Où va la blogosphère politique ?


L’ami Jegoun s’interroge sur l’accélération de certaines évolutions, comme celle des outils, l’aggravation des polémiques, la collaboration avec des sites de presse. Il se rassure également : « on annonce périodiquement la mort des blogs mais ils n’ont jamais été aussi forts ! » Disparitus n’est pas aussi optimiste.

La blogosphère politique fourmille d’idées pour agiter le débat politique. Mais la concurrence est déloyale.

Les journalistes se mettent à Twitter (avec talent et succès), et même aux blogs. Mais les blogueurs politiques sortent rarement de leur bois, c’est-à-dire d’internet. Sur le Web, les blogueurs politiques peuvent être influents, agréger parfois une belle audience, occuper le terrain. L’opposition à Nicolas Sarkozy est particulièrement présente, structurée et motivée. S’y côtoient notamment un large bloc de blogueurs estampillés à gauche (les seuls Left_blogueurs comptent déjà près de 70 membres) et une détestable fachosphère..

Mais tout ceci n’est que du Web. Et, voyez-vous, tous les électeurs et électrices ne sont pas « connectés ». Même ma tendre épouse ne lit pas Sarkofrance alors que la politique du Monarque l’horripile parfois plus que moi.

Il faut donc sortir du Net, trouver les caisses de résonance adéquats hors du simple cyberespace: presse, radio, TV, livres, peu importe le tuyau médiatique traditionnel, la démarche est nécessaire et, en période pré-électorale, urgente.

Publicités

23 réflexions sur « Où va la blogosphère politique ? »

  1. oh, comme je suis d’accord ! Le travail militant sur le web n’est qu’un complément du travail de terrain ! Mais commele FdeG est particulièrement créatif et va au devant des gens, je suis quant à moi plutot confiant. Cela finira parpayer, et nous ferons mentir les sondages. L’effet Montebourg se prolongera par Mélenchon.

  2. Je pense que la blogosphère de tendance démocratique doit forcément faire ressortir les soubressaults de cette société qui en est à l’un de ses carrefours. Je ne suis donc pas vraiment pessimiste pour elle et je confirme que les bloguers ou les simples intervenants comme votre serviteur, doivent effectivement investir les autres vecteurs d’expression politique et démocratique dont la plupart ont été confisqué par une classe « supérieure » faite de bobo et de droitiers pas génés du slip. Pour ma part, je ne suis pas blogueur, mais j’adore y mettre mon grain de sel, autant que mon grain de folie dans l’écrit pas le bais de romans de la même veine que mes interventions. Qu’on en juge par cet extrait de mon dernier roman qui va paraître sous peu sur le net.

    . »../… Fini l’hypocrisie honteuse, place à l’affirmation d’une intransigeance dénuée de toute sensibilité intempestive. On pouvait donc dorénavant être une belle enflure en s’en ventant à la face du monde et tondre le mérinos à loisir en se justifiant d’un sourire, tandis que les chiens de garde aboyaient en déchiquetant sa laine. La curée approchait à grands pas et la meute enragée semblait enfin pouvoir libérer sa haine et dévorée sa proie, en plantant ses crocs acérés dans sa chair tendre. On n’avait même plus à se justifier d’être porteur d’une de ces tares, obligeant jusqu’alors ces dames de la haute bourgeoisie à payer de leur frêle personne en se déguisant en dames patronnesses au grand cœur et paraître à l’écoute des souffrances du bas peuple, pour émouvoir icelui dans les chaumières en lui donnant le change.

    « Comme vous semblez souffrir mon brave ? Je compatis à votre douleur, croyez le bien. Courage, allez ! Il faut y croire ! », confiait, à l’époque, l’exemplaire belle dame tirée à quatre épingles, s’exprimant même d’un trémolo dans la voix en portant haut l’emphase et bas l’air contrit. La conscience soulagée, elle pouvait dès lors sortir de la messe droite comme un cierge dans des allures de vierge immaculée, après s’être fait violence dans une salvatrice repentance.

