Faut-il « collaborer » ?

L’élection approche, Sarkozy est décrit comme affaibli. Et pourtant. Pourtant, certains acceptent encore leurs médailles des mains du Monarque. D’autres accourent quand ils sont invités à l’Elysée. D’autres encore prennent les honneurs ou les postes qu’on leur propose. Tous, loin s’en faut, ne sont pas de droite. Les convictions sont peut-être même inverses.

N’y-a-t-il une élection bientôt ? Ne pense-t-on pas qu’un changement de majorité est possible ? Ces indécis ne devraient-ils pas se méfier ?

Dans les premiers mois du blog Sarkofrance, j’écrivais des billets enflammés contre les débauchés de gauche ralliés à Sarkozy. Quelques confrères/consoeurs, lecteurs/lectrices n’avaient pas apprécié.

L’ouverture à gauche n’existe pas. Elle consiste en fait à quelques débauchages de personnalités de gauche, marginales dans leur camp, qui ne font qu’appliquer le programme présidentiel. Des collabos en quelque sorte.

(29 mai 2009)

Trois ans et demi plus tard, je vous laisse imaginer mon état d’esprit quand je lis le compte-rendu de certains rendez-vous au Palais.

Si « la guerre est déclarée » comme l’écrit cet accrédité du Figaro à propos de l’état d’esprit présidentiel, certains devraient se méfier.

Il n’y a plus d’adversaires, mais des ennemis.

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Ruquier: pourquoi ?

Hier soir dans l’émission de Laurent Ruquier, il y avait une bonne soeur sexologue qui déclarait préférer les préliminaires aux primaires socialistes; Jacques Séguéla, sans sa Rolex, sans idée, tout en anecdotes qui tombaient à plat; Audrey Pulvar qui était gênée par certains calembours qui tombaient au plat (aussi); Natacha Polony qui justifiait ses 1400 euros par émission qui regardait l’écran devant elle.

Il y avait Charles Berling qui souriait. Amanda Sterhs qui s’emmerdait. Son copain Sainclair qui dormait presque.

La veille, France 2 avait perdu son directeur général. Viré pour cause de mauvaises audiences. Il était là depuis un an. Il paraît que Sarkozy s’agaçait.

Alarmé par la baisse des audiences, l’Élysée aurait demandé cette semaine à Rémy Pflimlin de « faire quelque chose ». Il est vrai que le naufrage actuel du service public retentit sur l’image de Nicolas Sarkozy, lequel, en s’attribuant la nomination des P-DG de l’audiovisuel public, s’expose forcément à la critique, même quand il s’agit de programmes télévisés… Rémy Pflimlin a donc réagi. Vendredi en fin de matinée, il convoquait Claude-Yves Robin pour lui proposer un changement de poste : au lieu de diriger France 2, Robin dirigera la communication du groupe. Un poste qu’il aurait accepté. Puis, en début d’après-midi, Pflimlin a réuni les patrons des unités de programme de France 2 pour leur annoncer la nouvelle et leur présenter Bertrand Mosca.

Le plus pénible dans l’émission de Ruquier, ON N’EST PAS COUCHE, est souvent l’introduction. L’humoriste, habituellement assez drôle, y livre ses vannes de la semaine. Cela fait des années que cela dure, des années que cela doit marcher. Mais ce soir-là, samedi 1er octobre, la séquence était terrible. Un peu plus tard, Henri Guaino était l’invité du soir.

Le conseiller spécial du Monarque avait-il besoin d’une nouvelle tribune ?

Les Allemands nous ont sauvé.

L’Allemagne a accepté de sauver la Grèce. On attendait avec anxiété le vote du Bundestag, jeudi 29 septembre. Plus de deux mois après l’adoption du plan de sauvetage de la Grèce, le 21 juillet dernier par les représentants de l’euro-group, le parlement allemand a donc ratifié le renforcement du fond européen de stabilisation financière.

Les députés allemands ont, comme prévu, approuvé à une large majorité le renforcement du mécanisme anti-crise de la zone euro, le FESF, qui maintient déjà le Portugal et l’Irlande sous perfusion.

Mieux encore, la chancelière Angela Merkel n’a pas eu besoin des votes de l’opposition pour compenser des défaillances dans son propre camp, un scénario qui aurait ébranlé sa crédibilité.

« Heureusement que le Bundestag a approuvé l’élargissement du FESF », a commenté son porte-parole Steffen Seibert, ajoutant que « l’Europe et la moitié du monde avaient les yeux rivés sur l’Allemagne ».

source: AFP

La lenteur de ces ratifications ne lasse pas d’étonner. Les agendas politiques des uns et les hésitations tactiques des autres minent la crédibilité européenne. Nous sommes et resterons des nains. Plutôt que de se pavaner sur des tribunes réunies plus ou moins dans l’urgence de quelques agences de notation, les Européens devraient porter autant d’attention au calendrier d’exécution qu’au contenu lui-même des mesures qu’ils adoptent.

Mais sur le fond, justement, fallait-il encore aider la Grèce ?

Que veut dire « aider » la Grèce ?

Lui prêter des milliards ?