Huchon, Royal, stars d’un weekend


J’ai trop d’estime pour Ségolène Royal pour me joindre au concert des critiques suite à ses propos évidemment tronqués et pourtant déjà mal interprétés relatifs à Najat Vallaud-Belkacem.

« Elle s’appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là. Elle doit assumer son identité et en être fière »

Sego pouvait signifier qu’elle avait su s’entourer de collaboratrices et collaborateurs qui ressemblaient à la France d’aujourd’hui, point barre. L’ex-candidate a d’ailleurs démenti samedi 28 juillet. Et Najat a demandé que ces « vaines polémiques » entretenues par quelques apprentis journalistes cessent enfin.

Le cas de Jean-Paul Huchon et du conseil régional d’Ile-de-France est plus cocasse et plus grave. Les élus régionaux membres du Conseil d’administration du STIF ont appliqué la loi – organiser un appel d’offres et accorder le marché de l’assistance téléphonique de l’Agence Solidarité Transports d’IDF au mieux-disant. Mais leur vote signifie la délocalisation de 80 emplois au Maroc.

1. On avait vraiment pas besoin de cela en ces temps de chômage massif.

2. Montebourg a eu raison de s’agacer, mais le pauvre a montré, dans l’immédiat, qu’il était impuissant.

3. Car il faudrait changer les règles, et plus rapidement que prévu. Le programme du candidat socialiste – comme celui de Nicolas Sarkozy – prévoyait de réserver aux PME françaises une belle fraction des marchés publics. Nous y sommes, les gars. Maintenant, il faut ce changement.

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15 réflexions sur « Huchon, Royal, stars d’un weekend »

  1. La « néantitude » journalistique est toujours à l’oeuvre pour Ségolène Royal à qui on a toujours fait dire le contraire de ce qu’elle pensait . Il y a d’ailleurs eu un démenti de NV Belkhasem et un communiqué des proches de S. Royal

    Brahim Abbou, conseiller délégué à la Mairie de Montpellier, vice-président de la communauté d’agglomération de Montpellier et Président de Cités d’Avenir (Hérault) – chargé de mission de Ségolène Royal.
    Kamel Chibli, secrétaire général de Désirs d’Avenir, conseiller municipal de Lavelanet (Ariège) – chargé de mission de Ségolène Royal.
    M’jid El Guerrab, Président d’Atlas Réseau Avenir et conseiller fédéral du Cantal – qui fut attaché de presse de Ségolène Royal en Région, aujourd’hui membre du cabinet du Président du Sénat.
    Ces gens là ne sont pas là pour faire joli dans le paysage comme au temps de Sarkozy .Ils et elles sont de véritables collaborateurs( trices) .
    Quant à Huchon , même si je n’aime as le bonhomme et s’il a bien entendu tort sur le fond , il a en effet révélé une faille énorme dans notre système de marchés publics qui veut qu’on attribue à « l’offre la plus avantageuse » ce qui dans l’esprit de cette loi et notamment dans la circulaire de 2004 veut dire « au moins disant » . cette fameuse fausse concurrence a donc un les effets pervers que l’on voit aujourd’hui dans ce cas.
    Pour avoir été élu je peux même dire que sous prétexte de transparence des comptes publics les tractations et les petits arrangements entre amis sont la règle dans beaucoup de communes .
    Il est grand temps effectivement d’en prendre conscience. Il y a urgence là aussi . Mais ce ne sont pas les pompiers pyromanes précédents qui ont contribué à éteindre l’incendie.

  2. Le changement pour maintenant ….. nous constatons là les limites des promesses de campagne.
    Toujours est-il que pour le pouvoir d’achat (Smic, revalorisation des retraites …) ce changement tarde à se faire voir.

    1. La vraie formule c’est « l’offre la plus avantageuse » , Comprenne qui veut tout en sachant que si l’artisan du coin répond le plus souvent correctement , en revanche il n’obtient pas souvent le marché et ce sont presque toujours les plus grosses entreprises aux pratiques quelquefois douteuses socialement et qui déboulent de l’autre coin de la planète qui le remportent .
      A long terme ce sont les habitants qui paient indirectement le chômage de leurs voisins et finalement la prestation leur coûtera le même prix sinon plus cher que s’ils avaient fait bosser les artisans du coin.

      1. danns mon ancienne commune on privilégiait les entreprises locales sauf si elles n’avaient pas une taille suffisante pour une bonne exécution du marché
        le prix était très souvent secondaire car les écarts étaient relativement marginaux

        1. Oui mais ça c’était avant 2004 . Depuis le système a changé .
          Bien évidemment les élus ne sont pas idiots et pour les très gros marchés les artisans locaux n’ont ni les compétences ni les reins assez solides pour assurer un minimum la sécurité et même le boulot.
          C’est pour cette raison que Huchon dit qu’il « n’avait pas le choix » . Je ne le défends pas ni ne l’accuse , ne connaissant pas les détails de cette opération mais le texte de loi devrait préciser beaucoup plus l’obligation de la préférence à l’emploi .

