Sarkozystes, je vous ai vu.

Je les ai vu. Le discours était « glaçant », comme m’a confié un(e) journaliste. Nicolas Sarkozy était à Nantes, ce mardi. Au premier rang, Jean-Louis Borloo souriait, coincé et radieux.

Il n’avait plus le choix que de suivre. Au premier rang, je les ai vu, un à un. J’ai pensé que je m’en souviendrai aussi longtemps que ces visages de 2007, dans ses meetings. L’infamie d’être là à écouter au premier rang: « vous êtes le peuple de France ».

« J’ai un message pour les permanents de la CGT qui ont scandaleusement empêché la diffusion de Ouest-France qui avait commis un crime. Prendre une interview que je leur ai donné ».

Le type débloquait, de rage. Ouest-France était en vente libre, y compris sur le Net, en accès gratuit.

Donc je les ai regardé. Un à un. J’ai compris.

Nous n’étions pas ou plus du même pays.

 

 

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Commenter les meetings. ou pas.

Plus on avance, moins on progresse. Chaque journée électorale est malheureusement occupée par de fichus commentaires sur l’ampleur des meetings. Quand le succès est là chez des camarades, on est content. Par exemple, le succès des meetings de Bastille et Lille de l’équipe Mélenchon fait évidemment plaisir. Que Nicolas Sarkozy soit contraint de se terrer dans une salle de 3.000 personnes à Rueil le weekend dernier est également réjouissant. Le succès du meeting du Bourget de François Hollande avait relancé sa campagne.

Mais au final, pourrait-on parler des propositions ?

Dans le meeting de Mélenchon, ce qui m’a intéressé, c’est… le SMIC à 1.700 euros.

Pourquoi ? Parce que, honnêtement, je n’ai aucune position sur le sujet. Bien sûr que je trouve les revenus du plus grand nombre bien trop bas. La droite nous avait promis que l’enrichissement de quelques-uns permettrait la progression du plus grand nombre. Depuis l’aube des années 2000, une fraction ultra-minoritaire a vu ses revenus s’envoler (salaires, bonus, actions, immobilier, etc). Et le pays est aujourd’hui au bord de la disruption.

Le SMIC à 1.700 euros ? Mélenchon l’a promis avec autant de facilité que de signer un décret. La vie n’est pas aussi facile. Peut-être qu’il faut le SMIC à 1.700 euros. Peut-être pas. Je n’en sais plus rien. Je suis bien plus préoccupé par l’injustice fiscale et la déroute programmée des services publics. « Mais ce n’est pas incompatible ? »

Ah bon ?

Qu’en savez-vous ?

 

 

 

Quand je ne peux plus écrire

A la minute où j’écris ces lignes, je ne sais pas si je finirai correctement ce billet. Les muscles de mes bras se sont durcis et mon cerveau s’embrouille. Il est très tard. Ou trop tôt. Je ne sais plus. C’est curieux. En réalité, cela commence par un engourdissement des doigts.

Je tape mes billets vite mais à deux doigts. Ma femme dort déjà. Il est très tard dans la nuit. Le corps ne suit plus. C’est très curieux.

Les doigts n’arrivent plus à écrire normalement, rapidement.

ça sent la fin ou la limite.

Gilbert Collard, avocat et activiste FN

Gilbert Collard est la seule « prise de guerre » de Marine Le Pen pour cette présidentielle parmi les personnalités civiles ou non-frontistes. Cela fait des mois déjà que nous savons qu’il préside un obscur comité de soutien.

Mais Gilbert Collard reste avocat et actif. Ainsi, il s’est précipité pour représenter la famille de l’un des soldats français tués par Mohamed Merah, Abel Chennouf.

Ce dernier a été qualifié de « musulman d’apparence » par Nicolas Sarkozy, lundi 26 mars au matin sur France Info. Une grosse bourde aux relents frontistes « canal historique ».

