Catho contre Théâtre

Ce n’est qu’une pièce, au Théâtre de la Ville. Quelques cathos trèèèèèèèèèès croyants sont allés perturber la pièce. Cette dernière figure un homme âgé qui défèque devant une image du Christ. C’est de l’art moderne, paraît-il.

Mercredi, quand le siège de Charlie Hebdo a été incendié et détruit pour cause de couverture « Charia Hebdo », le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a expliqué que les catholiques, eux, se contentaient de protester.

Au fil des jours, ces Cathos se sont fait plus nombreux devant le théâtre de la ville.

Samedi dernier, ils étaient presque 300, plutôt violents (4 couteaux furent saisis). La police, heureusement casquée, était là.

Mon ami de blogosphère Romain Blachier, protestant, a expliqué combien ces Cathos se trompent de sens, aveuglés qu’ils sont par leur foi. Heureusement qu’il a écrit ce billet.

Il paraît qu’il faut ne faut jamais insulter les  religions ni leurs croyants. Sans doute. Les croyants de toutes religions ne réalisent pourtant jamais combien leur attitude peut nous choquer, nous autres athées.

La sortie d’une Eglise, un dimanche après la messe. Le port d’un voile sur le visage d’une femme, dans ma rue. L’hommage d’un prêtre lors d’un mariage.

L’athée doit se taire. Il doit subir. Seules les religions nous imposeraient d’incroyables tabous à respecter.

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Référendum grec: « casse-toi » ou « bravo » ?

 

« Alors tu veux un référendum ? Et bien chiche ! Vas-y mon gars, organise-le ton référendum. Et si tu perds – puisqu’on a l’habitude de perdre les référendums européens en Europe, faudra pas venir pleurnicher. Dehors, casse-toi, pas d’aide, on gardera nos milliards d’euros de prêts. Non… mais, c’est vrai quoi… Faut pas exagérer… »

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« On-a-gagné! On-a-gagné! Le peuple va parler ! Ils vont voir ce qu’ils vont voir. Leur Europe, y en a marre! Que les banquiers payent. Les peuples n’y sont pour rien. Virons ce sale social-traître du pouvoir. On l’avait cru de gauche, c’est un suppôt du FMI. Papandreou, le peuple aura ta peau !! Ton austérité, tu peux te le mettre où je pense ! Casse-toi ! Vive le peuple ! Aux armes ! Vive la démocratie ! »

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Comme d’autres confrères et consoeurs, je reste perplexe. La Grèce n’a plus grand chose à faire dans une zone euro qui l’a asphyxiée.

Mais il n’y a pas de quoi crier à la victoire populaire.

Ce n’est que le début des emmerdes.

Pourquoi Mélenchon s’énerve-t-il tout le temps ?

En ces temps où quelques sbires sarkozyens tentent de nous faire croire que François Hollande ne s’agite ni ne grogne assez pour être franchement décidé, je m’interroge: mais pourquoi donc Mélenchon joue-t-il à être si méchant ?

Tout récemment, il s’est paraît-il agacé en des termes assez vifs contre des journalistes l’ayant surpris discuter avec Brice Hortefeux, mercredi dernier 26 octobre, au Parlement européen.

« Mais racontez-le donc, hein ! Jean-Luc Mélenchon et Brice Hortefeux qui discutent ensemble, ah ça vous plaît, hein, ça vous amuse !”

Ce n’est pas la première fois que le candidat du Front de gauche tacle un représentant de média. La presse s’est d’ailleurs toujours largement l’écho, avec une gourmandise non dissimulée, des éclats du député européen.

Au début, je trouvais son attitude courageuse, sans compromis, apte à faire parler de lui dans un monde encombré. Le temps aidant, cela devient lassant. Je crains que Mélenchon ne soit tombé dans le piège. Certain(e)s journalistes n’attendent plus que l’éclat. C’est plus facile que de parler idées, projets, alternatives.

Lisez Aphatie, trop ravi de tacler le rival médiatique.

Longtemps, Jean-Luc Mélenchon, candidat du parti de gauche à l’élection présidentielle, s’est présenté comme la terreur des journalistes. Pas de tous les journalistes, oh non. Dans une théorisation dont le net a gardé la trace et que j’ai personnellement la flemme de chercher, Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’il distinguait nettement les soutiers de l’information, victimes d’un système d’exploitation, des commandeurs, décideurs et éditocrates qui pervertissent l’esprit public à la seule fin de préserver leurs intérêts.

Mélenchon, comme nous, méritons mieux que ces brèves.

