Mon premier meeting de Sarkozy

Mardi 1er mai, je m’étais décidé à aller au meeting de Nicolas Sarkozy. La conviction n’était pas forte, évidemment, mais un tweet m’annonçant 300.000 personnes vers 13H30 avait alerté mon attention.

Je suis assez rapidement arrivé sur les lieux. Il fallut faire le tour pour comprendre que le seul accès autorisé, à partir de 14h, était via l’avenue George Mandel, à l’opposé du Palais du Trocadéro. Ailleurs, les accès étaient fermés par les CRS, loin de la place. Pour l’aspect compact de la foule, c’était mieux. Certains manifestants n’étaient pas préparés à ces blocages.

« C’est un scandale » hurla une sexagénaire devant moi à l’une de ses copines. « C’est le Maire de Paris qui cherche à nous empêcher de venir!! » La sécurité de Paris est du ressort du Préfet de Paris, pas du Maire. Une dame demanda à un jeune qui stationnait là de lui chercher sa voiture. « Ah , mais je ne suis pas voiturier! » répondit le garçon. Un peu plus loin, une voiture avec chauffeur se gara en double file pour attendre la famille de ses patrons qui monta vers le Troca.

Au jugé, il y avait donc environ 20 ou 30.000 personnes. Guère plus. C’est déjà bien.

Il y avait beaucoup de cheveux blancs et de très jeunes, beaucoup de foulards hermès et de manteaux Burberry.

Pour les non-parisiens, le Trocadéro est face à la Tour Eiffel, au croisement des deux arrondissements les plus riches de la capitale, les 16ème et 8ème arrondissements. Ces derniers ont respectivement voté à 65 et 58% en faveur de Sarkozy au premier tour de la présidentielle. Aucun risque, donc, d’un quelconque trouble.

Ce meeting, donc, était pour moi sociologiquement curieux. Un concentré de Blancs-Bourgeois assez incroyable. J’ai plutôt l’habitude des défilés syndicaux, des manifs de gauche, voire même de la Gay Pride.

Je suis arrivé sur place vers le Musée de l’Homme. La scène était bloquée. Impossible d’avancer. Des CRS bloquaient les lieux. Le meeting ne commençait qu’à la lisière du Musée. Jean-Christophe Lagarde ouvrit les hostilités. Nul besoin d’y voir un ralliement centriste. Ancien fidèle de Bayrou en 2007, Lagarde est un sarkozyste convaincu au point d’avoir sabré la candidature dissidente d’Hervé Morin, le président de son parti, le Nouveau Centre.

J’ai du faire le tour avec quelques dizaines de supporteurs de la France Forte, drapeau tricolore en main. Arrivé avenue George Mandel, une dizaine de minutes plus tard, Nadine Morano avait pris le relais. cette fois, on pouvait avancer plus avant. La place était pleine, tout juste. Au début de l’avenue, nous étions peu nombreux.

J’ai fait demi-tour, pour contourner l’estrade par sa droite. Les trois avenues suivantes, impossibles d’entrer. On attendait une petite clameur. D’autres supporteurs de la France Forte s’énervaient.

Sociologiquement, nous étions un jour d’affluence de soldes chez Vuitton ou aux Galeries Lafayette.

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1er mai: pourquoi faire ?

Grâce à Nicolas Sarkozy et sa polémique puante sur le « vrai travail », si puante qu’il l’a nié quelques heures après, nous pouvons rappeler ce qu’est le 1er mai.

C’est une fête à l’origine politique, une journée internationale de revendication des travailleurs qui a été instituée par la deuxième Internationale ouvrière, et syndicale, établie comme journée annuelle grève depuis le 1er mai 1889 en faveur de la réduction du temps de travail.

L’initiative est venue après un mouvement de grève générale aux Etats-Unis, le 1er mai 1886. La date n’est pas innocente: aux EU, les entreprises clôturent leurs exercices comptables au 30 avril.

J’imagine que d’autres que moi sont allés de rafraichir la mémoire à l’occasion de cette affaire. Ce mardi 1er mai, à Paris, il faudra donc faire attention à ne pas se tromper de meeting pour celles et ceux qui voudront battre le pavé

 

 

Bérégovoy

Je n’étais pas en France quand Pierre Bérégovoy est allé se suicider sur les berges du canal de la jonction. le traumatisme a été grand. Bérégovoy avait marqué la présidence Mitterrand. Mais, en 1993, cette dernière s’achevait à bout. On a beaucoup écrit sur ce suicide. Je m’en fiche.

Hier, Nicolas Sarkozy a admis une confusion. Cela fait des jours qu’il répète que François Hollande va « défiler derrière les drapeaux rouges de la CGT ». Lundi, il a du admettre qu’il avait été mal informé. Hollande sera sur la tombe de Bérégovoy.

#Bercy, un clip et c’est maintenant