Pourquoi se présenter à la présidentielle ?

Mon billet d’hier était inefficace, contre-productif car certainement mal écrit.

J’expliquais mon agacement devant la multiplication des candidatures pour la prochaine élection présidentielle.

Certains, comme Stef_paris ou Tythan ont cru que je dénigrais la légitimité de certains mouvements. C’est faux. Mélenchon, Poutou, Artaud, Dupont-Aignan, Boutin, Chevènement, et les autres représentent tous des courants, des idées, des positions. Mais pourquoi se présenter à l’élection présidentielle ? Un scrutin majoritaire à deux tours où l’on ne choisit qu’une personne.

Prenons le cas d’Eva Joly. J’en parle avec aise car je suis écologiste, ex-adhérent Vert 2006-2007. Fidèle soutien à chaque scrutin… sauf… sauf… sauf… à l’élection présidentielle. Il est évident qu’Eva Joly représente un courant. Mais que diable ! Pourquoi une présidentielle ?

Les esprits savants vous expliqueront que cette élection structure le paysage politique et « qu’il faut en être ».

Honnêtement, c’est juste n’importe quoi ET il y a d’autres voies pour « peser« .

En 1995, Chirac a été élu. Il a tellement « pesé » que deux ans plus tard, il était en cohabitation. Autre exemple, les écologistes. Mon camp se plante, se ramasse, se vautre à chaque élection présidentielle. Les écologistes, à chaque élection depuis 5 ans, ont cartonné au point de déstabiliser le grand PS. Alors… la présidentielle… ça a servi à quoi ? A rien. Au contraire, il a fallu reconstruire une légitimité électorale après un score proche des 2%.

Merci pour nous.

A l’inverse, une belle négociation électorale AVANT l’élection présidentielle, ou, à défaut d’accord, la pression, sont deux options largement plus efficaces. Pourquoi croyez-vous que le Parti socialiste et EELV se soient mis d’accord sur quelques circonscriptions pour les prochaines législatives ?

Maximiser le rapport de force pour l’élection qui compte, c’est-à-dire la législative, la régionale ou l’européenne, est une tactique assez évidente. Paradoxalement, nombre de candidat(e)s présidentiel(le)s hostile(s), comme moi, au principe même de cette élection monarchique, ne cherchent qu’à s’y présenter…. Allez comprendre.

 

 

Hollande stagne à 53%. Dur.

« La popularité de Sarkozy fait un bond »

« Son rival socialiste François Hollande, traverse, lui, un moment difficile. Pourtant, dans notre baromètre, sa côté d’avenir progresse de deux points à 53%. Il est en tête du classement. »

Ces citations sont issues d’un article de l’Express, après la publication d’un énième sondage.

En langage sondagier, on appelle cela « l’évolution de la cote de popularité »

En langage politico-citoyen, on appelle cela « de l’entube-sondagière-qui-occupe-des-colonnes-au-lieu-de-parler-des-programmes. »

C’est dans l’Express, ne lisez pas.

Ces candidatures qui ne servent à rien

C’est le débat du moment, avec 3 mois d’avance: la collecte des signatures de parrainage pour être validé candidat à la prochaine présidentielle.

On découvre alors que cette prochaine élection présidentielle va donc friser le grand n’importe quoi.

Nous avons donc Christine Boutin, ancienne ministre de Sarkozy.

Nous avons aussi Hervé Morin, ancien ministre de Sarkozy.

Nous avons Frédéric Nihous, Chasse et Pêche, ancien membre du comité de liaison de la majorité présidentielle.

Nous avons Nicolas Dupont-Aignan. Celui-là, au moins, n’a jamais fricoté avec l’UMP. On ne sait pas bien qui il représente, mais bon.

A ceux-là, nous sommes tentés de dire, présentez-vous. Cela fera un peu de brouhaha à droite. L’atmosphère y est irresponsable pour nombre d’amis sarkozytes déçus.

Il y a Marine Le Pen, fille de son père. Celle-là n’est pas notre adversaire, c’est notre ennemi. Ces sbires et soutiens sont des gens que nous retrouvons un jour de l’autre côté des barricades. Mais Le Pen a son électorat. Et la France doit avoir le choix démocratique de retourner dans l’ignoble et l’insupportable.

A gauche, c’est le bordel.

Il y a Chevènement, le « Che ». Il veut peser. On s’en fiche. Il s’est réservé 100.000 euros de budget campagne. On rigole.

Il y a Poutou, le successeur de Besancenot. Les Trotskystes se divisent toujours. Il y a aussi Artaud. A qui servent-ils ? Préférez Mélenchon.

Il y a Eva Joly. Mardi matin, Jean-Vincent Placé, son collègue sénateur de l’Essonne, a défoncé Jean-Pierre Elkabach sur Europe1. EEL-LV croit encore à sa candidate. Tant mieux pour eux.

A mes amis , de droite ou de gauche, je leur dit qu’ils ont encore 4 mois pour se décider sur 4 candidatures. Quatre seulement, les autres ne cherchent pas à gagner ce scrutin mais à obtenir d’autres avantages, tout à fait légitimes sans doute. Ces 4 s’appellent Hollande, Sarkozy, Le Pen et Bayrou.

Pour moi, le choix est fait.