Mélenchon travaille. Il est partout, sur des terrains de lutte. Je ne voterai pour lui, cette fois-ci. J’ai déjà exposé pourquoi il fallait jouer le jeu de ces fichues institutions pour mieux les détruire. Et faciliter l’éparpillement à gauche n’est pas , depuis un certain 21 avril 2002, le plus grand service à rendre à la gauche. Mais Mélenchon travaille et livre des réflexions, à la différence de nombreux commentateurs.

Je vous livre ces quelques lignes de sa part, écrites après une rude semaine.

Nous avons travaillé d’arrache-pied, nous aussi, toute la semaine et avant le deuxième sommet pour suivre d’heure en heure ce qui permettait de compléter le tableau dont nous disposions à travers la presse et les maigres documents en circulation. Vous pouvez trouver tout cela sur mon blog européen. Je vous garantis un document assez unique de précision. Si cela vous paraît être du bon travail sachez qu’il faut aussi en savoir gré à Céline Ménesses, assistante du groupe GUE, qui est aussi membre de l’exécutif du Parti de la Gauche européenne au titre du Parti de Gauche. Faire cet exercice a du bon, cela va de soi. On sait, on comprend. Il y a un revers. On ne supporte plus les approximations et les erreurs d’informations des autres. Cela peut pousser dans une pente pédante ou trop sophistiquée.

 

Les Grecs se trompent de référendum.

Je n’étais pas sûr d’apprécier, lundi soir, la décision grecque d’organiser un référendum sur le plan de sauvetage durement négocié la semaine dernière à Bruxelles. Après tout, quelles étaient les alternatives pour la Grèce à part accepter d’effacer sa dette ? Son premier ministre Papandreou, un socialiste qui a hérité d’une décennie de gabegie conservatrice, s’est assez peu expliqué sur ses motivations.

Quarante-huit heures après, je suis assez convaincu de détester ce référendum. Evidemment, l’exercice est a priori démocratique. Mais, comme je l’ai déjà écrit ici, que fait la Grèce dans la zone euro ? Nous payons tous aujourd’huila faible intégration de notre union, l’absence de gouvernement commun.

Tant qu’à faire, j’aimerai un autre référendum en Grèce: pour ou contre rester dans l’euro voire, mieux, dans l’Union ? Avouez que l’exercice aurait de la gueule.

Ailleurs en Occident, on tremblerait pour ses économies placées en Grèce, mais l’on perdrait l’un des arguments favoris de la prétendue nécessaire « solidarité avec agios » en vigueur au sein de l’UE.

Pour d’autres, réfractaires aux plans d’austérité, ce serait le moment de vérité. Si la Grèce votait son autonomie, ce serait le saut dans l’inconnu, son saut dans le vide. Si elle préférait rester arrimée à la riche eurozone, motis et bouche cousue. Il faudrait alors se taire.

Allez Papandreou, chiche !

 

 

Des clics et des claques

Depuis la rentrée de septembre, une curieuse et réjouissante émission s’est insérée dans mon agenda médiatique. Des clics et des claques, sur Europe1, chaque soir du lundi au vendredi entre 20h et 21h. On y trouve Laurent Guimier (le « taulier » comme dirait Nicolas), notre estimable confrère Guy Birenbaum, la jeune Lise Pressac qui tweete beaucoup, le protéiforme David Abiker (absent la semaine dernière pour cause de vacances), et une autre dame que je connaissais pas et qui s’appelle Agnès Léglise. Nicolas Carreau fait une revue de presse u peu avant 20 heures 30. Et le communicant Emery vient livrer une météo du Web, un gros quart d’heure avant la fin.

Dans #dcdc, certains méritent des claques, comme Joffrin qui vient donner ses leçons d’ancien journalistes, ou Benoist Apparu venu jouer au Djeun’s branché de l’UMP. Ou l’ineffable Nikos, jeudi dernier (et oui…).

Pour qui s’amuse du Web ou vit dans le Web, cette émission est rafraîchissante. Elle fait un lien dynamique entre deux mondes qui ne se croisent officiellement jamais, le Web et le reste.

A force de multibloguer quotidiennement depuis bientôt 4 ans, j’ai l’impression de vivre mes nuits dans un monde parallèle. #dcdc me rappelle que mon monde est réel. J’ai entendu des vrais blogueurs parler à l’antenne, comme Eolas ou ma copine Mrs Clooney.

Comme Guy, j’en ai marre qu’Internet soit décrit comme un monde sans loi ni éthique ni honneur. Internet est comme la vie. On y trouve des pirates, des racailles, des rumeurs. Sur internet, on peut même s’exprimer, ce qui n’est pas forcément le cas dans la vie réelle.

#dcdc est une passerelle heureuse, incomplète et indispensable.

Merci à eux.