux compères de la Chanson du Dimanche étaient là hier soir, jeudi 27 octobre 2011.

Leur tube de 2007, le « Pouvoir d’Achat« , fut la Bande Originale du Sarko-Show comme le postait Guy Birenbaum.

Ecoutez-la jusqu’au bout, elle a été actualisée. Elle sonne comme un triste rappel, celui des promesses non tenues, le symbole d’un mandat raté.