Violences faites aux femmes

C’est le genre de journée-hommage qui me stresse. Comme toutes les journées hommage à des causes ou des sujets aussi large, elles me donnent l’impression d’être trop réductrices temporellement mais sont si nécessaires quand même.

Je n’avais donc pas envie d’en parler hier, le jour dit, 25 novembre.  Olympe et quelques autres l’ont fait mieux que moi. Il y a toujours une pétition contre le viol à signer.

Hier, l’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, insistait sur l’importance de cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Car il n’y a pas qu’en France que des femmes sont battues.

« La violence contre les femmes n’est pas une affaire de femmes ni une affaire privée. C’est un fléau qui affecte toutes les sociétés sans distinction, riches ou pauvres ».

 

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DSK, saison 5 épisode 1

C’est un journaliste américain qui sort l’info. En France, le Nouvel Obs venait de nous sortir un dossier trash sur l’incroyable Carlton. DSK est grillé, heureusement bien avant l’élection présidentielle.

Mais cette information d’un journaliste américaine est, à ce stade, tétanisante. Il a remonté le fil, minute par minute, d’une curieuse journée du 14 mai dernier.

Le quotidien Le Monde a révélé quelques stupéfiants extraits, quelques heures avant la publication de l’article.

Qu’est-il advenu du BlackBerry disparu de l’ancien directeur du FMI ? Avait-il été piraté ? Que s’est-il passé dans la chambre 2820, située au même étage que la suite de DSK et où Nafissatou Diallo s’est rendue à plusieurs reprises avant et après sa rencontre avec l’ancien favori des sondages ? Le journaliste américain, qui a eu accès aux enregistrements réalisés par des caméras de surveillance du Sofitel et à certains relevés téléphoniques, revient, minute par minute, sur les événements troubles qui ont jalonné ce 14 mai.

 

Pourquoi les étrangers doivent voter aux élections municipales…

… sous condition de résidence (10 ans), de langue (peut-être), et de régularité.

1. Réduire la nationalité à un vote est … réducteur. Etre Français est un ensemble bien indéfinissable, mélange d’histoire, de hasard, de culture.

2. Voter à des élections municipales ne définit pas notre nation. Au contraire, la commune est l’un des échelons les plus proches où les cultures locales fortes peuvent s’exprimer lourdement.

3. Refuser le vote aux étrangers non-Européens mais l’accorder aux citoyens membres de l’Union est simplement illogique ou, pire, xénophobe. Pourquoi les uns  et pas les autres ?

4. Un tiers des Français ne votent pas aux élections municipales. Pourquoi interdire à des étrangers motivés de participer ?

6. Un Français de 18 ans vote dès le 1er jour de sa majorité. Un étranger adulte qui attend depuis 10 ans en France a largement suffisamment attendu.

7. S’il paye ses impôts locaux, pourquoi n’aurait-il pasle droit de choisir celui qui les lui impose ?

 

La présidentielle sera-t-elle fatale à EELV ?

Eva Joly n’a pas apprécié l’accord électoral conclu la semaine dernière entre EELV et le PS. Elle veut faire entendre sa vision jusqu’au bout. Pour sa « rentrée politique » après quelques jours de repos médiatiques, elle a fermement taclé François Hollande. Mercredi matin, son porte-parole a démissionné. Yannick Jadot, ex-Greenpeace devenu député européen EELV, a déclaré refuser cette stratégie de confrontation.

Europe-Ecologie Les Verts est-elle en train d’exploser ?

1. Le scrutin présidentiel est une élection impossible pour le mouvement écologiste. A chaque fois, il ne présente des candidats que pour exister médiatiquement et créer un rapport de force qu’il espère ensuite favorable pour négocier une place de choix dans la coalition gouvernementale victorieuse.

Nous avons déjà commenté ici combien nous trouvions ce raisonnement dangereux depuis le 21 avril 2002. Le premier tour d’une présidentielle n’est pas la primaire d’un camp, surtout si ce dernier est émietté.

