Quand le JDD se trompe sur son propre sondage

Je ne croyais plus cela possible, en 2012, à l’heure du buzz, des réseaux, et de la vigilance citoyenne.

Ce mardi, le JDD publie un sondage réalisé par l’IFOP sur l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy. Et voici ce que je découvre:

L’échantillon est composé de …. « 530 personnes ayant déclaré avoir regardé en totalité ou en partie l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy du dimanche 29 janvier, extrait d’un échantillon de 849 personnes, représentatif de la population française âgée  de 18 ans et plus. » On sait tous qu’à moins de 1000 personnes, la marge d’erreur est telle que cela ne signifie plus grand chose.

Le JDD précise que « 83% des personnes ayant déclaré avoir assisté à l’émission se disent proches de l’UMP« .

C’est faux.

Les sondeurs ont trouvé que 83% des sympathisants UMP présents dans leur échantillon de 530 personnes avaient regardé l’émission… Je vous laisse imaginer la taille de ce sous-ensemble qui semble autoriser le journaliste à tous les commentaires…

 

 

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Je reste anti-sarkozyste

Le titre de ce billet peut sembler évident. Juan, antisarkozyste ? Evidemment. Je ne rappelle pas l’évidence pour un exercice de micro-narcissisme. Je souhaite juste répondre à quelques nombreux commentaires sur ce blog ou ailleurs quand à mon soutien à François Hollande.

1. Ce soutien n’est pas aisé. Je ne suis pas socialiste. Et, au PS, je préférai Ségolène Royal (je le rappelle pour celles et ceux qui découvriraient ce blog de coulisses).

2. Mais j’ai toujours refusé l’amalgame PS=social-traître, Hollande=Sarko, etc etc. Bien sûr, Jean-Luc Mélenchon (pour ne citer que lui) est bien plus radical que François Hollande sur certains sujets.  J’ose l’interrogation: être radical mais seul, en quoi est-ce être radical ?Pour ma part, je trouve bien radical de convaincre un sarkozyste centre-droit de voter Hollande les 22 avril et 6 mai prochain.

3. Je reste anti-sarkozyste. Cela signifie que n’importe quelle solution (sauf celle de la blonde fasciste) pour battre l’autre Monarque aura grâce à mes yeux. Pour des raisons que la raison pourrait expliquer, François Hollande me semble une solution évidente. Celles et ceux qui nous expliquent aujourd’hui qu’Hollande serait tel Sarko sont insultants et mal informés.

La Tribune, clap de fin ?

Un journal qui disparaît, c’est toujours triste.

On s’habitue à le lire, ou on pioche de temps à autre des informations.

Ce n’est que plus tard qu’on réalisera peut-être ce qu’on a perdu en pluralisme.

 

Sarkozy a perdu, Hollande n’a pas encore gagné

J’ai bien l’impression que Nicolas Sarkozy a perdu cette élection présidentielle. J’ai perdu mes amis sarkozystes. La France est devenue un pays imprévisible. Il reste environ 80 jours, on nous promet une campagne nouvelle quand Sarkozy se lancera dans l’arène.

Je n’y crois plus. Nicolas Sarkozy a raté le coche. Il lui faudrait une tartufferie hors de portée, un évènement exogène imprévisible pour redresser une barre qu’il s’est pris dans les dents depuis longtemps. C’est une conviction personnelle. Je peux me tromper, mais j’ai du mal à croire que le Monarque puisse redresser sa situation. Il est entouré d’incapables qu’il aurait du virer depuis longtemps. Il tourne à vide.

Cela ne signifie pas que François Hollande a gagné. Il reste Marine et l’autre François. Tout est encore malheureusement possible. Bayrou tente une partition similaire à celle de 2007. J’attends avec espoir qu’il se range avec Borloo, qu’il accueille Méhaignerie. Que l’hypocrisie soit tranché.

Marine Le Pen dévoile son vrai visage, au fil de cette campagne. Elle attire malheureusement toujours beaucoup de monde, à en croire les sondages. Elle sabrera la contraception publique, raconte n’importe quoi en matière économique. Samedi dernier, elle était en Autriche à un bal organisé par quelques néo-nazis. Bref, la fille de son père est telle qu’on se l’imaginait.

Il faudra donc encore gagner cette élection, évidemment avec le renfort du Front de Gauche et de EELV. Il faudra car sinon, la prochaine fois, il n’y aura plus d’élection du tout. Plus avec moi en tout cas.

« Le courage fera la différence »

Ce texte est librement inspiré d’un éditorial de Jean-François Copé publié samedi 28 janvier sur le site de l’UMP. Il n’a fallu changer quelques mots ici ou là (en gras) pour qu’il colle parfaitement à l’analyse du discours-interview de Nicolas Sarkozy ce dimanche soir sur 6 chaînes de télévision.

Après cinq ans passés à la tête du pays, dix ans au pouvoir, trois ans de campagne et de multiples reniements, Nicolas Sarkozy vient enfin de nous présenter un projet. Le dernier? A ce stade, force est de constater que, parmi ses propositions, on ne trouve aucune idée neuve et aucune vision structurante pour la France. Ce projet ne présente pas de réforme courageuse, parce que Nicolas Sarkozy ne veut pas prendre de risque, même quand c’est dans l’intérêt de notre pays. Son projet manque de courage, de lucidité, de sincérité et de crédibilité.

