Sarkozy, les coulisses d’une défaite

Troisième et dernier ouvrage sur la défaite de Nicolas Sarkozy que je me suis exercé à lire, « Nicolas Sarkozy, les coulisses d’une défaite » a été rédigé par Arnaud Leparmentier (Le Monde) et Stéphane Grande (Europe 1).

A la différence des deux précédents rapidement chroniqués dans ces colonnes, celui-ci fait la part belle à « l’invendable bilan » de l’ancien Monarque. Des travers Bling Bling aux réformes gâchées, les auteurs détaillent l’échec du quinquennat. J’en retiens cette expression, chipée à Jean-Louis Bourlanges, député européen ex-UDF : Sarkozy « est un vaccin contre les réformes: il injecte au patient un peu de réforme, pour susciter le rejet et la rendre impossible ». Effectivement, l’inventaire des promesses non tenues du quinquennat a été édifiant. Les auteurs rappellent ainsi combien Nicolas Sarkozy n’a pas été ce grand sauveur/protecteur de la France au déclenchement de la Grande Crise.

Le journal de la campagne démarre un vendredi 13 janvier: « A cent jours pile de la présidentielle, tout s’effondre pour Nicolas Sarkozy. » C’est la perte du Triple A chez Standards & Poors. La chronique est quotidienne à compter de cette date.

Le récit est plaisant, souvent amusant. Les deux auteurs mêlent leur écriture pour démonter le story-telling officiel, comme lorsqu’ils expliquent la constitution de l’équipe de campagne. François Hollande n’est abordé qu’indirectement. L’objet du livre est la chronique d’une impossible victoire. La campagne n’a pas eu de francs rebondissements, tout juste une succession de chutes et de déboires. Mais elle a ses séquelles, la dérive à l’extrême droite d’un candidat qui se voulait républicain. Relire la chronique de ces transgressions est douloureux mais indispensable.

 

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Libé et sa couverture de trop ?

Je ne sais pas combien il y a de Noirs, de Jaunes et de non-Blancs en général à la tête de Libération. Sa une du jour, ce jeudi 31 mai 2012, n’a pas été appréciée par mes confrères Romain et Dagrouik de Politeeks.

Comme le dit à juste titre Politeeks avec d’autres mots, c’est plutôt sur les questions d’accès et de questionnement de la légimité culturelle, de la fermeture des élites à d’autres couches sociales et culturelles que l’on aurait aimé entendre ce journal.

Je suis partagé.

Libération commet effectivement une belle erreur en réduisant la question de la diversité dans les cabinets ministériels sur le simple terrain de la couleur de peau. Le raccourci est même détestable car, au fond, le journal veut embrasser plus largement dans le reste de son dossier.

Mais Libération vise juste sur un point au moins. La République n’incarne qu’insuffisamment la diversité de sa population. Le « système » est quasi-confisqué.

Dans les cabinets ministériels comme ailleurs.

 

Mary-Kate Olsen et Olivier Sarkozy

Elle est née en 1986, c’est une starlette américaine d’à peine 26 ans.

Il est né en 1969, il est le (jeune) demi-frère de notre ancien Monarque, co-dirige le fond Carlyle, et vit Outre-Atlantique.

Mary-Kate Olsen serait en couple avec Olivier Sarkozy, d’après le New York Post du 30 mai. Une information relayée par Le Lab d’Europe1.

Je suis toujours surpris par ces nouvelles, bien éloignées de mes préoccupations habituelles.

Toujours.

 

Le dernier coup de Marine Le Pen

Elle a choisi une phrase (« Il n’y a pas d’avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb. » ), l’a (mal) traduit en arabe,  l’a placé sur une feuille, avec une photo de Jean-Luc Mélenchon; en a fait un tract, distribué par ses militants à Hénin-Beaumont.

Nulle part n’a-t-elle précisé qu’elle était l’auteur du tract. Et pourtant, elle signait:  « Votons Mélenchon ! »

Mercredi 30 mai, sur le plateau du Grand Journal, elle triomphait: « bien sûr que j’assume ! » Et elle ajouta: « C’est un coup médiatique, et ça a marché ! »

La présidente du Front National souriait, heureuse de son coup.

L’honnêteté politique méritait qu’elle assume la signature de sa manipulation sur les tracts eux-mêmes.

Le combat politique est-il tombé si bas ?

On se fiche d’Eric Zemmour

Voilà donc qu’il y a des pétitions contre la censure d’Eric Zemmour. L’éditorialiste réac avait commis voici 8 jours une tribune radiophonique violente contre Christiane Taubira. Trois jours plus tard, sa station RTL aurait décidé de le virer. L’usage du conditionnel est de mise puisque le dit journaliste officie encore le matin sur RTL. Son licenciement est donc peut être pour la rentrée.

Pourquoi donc pétitionner pour Eric Zemmour ? Son confrère du Figaro Ivan Rioufol s’est même lâché dans une défense de la liberté d’expression assez incroyable.

1. S’exprimer sur RTL serait-il un « droit » ? Cette radio est une entreprise privée, de surcroît d’actionnariat étranger. Elle est totalement libre de faire ce qu’elle veut. Et de virer Zemmour si elle en ressent le besoin.

2. On aura du mal à nous faire croire qu’il s’agit d’une décision « politique« . Quand Stéphane Guillon a été débarqué en juin 2010, son employeur France Inter était une radio publique dont les dirigeants avaient été nommés par Nicolas Sarkozy. Avouez que la chose était différente. Quand Guillon a été viré, je ne me souviens pas avoir réclamé une quelconque pétition.

3. Eric Zemmour a déjà largement de quoi s’exprimer (iTélé, le Figaro, etc). Et si cela ne lui suffit pas, comme dirait mon confrère Bembelly, qu’il ouvre un blog !

It Is None of Your Business If I Wear Nail Polish

Une video féministe, une vraie. Un moment de vie, de résistance. C’est une femme saoudienne, qui résiste à quelques miliciens religieux qui voudraient la faire partir d’un centre commercial à cause de son vernis à ongles.