2. L’ironie du sort veut que ce clivage qui semble apparaître au sein d’EELV ne corresponde pas à la ligne traditionnelle entre les Verts historiques et les écologistes « à la Hulot ».

3. S’il faut se résigner à faire campagne à côté et non pas avec le candidat Hollande, au moins pourrait-on espérer un argumentaire courtois, diplomatique et complémentaire à l’égard des autres candidats de l’opposition. Exprimer des désaccords entre partenaires n’est pas grave. Mais il y a la forme. En tant qu’écologiste, j’ai été choqué par certains propos d’Eva Joly. Elle a raison de dire que l’accord EELV-PS ne l’a « fait pas rêver« , mais tort de compléter par cette salve, à propos de l’intervention supposée d’Areva sur les négociateurs socialistes : « il pèse désormais sur les socialistes le soupçon d’être du bois dont on fait les marionnettes, et on ne me fera pas croire que c’est bon pour la politique. »

Comprenez-moi bien: je suis hostile au nucléaire et les socialistes y sont majoritairement favorables. Mais il me semble inutile de les accuser de collusion nucléaro-industrielle. ça ne sert à rien ni à personne.

4. Il y a beaucoup à dire sur le bilan de Nicolas Sarkozy. Le plus surprenant de ces dernières semaines de campagne est que les « challengers » d’Hollande semblent considérer comme acquis la défaite de Sarkozy en mai prochain. Il y a des indécis à convaincre. Des gens qui ne savent pas pour qui voter dans 5 mois. Un(e) candidat(e) à la présidentielle ne doit penser qu’à ceux-là.

5.  Eva Joly a été victime du système. La tentation est toujours grande de se disputer entre partenaires. Chacun sait que l’éditocratie adore ce genre de chamailleries. Un bon tacle contre Hollande porte Eva Joly ou Jean-Luc Mélenchon en couverture des journaux, et surtout du Figaro. Mais ces disputes sont dangereuses car elles désorientent l’électorat indécis sans servir à grand chose vis-à-vis de l’électorat convaincu.

 

Des clics et des claques, exercice médiatique

Lise: « on se retrouve vers 19h45, 19h50. »

Evidemment, je suis arrivé à 19h30 « sur zone« . J’étais invité de la seule longue émission radio pédago sur le Web. Le fond du sujet, le motif de l’invitation était les bisbilles à gauche: la peur a-t-elle changé de camp ? Je voulais juste expliquer  (1) que le fond des désaccords avait peu d’importance, (2) que l’ampleur prise par ces bisbilles était préoccupant, (3) que la gauche, Hollande/Joly/Mélenchon et les autres ne devaient pas oublier de tacler Sarkozy jusqu’au bout.

Dans le studio, il faut chaud (pour moi) ou froid (pour Lise Pressac). Il y a des caméras partout.Une hotesse me demande qui je suis. « Juan, je suis invité à l’émission DCDC« . Elle: « Ah d’accord. Je les préviens« . Elle appelle. Nicolas, l’homme de la revue du Web, vient me chercher à l’accueil. Il prévient au passage un jeune homme chargé de nous filmer que je ne souhaite pas être filmé.

Vraiment pas. Le Web conserve tout.

En arrivant au studio, je croise Mry. Sur internet, je me suis clashé avec Mry. Mais là, il me sourit chaleureusement. Sans haine ni rancune. Sur le moment, je ne le remet pas. Je suis confus.

Dans le studio, 10 minutes avant l’antenne, Lise Pressac, Guy Birenbaum et David Abiker sont installés. David Abiker porte un pull rouge quasi-révolutionnaire. Il se permet quelques propos off que je ne dévoilerai pas. Lise Pressac a des yeux d’un clair que je n’avais pas remarqué sur son site perso.

On attend l’antenne. Jack Lang arrive, il repart discuter en coulisses avant le début de l’émission. Lise va s’inquiéter pour moi des gens en coulisses. Un studio radio a une régie derrière une vitre sans teint. J’étais inquiet d’éventuelles photos. Laurent Guimier débarque quelques secondes avant le top départ.

