Sarkozy progresse

Je ne pouvais pas écrire cela sur le blog principal. Trop drôle. Quelque chose de lu dans le Parisien.

La cote de Sarkozy progresse fortement à droite

Damned !

Encore un sondage, cette fois-ci de BVA pour Orange-L’Express-France Inter. Que se passe-t-il ?

Rassurez-vous. Le vrai titre de l’article, plus complet, était le suivant : La cote de Sarkozy reste très basse mais progresse fortement à droite  »

Je vous le concède, la manipulation était facile. Finalement rien de grave. Si Sarkozy progresse à droite mais stagne au global, c’est bien que son coeur de cible se rétrécit. C’est heureux.

Deux Français sur trois ont une mauvaise opinion de Nicolas Sarkozy en tant que président de la République, mais sa cote a gagné neuf points en un mois auprès des sympathisants de droite, selon le baromètre BVA-Orange-L’Express-France Inter.
66% des personnes interrogées (+1 point par rapport à l’enquête de septembre) ont une mauvaise opinion de M. Sarkozy (« plutôt mauvaise » pour 34%, « très mauvaise » pour 32%).

Ils sont 32% (stable) à avoir de lui une bonne opinion (« plutôt bonne » pour 27%, « très bonne » pour 5%). 2% ne se prononcent pas.
Si 11% des sympathisants de gauche ont une bonne opinion du chef de l’Etat, ils sont 68% des sympathisants de droite dans ce cas (+9). Dans cet électorat, 52% des personnes interrogées ont une opinion « plutôt bonne » du président de la République, et 16% une « très bonne » opinion.
Parmi les proches de l’UMP, la cote de Nicolas Sarkozy atteint même 88%. Dans l’électorat du MoDem en revanche, seuls 27% ont une bonne opinion de lui.

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Après le printemps arabe, la charia ?

Dimanche dernier, le président du Conseil National de Transition libyen a proclamé la libération du pays… et l’instauration immédiate de la charia. Il aussi promis l’organisation d’élections dans les 8 mois.

Dimanche dernier, les Tunisiens votaient réellement démocratiquement pour la première fois de leur vie pour nombre d’entre eux. Deux jours après, le parti Ennahda, qualifié d’islamiste modéré, était donné gagnant.

En Egypte et au Maroc, on attend avec une relative fébrilité le résultat des prochaines élections. Frères Musulmans ici, islamistes là-bas, l’inquiétude est la même.

La charia serait-elle l’inévitable aboutissement du printemps arabe ?

Cette conclusion est bien injuste, et bien rapide.

Bien injuste, car le premier responsable de la victoire des islamistes en Tunisie est Ben Ali. A justifier des dictatures prétendument laïques, on a décrédibilisé nombre de causes légitimes comme la laïcité. Il ne faut pas regretter le printemps arabe au motif que le résultat des élections démocratiques qui suivent peuvent donner lieu à une victoire des partis islamistes. Les dictatures de toutes natures doivent craindre pour leur survie. Pendant des décennies, la France a offert à certaines d’entre elles les pires des excuses.

Bien rapide aussi, car il est trop tôt pour juger définitivement de la suite. En Libye, l’intervention occidentale (« nécessaire » avons-nous écrit sur ce blog) a permis de se débarrasser d’un dictateur fou. Mais l’attitude française a été brouillonne et obscène. On a légitimé et porté aux nues des personnes peu recommandables, sans rien exiger en contrepartie. Sarkozy voulait sa victoire en Irak sans le bourbier.

En Tunisie, Ennadha peut avoir le bénéfice du doute, et ne pas être caricaturé immédiatement comme une succursale des fondamentalistes iraniens. De surcroît, le parti sera contraint à la coalition.

Alors que faire ?

Rester vigilant, encore et toujours.

 

Elie Arié, commentateur fidèle

Celles et ceux qui préfèrent lire Sarkofrance chez Marianne2 plutôt que sur son adresse originale connaissent Elie Arié. Il commente régulièrement chacun de mes billets, et réagit aux critiques qu’il reçoit. Elie Arié, malgré son opposition réelle au Monarque en place, est quasiment devenu l’un des modérateurs du blog chez Marianne2, exception faite qu’il ne peut censurer les écrits de certains.

Samedi dernier, il a livré l’analyse suivante sur la nature parfois violente des échanges entre commentateurs du blog.

Michel Onfray avait très justement remarqué, dans une Tribune Libre du « Monde » du 18.04.2010 intitulée « Littérature de vespasiennes », que la participation à des forums de discussion relève de la part la moins reluisante de notre psychisme, ceci étant encore plus patent pour ceux qui postent àl’abri de l’anonymat d’un pseudo .