Des journalistes doutent de François Hollande

« Le doute s’installe dans l’équipe Hollande »

l’article est du Parisien, samedi dernier. Il est signé Éric Hacquemand et Rosalie Lucas. Il a compilé des informations d’une importance géostratégique: le choix du siège de campagne du candidat (« une équipe de campagne sans domicile fixe »), l’absence supposée de Martine Aubry (« cafouillages de communication et de coordination entre l’équipe du candidat et le PS se succèdent. »), et l’improvisation prétendue du candidat (« Sarkozy est méthodique, Hollande improvise« ). Pour un peu, on croirait l’article, 3552 caractères (espaces compris), rédigé à deux, tout droit sorti d’un tract UMPiste.

Sérieusement ? N’avaient-ils que cela à écrire sur la campagne de Hollande ?

Eric Hacquemand a rejoint le Parisien en 2008. Il a pourtant travaillé au Bondy-blog. J’écris « pourtant », car je pensais qu’un journaliste issu du « terrain » n’aurait pas le biais sociologique bourgeois du microcosme médiatique habituel qui consiste à surévaluer l’anecdotique et la tactique aux détriments du fond. En 2009, il a été condamné pour violation et recel de violation du secret d’une enquête pénale après avoir illustré un article d’une photo de l’accusé pourtant présumé innocent.

Rosalie Lucas a co-écrit un ouvrage sur Martine Aubry, « les secrets d’une ambition« . Elle suit le PS depuis 2007.

 

Des journalistes doutent, enfin, de François Hollande. Certains sont capables d’alimenter un mauvais « buzz » – les soutiens de Ségolène Royal savent de quoi je parle. Mais l’affaire a peu d’enjeu. La rupture entre un certain monde médiatique et le reste du pays est un tel cliché qu’il est inutile d’insister.

Ces deux journalistes avaient sans doute un papier à rendre ce samedi.

Sarko réélu, on s’exile où ?

Olive: « C’est vrai ce que tu as dit tout à l’heure chez les copains ? Si Sarkozy est réélu, on part ? »

Juan: « Ben oui. Ce pays sera foutu. Il y a d’autres endroits. Je serais trop découragé. Il faudra trouver un second souffle. »

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C’était le lendemain d’un dîner entre amis, il y a peu. La conversation avait évidemment tournée politique, et j’avais quelques amis (ex)sarkozystes devant moi. Sans hargne, ni haine, ni violence, j’avais annoncé qu’on quitterait la France si Sarkozy état réélu. Sans doute pas le 7 mai au matin, il faut du temps pour régler certaines affaires. Nous en avions vaguement parlé avec mon épouse. Mais là, dans ma tête, c’était assez clair.

Certains pourront prendre cela pour de la désertion. Je dirais qu’il faut bien se donner des défis personnels pour rebondir et avancer. Partir ne se décrète pas, sauf à être millionnaire. Et je m’imagine surtout quitter le pays non pas seulement géographiquement, mais politiquement. Quelque chose comme renvoyer ma carte d’identité par la poste au Palais de l’Elysée et demander la nationalité ailleurs.

Depuis 1986, la France me fait peur. Comme la plupart des « souchiens », je n’ai pas choisi ce pays, j’y suis né par hasard. Et ce pays, comme bien d’autres, a son lot de fiertés et de hontes.

Je ne suis pas juif, donc Israël ne pourra pas être notre seconde demeure. Aux Etats-Unis, il faut attendre 5 ans pour sa green-card, puis 5 ans encore pour postuler à la nationalité. Mais le pays est socialement ultra-violent. J’y ai vécu, et j’y ai des attaches.

Si vous avez des idées, je suis preneur.

 

Carlton, DSK et vendre du papier avant tout.

Je me suis accroché. Nous nous sommes accrochés. L’affaire du Carlton de Lille est édifiante. DSK est sorti des pages politiques et je le laisserai bien volontiers dans les pages « faits divers »

Quand Le Nouvel Obs, voici 9 jours, a sorti sa nième couverture sur DSK, avec des détails que même Laurent Joffrin n’avait pas lu, je me suis comme d’autres abstenu de commenter la publication.

Non pas par précaution personnelle, mais par dégoût.

D-é-g-o-u-t.

Nous connaissions DSK chaud lapin. Il est tombé dans une catégorie « autre » qui ne nous intéresse plus. Je remercie chaque jour Nafissatou Dialo d’avoir involontairement disqualifié la candidature présidentielle de DSK. Non pas par opposition politique (quoique), mais parce que cette cascade de casseroles est si impressionnante que je comprends pourquoi Sarkozy préférait DSK comme opposant.

Cette semaine, l’acteur Dany Boon a décidé de porter plainte. On lui prête une amitié avec l’un des accusés de proxénétisme dans l’affaire du Carlton. Il y avait un magazine Trash pour salir l’acteur, évidemment.

Tout est bon pour vendre du papier.

Ses avocats, Mes Thierry Marembert et Virgine Lapp, ont annoncé jeudi 24 novembre qu’ils poursuivaient en diffamation le magazine lui reprochant une allégation « parfaitement mensongère » ajoutant que toute publication qui reprendra ces « allégations grotesques » sera poursuivie.

« Elles ont été démenties, par écrit, lundi 21 novembre par monsieur le procureur de la République de Lille, en charge du dossier en France, et le lendemain par monsieur le procureur du roi en charge du volet belge de la procédure », poursuivent dans un communiqué les conseils, pour étayer leur démenti. Or, « tous deux ont confirmé que son nom n’apparaissait pas dans la procédure ».

Source: Le Monde