    Toute vêtue d’organdi et le missel à tranches dorées, calé au creux de ses blanches mitaines, la dame patronnesse type n’hésitait jamais à écraser sa larmiche tiède en public, dans un mouchoir de soie parfumé de quelque essence rare. Sur la pochette à taille de confetti et au soyeux tissu, étaient délicatement brodées au point de croix ou de jésus, c’est selon, les initiales de son aristocratique blaze à rallonge portant particule.
    Sans doute restait-il encore quelques âmes sensibles, en ce siècle brutal et froidement inhumain, car certains aristo-affairistes nostalgiques d’une époque récente, espéraient revoir ce genre d’émouvante scène en renvoyant le populo à ce qu’elle avait, cependant, de surtout plus mauvais…/… »

    ARAMIS

  3. Bon billet Juan. Je partage ce que dit Gauche de Combat sur le point que celle ci doit surtout être le prolongement d’un combat irl.

    D’un côté, le blog est parfois le moyen pour quelqu’un de faire de la politique de cette façon alors qu’il ne l’aurait peut-être pas fait autrement pour des raisons pros ou familiales

    D’autre part, c’est parfois négatif, certains se disant aussi qu’ils n’ont pas besoin de faire plus parce qu’ils ont un blog. Un achat de bonne conscience. Un type de comportement qui aménerait par exemple en cas d’occupation à liker un statut sur Facebook qui dirait « Pétain est un con » plutôt que de prendre le maquis.

  4. Comme souvent, toujours serait excessif il faut laisser une marge d’amélioration pour progresser LOL LOL, excellent petit (court) papier !

  5. Chers amis,
    permettez moi de faire une petite digression par rapport au sujet de ce post.
    Je voudrais faire une lecture à contre courant.
    « Où va la blogosphère » pose un certain sens du courant : ceux qui ont pris conscience d’un certain nombre de choses, diffusant leurs idées contribuent à une prise de conscience collective. C’est tout à fait légitime comme raisonnement.
    « L’autre » sens du courant serait le suivant :
    Une prise de conscience collective peut cristalliser avec indépendance vis à vis de la presse officielle ou à de la presse extra-officielle , telle celle des blogs.
    A ce titre, je voudrais indiquer ce qui se passe dans la basse cour de l’Europe, qui est superbement ignoré en France.
    Les indignés espagnols ont produit un mouvement d’assemblées populaires hebdomadaires dans quasiment toutes les villes d’Espagne. Assemblées populaires quartier par quartier, dans les grandes villes, commune par commune dans les campagnes.
    Ce qui se tisse est d’une richesse, d’une diversification, d’une sagesse, d’une élégance, d’une créativité et d’une efficacité croissante et redoutable.
    Le mouvement des indignés espagnol, première résonance européenne du printemps arabe, a réussi le tour de force d’avoir une résonance mondiale, lors de la journée du 15 Octobre. Première journée de protestation populaire mondiale!! Rien que ça!!
    De toute l’Europe, c’est en France où cette journée a eu le moins d’impact.
    Il est pour moi incroyablement étonnant que l’immense l’ampleur qu’ont connu les manifestations en Espagne ce jour-là, n’ait pas du tout été diffusée en France, ni par médias officiels ni par les blogs. L’info s’est limité à Madrid et Barcelone, de façon succincte; alors qu’il y a eu plusieurs dizaines de villes qui ont connu des manifs de pus de cent mille personnes. Il est fort dommage que l’immense vigueur de ce mouvement populaire, né au bout de 40 ans de « démocratie » bipartite financiarisée, soit si méconnue en France. Car il me semble que l’existence même de ce mouvement qui existe déjà depuis bientôt un an peut nous éclairer beaucoup sur la nature même de nos démocraties, et les changements qui s’avèrent inéluctables.

