A quoi sert un député ?


On a entendu n’importe quoi sur ces élections législatives en matière de terrain. Et pour cause ! La conjonction d’une possible victoire de la gauche et d’un accord gouvernemental PS/EELV/PRG a crispé depuis longtemps certains élus locaux qui n’ont pas eu d’investiture nationale. A gauche comme à droite, les parachutés ont subi toutes les critiques, jusqu’à cet absurde fausse primaire à la Rochelle qui oppose Falorni à Royal.

Il faudrait rappeler quelques principes, oubliés depuis nos cours d’éducation civique.

Un député est élu localement. Mais un député n’est pas un élu local. Le maire ou le conseiller général sont des élus locaux.

Le député vote les lois de la nation. Il doit penser aux intérêts de la nation et non de sa circonscription. Il n’est pas élu pour représenter sa circonscription. Il est élu par sa circonscription. Cette élection, locale, donne une légitimité mais aussi, et surtout, un contact avec le terrain.

Le parachutage n’a ceci de gênant qu’il disqualifie parfois certains édiles locaux. Mais ces derniers, qui tiennent souvent les appareils locaux.

Historiquement, à l’aube de la République bourgeoise, le parachutage était réclamé par les partis de gauche. Ils souffraient d’une moins bonne implantation locale que les bourgeois locaux.

Pour cette dernière législative, vous avez pu lire ici, ou sur le blog Sarkofrance, des critiques contre les parachutages faciles (Fillon dans le 7ème arrondissement de Paris, Guéant à Boulogne Billancourt, Guaino dans les Yvelines).

Mais pas contre le parachutage en soi, bien au contraire. On peut souhaiter l’échec local du personnalité nationale que l’on n’aime pas. Mais si l’on soutient son action ou si l’on reconnaît un tant soit peu ses qualités nationales, alors la question de son parachutage est inopérante.

 

21 réflexions sur « A quoi sert un député ? »

  1. c’est vrai que ce terme de « parachutage » amène une notion d’ injustice….comme si les députés venaient « d’on ne sait où »….mais la période d’injustices totalement assumées par le dernier gouvernement n’a pas vraiment servi de leçon….l’abstention révèle un manque d’intérêt et parfois une méconnaissance ses enjeux politiques.

  2. Pour les « parachutés » légaux de la république après tout ce sont les électeurs qui ont le dernier mot .
    Par contre je connais des parachutages dorés qui sont autrement dangereux car les simples pékins que nous sommes n’ont rien décidé et surtout pas de se faire plumer par cette « élite » financière qui s’auto-reproduit .

    Mais dans un monde où on préfère commenter les tweets de Morano ou ceux de Trierweiler il est bien évident que pendant ce temps les riches continuent de s’enrichir pendant que les français d’en bas s’étripent sur des non-évènements.

    Les lois sont donc faites pour gommer les injustices et redonner à tous les mêmes droits et les mêmes devoirs .

    Donc un(e) député(e) pour moi ce n’est pas quelqu’un qui représente mes petits intérêts personnels ou ceux des muti-milliardaires mais une femme ou un homme qui représente des diversités culturelles et géographiques à qui il faut donner une relative cohérence. L’assemblée est donc là pour arbitrer les éventuels spécificités dans un esprit de justice et non de parti-pris.

    Malheureusement jusque là l’assemblée a toujours été prise en otage par les seuls intérêts d’un groupe politique et n’a souvent été qu’une chambre d’enregistrement des décisions de « sa majesté » , toute au service d’une idéologie libérale qui consiste à dire que chacun de débrouille et que les marchés priment sur les décisions des députés.
    Les lois n’étant là que pour protéger un système qui n’a d’autre intérêt que de se perpétrer.

    J’espère qu’avec Hollande l’assemblée aura enfin le droit de décider ses priorités et son ordre du jour et quelle sera composée d’élus qui auront en tête l’intérêt collectif et non pas celui de se faire réélire . je me demande d’ailleurs si les députés ne devraient pas faire qu’un seul mandat ( peut-être deux maximum).