Marine Le Pen s’est engouffrée dans la brèche. Mercredi dernier déjà, elle avait choisi d’appeler les « Français musulmans » à se révolter contre les dérapages terroristes d’un Mohamed Merah. C’était l’axe de riposte, une « dédiabolisation » de plus.

Ce lundi, le président de son comité de soutien, redevenu avocat, procédait de même:

« La famille de la victime trouve outranciers les propos du président de la République, chefs des armées, qui a osé confondre apparence et religion (…). Ce sont des militaires français qui ont été assassinés, aucun d’eux, au moment de sa mort, n’exhibait la croix ou le Coran. (…) La famille d’Abel souhaite, dans le respect de toutes les religions, que l’on respecte la sienne. »

Le procédé était grossier.

Très grossier.

Pourquoi j’aime bien Mélenchon et je voterai Hollande

Hier, j’ai commis un sacrilège, écrire un billet sur ce blog énumérant quelques-uns des points qui m’exaspèrent chez Jean-Luc Mélenchon en matière de politique étrangère. Ce billet était une réaction personnelle à une déclaration du candidat du Front de Gauche contre François Hollande.

Je n’aime pas quand la gauche tape sur la gauche dans la dernière ligne droite d’une élection que l’on peut espérer cruciale.

Mélenchon est un grand bonhomme, un sacré candidat, un excellent tribun qui défend des idées avec une intelligence qui bouscule la classe médiatique. Comme François Hollande, ses arguments dépassent les 3 phrases, et cela gêne nombre de commentateurs qui préfèrent des argumentations binaires.

Politiquement, je suis proche de Mélenchon sur nombre d’options économiques. Il reconnait la lutte des classes, il a raison, c’est un fait.

Mais c’est une présidentielle à deux tours, un sale régime dont nous sommes bien obligés de nous accommoder. François Hollande reste mon candidat préféré. La droite a toujours gagné parce que la gauche s’écharpait entre ceux qui pensent que l’autre ne l’est pas assez et ceux qui pensent que ces derniers le sont trop. Hollande peut rassembler et pour ce fichu régime présidentiel, c’est d’abord l’essentiel.

 

Mélenchon et l’étranger

Vendredi, le candidat du Front de Gauche s’est interrogé: « Pour la première fois de l’histoire de la gauche, un leader du parti majoritaire refuse de discuter avec les autres« . Il semblait vouloir tacler François Hollande. Il s’égare. Restons groupés.

Je n’attends rien d’un débat Hollande/Mélenchon, sauf des désaccords affichés sur la place publique. Je vous en livre quelques-uns, opportunément choisis.

Michel Onfray, que je connais mal, était l’invité de l’émission de Ruquier samedi dernier. Il m’a rappelé l’un des désaccords majeurs que j’ai avec Jean-Luc Mélenchon: sur Cuba, Chavez et le Tibet.

1. Cuba est une saloperie de dictature. Jean-Luc Mélenchon, comme d’autres anciens camarades, ont conservé une indulgence sixties très désagréable avec la chose.

2. Hugo Chavez n’est pas un modèle de démocrate. Mélenchon s’est toujours montré indulgent avec l’autocrate vénézuélien. Quand il était encore au PS, il s’agaçait déjà des communications de son parti de l’époque contre le coup d’Etat les atteintes aux médias du leader vénézuélien.

3.  Mélenchon n’aime pas qu’on soutienne le Dalaï Lama et son combat pour l’indépendance du Tibet. L’armée chinoise, au Tibet, use et abuse de répression. Pour justifier sa position, Mélenchon explique souvent que l’indépendance du Tibet signifierait la dislocation de la Chine et que le Dalaï Lama n’est qu’un leader religieux qui ne mérite pas tant de soutien de la France laïque. Cette position est incompréhensible. La Chine flingue des opposants tibétains. Point barre.

Chacun peut être amené à voter ou soutenir un(e) candidat(e) dont il ne partage pas toutes les options.

Concernant Mélenchon, ses options diplomatiques me posent souci.