Pourquoi Hollande doit gagner (3/)

François Hollande doit gagner cette élection présidentielle.

Parce qu’il a compris comment les retraites devaient être sauvées. La fichue réforme sarkozyenne sur ce sujet est brandie comme l’un des rares résultats de ce quinquennat perdu. Les éditocrates en tous genres ont caricaturé des mois durant les contre-propositions de la gauche.

Je me fiche du totem de la retraite à 60 ans. Ayant commencé à bosser 22 ans, la chose ne me concernait pas. Ce qui compte, c’est que l’effort de cotisation soit juste. Plus on travaille jeune, plus on doit partir tôt. Hollande a proposé deux étapes pour corriger l’imposture sarkozyenne: 60 ans pour celles et ceux qui avaient cotisé le bon nombre d’années. Négociation pour les autres, avec tous les paramètres les vraies. Qui peut refuser une négociation ? Quel éditocrate osera encore caricaturer la proposition ?

Lors de ces négociations, j’espère qu’ils seront nombreux et forts ceux qui souhaiteront améliorer encore la justice du régime des retraites.

Nous avons déjà écrit sur le sujet.

Je voterai donc Hollande parce que sa démarche est simple, claire et juste.

 

URGENT: candidat sortant cherche idée

C’est un curieux mail, envoyé par Nathalie Kosciusko-Morizet, la dir’com de la campagne de Nicolas Sarkozy, aux Sarko-supporteurs inscrits dans les registres de la France Forte: « Envoyez vos idées sur Facebook pour construire la France forte ».

Ce mail a été envoyé lundi 2 avril, en fin d’après midi… A 20 jours du premier tour, ça sent l’embrouille, la panique ou l’impréparation.

Chère amie, cher ami,

la semaine dernière, notre site de campagne s’est transformé pour vous aider à vous mobiliser, et récompenser chacune de vos actions pour la campagne. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy veut aller plus loin, en vous permettant de poster des vidéos, des photos et des textes exposant vos idées d’actions concrètes pour changer votre quartier, moderniser votre université, rendre plus attractive votre ville, pour construire la France forte.

Le temps de l’élection, c’est le temps du débat, c’est aussi le temps de l’engagement ! Alors, sans plus attendre, partagez vos idées et vos projets sur la nouvelle application Facebook IDEES.

Nathalie Kosciusko-Morizet.

Pourquoi Hollande doit gagner (2/)

François Hollande doit gagner ce scrutin.

Parce que Nicolas Sarkozy est incapable. Voter, c’est éliminer. Sarkozy doit être politiquement éliminé. Il a promis d’arrêter la politique . Tant mie, nous l’aiderons à cette retraite anticipée. Sarkozy sera Nixon, mais sans réélection. En France, la procédure d’impeachement est quasiment impraticable.

Sarkozy est incompétent. Il a échoué. Ce n’est pas faire preuve d’antisarkozysme primaire que de dire cela. Mes amis sarkozystes ne sont plus là. Sarkozy n’a pas été ce président réformateur et libéral. Il n’a pas réglé le problème sécuritaire. Il a échoué sur quasiment tous les tableaux.

Elie Arié, régulier commentateur de Sarkofrance sur Marianne2 m’a demandé un jour de lister les réussites du candidat sortant. Je m’en fiche un peu de ses réussites. Sarkozy n’était pas mon candidat. S’il avait appliqué son programme, nous serions en faillite ou en guerre civile. Il a échoué, dieu merci, et ne mérite que d’être remercié. Dégage !

Hollande est le mieux placé pour éliminer Sarkozy. Tiens, Didier Wampas l’a aussi dit, à sa façon.

Point barre, le reste n’est que pipo et bonne conscience.

Je voterai donc Hollande pour éliminer Sarkozy.

Pourquoi Hollande doit gagner (1/)

François Hollande doit gagner cette élection présidentielle.

Il est le seul à pouvoir rassembler mon employeur et ma secrétaire, mon fournisseur et mon client, mes parents et ceux de mon voisin. L’ancienne nounou de mes enfants et leurs actuels prof de collèges. Mon ex-commerçante d’épouse et le futur entrepreneur que je serai.

Pourquoi ?

Parce que son programme ne fustige personne, s’adresse à chacun, demande des efforts à ceux qui le peuvent. 5 ans ce crise et de mensonges ont rendu la France précaire. Il faut s’adresser à tous

Aucun autre candidat n’incarne le rassemblement. Mélenchon incarne ma rage, mais pas mon envie de réconciliation. Sarkozy est l’adversaire incompétent et retord. Le Pen est l’ennemi. Bayrou n’est rien. Joly a disparu.