    1. Entièrement d’accord avec vous, coup de grisou.
      Un député représente les français de sa circonscription, il devrait au moins avoir la dignité qui va avec

  3. vous faites mine d’ignorer que pour etre elu le depute n’as d’autre choix que de tremper dans la soupiere ou migotent les grosses legume locale.Il deviens en sorte leur os à moelle, pour donner gout à cette soupe.

  4. @ coup de grisou

    « je me demande d’ailleurs si les députés ne devraient pas faire qu’un seul mandat ( peut-être deux maximum). »

    Bonne idée qui permettrait de se concentrer uniquement sur l’essentiel et pas sur « l’installation confortable » de sa carrière

  5. Juan, il faut aller expliquer ça à Ségolène Royal:

    « Deux ministres avaient prévu de se rendre à La Rochelle ce soir pour soutenir Ségolène Royal, candidate dans la première circonscription de Charente-Maritime : Najat Vallaud-Belkacem et Delphine Batho. Mais la présidente de Poitou-Charentes, qui est dans une position difficile face au dissident PS Olivier Falorni, leur a finalement demandé de renoncer à participer au meeting. « J’avais très envie de venir comme Najat, confie la ministre délégué auprès de la garde des Sceaux. Mais Ségolène nous a expliqué qu’elle souhaitait que la réunion de ce soir garde un caractère local. »

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/06/13/97001-20120613FILWWW00558-la-rochelle-batho-et-belkacem-n-iront-pas.php

  6. François Mitterrand expliquait à tous les nouveaux dont il voulait encourager la carrière politique que l’essentiel, c’était de se forger une implantation locale provinciale dont on serait indéboulonnable (lui avait choisi la Nièvre), de façon à y devenir incontournable et de ne pas dépendre de l’investiture de son parti; et surtout pas Paris, où on reste toujours interchangeable du jour au lendemain si le parti vous laisse tomber (voir Rachida Dati, Michèle Barzach, etc.).

    1. @Elie Arié,
      C’est exact , mais il y a déjà bien longtemps que « l’implantation locale » ne veut plus dire grand chose car elle dépend en très grande partie du « vu la télé » .
      Dans les zones rurales les candidats ne sont connus que s’ils ont fait un jour ou l’autre la une des journaux télévisés , à la rigueur celle des journaux locaux ( chez nous c’est Ouest France).
      Donc pas besoin de sillonner la campagne à l’exception de rares marchés prestigieux locaux , le député en puissance n’a pas ou peu de contact direct avec la population .
      Il est souvent élu sur une étiquette ( UMP,PS,EELV) plutôt que sur la reconnaissance de ce qu’il a fait et c’est d’autant plus vrai que quelques mois plus tôt il n’était qu’un illustre inconnus’il arrive pour un premier mandat.

      Le porte à porte ne se pratique peu ou plus , les affiches sont collées par des militants du parti ( qui ne servent bien souvent qu’à ça) , seuls les réseaux d’influence avec des entreprises ou des associations peuvent encore avoir quelque utilité.
      Seuls les cumulards peuvent donc bénéficier de l’aura de cette prétendue « implantation locale » ou encore ceux qui rempilent pour la deuxième ou la cinquième fois sous une étiquette qui se vendra bien ou mal en fonction de la tendance nationale du moment.
      Comme la tendance actuelle est au repli sur soi , pas étonnant que le label régional soit très à la mode.
      Et malheureusement comme le prédisent les sondages je pense que pour toutes ces raisons Falorni passera grâce aux slogans publicitaires de Raffarin, Bussereau et consorts sur les produits locaux., mais aussi au buzz médiatique qu’il a créé en ne se retirant pas face à la plus médiatique mais aussi la plus humiliée de son parti .

  7. C’est au 1 er tour que l’argument de parachutage (me semble-t-il trés relafif pour Ségolène Royal).
    me parait honnête.. Falorni a perdu ce 1er tour.

    La règle est qu’un candidat dit de Gauche se retire de derrière un autre candidat de Gauche
    pour que justement ce dernier ne soit pas dans l’argumentation mensongère pour avoir les voix
    des adversaires du 1 er tour.