J’y ajouterais un autre élément : le besoin de se prouver à soi-même qu’on existe, qu’on compte dans le débat intellectuel, que ce qu’on a à dire est important au point de mériter d’être porté à la connaissance des autres : on imagine mal un Edgar Morin, un Alain Minc, un Paul Jorion, un Jacques Attali, un Pierre Gauchet, un Alain Badiou (vous noterez que j’ai pris soin d’alterner « un bon/un méchant ») venir participer à un forum de discussions…Même ceux qui se bornent à poster un lien ou un copié-collé d’un article, sans y rajouter le moindre commentaire personnel, estiment avoir ainsi attiré l’attention sur eux et apporté leur pierre au « bruit du monde ».

C’est sans doute cette sélection par les motivations névrotiques qui explique que la courtoisie est très rare sur les forums, et dégénère si souvent en injures : car y contredire quelqu’un n’est pas s’attaquer à ses idées, mais à sa personnalité, à son besoin d’exister : cela s’apparente à la tentative d’assassinat, pour laquelle même la loi reconnaît que la défense la plus violente est légitime.

Mais dans le cas du blog de Juan, s’y ajoute un autre phénomène, qui vient encore rabaisser le niveau des participants, et sélectionner la lie la plus névrotique de la lie des participants aux forums en général.

Juan se livre à un exercice journalistique difficile et amusant depuis l’élection de Sarkozy : celui de produire, chaque jour, un billet exclusivement à charge , quel que soit l’angle d’attaque (c’est le cas de le dire) : même la naissance de sa fille, même tout ce qui relève de l’action de ses prédécesseurs ou des autres pays ou de l’état du monde sur lequel Sarkozy ne peut rien, même ses échecs lorsqu’il a essayé ce qu’il fallait essayer ; il n’y est évidemment pas plus question d’objectivité que pour un procureur dans un procès, qui laisse à l’avocat de la défense le soin de rechercher les éléments à décharge (sans davantage d’objectivité), et où c’est de la confrontation de ces deux points de vue opposés et qui ne doivent surtout pas être objectifs (ni le procureur, ni l’avocat, n’ont à se substituer au juge ou au jury) qu’on espère pouvoir approcher le mieux la vérité.

Mais, ce faisant, il a drainé avec lui un lot de commentateurs qui prennent son exercice au premier degré, des immatures manichéens incapables de dépasser le premier degré, pour qui Sarkozy est la poupée-fétiche dans laquelle les sorciers de village plantaient autrefois des aiguilles pour nuire à la personne qu’elle représentait ; ainsi, pour ces esprits pré-logiques, et fonctionnant à la pensée magique, Sarkozy est-il le grand défouloir (et ils ont beaucoup de chose à défouler), le responsable unique de la crise , de l’ « ultralibéralisme », du néolibéralisme, de l’ « Europe libérale », du néoconservatisme, de la mondialisation, des étés pourris, etc. (comme ils seront malheureux et désemparés , lorsque Sarkozy ne sera plus au pouvoir, et qu’ils devront se chercher autre chose !).

On comprend dès lors que la règle absolue de ce forum doive être l’unanimisme, et qu’on y chercherait vainement le moindre et intolérable « sur ce point-là, Sarkozy a eu raison » ; ceux qui s’y risquent ont droit à toutes les injures, à l’exigence des autres qu’ils en disparaissent au plus vite, car ils ne viennent pas du tout enrichir un débat, mais perturber une psychothérapie de groupe aussi sauvage qu’inefficace.

Cette analyse critique appelle au moins trois commentaires.

1. A l’exception des dérives ad nominem et antisémites contre Nicolas Sarkozy que j’ai déjà dénoncées sur ce blog comme chez Marianne2, les commentaires accusatoires contre Sarkozy sont tous légitimes. Notre Monarque a eu nombre de médias avec lui, une force de frappe hors normes. Il suscite chez beaucoup, moi y compris, un mélange de gêne et de honte quasi-systématique.

2. Nicolas Sarkozy se présente, depuis 2007, comme le Sauveur du Monde, ou, a minima, de notre monde. Il est assez légitime et nécessaire de rétorquer avec le même systématisme qu’il n’en est rien, et que s’il en était pour quelque chose, il est finalement bien inefficace.