  3. Juan, le STIF est un établissement public administratif : il est l’autorité administrative organisatrice des transports en IDF. Pour les marchés de transport ferroviaire, ce sont des règles spéciales des marchés publics qui s’appliquent et non le CMP lambda (ordonnance du 6 juin 2005) Les critères d’attribution d’un marché ne comprennent pas que le prix (avec attribution au « moins disant ») mais, depuis longtemps, des critères de qualité et de respect des règles sociales et environnementales. Ces critères sont « pondérés » dans l’appel d’offres et doivent aboutir au choix de l’offre « la plus économiquement avantageuse ». L’Etat contrôle la régularité des marchés à postériori (ici, contrôle de légalité exercé par le Préfet de région). Les règles des marchés publics excluent l’attribution d’un marché à un prestataire dont l’offre porterait atteinte aux modalités d’emploi des travailleurs concernant :
    les obligations de protection à l’égard des travailleurs et de leurs représentants.
    les périodes maximales de travail et les périodes minimales de repos
    la durée minimale des congés annuels payés
    les salaires minima
    les conditions de mise à disposition des agents, notamment par des entreprises de travail intérimaire
    la sécurité, la santé, et l’hygiène au travail
    les mesures protectrices applicables aux conditions de travail et d’emploi des femmes enceintes et des femmes venant d’accoucher, des enfants et des jeunes
    l’égalité de traitement entre hommes et femmes ainsi que d’autres dispositions en matière de non discrimination.

    Ainsi, les règles existent !!! Il suffit de décider de les appliquer en renforçant ce que Sarkozy voulait supprimer : la règle de l’application de la règle du droit du travail la plus favorable : rendons cette règle incontournable ! Qu’un marché soit nul si les conditions d’emploi des salariés du prestataire, sont inférieures aux conditions d’emploi des salariés français. Cela contribuera à tirer vers le haut l’emploi partout dans le monde, cela limitera l’immigration car si les gens sont contents chez eux, ils y restent … etc !

  4. @ladyappoline : vous avez l’air de vous y connaître. Si je comprends bien, le Stiff aurait pu renouveler le contrat de webhelp ? Avant même un éventuel renforcement de la loi ?

  5. Quant à la phrase que désormais restera accrochée, pas au veston de Ségolène, mais sur internet et en bouche de Ségolène, je suis interloquée, Juan, que tu sois aussi tombé dans la désinformation contenue dans l’info, qui n’en est pas une, et qui a fait le tour des rédactions presse et radio ainsi que du Web.

    Car, et j’insiste, cette phrase mise en bouche de Ségolène Royal:

    “Elle s’appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là. Elle doit assumer son identité et en être fière.”

    n’est pas une phrase de Madame Royal

    mais l’extrapolation perverse ou innocente (je penche par la première option même s’il n’avait pas imaginé son jour de gloire enfin arrivé) du journaliste, Saïd Mahrane, auteur de l’article sur Le Point. Pour les courageux et courageuses allez lire l’article à l’origine pour vérification de mes dires:
    http://www.lepoint.fr/politique/le-defi-secret-de-najat-vallaud-belkacem-26-07-2012-1490251_20.php

    Ce qui est curieux c’est que les journaux nationaux qui s’en sont emparés et empressés de diffuser la désinformation, et qui encore une fois montrent le peu de cas qu’ils font de ce qu’ils publient, origine des sources ou la vérifications des infos – si l’on peut appeler « ça » une info – une fois que le buzz a commencé ne soient pas pressés de rectifier le tir…

    Ah, oui… c’est de Ségolène Royal qu’il s’agit! Les serviteurs soumis au néolibéralisme triomphant ne vont pas contrarier leurs donneurs d’ordres, n’est-ce pas? Et pour ces donneurs d’ordres, l’hérétique il faudrait qu’elle soit salie, enfoncée et écrasée maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles, amen.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/jnspqd/290712/segolene-najat-conchita-et-moi-nous-sommes-toutes-des-claudine-dupont-mr-sai

  6. Bonne analyse de Ladyapoline,reste à savoir si nos élus veulent vraiment se pencher sur ces problèmes ou continuer à bénéficier des récompenses de ces « moins disants »qui un jour ou l’autre se rattraperons des largesses avancées.

  7. Ce qui m’effare le plus dans l’affaire de la délocalisation du centre d’appel duSTIF, c’est lignorance ou l’incompétence ou pire la désinvolture de la présidence de région. Ne pas trouver un collaborateur qui puisse alerter sur le scandale potentiel ou être entendu est confondant.
    Ladyapolline est très claire: si l’on appliquait les règles des marchés publics d’une manière intelligente, ce type de faute serait évité.

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