François Hollande a compris. Il était l’homme l’homme qu’on n’attendait pas. Il est l’homme que j’attends. Son élection signifierait l’échec d’un système monarchique.

A droite, on semble sous-estimer l’envie de vaincre que nous avons.

J’ai 42 ans. je n’ai jamais voté pour un candidat gagnant.

 

Je voterai donc Hollande parce qu’il rassemble d’autres que moi.

 

Pourquoi vient-on sur Sarkofrance ?

Pourquoi vient-on sur ce blog très particulier ?
C’est la question qu’a posé l’un des commentateurs les plus réguliers de Sarkofrance sur Marianne2, Elie Arié. Il vient de publier un ouvrage, court mais bien écrit, qui révèle surtout ses propres désillusions. Contre l’antisarkozysme, il plaide une lucidité qui sous-estime le combat politique.

Je le redit et le répète: l’antisarkozysme ne peut être que primaire, car le sarkozysme est primaire. Je vous livre donc cette réflexion d’Elie Arié.

J’ai toujours eu le sentiment que ce qui nous y pousse, c’est ce qu’il y a de moins reluisant en chacun d’entre nous; quelque chose qui s’apparente au plaisir de se vautrer dans la régression ; et même quelque chose de plus que ça, de plus trouble, de plus malsain. : mais encore ?

Ce n’est pas un hasard si ceci ne se révèle que dans ce blog qui est une charge permanente, sans concessions, sans nuances, sans pitié, sans circonstances atténuantes, et contre un seul individu, rendu responsable unique et intégral de tous les malheurs de la France et du monde, et qui s’apparente à ce qui est en jeu dans le racisme, cet individu représentant à lui seul la race maudite, le mal absolu : d’où mon besoin de défendre ici ce type que je n’aime pas et que j’attaque ailleurs.

Sarkozy est ici en quelque sorte le bouc émissaire dont parle le philosophe René Girard : bouc émissaire ayant remplacé les sacrifices humains d’autrefois, et dont toute société a besoin pour évacuer toutes ses frustrations et toutes ses peurs ; ici, la peur d’un monde nouveau qui vient remplacer celui qui s’effondre, et dont nous n’arrivons pas encore à bien distinguer ce qu’il sera.

En se souvenant que, pour Girard, le bouc émissaire ne peut remplir sa fonction que s’il est innocent: ce qui soude un groupe, c’est le crime commis en commun (voir aussi Chatov dans « les Possédés ») : or, si le mis à mort n’est pas innocent, il n’y a plus crime. Si Sarkozy sert sur ce blog de bouc émissaire à toutes les peurs de l’univers de la mondialisation libérale dont on le rend responsable, c’est justement parce qu’on sait bien qu’en réalité il n’en est pas le créateur et qu’il serait le même sans lui.

Ce n’est pas Sarkozy que j’essaie de comprendre, mais le discours irrationnel sur lui qui est développé sur ce blog (et nulle part ailleurs).

Il est irrationnel de penser qu’en cinq ans, un Président n’a pu commettre que des erreurs, ce qui est matériellement impossible: c’est pourquoi je dresse souvent ici la liste de ses réformes sur lesquelles aucun de ses successeurs, quel qu’il soit, ne reviendra.

Qu’on me pardonne ce point Godwin: même Hitler a inventé les autoroutes et la Volkswagen pour que chaque famille allemande puisse avoir une voiture.

Mais, ici, on n’est plus dans l’anisarkozysme, mais dans l’irrationnel – ce qui affaiblit beaucoup l’antisarkozysme: il n’est donc pas excessif de dire que ce blog n’est pas réellement antisarkozyste, parce que « tout ce qui est excessif est insignifiant » (Talleyrand).

Tous les chefs d’Etat cherchent à s’adapter au nouvel ordre économique mondial -même Fidel Castro- car il n’est au pouvoir d’aucun d’ entre eux de le changer; le débat et la justification de l’antisarkozysme doivent porter sur la façon de le faire: l’adaptation britannique, l’adaptation suédoise, l’adaptation brésilienne, etc., sont très différentes.

Mais rendre Sarkozy responsable du nouvel ordre mondial, c’est basculer dans l’irrationnel.

Corruption: ceci n’est pas un poisson d’avril

Saine lecture du weekend. Le numéro de cette semaine comprend une co-enquête Mediapart/Marianne sur 5 ans d’affaires Sarkozy. Tout y passe et la chronologie est malheureusement complète.