  6. Qu’est-ce qui motive la création d’un blog, politique de surcroît? L’envie de s’exprimer autrement que par les urnes et de sortir un peu du carcan des partis, par exemple.
    Oui mais voilà, tout comme les militants parlent aux militants et à leur entourage proche, les blogs parlent aux blogueurs intéressés par la politique et essaiment ainsi de cercles en cercles. Si les blogs et blogeurs doivent et veulent peser, ils doivent aussi aller chercher au delà des lecteurs intéressés par la politique tout en infiltrant les think tanks et autres « milieux initiés » comme aurait dit Coluche.
    Difficile car l’internaute butine, ne prend pas le temps de lire ce qui est trop long et prend une info cherchée sans regarder ce qu’il y a autour, sans avoir la curiosité de voir derrière. Icezine, mon blog/webzine, tente jusqu’à présent de capter au delà de l’aspect politique en mélant les sujets mais la sauce ne prend pas à cause de cette volatilité de l’internaute.
    Les auteurs des blogs sont curieux d’info, aiment partager, discuter….Mais à l’ère du « I Like » de Facebook, on sombre très vite dans la futilité ou dans la provocation. Les exemples abondent…. Pour ma part, cela était Agoravox, règne de la fachosphère, la plupart du temps pour ce qui est des forums. Twitter permet de relier cette blogosphère mais son utilisation politique est balbutiante en France et surtout à sens unique. Si les Indignés ne décollent pas en France, c’est aussi par ce qu’il n’y a pas de solidarité.
    Je rencontre aussi ce phénomène à travers le mouvement végétarien français où chacun prèche dans sa chapelle et où il est impossible de fédérer à travers des initiatives.Les appels à de bonnes volontés sont salués mais restent lettre morte dès qu’il s’agit de s’investir humainement, même modestement.
    Il faut saluer l’initiative Left Blog mais cela aurait plus d’effet encore si la démarche n’était pas si opaque, si fermée.
    Toute la problématique ne réside pas dans le fait que tout le monde soit connecté ou pas. Il y a suffisamment d’internautes en France. Mais il faut pouvoir capter leur attention là où ils vont habituellement pour les amener là où nous voulons. Cela peut être à travers le web comme à travers d’autres médias par réseautage. A la blogosphère de se battir et de peser en tant que Lobby influent.

  7. Je suis de l’avis de Corto74.
    Très bien cette guerre des indiens et des cows boys, bon amusement.

    Et puis sincèrement formidable puisque tout le monde peut vagabonder dans chaque
    camp et y produire sa littérature et donner tout net sa manière de penser.

    Ceci dit j’ai bien l’impression que l’influence politique des blogs du moins pour
    les passants (commentateurs) n’est pas Epsilon mais carrément Zéro.

    D’ailleurs cela est frappant que dans les blogs les personnages politiques discutés
    sont vus très différemment que ce que présentent les grands médias et
    l’article en fait s’en fiche, il est là dans une stratégie de promotion de sa ligne
    bien précise qui elle peut-être « efficace » et les discutailleurs ont leur bac à sable,
    qu’ils se défoulent !!

    Je parle surtout des sites des grands médias (comme le Post ou liés à des journaux)
    mais pas seulement.

    Attention je ne veux pas (seulement) m’en plaindre, le Divertissement c’est essentiel, et être
    des soldats de claviers, c’est quand même un très grand progrès par rapport
    à nos ancêtres qui jouaient aux soldats de plomb !!

    Pour ce qui est du commencement du début de résolution de la main mise bien trop abusive chez nous du « système » sur les médias qui dans une large mesure finalement « décident » on repassera dans 40 ans (je parie qu’il y aura encore plein de centrales nucléaires).

    Sorry, la Toussaint n’incite pas à l’optimisme !!

  8. A la lecture des blogs c’est Ségolène Royal qui aurait du être élus aux primaires socialistes. La preuve qu’en dehors d’internet, il se passe autre chose.

    1. Oui c’est vrai, et on ne me fera pas croire que les gens du net sont
      complètement intrinsèquement différents des autres.

  9. Les blogs sont confidentiels. D’ailleurs, je ne lis pas systématiquement mes billets… 😉

    Plus sérieusement, le travail des blogueurs n’est utile que s’il sert dans la vie réelle, notamment si on milite sur le terrain, on peut y trouver de bons arguments…

Les commentaires sont fermés.