Dans le fil de l’émission, je commets un grosse bourde en expliquant que, bien qu’écologiste,  je soutiens Hollande depuis le début, « enfin, … depuis le second tour des primaires. » Je voulais citer Ségolène Royal, la seule qui le matin même avait encore compris qu’il fallait tacler Sarkozy plutôt que se disputer entre nous. Cette dame nous manque.

Le reste est écoutable sur le site d’Europe1. Sur Twitter, un éminent blogueur me traite de merde. Sur le coup et après coup, ça m’amuse. Lui, ça a dû l’emmerder. Je lis ça après coup. Le garçon n’a rien compris, pas grave. On lui expliquera. J’avais commis le sacrilège de critiquer les éditocrates qu’on nous impose à la radio/TV.

A la fin, 20h30 bientôt, Laurent Guimier me demande quel conseil j’aurais à donner à François Hollande via Jack Lang interposé. Il est très simple: « Il faut être plus mordant contre Nicolas Sarkozy« . Il faut tacler le bilan, sans compromission.

Il faut partir. Je m’éclipse comme un voleur. Lise m’explique qu’il va y avoir une photo en plan large.

J’appelle à la maison pour prévenir que j’arrive. Mon fils: « C’est drôle, ils t’appelaient Juan« .

Oui. C’est drôle.

Arrêt sur Images redresse Sarkofrance

Le site Arrêt Sur Images a redressé un précédent billet de ce blog à propos des élections législatives espagnoles. J’y indiquais, par erreur, que l’abstention avait été record. « Espagne : non, l’abstention n’a pas été record ! Mais la droite n’a pas non plus gagné beaucoup de voix » (article payant) répliquèrent Noëmie Le Goff et Sébastien Rochat d’ASI.

Et ils précisèrent:

Alors d’où peut venir le chiffre de 53%, relayé par certains Français sur le net ? Sur twitter, les premiers messages relayant ce chiffre renvoient vers un article de Juan, auteur du blog « SarkoFrance ». Le billet de blog renvoie vers un article du JDD.fr intitulé « Victoire historique de la droite en Espagne ». Et là, surprise, on ne retrouve pas ce fameux chiffre d’abstention de 53%, mais celui de la participation à 18 heures (57,65%, donc un peu plus de 42% d’abstention).

Le blogueur Juan a-t-il mal lu l’article du JDD ? Peut-être. A moins que son auteur soit lui-même à l’origine de l’erreur. Car si le titre de l’article est sans ambigüité et annonce une large victoire de la droite, l’url semble indiquer que la première version de cet article (mis en ligne le dimanche 20 novembre et modifié le 21) n’était pas de la même totalité. Selon cette url, l’article annonçait un « sacre de la droite terni par une faible participation ».

L’un des auteurs de l’article, Sébastien Rochat, avait tenté de me joindre lundi à 15h52 pour une publication l’après-midi même:  « Vous écrivez que l’abstention est de plus 50% en renvoyant vers un article du JDD.fr. Or, dans cet article, je ne trouve nulle trace de ce chiffre. » Je ne lui ai répondu qu’une dizaine d’heures plus tard, en pleine nuit, que je m’étais trompé en me basant sur un billet de fin d’après-midi du JDD. ça m’apprendra à écrire trop vite la veille d’un déplacement à l’étranger.

Mais à observer les chiffres définitifs de ce scrutin, je complète mes constats:

1. je suis surpris par la baisse du nombre d’inscrits sur les listes électorales entre 2008 et 2011, d’environ 800.000 personnes (sur un total de 34,3M). L’inscription est pourtant automatique en Espagne (si mes souvenirs sont exactes).

2. Comme le note ASI, la droite a peu gagné de voix dimanche dernier.

3. Le PPSOE, plus que la gauche, s’est effondré en Espagne: l’émiettement des voix a atteint un niveau inédit: le PPSOE a perdu près de 6M de voix (par rapport à 2008), mais les petits partis (extrême gauche, centre, écologistes, autonomistes) en ont récupéré 5M, affichant une progression de 10 points dans les suffrages.

Le bipartisme espagnol a donc craqué dans les urnes.

Définitivement ?