    Cette règle est appliquée partout en France sauf par Mr Falorni.

    Il est clair que ce dernier ne pourrait être élu que grâce à l’aubaine que constitue
    pour les notables de droite l’attitude « unique » de Mr Falorni.

    Il ne faut pas raconter d’histoire, quoiqu’il arrive, Mr Falorni est un cas trés marquant
    et d »école d’attitude particulièrement néfaste et déloyale absolument inacceptable.

  8. Le cas de Royal est particulier: ce n’est pas la seule parachutée, mais c’est la seule parachutée qui a refusé de se soumettre à l’approbation de sa candidature par un vote des militants locaux, ce qui a certainement constitué une lourde erreur.

    À noter que cette circonscription faisant partie de celles réservées par le PS à une femme, en cas de vote des militants, Falorni n’aurait pas pu être le concurrent local de Royal.

  9. @ coup de grisou

    L’implantation locale, c’est surtout le fait des milliers de services individuels rendus via la permanence: un logement, un boulot, une place dans le « bon » collège, etc. Le député, c’est le piston de ceux qui n’ont pas de relations, la démocratisation du piston…

    Elle est évidemment beaucoup plus forte lorsque la fonction de député se cumule avec celle de maire ou de Président de Région, et qui peut faire valoir tout ce qu’il a pu réaliser en matière de sauvegarde de l’emploi, d’installations d’entreprises, d’aménagements routiers, etc.L’argument électoral majeur de Royal n’est-il pas le rappel de toutes ses réalisations pour la Région?

  10. Si on était vraiment en démocratie, et surtout en démocratie participative, la compagne du chef de l’ Etat devrait être choisie par un vote de tous les Français entre plusieurs candidates.

    1. Si vous enlevez le « et surtout en démocratie participative » qui gâche tout , je vous promets je pouffe !

  11. Elie Arié, c’est faux ce n’est pas rare qu’il n’y ait pas vote de militants

    Et puis il y a aussi que
    Ils sont presque toujours trés peu nombreux à voter par rapport à tout les
    votants de la circonscrption le jour de l »élection !!

    D »autre part 4 ou 5 coups de téléphone indélicats d’un reponsable local et tout peut être
    parfois (souvent même) facilement « dirigé ».

    Et donc il aurait fallu compter les yeux fermés pour S. Royal que la direction locale
    avec Falorni soit d’une honnêté exemplaire . Franchement cela l’aurait été ou non ?

    Mais tout cela tout le monde le sait pourquoi justifier aprés coup par n’importe quoi
    à la Falorni !! C’est cela que je ne peux supporter avec Falorni, avec lui on est
    dans le sophisme et l’hypocrisie permanents.

  12. @Lucno, j’ai exactement le même agacement.
    Je m’imagine au soir de l’ éventuelle élection de Falorni les applaudissements d’une partie de la gauche avec ceux d’une partie de l’UMP !
    Je m’imagine surtout l’efficacité redoutable pour la majorité présidentielle d’un député ouvertement élu avec les appels au vote de l’UMP et les souçons qui pèseront désormais sur lui.

    Un candidat de gauche « normal » aurait jeté l’éponge depuis bien longtemps après avoir été devancé au premier tour par
    une candidate de gauche également .
    Et on voudrait nous faire croire que c’est madame Royal qui serait déloyale !

    1. J’ai grand peur que le Falorni ne compte sur un coup d’éponge du PS…..

      Maintenant Royal n’en restera pas là… sa porte de sortie ( La grande ) serait une deuxième tentative de conquête du PS.
      Et les problèmes des Français et la tentative de redressement du pays prendront encore deux mois de retard !

  13. « Un candidat de gauche “normal” aurait jeté l’éponge depuis bien longtemps après avoir été devancé au premier tour par une candidate de gauche également . »

    Bien sûr que non, s’ils sont les deux seuls en lice et qu’il n’y a pas de risque de victoire de la droite.
    Que celle-ci appelle à voter pour l’un d’entre eux ne saurait lui être reproché, s’il n’a pas été solliciter ces appels.
    Vous croyez que Royal l’aurait fait?

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