3. La place du débat avec les autorités en place, ou sur leurs actions et mesures, est une question assez vaine. En Sarkofrance, vous êtes collaborateur ou adversaire. Je rêve de retrouver le débat serein ou passionné avec mes adversaires mais parfois amis de droite. Cela n’est pas possible en Sarkofrance. Elie Arié a nécessairement noté que chacune de mes chroniques hebdomadaire se termine par un appel: « ami sarkozyste, où es-tu ? » Certains ont cru que je ne trouvais plus de sarkozystes. C’est faux. Ils sont encore nombreux. Mais je n’y trouve aucun ami. Je sais que nous ne sommes plus du même côté de la barricade.

J’en conclus qu’Elie Arié lit trop souvent Sarkofrance, et que je lis trop Sarkozy.

Chacun sa croix.

Pourquoi les Ecolos devraient s’allier à Hollande sans préalable nucléaire

Ma copine et consoeur d’EELV Eva Joly est partie au Japon à Fukushima la semaine dernière. On a à peine parlé d’elle. Eva a encore répété qu’il fallait que le PS s’engage sur la sortie du nucléaire s’il devait y avoir un accord électoral PS/EELV.

« Je suis la seule candidate qui veut la sortie du nucléaire en France. (…) Les socialistes sont hésitants, mais je ne désespère pas de rallier les socialistes à mon point de vue. Je fais de la sortie du nucléaire le point dur de notre accord. »

Dimanche, Cécile Duflot a développé le même argument:

« Pourriez-vous signer un texte qui n’inclut pas la sortie du nucléaire?
Non. Après Fukushima, la sortie du nucléaire est un horizon obligatoire, même si pour certains, ces mots sont imprononçables. Travaillons maintenant sur des scénarios précis. Si cet accord est un compromis, il ne reprendra ni mes propositions ni celles que François Hollande ou Martine Aubry ont mises en avant dans la primaire. »

Pour l’antisarkozyste et antinucléaire que je suis, le choix est rude. Le nucléaire est une énergie perdue: elle est dangereuse, on ne sait pas recycler ses déchets qui sont mortels pendant des millénaires, elle est limitée (puisqu’il faut piller l’uranium africain pour nos 58 réacteurs nationaux). Et …. ?

Eva Joly n’a aucune chance d’être qualifiée au second tour de la présidentielle. Je respecte mes copines et copains (chez les Verts, on parlait de copains, pas de camarades) qui feront quand même campagne, mais bon.

Je n’ai toujours pas compris pourquoi EELV pensait dorer sa position en participant à ce scrutin personnel.

Si EELV met comme préalable à tout accord un engagement de Hollande à la sortie (nécessaire) du nucléaire, nous risquons deux situations: soit on perd contre Sarko, soit Hollande gagne quand même et les écolos sont décrédibilisés.

La bonne tactique, me semble-t-il, serait de retirer ce préalable pour la présidentielle, négocier un accord pour les législatives, participer à la victoire que nous souhaitons tous le 6 mai, gagner  des députés en juin 2012 et faire ensuite pression grâce à un mini-groupe à l’Assemblée sur les sujets nucléaires qui se présenteront au cours de la mandature.

Ce raisonnement n’est visiblement pas partagé par l’état-major EELV. Et c’est bien dommage.

Donc je devrais voter Hollande dès le premier tour.

Les gauchistes que nous sommes doivent comprendre que la présidentielle n’est pas faite pour nous, qu’il vaut mieux apporter un soutien tôt pour peser ensuite plutôt que de se ridiculiser au premier tour d’un scrutin personnel.

(Credit illustration)

François, on attaque quand ? #Hollande2012

Bon. Cela fait plus d’une semaine que François Hollande a été désigné candidat du Parti socialiste et du Parti Radical de Gauche. En une semaine, François (*) a négocié davantage de place pour ses proches dans l’appareil socialiste (c’est normal), s’est amusé de la convention anti-Hollande de l’UMP mardi en fin de journée (c’était nécessaire), puis est parti en Espagne rencontrer Zapattero et même Lula (c’est important).

François va voyager, il vaut mieux le faire maintenant. Samedi, il a été intronisé officiellement.

Mais il faut répliquer aux attaques. Et elles ont été nombreuses. Il faudrait donc répliquer, lancer quelques pièges, attendre que l’opposition sarkozyenne s’emballe. Ils sont nerveux là-bas; a ressemble à une fin de règne. Il faudrait confirmer.

Pour confirmer la mise au rebut du Monarque, il faudrait donc répliquer, coup pour coup.

Alors François, on commence quand ?

Cela fait bientôt 5 ans qu’on s’échauffe.

(*) je l’appelle François comme Royal a été baptisée Ségolène dans nos chroniques blogosphériques.

DSK, saison 4, dédicace

J’ai pensé à lui, Dominique, en écoutant ce dernier tube de LFMAO.