Absence de courage donc sur la question de la dette qui est pourtant cruciale pour l’avenir de notre pays. Nicolas Sarkozy compte sur une très hypothétique croissance venue du ciel pour financer son projet. Sans cette croissance improbable, alors que la zone euro est encore en crise, son projet n’est pas financé. L’application du projet de Nicolas Sarkozy se traduira par une augmentation inconsidérée de la TVA. Cela aurait deux conséquences graves : l’aggravation de la crise, et donc du chômage, et le report sur les classes populaires et moyennes des efforts financiers qui incombent aussi aux plus fortunés. Cela tient de l’escroquerie pour un candidat qui prétend faire du courage une priorité.

Absence de lucidité aussi, sur les enjeux de notre époque. Nicolas Sarkozy semble obnubilé par les « gloires » du passé socialiste, Léon Blum, François Mitterrand ou Lionel Jospin. Il ne cesse de dénoncer le siècle passé, qui lui-même était largement inspiré de la rhétorique du XIXème siècle… Résultat : Nicolas Sarkozy recycle en 2012 des solutions qui ont échoué en 2002 et 2007 : énième attaque contre les 35 heures, augmentation de la TVA, fascination pour l’économie administrée, laxisme budgétaire. C’est totalement anachronique. Mettre des œillères face aux réalités du 21ème siècle, c’est mener la France droit dans le mur.

Absence de sincérité encore, quand Nicolas Sarkozy explique qu’il fait des réformes justes alors qu’il a matraqué les classes moyennes. Les Français doivent savoir que supprimer les exonérations des heures supplémentaires, maintenir les quotients familial et conjugal pour les plus riches, baisser les cotisations patronales, ce n’est pas taxer les plus aisés, c’est protéger les classes aisées.

Absence de crédibilité enfin, car toutes les solutions de Nicolas Sarkozy aux préoccupations des Français sont totalement sous-dimensionnées au regard des enjeux. Par exemple, pour la sécurité, la grande idée du candidat Sarkozy, c’est de réduire de 10.000 postes dans les forces de l’ordre. Cela représente 1000 policiers ou gendarmes en moins par département… Une mesure stupide et inutile. Même logique pour l’éducation : supprimer 60 000 postes de professeurs, c’est économiser moins de 100 millions chaque année. Cela ne changera rien pour le budget !

Ainsi, aucune des propositions « phares » de Nicolas Sarkozy n’est à la hauteur des défis que rencontre la France du 21ème siècle. Pourquoi? Parce que Nicolas Sarkozy pense que prendre le risque de la réforme c’est prendre le risque de la défaite électorale. C’est une forme de mépris envers les Français dont il semble estimer qu’ils ne peuvent être sensibles qu’à la démagogie et imperméables au sens de l’intérêt général.


En 2012, comme dans toutes les périodes difficiles, c’est le courage qui fera la différence.

En Syrie, on égorge les enfants

Je ne sais pas à quoi doit penser Nicolas Sarkozy, à l’écoute des nouvelles de Syrie. La répression y est toujours féroce. Je sais bien que notre Monarque doit être intérieurement tétanisé par le comportement de Bachar el-Assad. Le boucher syrien a été reçu à l’Elysée. Nicolas Sarkozy en avait fait son invité d’honneur pour les cérémonies du 14 juillet 2008. Un an plus tard, il s’était à nouveau réclamé de son soutien pendant l’épisode Clotilde Reiss. A tort puisqu’on apprit de Wikileaks que Bachar el-Assad n’avait rien fait.

Mais Nicolas Sarkozy voulait soigner son nouvel allié syrien.

L’ampleur des saloperies commises par les forces loyales à Bachar el-Assad devrait rappeler cette évidence: s’acoquiner avec des vilains ne sert à rien. Les peuples ne seront pas plus facilement libérés si l’on reçoit leur dictateur avec les plus grands honneurs. Cette démarche est inutile. On y perd son honneur pour rien.

La situation syrienne est intenable pour la morale. L’Occident n’attaquera pas puisque la région pourrait être déstabilisée. La Syrie jouxte le Liban, Israël, l’Irak et l’Iran. Une pétaudière qui autorise donc tous les excès.

En Syrie, les forces loyalistes égorgent des enfants.

« A 16 h 30, Abou Bilal, un opposant syrien me fait part de l’appel téléphonique qu’il vient de recevoir : un massacre a eu lieu dans le quartier de Nasihine. On parle de 12 personnes dont plusieurs enfants exécutés dans leur maison. Je viens tout juste de rentrer après une journée éprouvante dans une petite structure médicale de fortune installée dans un quartier contrôlé par l’opposition, débordée par l’afflux de blessés graves et de morts, tous civils, victimes des snipers loyalistes et de bombardements. Une heure et demi après la nouvelle du massacre, à 18 heures, une première vidéo est mise en ligne sur YouTube qui montre les corps de la famille assassinée. »

Source: Le Monde du 28 janvier 2012