Julien Dray, trop d’effort

Il est parti hier à l’hôpital, un malaise cardiaque paraît-il. Je l’ai rencontré à quelques occasions, blogueur ou pas.

Julien Dray est aussi une figure politique qui m’interpelle depuis des lustres.

Donc je pense à lui.

 

Nous sommes tous des roms.

La meilleure apprentie de France est une jeune Rom, de surcroît sans papier.

C’est comme un pied de nez à l’Immonde du discours de Grenoble. Celui qui lança une traque aux Roms durant l’été 2010 au point de choquer l’Europe, la Commission, l’ONU et même le Vatican.

« Pour la deuxième année consécutive, le concours des meilleurs apprentis de France, dont la remise des prix se déroule au Sénat, a distingué une jeune femme d’origine rom. Cette année il s’agit de Cristina Dimitru, qui vit en France sans papiers depuis plus de six ans »

Source: Le Monde

 

Hollande et la retraite

Faut-il qu’il soit sourd ou malhonnête ? Nicolas Sarkozy, ce vendredi en meeting je ne sais où, a lancé: « Je mets au défi quiconque de me dire ce que veut @fhollande sur ce sujet. »

Faut-il qu’il soit sourd ou malhonnête ? Une campagne électorale, en Sarkofrance, est ce moment où le mensonge et la malhonnêteté, entrainés 5 années durant, se révèlent encore plus fortement.

On peut être en désaccord. Mais prétendre que la proposition du candidat Hollande est une joyeuse mesquinerie.

S’il est élu, François Hollande a promis iMMEDIATEMENT  de résoudre une injustice majeure et évidente, autoriser la retraite à taux plein et dès 60 ans à celles et ceux qui auraient le bon nombre d’années de cotisations. Pour celles et ceux qui ont travaillé avant 21 ans, c’est essentiel.

Pour le reste, pour les autres, et ils seront encore nombreux, le candidat socialiste a promis une concertation, une vraie, avec les partenaires sociaux. Celles et ceux qui, comme moi, ont suivi l’innommable réforme des retraites version Sarkopipo s’en souviennent. La manipulation fut inexistante, la manipulation évidente.

Ensuite, une négociation globale s’engagera avec les partenaires sociaux afin de mettre en place une nouvelle réforme qui soit juste et durablement financée.

A cette occasion, l’ensemble des éléments seront examinés : âge légal, prise en compte de la pénibilité, situation des femmes, durée de cotisation , montant des pensions , modalités de financement.

François Hollande concilie à la fois une réponse concrète et sans délai de justice sociale et la mise en oeuvre d’une solution globale et durable élaborée en concertation avec les partenaires sociaux. Une démarche qui est juste et réfléchie.

L’objectif est de sauver le régime. Sarko n’a fait que rassurer quelques agences de notation pour quelques dizaines de mois.

Rien de plus.

Merci Sarkozy

Il faudra le remercier. Sincèrement. Surtout si on est à gauche. Et peu importe le résultat du 6 mai prochain.

Nicolas Sarkozy a flingué, vidé, déshabillé son propre camp. C’est la marque des grands prédateurs. Ils font le ménage.

C’est aussi la marque des mauvais: ils s’entourent de plus mauvais qu’eux.

Pour celles et ceux qui, comme moi, oeuvrent à leur échec, c’est presque réjouissant. La droite est délabrée et sans relève.

Médiocre.

Laurent Wauquiez n’est pas à la hauteur. Jean-François Copé sera croqué par la justice. Valérie Pécresse restera dans les Yvelines. Fillon est trop vieux. Guéant est déjà mort. Juppé est ailleurs. Xavier Bertrand n’est pas assez méchant. Qui reste-t-il ?

 

Chasseur de sondeurs

Je travaille dans une filière où il nous faut des études, où certains pensent qu’ils nous faut des sondages. C’est souvent drôle ou ridicule.

En matière politique, je sais que les sondages sont statistiquement faux. Une vieille expérience personnelle, aux Etats-Unis, il y a tout juste 20 ans. J’étais étudiant en Sciences Politiques. L’un de mes profs nous expliqua que les sondages, pour un peu vrais, devaient être réalisés sur des échantillons aléatoires (et certainement pas via la méthode des quotas utilisée en France qui ne faisait qu’accumuler les incertitudes en découpant l’échantillon en sous-catégories non représentatives), avec une méthode de sélection aléatoire (à l’époque, même les sondages par téléphone n’étaient pas jugés suffisamment fiables… que dire d’Internet aujourd’hui !).

Je sais aussi que les sondages peuvent devenir politiquement vrais. En France comme aux Etats-Unis, ils sont si massifs, si nombreux, si propagés, qu’ils en influencent le vote, les idées, les opinions.

je suis le premier à lire les sondages, je suis le premier à les critiquer. Je suis le premier à les fustiger.

Mais il faut lutter. Et donc rappeler, répéter, mitrailler quand les sondages sont bons.

Après, plus tard, dans une autre vie, nous chasserons les sondages.

La campagne n’est pas nulle.

Certains regrettent qu’aucun candidat ne parvienne à emballer les foules. Même Jean-Luc Mélenchon, dont tout le monde loue désormais les qualités de tribuns, fait de bons meetings dans une petite campagne.

Pour ma part, je ne considère pas la campagne comme nulle. Loin de là.

1. Evidemment, il y a des sujets d’agacements ou d’énervements: déshabitués à parler du fond, les commentateurs cherchent l’embrouille, sur-discutent des tactiques, des effets de scène, des manipulations médiatiques. C’est la loi du genre et notre devoir, de temps à autre, est de rappeler l’hypocrisie de ce théâtre.

2. Evidemment, aucun candidat n’a le slogan facile, la formule magique qui emporterait spontanément l’adhésion. Nous sommes en 2012. Le monde est en crise, notre pays est crise. Ma génération est née avec le chômage de masse. Cela fait belle lurette que les « formules » ne prennent plus. L’élection de Nicolas Sarkozy en 200è était la dernière du XXème siècle. Sarkozy avait bluffé quelques millions d’électeurs incrédules avec deux ou trois slogans sans méthode ni réflexions. Il est pitoyable d’entendre aujourd’hui certains éditocrates regretter cette période d’imposture. Qu’ont-ils donc appris ? Rien.

3. Il faut donc travailler, réfléchir, écouter, décrypter. Les arguments doivent être plus longs qu’auparavant. La méthode a son importance. Il faut résister aux propositions simplifiées.

Mercredi après-midi, François Hollande a lancé: « Le candidat-sortant dit « aidez-moi ». Moi je ne vous demande pas de m’aider. Ce que je veux, c’est que vous vous aidiez vous-mêmes. »

S’aider soi-même, c’est comprendre que l’action ne se résume plus en des « y-a-qu’à/faut qu’on » péremptoires et mensongers.